Management, business et social 2.0 : légitimité versus légalité

Vendredi 20 janvier, je lançais la première édition des «Matinées de l’Entreprise 2.0» à Lausanne.
Pour cette rencontre organisée à l’initiative de iNzeCLOUD, c’est Xavier Comtesse, directeur romand d’Avenir Suisse, qui avait été invité à «lancer» le débat.

Je reviendrai dans les prochains jours sur cette matinée et le détail de certains échanges, mais je souhaiterais développer une formulation de Xavier à propos de la légitimité et du 2.0.

Ces dernières semaines, le président de la BNS (Banque Nationale Suisse) s’est trouvé «embarqué» dans une «affaire» et a finalement démissionné.
L’affaire Hildebrand a fait couler beaucoup d’encre et je n’en rajouterai pas  !

Le «bruit» fait par les politiques et/ou les journalistes n’est pas très intéressant, par contre, il est un signe qui montre bien que «les temps changent» : Philippe Hildebrand a agi dans le respect de la légalité et pourtant sa position était intenable : en un instant, il avait perdu toute légitimité !

Selon Wikipedia:
La légitimité est la qualité de ce qui est fondé en droit, en justice, ou en équité (définition du Petit Larousse).
La légitimité repose sur une autorité qui est fondée sur des bases juridiques ou sur des bases éthiques ou morales, et permet de recevoir le consentement des membres d’un groupe.
Au sens sociologique la légitimité est un accord tacite subjectif et consensuel axé selon des critères étiques et de mérite quant au bien-fondé existentiel d’une action humaine.

Si la légitimité prend le pas, cela montre bien que non seulement les questions d’éthique sont importantes à nos yeux, mais également que nous sommes plus nombreux à vouloir nous mobiliser et mettre un peu plus la pression!

Le social se nourrit de notre complexité et nos appréciations sont souvent fortement influencées par notre sensibilité au premier rang de laquelle se place le besoin de légitimité

Et au niveau de l’entreprise  ?

Il y a plusieurs axes qui s’offrent à nous pour parler de l’importance de la légitimité dans et pour l’entreprise .

Côté Business

Il y a 1 an Cédric Deniaud se penchait sur la question de la légitimité de la prise de parole d’une marque sur le blog de Frédéric Cavazza

Je ne vais pas refaire le billet (qui est très bon), mais simplement rappeler, s’il en est besoin, que les message émis par les entreprises à destination (principalement) de leurs clients s’inscrivent également dans cette recherche de légitimité.
Côté business, il est essentiel que l’action de l’entreprise soit considérée comme telle et nul n’est besoin de rappeler les «épisodes» récents à propos du travail des enfants  et de certaines grandes marques de produits de sport ou d’agro alimentaire.

Côté management

Si la question de la légitimité est importante à nos yeux, il faut reconnaître que côté management, la tendance en est encore à privilégier les usages et l’état de fait.
En fin de compte, ce qui semble assez bien fonctionner dans les entreprises, c’est le «coup d’état» dans sa version la plus dangereuse : douce et inavouée !

Regardez autour de vous et posez-vous la question de la légitimité des managers tant en terme de fonctions qu’ils occupent (c’est le bon terme, non?) que des décisions qu’ils sont appelés à prendre.
Beaucoup sont là par,….., eh bien on ne sait pas trop, mais ils arrivent à se maintenir, soit parce qu’ils ne gênent pas ou quelque fois parce qu’ils en savent trop!

D’autres travaillent, assument, gèrent, délèguent, innovent et développent, souvent ils sont certains de leur bon droit, mais qu’elle est leur légitimité au regard de leurs collègues ?
Etre nommé, désigné, par un conseil d’administration, un comité exécutif ou bien être «adoubé» par un conseil de direction, voire par un Président, suffit-il à donner une légitimité indiscutable ?

Côté social
Le seul fait de poser la question montre bien que dans l’entreprise, la réponse n’est pas aussi simple qu’on le pensait il y a encore quelques années.

Si le potentiel de richesse du «social» dans l’entreprise est indiscutable, son exploitation passe par l’adoption de nouveaux paradigmes dont l’un consiste à considérer que la légitimité est un critère essentiel à «l’engagement» de chacun  et qu’il est à la base de la loyauté réciproque, elle-même condition de la confiance !

Concrètement, il est probable que beaucoup de managers se retrouvent dans la «même situation» que Monsieur Hildebrand, forts de leur bon droit et de la légalité de leurs actions et de leur comportement, mais non légitimés dans leur rôle social, ni par leurs pairs, ni par les autres (employés, collaborateurs, etc.).

New paradigm oil and gas leaders must be multidimensional and embody the industry’s commitments, externally and internally, including those that express larger purpose, social legitimacy, and ethical responsibility. (Image courtesy of SMU Cox School of Business)

S’inscrire dans le respect des lois et des règles est primordial et nécessaire, mais demain, cela risque de ne pas être suffisant : il faudra également savoir être et donner pour recevoir le consentement explicite du corps social avec lequel on travaille .

Transparence, Loyauté, Justice et Empathie, seront plus que jamais parmi les qualités qu’il faudra travailler !

10 réflexions sur “Management, business et social 2.0 : légitimité versus légalité

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  2. "la légitimité est un critère essentiel à «l’engagement» de chacun et qu’il est à la base de la loyauté réciproque, elle-même condition de la confiance !"

    Un travailleur fait confiance à son manager si celui-ci "légitime" son rôle par son savoir-faire et son savoir-être qui sont des qualités bien trop souvent passées par-dessous la jambe au profit du copinage ou des compétences politiques de certains. Savoir-faire et Savoir-être sont deux qualités majeures qui font du manager une personne de référence pour ses employés qui n’hésiteront pas à le suivre.

    A l’inverse, la politique du "c’est chiant hein?? mais c’est légal" ne fera que fuir tout talent potentiel ou avéré d’une équipe entamant du même coup la chose la plus difficile et importante à acquérir pour un manager : la confiance de son équipe.

    Merci en tous les cas pour cet article qui replace les qualités humaines au centre du débat.

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