Un RSE ne peut pas fonctionner sans une forte couche de contenus

Le titre ce ce billet est extrait d’une citation faite par Thomas Prudhomme (RFF) et publiée la semaine dernière dans le Journal du Net.

La « socialisation » des intranets -plus que le réseau social d’entreprise – est le type de projet qui visiblement fait sens aujourd’hui dans beaucoup d’entreprises.

Il est vrai qu’il est souvent porté par la « com » interne et qu’il bénéficie d’un concours de circonstances intéressants – à savoir, entre autres, :

  • obsolescence de la plupart des intranets en production depuis le début du siècle
  • perte d’efficacité et faible audience
  • besoin de mobilisation (engagement) des ressources humaines
  • « on boarding » de nouvelles générations (Y)
  • nouveaux comportements et outils (mobilité, apps, etc.)
  • etc.

Et c’est un bon gage de réussite !

Pourtant, rien n’est gagné d’avance et si le « contenant » (la plateforme et sa mise en oeuvre) est très important car il doit permettre une évolution douce vers un intranet plus riche dans sa dimension « sociale », il n’en reste pas moins que la pertinence du contenu reste une condition essentielle de succès !

Les « pure players » sociaux apportent des briques fonctionnelles très intéressantes, mais parfois trop « décalées » au regard de la culture, de la pratique et des besoins de l’entreprises.

De plus, ils font souvent fi de l’historique et des outils en production et en général et quoiqu’ils en disent, ils ne sont pas fédérateurs  !

Le retour d’expérience de RFF est intéressant de ce point de vue mais également car il met en exergue un point essentiel : le message, les contenus et comme le dit encore Thomas Prudhomme :

Pour passer au collaboratif nous savions dans notre cas qu’il fallait partir d’une base de gestion de contenus solide

Une stratégie éditoriale

La valorisation de la collaboration et au partage dans l’entreprise passe également par la mise en oeuvre d’une stratégie éditoriale.

Il est effectivement plus facile de mettre à disposition des collaborateurs de l’entreprise, non seulement des outils, mais également des sujets de discussions, des messages auxquels ils peuvent être appelés à réagir ou qu’ils peuvent relayer et enrichir dans des communautés ad-hoc !

La publication de contenus (institutionnels ou pas) ne peut pas pour autant se faire comme auparavant faute de quoi l’audience ne sera pas là et les effets de rebond inexistants !

Des porteurs de messages

s-populariteEn matière de stratégie éditoriale, les communicants n’ont plus rien à apprendre ou presque.

Dans un intranet social, il est un élément qui peut « perturber » le déroulement du scénario et il concerne le porteur du message.

La dimension « sociale » des nouvelles plateformes de communication interne – pratiques d’évaluation obligent – contraint à une réflexion permanente quant aux porteurs de contenus notamment en terme de popularité et de pertinence.

C’est une tâche difficile, car tout à chacun au travers des espaces communautaires ou a minima au travers des ses commentaires peut être un porteur de contenu « efficace » et servir ainsi la réalisation de certains objectifs assignés à l’outil déployé dans l’entreprise.

Une gouvernance opérationnelle

Le repérage de ces porteurs de contenus populaires ainsi que la valorisation des contenus que l’ion souhaite pousser auprès d’un audience maximale sont des sujets au coeur de la gouvernance opérationnelle.
Il n’est pas, à mon avis, de gouvernance informationnelle sans gouvernance opérationnelle pour ce qui est de ce type de plateformes.

Et c’est probablement un autre aspect des difficultés auxquelles sont confrontés les porteurs et supporteurs des « intranets sociaux »  et que nous pourrions tenter de résumer en :

Comment réussir une communication interne efficace et pertinente (notamment du point de vue business) pour l’entreprise avec autant de porteurs de messages que de salariés et une pratique d’auto évaluation permanente des contenus au travers des sujets et des contributeurs, et ce en toute transparence ?

A votre avis ?

10 réflexions sur “Un RSE ne peut pas fonctionner sans une forte couche de contenus

  1. Merci pour ce billet Mr Super, cette vision de l’Intranet social porte de plus en plus souvent le nom de Réseau Collaboratif d’Entreprise, association étroite entre le RSE et la collaboration autour des contenus qui structurent l’Intranet : l’un ne va pas sans l’autre.

    D’après moi une grande partie de la réponse à la question que vous posez à la fin de votre billet dépend grandement de l’état de maturité des différents protagonistes sur les problématiques collaboratives et sociales. Un intranet social ce n’est pas que la plateforme, l’outil retenu et son implémentation, c’est aussi et surtout les humains qui l’utilisent et l’idée qu’ils se font de ce que cela doit leur apporter à eux personnellement et à l’entreprise.

  2. Je reste mal à l’aise avec la notion de contenu. Tu ne fais pas travailler les gens avec de l’éditorial ou alors tu crées un salon de thé géant mais j’ai du mal d’en percevoir la valeur. Le contenu est pertinent quand il est information et opérationnel…et là on sort des logiques éditoriales.

    • Le contenu éditorial est toujours lié au business. Quand on parle stratégie éditoriale ce n’est pas qu’une vision de communicant réductrice.
      Une communauté d’expertise ou de pratique est plus pertinente et plus intéressante si elle fait également la part belle à de l’éditorial aux côtés des échanges et des discussions.

      • « Quand on parle stratégie éditoriale ce n’est pas qu’une vision de communicant réductrice. » Oui, mais malheureusement ça n’est pas clair pour tout le monde. Quand on dit contenu on pense communication et ça devient des hameçons à audience, plus des informations de travail.

      • Ce que je constate, c’est qu’il est nécessaire d’apprendre à mieux communiquer aux opérationnels. Pour tendre vers du lean, vers le partage de bonnes pratiques, vers une forme de décloisonnement, il est important d’avoir la fibre pédagogique et de s’avoir construire un message basé sur les 5W.
        Encore faut-il que l’organisation voit l’intérêt du décloisonnement…

  3. A mon sens le RSE est un outil créé pour augmenter la productivité des salariés sans avoir à dépenser davantage d’argent (depuis la publication des travaux d’Elton Mayo, tout le monde sait que pour augmenter la productivité d’un salarié, rien ne vaut la valorisation). Produire du contenu est essentiel pour le faire fonctionner, mais comment juger de sa réussite ou de son échec ? Le nombre de commentaires, de participations ne me semble pas être des critères suffisants.

    • Vous avez raison, et dans l’histoire des entreprises et des rapports humains, il y a beaucoup d’événements, d’actions ou d’outils pour lesquels il est « facile » de savoir s’ils ont utiles (critère de réussite), par exemple : la poignée de main, le téléphone (utile mais personne ne penserait à compter le nombre d’appels émis ou reçus pour justifier de sa pertinence en tant qu’outil), etc.
      Merci

  4. L’enjeu n’est il pas plutôt que les organisations se transforment pour être plus en capacité d’être innovante et compétitive. Cela passe avant tout par de la transparence, de l’encouragement, de l’initiative…qui se développent sous forme de réseau plutôt que de silos hiérarchisés, cela passe par des mécanismes sociaux de partages encouragés et valorisés pour fluidifier les prises de décisions et augmenter la créativité, et cela passe par de la gouvernance d’entreprise pour canaliser, réorienter les discussions, capitaliser sur les échanges et là on peut parler de contenu. Mais l’urgence est de mon point de vue de transformer les échanges même si c’est compliqué, il n’est plus possible d’avoir 70% des employés qui ne sont pas engagés et qui font des tâches qu’ils savent être inutiles. L’enjeu n’est donc pas tant d’avoir accès au bon contenu mais de « do the right thing » en mobilisant.

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