La génération Y est-elle dépassée par la révolution numérique ?

Il en est de certaines réalités qui ne manquent pas de nous interpeller et pour ma part, je suis toujours surpris, de constater que les générations "digital natives" sont timorées face aux défis du numérique. Bien entendu, les discussions que je partage avec certains d’entre eux ne sont pas forcément représentatives de l’état d’esprit de tous, mais les années passent et il me semble que les attitudes et les envies n’évoluent guère.

A un niveau bien plus important, il y a également le billet publié dans FrenchWeb, billet dans lequel sont reprises les déclarations de Neelie Kroes – vice-présidente de la Commission européenne chargée de la stratégie numérique – en particulier :

Quelques jours plus tôt, Mme. Kroes déclarait, dans le cadre de la semaine « Get On Line », pour favoriser la recherche d’emploi en ligne, que «l’absence de compétences numériques est une nouvelle forme d’illettrisme. Quand j’étais enfant, il s’agissait d’apprendre à lire et à écrire. Aujourd’hui, il faut apprendre à faire des recherches sur l’internet et à programmer ». La Commission européenne regrette que seuls 17% des jeunes sans emplois en Europe n’ai un profil en ligne sur des plateformes comme LinkedIn ou Viadeo

Une réalité bien loin des affirmations pompeuses à propos de la maturité numérique des générations montantes qu’on pouvez lire ci et là, il n’y a pas encore si longtemps.

IRL (dans la vraie vie), la génération Y en Europe (latine ?) a visiblement un peu de mal avec le numérique (je ne parle pas des geeks qui eux ont – pour la plupart- un peu de mal avec la relation sociale (je plaisante) !).

Facebook : une relation honteuse ?
Apparemment, il est des relations difficilement avouables ou "honteuses" et avoir un profil Facebook en est une, surtout dans le milieu professionnel pour beaucoup.

Le réseau social est-il perçu par ces générations comme un espace strictement privé ?

N’ont-ils pas trouvé dans ce réseau une proposition de valeur pour leur vie professionnelle ?

Difficile de répondre à leur place !

Par contre, on peut se réjouir de voir à quel point les "digital immigrants" s’investissent et s’emploient à valoriser – au mieux de leurs objectifs – leur participation et les contributions dans les réseaux et sur les médias sociaux.

Une formation noyée dans les conservatismes
La génération Y, voire également la génération Z, ont suivi des formations pour la plupart très convenues, issues de réflexions et de méthodes au service d’une économie traditionnelle, peu innovante et marquée du sceau des "financiers"

Aujourd’hui, l’heure est à l’ICONOMIE et à la valorisation du SENS au delà de la performance économique et sociale, et personne n’y a été préparé !!

Le système éducatif en général, mais également les écoles supérieures (de commerce ou d’ingénieurs) continuent encore trop souvent à dispenser des apprentissages qui ne sont pas au service de la maturité numérique pour créer les relais de croissance dont l’économie a besoin.
On peut espérer que les initiatives du type Iversity (MOOC) aident à combler ces lacunes qui seront demain au coeur d’une réelle et inquiétante fracture sociale : mature ou immature d’un point de vue usage et culture numérique !

Combien de générations ?
Faute de mettre en oeuvre rapidement des propositions de formation et d’accompagnement aux niveaux académique et économiques, il va falloir attendre que cela se "fasse tout seul" et de ce point de vue le manque de curiosité, d’appétit, d’envie, d’ouverture que caractérise beaucoup d’européens latins risque de coûter cher aux économies de ces pays.

Tout le monde peut constater à quel point les jeunes enfants, mais également les personnes handicapées, trouvent avec les supports numériques des espaces de liberté, de plaisir, d’apprentissage et d’échanges. Comment ne pas accepter de considérer cette évolution numérique comme une source de "progrès" et d’amélioration pour la plupart d’entre-nous !

numerique-1175238840-500x361La fracture numérique n’est pas une fracture générationnelle, elle se nourrit du manque d’anticipation des entreprises et des responsables éducatifs qui ne s’investissent pas dans la mise en oeuvre de politiques d’accompagnement dans l’acquisition de la maturité numérique.

D’un point de vue géo-économique, il n’est pas impossible que "la veille Europe" soit la principale victime – au niveau occidental – dans une lutte toujours plus ouverte et globale et dans laquelle l’innovation est clef.

La fracture numérique est le résultat des conservatismes et de nos craintes devant l’incertitude des lendemains.

Et c’est avec des politiques et des actions volontaires pour la combattre que nous pouvons espérer bâtir un monde numérique à l’échelle de nos attentes individuelles et communautaires.

Et selon vous ?

20 réflexions sur “La génération Y est-elle dépassée par la révolution numérique ?

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  3. Bonsoir Claude,
    Je partage à travers mes activités de conseil, de formation initiale et continue le constat d’une jeune génération qui n’est pas si numérique qu’on veut bien le dire.

    Il y a une méconnaissance des usages numériques et des développements de l’économie numérique, et une certaine méfiance effectivement.

    Les étudiants rencontrés sont encore très soucieux d’engranger des connaissances, des méthodologies et des recettes toutes faites dans leur domaine de formation…

    Comme tu le soulignes, les contenus de formation n’ont pas encore intégré pleinement le numérique et la culture qui s’y rapporte, alors que l’ensemble de l’économie est concernée, touchée, en pleine transformation…

    Merci pour cet article !

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  9. Je suis perplexe car je pense que les digital natives sont bien plus agiles avec le numérique mais ils n’ont pas conscience de ce qu’ils pourraient en faire et a contrario les autres générations ont cette conscience mais parfois cela les bloque dans leurs usages numériques. Je crois que globalement tout le monde est très loin de tirer les bénéfices du numérique et c’est là où je vous rejoins sur la volonté politique en terme d’éducation: le numérique doit être une matière obligatoire à l’école mais ne faisons pas comme pour l’anglais en primaire en demandant à des enseignants démotivés de s’improviser professeur du numérique d’autant que c’est probablement la seule matière dont les contenus doivent changer chaque année

    • Merci,
      Vous avez raison.
      En ce qui concerne les "digital natives", ils sont légions à savoir "manier" un smartphone mais cela ne suffit pas – à mon avis – pour conclure qu’ils ont tous une maturité numérique (faites par exemple un rapide sondage sur LinkedIn et vous constaterez la pauvreté de profils qui ne sont pour la plupart que des copies des CV alors qu’il est possible de faire différemment, plus riche, plus lisible, plus pertinent, plus profilé, etc.., et d’adopter une autre vision).
      Côté formation, il est clair que vu la maturité des enseignants, à de rares exceptions près, il va falloir trouver d’autres moyens !

  10. En effet tous ceux qui donnent des cours aux étudiants ont pu constater qu’ils sont loin pour la majorité a vraiment utiliser le potentiel de ces outils.

    Ils sont bien sur ces plateformes digitales mais en communauté ou en usage personnel. Ainsi j’ai pu constater que les étudiants avaient leur groupe facebook pour s’entraider alors que l’école proposait un espace numérique, qu’ils étaient très peu sur twitter, un peu sur Linkedin mais avec un réseau très faible et peu d’activité.

  11. Je ne peux qu’aller dans le même sens. Tous les jeunes que je croise ou que j’ai eu en apprentissage sont très peu au fait des possibilités qui leur sont offertes. Ils savent utiliser les outils courants comme on sait utiliser un traitement de texte, mais ne savent pas écrire un roman ;) A leur décharge, avouons que nombre de leurs enseignants n’en savent guère plus, ceci expliquant peut-être cela ?

  12. J’étais un peu sceptique avec le titre volontairement provocant de ton article, mais ton développement se tient. Ce n’est pas parce que quelque chose a toujours été là (pour la Gen Y) qu’il est automatiquement maîtrisé.

    Mais même une fois que les formations auront pleinement intégré les dimensions du digital, son apprentissage ne sera ni simple ni rapide. Ou il restera rudimentaire.

    J’ai le sentiment que les Gen Y, Z etc devront rapidement construire une compétence encore plus importante: la capacité à s’adapter rapidement au changement permanent.

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