[Evolution numérique]allons-nous laisser se développer un nouveau « Lumpenproletariat » ?


Quelle idée, un Lumpenproletariat  et puis quoi encore ?

Chaque évolution économique (ou révolution) est caractérisée par la « production » d’une population de « laissé pour compte » composée de tous ceux qui n’ont pas su, ou pas pu (voire les deux) s’adapter et s’intégrer au mieux pour eux dans leur nouvel environnement.

Jadis, les révolutions économiques étaient tout d’abord au bénéfice d’un petit groupe d’acteurs qui, par la connaissance et  l’instruction, s’attachait à mettre en oeuvre les nouveaux outils, les nouvelles organisations, pour en tirer le meilleur profit.

Aujourd’hui, le niveau d’instruction a globalement évolué et dans l’évolution numérique les outils ont été largement distribué.
En fait, une des particularités de cette nouvelle étape tient dans les conditions de sa mise en oeuvre : elle est le fait de nos actions quotidiennes et de notre – apparemment insatiable – appétit technologique.

Au delà de la schizophrénie qui nous guette – être au coeur d’une évolution que nous ne maîtrisons pas ou peu – se posent les questions quant à la préparation des générations futures.

Pour ma part et si cela a pu être vrai un jour, il y a longtemps que je ne regarde plus le monde numérique avec la candeur ou la naïveté de certains sans pour autant penser que l’absence de programme de formation tient du complot des puissants alors qu’il est probablement la conséquence de l’incurie de nos « élites ».

transformation_digitale_morganimation_fotoliaLe numérique est une évolution irrémédiable qui porte en elle des opportunités incroyables mais également des risques.

La compétition est globale et nos économies occidentales ne sont pas à l’abri de sérieuses déconvenues dans les prochaines décennies, alors que au-il encore attendre pour travailler à la mise en oeuvre de formations sérieuses et pertinentes pour préparer les cyber-citoyens de demain ?

Il y a un an la chaire d’économie numérique de l’Université-Paris Dauphine et Médiamétrie publiaient les résultats d’une enquête portant notamment sur le sujet :

« La révolution numérique touche tous les aspects de la vie sociale, et en particulier l’enseignement, tant dans ses formes que dans ses contenus. Elle conduit à repenser notre système éducatif pour le rendre plus performant et mieux adapté aux attentes des Français »,

commentait Dominique Roux, Responsable scientifique de la chaire Économie numérique.

On peut également y découvrir que les français sont favorables à un enseignement numérique via un outil numérique (tablette, ordinateur, Internet, etc.) très tôt dans la scolarité des enfants. Près de huit personnes sur dix pensent que l’enseignement via un outil numérique peut débuter entre la maternelle et le collège. Le niveau scolaire privilégié pour débuter est le primaire pour 37 % des personnes interrogées. Viennent ensuite le collège (23 %) et la maternelle (19 %). Seuls 17 % des interrogés considèrent que l’enseignement numérique doit débuter après le collège (lycée, université, formation professionnelle).
S’agissant de l’enseignement numérique à distance (vidéo, visioconférence, autoapprentissage), les personnes interrogées le recommandent à des niveaux de scolarité plus avancés : 38 % préconisent de le débuter entre la maternelle et le collège, alors que plus de la moitié (56 %) le recommandent plutôt entre le lycée et la formation universitaire ou professionnelle.
En ce qui concerne l’intensité de l’emploi des outils d’enseignement numérique ou l’intensité d’utilisation de l’enseignement à distance, les Français suggèrent de les « doser » en fonction de l’avancée dans les études.


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Repenser le système éducatif pour répondre aux besoins des citoyens doit être une préoccupation hors il semble qu’il n’en est rien (ou presque).

Que des officines de formation animée par des « digital natives » proposent qui « comment se faire des amis sur Facebook », qui « maîtriser Twitter », ou encore « lancer une campagne sur Snapchat » est une bonne chose !
Que des établissements et/ou des filières reconnues inscrivent à leur programme des formations techniques ne peut que qu’aller dans le bon sens.

Mais, et seulement, si ces enseignements et ceux qui les portent sont capables de contextualiser cette évolution et d’en présenter les atouts comme les risques tout en aidant les citoyens à l’apprivoiser.

A défaut, tout le monde saura « cliquer et liker », mais peu seront capables de « jouer »  avec aisance de cette évolution digitale et le plus grand nombre viendra rejoindre le « lumpenproletariat », sous-classe victime de la fracture numérique et de l’incapacité de nos dirigeants à anticiper ce futur si proche qu’il se dérobe déjà sous les pieds de certains !

A bon entendeur.

[Economie numérique 2008-2013] Panorama des économies les plus avancées


Récemment, HBR publiait les éléments d’une étude réalisée dans le cadre de « the Fletcher School at Tufts University » et portant sur l’évolution de 50 pays vers l’économie numérique.

L’intérêt de ce travail tient notamment à la définition en 2008 d’un index, le DEI (Digital Evolution Index) construit à partir de données objectives tenant à 4 critères :

  • la maturité de l’offre (y compris l’accès, la réalisation et l’infrastructure des opérations);
  • la maturité de la demande (y compris les comportements des consommateurs et les tendances, compréhension des enjeux financiers de l’Internet et des médias sociaux) ;
  • le niveau d’innovation (y compris les écosystèmes de support à l’entrepreneurship , les innovations technologiques et le financement ; la présence et l’importance des forces perturbatrices ainsi que l’existence d’une culture et/ou mentalité « start-up » ) ;
  • la préparation des institutions (y compris l’efficacité du gouvernement et son rôle dans les affaires, les lois et règlements et la promotion de l’écosystème numérique )

A partir des données récoltées, l’étude propose de classer les pays dans quatre grands groupes :

  • Stall Out réunit les économies qui ont perdu l’élan initial que leurs économies avaient pu connaître dans leur maîtrise du numérique et de ses conséquences.
  • Dans Stand Out figurent les pays qui « continuent » à faire évoluer leurs économies dans une transformation digitale maîtrisée et déjà de très bon niveau.
  • Watch Out est le groupe des économies qui, malgré des opportunités et parfois des réalisations intéressantes, ont encore à faire face à des blocages ou des conservatismes très forts.
  • Enfin Break Out recense les pays qui ont le potentiel mais qui doivent travailler à améliorer le niveau global  de maturité pour faire basculer leurs économies dans le groupe des « stand out »

Trajectory Chart Explainer

 

Et en 2013, le positionnement de 50 pays suivis est le suivant au regard des groupes définis ci-dessus :

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Généralement si les constats sont intéressants, il est souvent plus pertinent de s’attacher, quand cela est possible, aux évolutions et de s’attacher ainsi à comprendre les tendances et leurs significations.

C’est ainsi que cette étude publie également l’évolution des classements des pays depuis 2008 :

Maturité numérique 2008-2013

Il est clair que l’Europe en pleine crise économique est un peu à la traîne après avoir été leader sur ce sujet et qu’elle code du terrain notamment par rapport aux USA.

L’émergence dans le haut du classement des économies de « pays nouveaux » est réjouissante même si elle constitue une perturbation pour la plupart des occidentaux et qu’elles nous obligent à aller encore plus loin et vite vers l’innovation et la compréhension de l’économie de demain.

Pour en savoir plus et connaître le détail des chiffres, les données sont en libre accès au format MS-Excel.

 

[organisation]Les indéniables atouts de l’approche « wirearchique »


Quand Jon Husband a commencé à parler « wirearchy » :

a dynamic two-way flow of  power and authority, based on knowledge, trust, credibility and a focus on results, enabled by interconnected people and technology.

Il n’était probablement pas question d’imaginer un nouveau modèle d’organisation, mais bien plus de constater que la vitalité des réseaux et des technologies qui les supportent constituent des opportunités d’évolution des structures organisationnelles classiques.

wirearchy

L’approche « wirearchique » est une formidable occasion pour l’entreprise de dessiner un avenir plus pérenne en facilitant la performance économique et sociale.

C’est une approche – pas un modèle selon moi – dont l’indéniable atout est qu’elle est OPPORTUNISTE donc agile, pragmatique, focalisée sur des objectifs et centrée autour des talents !

Pour l’entreprise, cette approche qui vient, d’une manière hybride, se conjuguer avec l’organisation traditionnelle, représente des atouts certains :

  • Elle permet de rassembler les talents et les compétences utiles et nécessaires selon le projet, l’objet, le sujet ou le lieu dans un seul souci d’efficacité !
  • Elle est ainsi source d’économie de temps, mais elle permet aussi d’avancer plus vite avec les « meilleures options » issues des échanges plus ou moins formels mais toujours contextualisés entre les collaborateurs.

Des résultats plus rapides, plus pertinents car issus d’une pratique collaborative plus consensuelle, et des collaborateurs réellement plus engagés sont issus de ce type d’approche si fréquente dans les petites entreprises et dans les startups dont l’essentiel de l’énergie est consacrée à « survivre, croître et performer » plutôt que de s’organiser en se regardant le nombril !

Les talents sont au coeur de la « wirearchie » car les réseaux en sont les révélateurs et tout le monde gagne à cette reconnaissance tant d’un point de vue efficacité que gestion des ressources humaines.

L’engagement est y donc largement valorisé par un leadership qui par l’approche « wirearchique » organise un espace dans lequel sont pris en compte trois besoins fondamentaux des collaborateurs :

  • un traitement égal et juste qui « autorise » les collaborateurs à prendre des initiatives.
    Dans le réseau, l’évaluation se fait entre pairs et dans un contexte, la subjectivité et le copinage y ont peu d’importance. L’approche « wirearchique » est exigeante car opportuniste mais elle est également plus « honnête » et transparente pour tout  le monde.
  • une offre d’apprentissage et de formation (plus ou moins formelle) afin que chacun puisse mener à bien les initiatives qu’il a prises.
    Le réseau permet à chacun de continuer à progresser en suivant, lisant, argumentant ou en posant des questions. La principale caractéristique du réseau est la bienveillance entre les participants ce qui permet un partage, voire une transmission, des savoirs et des compétences plus facile et fluide.
  • une autonomie et le libre arbitre afin que chacun puisse réaliser ses initiatives.
    Dans le réseau, vous êtes autonome avec les autres.
    Le réseau est efficace du fait de la singularité de ces membres et il n’est donc pas question de limiter leur autonomie. La richesse des échanges est au coeur de la pertinence et du succès des espaces partagés et il est indéniable que la diversité des profils et des expériences y est pour beaucoup !

Selon vous ?

Transformation digitale : enquêtes et sondages à profusion !


En ce début d’année, la transformation digitale fait le buzz de la presse spécialisée, des « timeline » sur Twitter et même des médias grand public (rubrique éco).

Deux études, très riches en information,ont été publiées ces dernières semaines par CSC et Lecko, reprises ci-après elles abordent bien évidemment le sujet !

Il y a beaucoup d’informations intéressantes dans ces deux travaux que je trouve assez complémentaires et je tiens à souligner en premier lieu la qualité graphique des documents qui nous proposés.

Bravo pour les efforts en matière d’infographie, de mise en page, de design et de lisibilité !

j’ai choisi de mettre en valeur certains résultats dont je vous laisse faire votre propre analyse et/ou lire celles des consultants de ces sociétés.

Commençons par l’enquête la plus générique : le baromètre 2015 proposé par CSC (à lire au regard de l’étude McKinsey publiée à l’été 2014)

chacun reconnaît que le numérique change tout, y compris ou surtout le business modèle !
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Mais la transformation fait peur et aujourd’hui les sondés pensent plus en termes de risques que d’opportunités (manque de maturité ?) !

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Il est pourtant étonnant de constater que cette crainte ne se retrouve pas le plus dans les conditions de concurrence mais bien plus dans la nécessité d’une nouvelle expérience client.
Mais qui peut mieux que de nouveaux entrants, ou un nouveau modèle d’affaires, supporter cette exigence côté client ?
Côté management. l’heure ne semble pas être à la remise en cause :-)

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Côté organisation, le réseau social d’entreprise à les faveurs de la cote !

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Et c’est tant mieux car chez Lecko, on n’hésite pas à affirmer que le réseau social d’entreprise est le socle sur lequel va se faire (ou pas) la transformation !

Et cette transformation se fera au travers du RSE dans lesquels à peine plus de 20% des espaces collaboratifs sont pérennes et porteurs de nouveaux usages !

Pourtant le taux d’adoption et d’engagement évolue dans le bon sens !

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Et le rôle des animateurs et autres gestionnaires de communautés et accompagnateurs est crucial !

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Dans un cadre de gouvernance clair et efficace !

GOUVERNANCE

 

Sans parler des éléments de mesure et d’analyse !

 

[Digital]Dessinons ensemble la Suisse de demain !


En Suisse, comme ailleurs, le futur se prépare maintenant !
Mais en Suisse, à la différence de certains ailleurs, le « digital » n’est pas inscrit officiellement dans « l’agenda » de l’évolution socio économique du pays, ce qui revient à constater que personne ne semblait s’en soucier jusque là !

Au niveau politique c’est Fathi Derder qui a pris les devants en interpellant le Conseil Fédéral :

La classe politique doit ainsi mieux comprendre la révolution en cours. On le voit, les questions numériques concernent tous les domaines. Elles sont transversales. Or, les outils existants ne permettent pas cette transversalité, notamment au niveau du Conseil fédéral. Il faut repenser l’organisation de l’appareil étatique, et doter le législateur d’une vision d’ensemble des enjeux, tant au niveau du développement économique, que du progrès social, ou de la protection des données.

Je salue, avec d’autres, cette initiative et je me réjouis que depuis et sous l’impulsion notamment de Jean Henry Morin la question de la création d’un Agenda Numérique pour la Suisse (Article paru dans Le Temps du 19 janvier 2015 réservé aux abonnés) soit mise sur le devant de la scène et que tout à chacun puisse y participer.

Le numérique bouscule tous les codes et les habitudes, la dématérialisation et la mobilité accentuent la pression de l’économie à la demande (Uber, AirBnB, …) et obligent les entreprises à conjuguer recherche de nouveaux relais de croissance et innovation managériale.

Du côté de l’économie et vu le pragmatisme qui caractérise les entreprises suisses, il est probable qu’elles sauront être à la hauteur des enjeux de leur propre survie.

Au niveau des cadres étatiques, je n’ai pas la compétence pour juger de ce qu’il conviendrait – ou pas – de faire, mais je suis persuadé qu’à l’instar de ce qui se passe ailleurs, nos « élites politico administratives » ont – à de rares exceptions près – une incompétence numérique grave !

Par contre, certains secteurs dont celui de l’éducation m’intéressent tant ils sont clés dans le processus de transformation.

La suffisance affichée par certains représentants du secteur académique n’a d’égale que leur incapacité à imaginer un futur proche dans le temps, mais très éloigné de leurs certitudes et de l’orthodoxie managériale enseignée depuis 50 ans !

Que la compétence soit fédérale ou cantonale, que les établissements soient privés ou publics n’y changent pas grand chose, l’univers académique doit réfléchir à son organisation et aux moyens qu’ils utilisera pour :

  • préparer les formateurs et accompagnants nécessaires
  • redessiner le contour pédagogique et les enseignements nécessaires

A l’image de ce qui parfois se fait ailleurs (Exemple le SSAT, un cas intéressant outre Manche), la Suisse doit inscrire dans son agenda numérique la question de la formation et se donner les moyens d’une population active, pertinente et contributive dans l’économie de demain.

Les enjeux sont clairs et dépassent les habituels sujets traités au TJ qui de la montre connectée (pour le secteur horloger), du big data (pour le secteur financier) et que sais-je encore.

Il s’agit de bâtir une société efficace dans laquelle chacun trouve une place et son bonheur.
il s’agit de réfléchir à la bonne manière d’accompagner la perturbation que le numérique génère dans tous les espaces et les moments de la vie des confédérés.
Il s’agit de dessiner ensemble la Suisse de demain !

Rejoignez l’initiative pour un agenda numérique suisse  !

Management : la dangereuse illusion du contrôle absolu !


Souvent à l’origine de décisions qui confinent à l’absurde, les principes et pratiques managériales en place depuis un demi siècle ont consacré le contrôle au détriment de la prospective !

Bien au delà de la caricature faite dans ce dialogue écrit par Michel Audiard à la fin des années 60 pour Un idiot à Paris, beaucoup de managers, de personnels de l’encadrement se sont engouffrés, avec parfois une frénésie inquiétante, dans la mise en oeuvre de procédures de contrôle.

Loin de moi, l’idée que la mesure et le contrôle ne sont pas utiles, mais la dérive est inquiétante et en ces périodes incertaines et difficiles à beaucoup de point de vue, il est essentiel de regarder devant soi, pas seulement derrière.
En effet, la principale caractéristique du contrôle est dans une exécution a posteriori, sinon on parle d’anticipation ou de prévention.
L’entreprise actuelle s’est bâtie sur la division du travail et donc des employés en les isolant afin de limiter les contre pouvoirs et les remises en cause d’un autorité proclamée et indiscutable.
L’informatique de gestion a renforcé radicalement les contrôles grâce à une offre logicielle pertinente, disponible et facile d’utilisation.

Cette approche « comptable » de l’entreprise a vite été considérée comme essentielle du simple fait qu’elle apparaît :

  • objective, quand bien même nous sommes de plus en plus nombreux à douter de la sincérité de certains tableaux de bords et autre cockpits financiers
  • rassurante : on sait ce qui s’est passé et ce qui se passe si on a mis en place des solutions de support à l’analyse en temps réel.
  • universelle au travers des camemberts, et autres graphiques en 2 ou 3 dimensions présentées sur autant de « power points » dont la qualité n’a souvent d’égale que l’absence de pertinence.

C’est donc un support utile pour tout manager qui. à défaut d’avoir des idées, tient à garder tous ses N-1, -2 et encore plus sous la coupe de son autorité légitimés par ses supérieurs.
Ce type de management. dit autoritaire, est largement contre performant et tout le monde s’accorde à le dire.
Mais la pression des résultats, la force d’inertie des directions, le manque de courage de la C suite qui s’accommode fort bien de ces « fusibles » si utiles en temps de crise, et bien d’autres circonstances induisent une quasi unanimité de pratique du management de contrôle !

Et pourtant ce ne sont pas les initiatives ou les sondages d’évaluation qui manquent à l’intérieur des organisations, pas plus que les pratiques d’évaluations, mais, malgré leur coût et la relative lourdeur de leur mise en charge, les effets (escomptés sur le papier) sont rares, à croire que tout le monde s’en moque.

Un des problèmes avec le management de contrôle, c’est qu’intrinsèquement il raisonne dans le passé (résultats) et que selon les circonstances, il est en permanence en recherche d’alibis, d’explications, de justifications ou de fusibles !

L’organisation qu’est l’entreprise a besoin de perspectives, d’une stratégie et de décisions de mise en oeuvre et bien que la mesure est essentielle pour adapter les pratiques et parfois le chemin vers les buts fixés, le contrôle ne peut être une stratégie en soi.

Ce qui était facile il y a encore moins de dix ans, à savoir une posture et une distance afin d’asseoir sa position, est aujourd’hui de plus en plus difficile à tenir.
L’omniprésence des réseaux de personnes et d’information grignote peu à peu les positions des autocrates du management.

Le contrôle absolu est devenu illusoire et impossible.

Les collaborateurs ont appris depuis longtemps à ne pas prendre pour argent comptant les communications et les annonces d’un management trop souvent empressé de toucher les dividendes de ses succès et de faire porter le chapeau de ses échecs !

Les employés sont de plus en plus enclins à s’autonomiser, quoiqu’en pensent et disent les managers. Il hésitent de moine en moins à emprunter des « chemins de traverse » ou à contourner les nombreuses mesures de surveillance ou de contrôle imaginées par le management.

Le contrôle absolu a toujours été le pendant de la défiance et les outils qui le servent peuvent bien être présenté comme des aides à la décision ou des supports stratégiques, il n’empêche qu’ils portent en eux la méfiance vis à vis de l’exécutant.

Ces outils comptables dont l’aboutissement est quasi généralement la production d’un classeur MS-Excel dont les tableaux et graphiques iront remplir les nombreuses « slides » d’une ou plusieurs présentations PowerPoint permettent de consacrer le pouvoir de celui qui a une vue d’ensemble, qui connaît les forces et les faiblesses de l’outil et qui peut – à ce titre – s’enorgueillir de sa responsabilité méritée.

Hors, ces mesures ne sont le plus souvent pas exploitées plus loin qu’au stade de la communication interne, voire externe pour les certaines données financières quand il le faut.

Les managers ont de réelles difficultés à inscrire leurs décisions, donc leurs actions, dans une réelle prospective.
Ils gèrent tant bien que mal le quotidien et pour le reste, ils s’en remettent à …., on ne sait pas à qui en fait !

La réduction de la vision d’une entreprise à des camemberts ou des « spider charts » fussent-ils en trois dimensions est symptomatique de la difficulté de bon nombre de cadres de s’affranchir – ne serait-ce qu’un instant (salvateur) – des chiffres et des opérations au quotidien pour imaginer leur action et leur positionnement dans une vision prospective.

Ces managers tuent la prise de risques pour eux et la décèdent parfois pour les autres sans leur donner ni les moyens, ni l’envie de vraiment l’assumer : ils consacrent au quotidien le surplace !

Non seulement le contrôle absolu est illusoire, mais il représente une perversion dans la relation humaine et il est largement la cause du désengagement.
Le pouvoir de nuisance des managers autoritaires pour les entreprise n’a souvent d’égal que leur incapacité à se remettre en cause, à imaginer d’autres modèles et à innover.

Et pourtant, il faut travailler au relais de croissance dont l’entreprise a besoin et le « nez sur le guidon » des chiffres d’hier, ces managers ne peuvent pas créer les conditions de la performance économique et sociale de demain !

Pour le reste, à chacun de décider …

Numérique, Robotique, Informatique, c’est Magique !


En fait, non !

Et c’est bien une partie du problème des entreprises.

La pensée « positive » et le besoin de rassurer pour mieux contrôler les employés ont conduit par le passé de nombreux dirigeants et managers à promettre un lendemain technologique facile, efficace et convivial.

Aujourd’hui, ces discours ont encore cours dans bon nombre d’organisations où la production informatique jongle comme elle peut avec un héritage hybride d’applications et de systèmes d’exploitation.

fix_20100825_cafeFaute d’avoir eu les moyens d’anticiper de tels bouleversements dans les usages, les équipes informatiques ont continué, avec l’appui bienveillant des managers métiers, à laisser croire que leurs efforts associés aux nouvelles applications ou fonctionnalités contribuaient à créer un « monde meilleur » du côté du bureau !
Et il est toujours fréquent d’entendre à l’occasion de réunions d’équipes, le manager annoncer « le nouveau CRM » ou la nouvelle application qui va (enfin) apporter la SOLUTION à tous les problèmes.

Mais, personne n’est dupe et depuis le temps qu’on promet de « raser gratis » demain, les employés ont pris l’habitude de la politesse et retournent sans grand espoir d’amélioration à leur quotidien.

La réalité est toujours plus compliquée et les projets moins faciles à mettre en oeuvre qu’initialement espéré, aussi je me demande pourquoi ne pas tenir un discours objectif sur ces sujets.
La communication interne devrait participer à ces initiatives et prendre la main (ou du moins donner son avis) sur les moyens et les messages.
Au même titre, que les décisions absurdes du management, les promesses trop rapides et mal étayées sont cause de désengagement !

La transformation de l’entreprise est soutenue par des initiatives et des solutions techniques, mais elle se fait au travers des hommes et donc du management.
La magie n’y a pas place, pas plus que les croyances, ni les superstitions !

L’entreprise est un monde dans lequel l’objectivité doit être valorisée au maximum afin que les collaborateurs aient confiance et s’investissent autant qu’ils le souhaitent à son service.

Dans ce contexte, il est assez difficile de faire la part des choses entre l’appétit d’employés toujours plus habiles à utiliser des applications souvent plus intuitives et agréables que les outils dont ils disposent au bureau et la qualité de l’offre réelle en terme d’applications et de service des entreprises.
Le fossé qui se creuse pourrait rapidement devenir très inquiétant, voire disqualifiant, pour bon nombre d’entreprises dont les dirigeants ont tant de mal à comprendre l’évolution numérique et ses conséquences directes ou indirectes, proches ou plus lointaines, pour eux et les organisations qu’ils animent ou gèrent, ou les deux.

Plus que jamais, management et communication sont étroitement liés dans une course à la bonne compréhension des enjeux commerciaux, humains, technologiques.
Ils doivent – avec pragmatisme, réalisme et humilité – travailler ensemble à la déclinaison de leur stratégie sur le terrain.
L’heure n’est plus (si elle l’a été un jour) aux grands shows, aux prédications des « gourous », aux pratiques incantatoires ou pire à la « prise de distance ».
La stratégie doit coller au terrain pour être bien comprise, acceptée et mise en oeuvre avec succès.
Les entreprises qui l’ont compris sont aujourd’hui concentrée sur leurs clients (le chiffre d’affaires, i.e. l’argent qui rentre IRL en dehors des feuilles de calcul Excel) et leurs employés dont ils savent que l’engagement est clef au service de la survie économique.

Rien de magique, que du travail, de la méthode, de l’empathie et une formidable envie, bref rien de nouveau de ce côté du business !

Le moteur de cette course à l’innovation technologique est le quotidien de chacun d’entre-nous et la carburant notre besoin « insatiable » d’information !

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Et pour tous ceux qui se passionnent pour les tendances, je vous propose de lire ce que Brian Solis anticipe pour les années à venir !
Pour les autres, c’est peut-être un bon moyen de se réveiller et de prendre le temps d’une réflexion salutaire pour espérer « survivre » ou mieux « gagner » dans un monde technologique qui va très vite, qui n’attend personne !

Sinon, c’est comme vous voulez !