Digital fiction (n°6) : Pas de rentrée bling bling, côté marketing ?


Bon, ce n’est pas le tout, mais les vacances, pour la plupart, cette année, c’est déjà des souvenirs moins des perspectives !

Et du côté du marketing, la rentrée s’annonce plutôt compliquée !
Imaginez un peu, des équipes entièrement dévouées à l’exploration d’outils d’analyse, de sectorisation, de standardisation, de reporting : les rois du camembert ou du spider-graph et de la power-point.
Imaginez un peu un CMO qui se « voyait déjà en haut de l’affiche » et à qui on vient de coller un CDO dans les pattes parce que ce qui vraiment important aujourd’hui c’est l’expérience client alors qu’il avait toujours cru que le client appartenait à un groupe (pas à une bande) et qu’il obéissait à des réflexes et pulsions guidés par cette appartenance.

Difficile de synthétiser l’expérience client dans sa singularité dans un fichier Excel alors que les réseaux sociaux se révèlent être un vrai champ de mines en matière de réputation.

Depuis les grandes heures de la réclame (notamment à la TV), le marketing a très souvent joué à « l’épate » en utilisant à grands renforts financiers tous ce (et ceux) qui faisaient encore rêver le chaland.
Le marketing affirmait une connaissance précise du client et une vision de ce qu’il souhaitait et donc allait acheter.
La mise en scène des services et des produits alliés à une standardisation extrême des produits suffisaient – selon lui – à assurer le succès et parfois un élément de différenciation venait créer la différence et vous permettait de prendre une longueur d’avance.

Et la plupart des CMO voient leurs certitudes (si difficilement acquises au long d’un cursus en école de commerce) et leur monde s’écrouler du seul fait du client : l’acteur dont ils ont la responsabilité de la connaissance et de la prédiction !

A force de faire confiance à des outils, les équipes marketing ont trop souvent coupé toute relation avec l’humain qui se cache derrière le client et ne voila t-il pas qu’il revient sur le devant de la scène en utilisant lui aussi des outils.
Ces mêmes outils qu’on avait accueillis avec enthousiasme tant ils paraissaient prometteurs dans une stratégie de présence dans ces nouveaux médias et sur ces nouveaux canaux.
Le marketing avait trouvé l’outil magique et il se goinfrait de like et de followers pour montrer combien sa marque était pérenne et digne de confiance, mais aussi combien il maîtrisait la communication et la relation client : le web 2.0 , un rêve pour le CMO.
Mais ce rêve est assez rapidement devenu (en fait avec l’énorme appétit des consommateurs pour la mobilité) un cauchemar pour certains, voire un piège pour d’autres : il ne suffit pas d’acheter, de prétendre, de déclamer, il faut convaincre et créer la confiance et personne n’avait prévenu les équipes marketing de cette nouvelle donne qui était en train de se mettre en oeuvre.

Alors pour cette rentrée 2015, on oublie la mise en scène tapageuse, la standardisation qui est censée rassurer le consommateur, la mise en valeur de soi pour tenter plus de connivence avec le client.

Le selfie est apprécié pour le fun ou la bonne cause, la « sur exhibition » des marques et des enseignes est ressentie comme suspecte, voire malsaine et les affaires peuvent en souffrir.
Rares sont les marques qui peuvent se targuer d’un capital notoriété-confiance suffisant et toutes les autres doivent ramer pour le créer.

Pas de gadget bling-bling pour cette rentrée, mais une approche terrain, pragmatique, franche et saine pour tenter de passer la rampe et de continuer à exister demain au travers d’une expérience client réellement appréciée, valorisante, à l’origine du cercle vertueux du marketing digital ou analogique.

L’évolution digitale du marketing ne s’est pas faite malgré les gourous du SEO, du social et les as de l’ergonomie des sites et services web, elle se fera par un changement d’attitude et de méthode d’observation et la remise en cause des relations actuelles fournisseur-client et employeur-employés vers des pratiques plus ouvertes, respectueuses et transparentes.

Nous ne sommes pas des numéros !

Social consommateurs : une nouvelle maturité


Hier, le web, les applications et les sites comparatifs, toute une armada pour aider le consommateur dans sa quête du MEILLEUR PRIX (ou du meilleur taux) !
MEILLEUR_PRIXAinsi nous avons pu découvrir les comparateurs simples , puis les agrégateurs des résultats des comparateurs pour en arriver maintenant aux « aides à la décision » en quelque sorte des ersatz de solutions de business intelligence qui couplée à des algorithmes et des analyses de fréquences vous indiquent le moment idéal pour l’achat – par exemple – d’un billet d’avion.
il y a également les sites de réservations qui non seulement mettent en valeur le « meilleur prix » selon eux, mais vous mettent également la pression en mentionnant en le nombre de vos concurrents prêts à dégainer avant vous pour cueillir (peut-être sous votre nez) la bonne affaire !
Voyages et hôtellerie sont des secteurs où cette offre numérique est devenue incontournable et il faut l’avouer fort utile !

Mais, et comme toujours, il y a un mais !

Si pour des voyageurs peu fréquents ces sites et applications représentent un gain de temps et un potentiel d’économies, il faut reconnaître qu’elles ne valorisent que l’économie financière réalisée si tant est qu’elle soit confirmée dans les faits !

Il n’est plus un voyageur un tant soit peu fréquent qui n’a pas constaté que parfois le prix de la chambre est moins cher sur les sites de l’hôtel qu’indiqué sur celui de la « centrale de réservation ».
De même, les algorithmes ne m’ont guère été utiles pour trouver le « BON PRIX » !

Et c’est bien de cela dont nous allons parler car le consomme-acteur est entré dans une nouvelle phase de maturité me semble-t-il !

Aujourd’hui, nous sommes nombreux à mettre dans la balance d’autres éléments que le prix !
La valeur d’un service ou d’un bien ne s’est jamais exprimée que dans ou par le prix: en termes de voyages, mais également pour d’autres bien et services, l’expérience du consommateur va bien plu loin que la simple saisie des informations de paiement.

TopQualitePrenons pour exemple, cette offre « lowcost » pour un vol Genève Londres qui vous dépose à Gatwick ou Lutton et comparez la avec une proposition d’une compagnie classique qui pour un prix un peu plus élevé vous « déposera » à Heathrow, au pied d’une ligne de métro (moins chère que le train) après un vol ou vous aurez été servi (en cas et boisson) aimablement.
Quelle est – d’un simple point de vue financier – la proposition la plus intéressante ? A chacun de voir !

Et en fin de compte peu importe sauf à constater que la qualité du service est un argument de poids, tout comme la clarté des conditions de l’offre et la transparence de l’opérateur.

Le précurseur dans ce domaine est Trip Advisor que nous sommes beaucoup à consulter et à enrichir pour y trouver la « bonne affaire » pour soi, au regard de nos critères et pas forcément au moins cher.

Demain et c’est là que le « social business » prend tout son sens, les avis, les évaluations que nous faisons les uns et les autres des services que nous consommons seront au centre des processus d’achat !
Il suffit de constater le nombre incalculable de fois où on vous demande d’évaluer ou de donner voter avis, alors qu’il y a encore peu, certains de ces opérateurs ne daignaient même pas écouter vos remarques ou doléances (vous savez l’époque où pour certains vous étiez un USAGER !)
La légitimité de l’opérateur sera clef et lui seul pourra être tenu responsable de sa bonne ou mauvaise réputation !

On parle beaucoup de perturbation « à la Uber » dans les secteurs traditionnels de l’économie, en fait la source principale de la perturbation est à chercher ailleurs, dans la capacité des communautés d’utilisateurs ou de clients à légitimer un produit, une offre de service ou encore une proposition de relation client.
Ce ne sont pas la pages Facebook des marques (support de réclame) qui leur seront d’une quelconque utilité, mais bien plus leur capacité d’écoute et d’engagement au service de la qualité de la relation client !

La confiance que nous dans nos pairs et les avis qu’ils partagent est au coeur de l’évolution de cette relation client et il va falloir se retrousser les manches pour certains, tellement habitués qu’ils sont à nous prendre pour des « imbéciles » ainsi que l’illustre tristement les taxis en France ou à Genève.

Banques, assurances, transports, tourisme, voyages, tous vont devoir y passer avec plus ou moins de douleur, et certains resteront sur le carreau !

A bon entendeur.

[Enquête]Community Management : état des lieux 2015 !


Comme chaque année The Community Roundtable a livré semaine dernière son analyse du « community management », de la diversité et la richesse des pratiques ainsi que de leur évolution et de l’état de l’engagement au travers des réseaux et plateformes collaboratives et sociales.

Signalons d’abord que ce travail est disponible gratuitement en téléchargement (sans avoir à remplir un  long, fastidieux et parfois indiscret formulaire), ce qui est très rare dans un secteur où beaucoup aimerait nous vendre des « études » peu pertinentes !

Ceci étant dit et en complément du résumé présenté ci-après, quels sont les enseignements intéressants – selon moi, de cette publication ?

L’objectif du travail présenté est d’aider à mieux définir les stratégies et les projets autour des communautés et selon le niveau de maturité des organisations.

En premier lieu, il convient de souligner que les observations ont été faites principalement avec des répondants qui estiment qu’ils ne se situent que dans les premières étapes du modèle de maturité proposé !

répondants_modéle-de-maturité-2015

Buggets_CM_2015

Si le marketing gère les communautés du type « externes », ce n’est pas le cas des autres (internes ou mixtes) dont l’animation est largement dépendante de l’objet et des buts, pour autant au niveau budget c’est le C level qui garde la main dans la plupart des cas.

Côté budget, ce sont les éléments techniques (solutions) qui accaparent la majeure partie des moyens alors que les contenus et l’animation finissent de consommer les allocations disponibles.

Quand il est question d’engagement, The Community Roundtable distingue cinq types d’acteurs :

  • Inactive
  • Lurkers (observateurs qui ne participent pas)
  • Contributors (lisent, commentent, ..)
  • Creators (lancent une discussion par exemple)
  • Collaborators (ceux qui créent de la valeur ensemble)

 

Le document présente une analyse détaillée et très argumentée des informations récoltées au travers de plusieurs prismes :

  • Stratégie
  • Leadership
  • Culture
  • Community management
  • Contenus et offre de « programmes »
  • Politiques et gouvernance
  • Outils
  • Chiffres et mesures

Au delà de cette mise en perspective, dont je salue la qualité de la forme et du fond, The Community Roundtable propose en conclusion trois recommandations :

  • Investissez dans un « community management » professionnel qui au delà d’un rôle est un atout qui dispose qualité et d’une technicité au service de la valorisation et de la réussite des communautés.
  • Structurez bien votre « advocacy program » afin que les membres de communautés se sentent « investis » dans un cadre clair et valorisant pour eux
  • N’hésitez pas à mettre en oeuvre des « outils » ou des programmes (sondage, question du jour, etc.) qui vont créer de l’émulation et de l’envie à participer.

Enfin, n’hésitez pas à regarder ce que les autres font et, pourquoi pas, à vous en inspirez !
Et côté engagement, les « meilleurs » sont un bon exemple, il me semble !

engagement_BIC_CM2015

A vous de prendre le temps de parcourir cette publication et d’en extraire les pépites qui vous seront utiles !

[Economie numérique 2008-2013] Panorama des économies les plus avancées


Récemment, HBR publiait les éléments d’une étude réalisée dans le cadre de « the Fletcher School at Tufts University » et portant sur l’évolution de 50 pays vers l’économie numérique.

L’intérêt de ce travail tient notamment à la définition en 2008 d’un index, le DEI (Digital Evolution Index) construit à partir de données objectives tenant à 4 critères :

  • la maturité de l’offre (y compris l’accès, la réalisation et l’infrastructure des opérations);
  • la maturité de la demande (y compris les comportements des consommateurs et les tendances, compréhension des enjeux financiers de l’Internet et des médias sociaux) ;
  • le niveau d’innovation (y compris les écosystèmes de support à l’entrepreneurship , les innovations technologiques et le financement ; la présence et l’importance des forces perturbatrices ainsi que l’existence d’une culture et/ou mentalité « start-up » ) ;
  • la préparation des institutions (y compris l’efficacité du gouvernement et son rôle dans les affaires, les lois et règlements et la promotion de l’écosystème numérique )

A partir des données récoltées, l’étude propose de classer les pays dans quatre grands groupes :

  • Stall Out réunit les économies qui ont perdu l’élan initial que leurs économies avaient pu connaître dans leur maîtrise du numérique et de ses conséquences.
  • Dans Stand Out figurent les pays qui « continuent » à faire évoluer leurs économies dans une transformation digitale maîtrisée et déjà de très bon niveau.
  • Watch Out est le groupe des économies qui, malgré des opportunités et parfois des réalisations intéressantes, ont encore à faire face à des blocages ou des conservatismes très forts.
  • Enfin Break Out recense les pays qui ont le potentiel mais qui doivent travailler à améliorer le niveau global  de maturité pour faire basculer leurs économies dans le groupe des « stand out »

Trajectory Chart Explainer

 

Et en 2013, le positionnement de 50 pays suivis est le suivant au regard des groupes définis ci-dessus :

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Généralement si les constats sont intéressants, il est souvent plus pertinent de s’attacher, quand cela est possible, aux évolutions et de s’attacher ainsi à comprendre les tendances et leurs significations.

C’est ainsi que cette étude publie également l’évolution des classements des pays depuis 2008 :

Maturité numérique 2008-2013

Il est clair que l’Europe en pleine crise économique est un peu à la traîne après avoir été leader sur ce sujet et qu’elle code du terrain notamment par rapport aux USA.

L’émergence dans le haut du classement des économies de « pays nouveaux » est réjouissante même si elle constitue une perturbation pour la plupart des occidentaux et qu’elles nous obligent à aller encore plus loin et vite vers l’innovation et la compréhension de l’économie de demain.

Pour en savoir plus et connaître le détail des chiffres, les données sont en libre accès au format MS-Excel.

 

[Stratégie] 2015 : le client redevient R.O.I. !


Année de l’Ego oblige, le client revient au coeur des préoccupations donc des budgets !

disruptionLes stratégies numériques s’affinent autour du marketing automation et se concentrent sur un lead tracking plus précis, personnalisé et performant et un marketing relationnel plus mature !

On se réjouit !

En fait, la crise, les difficultés économiques et les récentes désillusions quant à l’engagement et l’emballement des consommateurs poussent les entreprises à rester pragmatiques !

Et force est de constater que ce pragmatisme ne fait pas la part belle à l’employé !

En 2013, Gartner statuait dans le rapport « Predicts 2013: Social and Collaboration Go Deeper and Wider. » :

By2016, 50 percent of large organizations will have internal Facebook-like social networks, and that 30 percent of these will be considered as essential as email and telephones are today.

« The popularity and effectiveness of social networking sites as a group communication tool among consumers is prompting organizations as well as individual employees to ask whether similar technologies can be deployed privately, » said Nikos Drakos, research director at Gartner. « There is increasing interest for using social technologies within organizations to connect people more effectively, to capture and reuse valuable informal knowledge, and to deliver relevant information more intelligently where it is needed through social filtering. »

Using Facebook-like enterprise social networking software for communication has several advantages over email and traditional check-in/check-out repository-centric collaboration in terms of information capture and reuse, group organization, and social filtering. A Facebook-like social networking environment within an organization can be used as a general-purpose communication channel where information and events that originate in external systems — such as email, office applications and business applications — can be injected into conversations, and vice versa. With an understanding of the key influencers in the social network, communication channels will become even more effective.

Si ceci est toujours plus ou moins vrai, il est probable que la mise en oeuvre se fera au moyen de l’évolution de la digital workplace mais avant tout au service d’objectifs « business » chiffrés.

La logique du retour sur investissement (ROI) est indissociable des stratégies commerciales et les entreprises vont, pour des raisons de concurrence et des objectifs de survie, investir dans le support à la pénétration des marchés et à la meilleure compréhension des clients.

Les collaborateurs vont avoir à investir de leur côté dans une réflexion utile, nourrie au big data en real-time et aux « bruits » émis sur les réseaux sociaux pour enrichir, adapter, rendre plus efficiente la relation client et « remplir » le tiroir-caisse !

Décidément, le numérique continue à nous réserver des surprises et la perturbation, qui semble en être une des principales caractéristiques, nous oblige à des constantes revues des stratégies et à imaginer d’autres chemins que ceux que nous avions initialement prévus !

disruption_2

Pour autant, les entreprises auraient tout intérêt à imaginer des chemins dans lesquels clients et employés sont servis avec la même attention car il est difficile, voire impossible, de mener à bien et avec efficience une stratégie d’engagement de l’un sans le support de l’autre !

Selon vous ?

Ralph Rimet et l’esprit « startup »: Osez, Créez et Fuyez les grincheux!


Bonjour Ralph, Comment vas-tu ?
Très bien ! D’humeur créative en ce moment :-)

Tu as une expérience riche en matière de startup, peux-tu nous rappeler rapidement ton parcours ?
J’ai créé ma première start-up SECU4 en 2006 et je l’ai dirigée comme CEO jusqu’en 2013.
SECU4 a notamment été sélectionnée parmi les 100 start-ups les plus prometteuses au monde en 2009.
Avec notre produit SECU4Bags nous avons été le premier accessoire de sécurité au monde sous la licence « made for iPhone » d’Apple.
J’ai ensuite repris un rôle de CEO quelques mois dans la société valaisanne Evenhook.
J’ai reçu en avril 2013 le titre d’entrepreneur de la décennie de la HEVS.
Actuellement je suis entre deux activités, à la recherche et à la construction de nouvelles opportunités. J’utilise notamment mon expérience pour la partager avec des jeunes créateurs d’entreprises et des PME. Je reste dans tous les cas très actif dans le domaine de l’innovation et des start-ups.
Je suis dans une phase très créative de ma vie ou tout est possible.
C’est très agréable à expérimenter et très enrichissant.

Quels enseignements as-tu retirés de ces années riches et intenses ?
Que malgré tout l’enthousiasme que l’on peut avoir l’entrepreneuriat reste un business.
Et que le business peut parfois être cruel et injuste.
J’ai très longtemps été un idéaliste qui pensait que les plus méritants s’en sortaient.
En réalité, les plus malins sont souvent ceux qui s’en sortent le mieux.
La vie m’a donnée de belles leçons qui m’ont renforcé en tant qu’être humain.

J’ai aussi appris le pouvoir du mot « non ». Qui m’était totalement inconnu.
Je pensais toujours être redevable et par conséquent ne pas être en mesure de dire « non ». Notamment avec les différentes relations que j’ai pu entretenir avec les investisseurs ou les gens qui ont soutenu mes différents projets.
Aujourd’hui je suis plus au fait de savoir qui je suis, quelles sont mes limites, et d’accepter de ne pas toujours être aligné avec mes partenaires.
Je suis devenu excellent pour délivrer des choses réalistes.
Et surtout j’identifie très vite les ambitions trop élevées. Même si dans tous projets il y a une part de risques et d’irrationnel.
Après près de 10 ans dans le domaine je pense m’être forgé une expertise qui me permet aujourd’hui d’être très pertinent y compris dans des entreprises hors cadre start-up.
Ma palette de compétence est hyper large et axées sur le concret et la pratique.
J’ai notamment beaucoup appris sur la gestion de l’humain et des relations humaines.

Quel regard portes-tu sur l’innovation en Suisse en général ?
De manière générale je pense que la Suisse, et les classements le confirment, est un leader en terme d’innovation. Les infrastructures, la formation, la recherche et la combinaison entre entreprises privées, universités et hautes écoles est gagnante pour notre pays. S’ajoute à cela les différents organismes de soutien à la création d’entreprise, qu’ils soient privés ou étatiques et l’on trouve ici un excellent terreau d’opportunités.

Le profil des investisseurs, bien qu’en progression reste toutefois encore un peu, selon moi, conservateur et peu enclin à prendre de vrais risques sur des projets hors cadre.

Ici il existe une sorte d’autoroute de l’innovation, une sorte de tube qui absorbe et canalise les projets de start-up, une sorte de structure cadrée qui dame et uniformise la présentation des projets et finalement crée une usine à projet de start-up via le programme CTI.
Dans un sens c’est un excellent moyen d’identifier des projets et de sélectionner les meilleurs, mais les meilleurs sont finalement ceux qui arrivent le mieux à se calquer au modèle que l’on impose.
Et plus la réputation du projet est bonne plus le projet a de chance de réussir.
En gros ceux qui savent survivre et s’adapter au tube réussissent. C’est un modèle de réussite bien suisse en quelque sorte.
Je pense que ce schéma peut tuer la créativité des start-ups qui se retrouvent souvent à passer plus de temps à concourir entre elles pour obtenir les faveurs d’investisseurs plutôt qu’à travailler sur ce qui est important, leur business model et la génération de cash.

A propos des start up et des relais de croissance !

Faut-il, à ton avis, mettre en œuvre d’autres soutiens que ceux déjà existants pour les « jeunes pousses » ?
Je pense qu’une incitation plus forte sur l’investissement des capitaux dans les start-up devrait être mise en place au niveau suisse.
Beaucoup d’argent est dormant sur les comptes ou investi sur des objets qui ne sont pas forcément le moteur de notre économie nationale.
L’investissement dans les start-up devrait être favorisé par des avantages fiscaux.
Les créateurs d’entreprises devraient également ne pas se voir imposer leur salaire annuel pendant un laps de temps de la création d’entreprise. Souvent les salaires perçus sont réinvestis par le créateur d’entreprises. Mais le taux fiscal est calculé sur l’ensemble de ce qui est touché par l’entrepreneur. Ces montants ne devraient pas être calculés dans les revenus.
Pour l’avoir vécu, on se retrouve à payer des impôts sur des montants que l’on n’a plus, qui sont investis souvent pour créer des emplois qui eux même génère de l’impôt.
Une souplesse concernant ces montants devrait être trouvée.
Pour ce qui est des soutiens actuels je pense qu’ils commencent à être tout à fait satisfaisants.
Il existe du capital pour les entrepreneurs motivés. Il faut savoir le chercher et se battre pour l’obtenir.
Pour moi le principal frein en suisse reste ce conservatisme qui se ressent dans l’ensemble de l’économie. Mais c’est malgré tout aussi une des forces de la Suisse.
Mais c’est un modèle qui fonctionne pour les banques et les assurances. Sachons voir au-delà.

De l’innovation technique à l’innovation managériale, quel est ton regard sur la situation globale des entreprises notamment en Suisse romande ?
La Suisse reste un pays de très bons ingénieurs qui font d’excellents produits.
Le tout beau – tout propre reste notre principale qualité.
C’est aussi lié à ce conservatisme qui nous distingue. Nous faisons des choses, et nous les faisons bien. Par conséquent la propension à créer de l’innovation via nos entreprises en Suisse est là.
Et je pense que le modèle fonctionne relativement bien.
Certaines entreprises en sont très au fait, souvent celle qui pratique à l’international, et d’autres reste plus conservatrices dans leur approche de l’innovation.

Toutefois notre pays de bon bosseur a encore de la peine à innover en termes d’innovation managériale. : souvent influencé par notre culture de la productivité et de l’establishment qu’il ne faut pas trop bousculer.

Il reste beaucoup de progrès à faire pour bousculer les mentalités et redonner aux ressources humaines de l’entreprise des conditions de travail qui donnent un sens et qui implique les collaborateurs dans la structure.
Avec les générations actuelles qui cherchent le sens avant l’argent, les structures hiérarchiques actuelles paraissent aujourd’hui bien désuètes. Et le modèle ne fait plus forcément rêver.
Par conséquent des nouveaux modèles axés sur le partage, la créativité, la responsabilité individuelle, et sur des modèles autonome de gestion devraient être mis plus en avant. Et nous pêchons encore beaucoup à innover dans ces secteurs.
Je suis partisan pour ma part pour des petites équipes mobiles, flexibles, avec des hiérarchies plates et de haut niveau de responsabilité individuelle, une planification des tâches et une liberté dans l’exécution de celles-ci tant qu’elles correspondent à l’objectif général.
De manière générale nous baignons dans l’héritage de nos acquis sans prendre le courage de changer les choses.
Malheureusement nous créons de plus en plus de gens qui sont en souffrance dans leur travail par manque de réflexion sur ces sujets et manque de courage de les mettre en place.

Quel message souhaiterais-tu partager au sujet de l’innovation et de l’économie romande ?
Oser. Créer. Prenez des risques. Ayez le courage de vos idées. Soyez malins. Flexibles.
Fuyez les grincheux. Abattez-moi ce conservatisme suisse !

Quelle est la valeur ajoutée d’un profil comme le tien pour une entreprise qui souhaite mettre en place des initiatives pour trouver ses relais de croissance ?
Je pense « out of the box », je vais perturber, je vais analyser de manière globale, agir de manière précise, par des actions concrètes, je vais juger les compétences et l’équipe, la façon de travailler, je vais donner ou ajuster le cap.
Je suis un généraliste capable d’agir sur plusieurs niveaux.
Je suis surtout un enthousiaste qui est capable de remobiliser les troupes et de favoriser l’esprit créatif d’une structure.
J’ai un réseau qui m’inspire et avec qui je travaille.
J’implique les gens en fonction de ce que j’ai besoin et de ce que je recherche.
Je suis un entrepreneur, je prends par conséquent des risques. Mais avec l’expérience aujourd’hui je sais les mesurer et les adapter.
J’arrive, j’écoute, j’analyse, je prends ma place et je fais bouger les choses.
De la planification financière, en passant par la création de produit, la gestion des ressources humaines/équipes, l’adaptation de la proposition de valeur, le marketing, j’ai un spectre large et un profil très adapté aux PME.

Quels sont tes projets à moyen terme ?
Remonter une ou plusieurs start-up avec des gens enthousiastes et créatifs.

Merci !

Vous pouvez prendre contact avec Ralph par email ou par son compte twitter (@RalphRimet)

[Etude] »Fortune 500″ et social media : je t’aime moi non plus !


Tous les ans, le magazine Fortune publie la liste des 500 entreprises américaines qui ont réalisé le plus grand chiffre d’affaires au cours de leur dernier exercice fiscal.

Depuis 2008, The University of Massachusetts Dartmouth Center for Marketing Research mène une étude sur l’adoption des médias sociaux par les entreprises listées dans ce classement.

L’édition 2014 nous révèle :

  •  157 compagnies (31%) ont un blog « corporate », soit un déclin de 3% par rapport à l’année précédente.
  • Parmi les entreprises « bloggeuses », deux appartiennent au Top 5 : Wal-Mart Stores et Exxon Mobil, alors que les trois autres Top 5, Chevron, Apple et Berkshire Hathaway, n’utilisent pas cet outil.
  • 413 entreprises (83%) parmi les Fortune 500 ont un compte Twitter officiel sur lequel un message au moins a été publié ces trente derniers jours.
    C’est une hausse de 6% par rapport à 2013.
  • Facebook, pour sa seconde année dans cette liste, a le plus grand nombre de followers sur Twitter, devant Starbucks, Microsoft, Walt Disney Company, Whole Foods Market, Inc., Nike, Inc., et Intel Corporation.
    C’est aussi l’entreprise qui a le plus grand nombre de fans sur Facebook ;-) avec Coca-Cola, The Walt Disney Company et Starbucks Corporation.
  • 401 compagnies (80%) sont maintenant sur Facebook (page).
    C’est une hausse de 10% par rapport à 2013.
  • Au cours de l’année passée, Foursquare a connu la plus forte progression dans l’adoption (42%), alors que l’utilisation de Pinterest croissait de  27% et celle d’Instagram de 12%.

Les « Fortune 500 » de 20104  ont complètement adopté ces nouveaux outils de communication qui ont surpris tant d’autres secteurs.
Dans la dernière année, ces géants de l’industrie ont augmenté leur adoption de nouveaux outils (introduites au cours des 5 dernières années) de 12%  à 42%.
Deux « anciens outils » ont vu une légère baisse, les blogs et YouTube avec une diminution de 2% de l’utilisation.
Les « Fortune 500 »  ont toujours montré une préférence pour Twitter versus Facebook, tandis que les « Inc. 500 » préfèrent Facebook.
Cela est vrai également en 2014 avec 80% des « Fortune 500 » sur Facebook et 83% qui utilisent Twitter, mais l’écart se rétrécit :  en 2013, 70% des « Fortune 500 » utilisaient Facebook et 77% avaient des comptes Twitter.

corportatesocialmediausage
S’il est une plateforme qui semble faire l’unanimité chez les « Fortune 500 », c’est LinkedIn.
Depuis l’ouverture des pages entreprises sur LinkedIn, de nombreuses compagnies ont utilisé cet espace sur le site pour raconter leur histoire, celle de leur réseau, stimuler le bouche à oreille, recruter, etc.
Les « Fortune 500 » sont complètement établis sur cette plate-forme avec 97% d’entre eux ayant une présence de l’entreprise sur LinkedIn.
Cette adoption est supérieure à celle des « Inc. 500 » où 88% des entreprises ont des pages d’entreprises LinkedIn. Il s’agit clairement d’une plate-forme qui fournit une incontestable utilité pour eux en termes d’accès à des fournisseurs, des clients, des employés potentiels, etc

Ces très grandes sociétés font preuve d’un intérêt pour l’expérimentation de nouveaux outils.

Google+ annonce un nombre important de comptes ouverts, mais ceux-ci restent souvent inactifs alors que pour  tous les autres médias ou réseaux sociaux, il y a de l’activité en cours et l’engagement dynamique de leur public.

De nouvelles stratégies autour de l’utilisation de Foursquare et Pinterest pour ces entreprises sont rapidement mises en oeuvre et  il est clair que ces titans du monde des affaires choisissent parmi une myriade de nouveaux outils de communication au mieux de leurs intérêts et de leurs objectifs.

Tous les détails de l’étude en ligne ici