[e20]L’entreprise de demain : lentement (trop ?), mais surement !


La sphère E20 est en ébullition, serait-ce la "gueule de bois" ou plutôt une légère difficulté à digérer un menu apparemment très riche préparé et servi, avec tout le savoir-faire qu’on leur connaît, par les équipes de Kongress Media à Paris la semaine dernière.

Cette édition a fait l’objet de beaucoup de présentations et de communications dont certaines sont disponibles en ligne :

Beaucoup de vidéos (interviews et keynotes) sur YouTube et je vous propose l’intervention de Rachel Happe (Community Roundtable) :

Vous trouverez également les billets de Cecil Dijoux sur TheHypertextual qui en profite pour nous proposer sa définition de l’E20 et du social business (à discuter) :

E20 implementation is a change management initiative aiming at scaling up collaboration throughout the whole organization. Why scaling up collaboration ? Because it is the only way to tackle the complexity of problems in the 21st business world.

Mais, il y a également le compte-rendu d’Olivier Roberget dans Collaboratif-info qui met en exergue l’indigestion des retours d’expérience de grands comptes :

Les entreprises se sont appropriées les discours des experts.
Les retours d’expérience qu’elles présentaient n’impactaient que marginalement le fonctionnement quotidien de leurs collaborateurs.

et qui salue la pertinence du témoignage du Groupe Poult :

 Il a fallu attendre le dernier des treize retours d’expérience, celui du Groupe Poult, pour découvrir un exemple de transformation en profondeur et généralisé du fonctionnement d’une organisation.

Pour ma part, j’ai retenu, parmi tout ce que j’ai pu lire, visionner, télécharger (je ne participais pas à cette édition) la présentation d’Emanuele Quintarelli tant elle est courte, précise, objective, digeste et rassurante à mon avis !

social business is here already

A parcourir ….

Intranet 2.0 : source de productivité ou machin inutile ?


Si le titre de ce billet est un brin provocateur, il n’en est pas moins le reflet d’une question que devrait se poser responsables de communication interne, RH et équipes IT.

Intranet_priorites_2014Et la question est vraiment d’actualité si on en juge par le dernier article de Collaboratif Info qui annonce – chiffres à l’appui – que le Réseau Social d’Entreprise est la priorité 2014 des responsables intranet.
On ne peut que s’en réjouir !

La première remarque qui me vient à l’esprit est en fait une question quant à la place du réseau social vis à vis de l’intranet existant.

Question d’autant plus pressante que beaucoup d’entreprises optent actuellement pour des "plateformes internes" hybrides alliant avec plus ou moins de succès communication interne (e.g. top down), dialogue et collaboration (e.g. dimension sociale).

A chacun sa stratégie, ses choix techniques et ses contraintes culturelles mais il serait dommage de retomber dans les pièges qui – à la fin des années 90 – ont conduit au lancement d’une offre de contenus peu pertinente et donc décevante.
Pourtant, l’intranet est l’une des rares plateformes qui pourrait être commune à tous les salariés dans les entreprises, mais pour autant elle ne reçoit souvent pas plus qu’un succès d’estime.

Développé par des équipes techniques à des fins de communication « top down », l’intranet souffre d’un cruel manque de leadership et d’une réelle non adéquation avec les besoins des employés.
Du fait de l’absence de "reconnaissance" de l’employé et de l’absence de profilage des informations, l’intranet s’est trop souvent "dupliqué" en un nombre incalculable de plateformes par branche, par site, par département, par pays et que sais-je encore sans compter les "wikis pirates" qui prolifèrent au sein des équipes IT !

La faiblesse de l’audience (sauf pour les pages "utiles" : annuaire, formulaires [frais, congés, formation], etc.) – bien que peu communiquée en interne – couplée avec les coûts de maintenance, oblige à réagir et à valoriser ce "canal presque historique" de communication numérique en interne !

C’est pourquoi , aujourd’hui, beaucoup  d’équipes de communication avec l’appui des ressources humaines et de l’IT travaillent à renouveler cet outil pour qu’il soit plus pertinent, plus riche, plus personnel et ainsi plus utile mais aussi plus simple au niveau publication et mise à jour.

Cette évolution centrée sur l’utilisateur et une approche plus ouverte de la communication est devenue plus facile avec la disponibilité d’outils de gestion de contenus et l’intérêt pour les réseaux sociaux d’entreprise.

Basé autour d’un quadriptyque – profil, social, applications, contenus – et largement guidé par un cadre de gouvernance, l’intranet de demain est une plate-forme utile, fiable, universelle et connectée à l’infrastructure de l’entreprise.

C’est une plateforme riche de services et de contenus largement personnalisés et disponibles.

Aujourd’hui différentes solutions sont disponibles et en publiant avec le Lab des Usages la note de synthèse (cf. plus bas), nous souhaitons partager les premiers retours d’expérience de mise en œuvre dans le cadre de projets d’intranet sociaux d’une solution largement utilisée pour la gestion de documents, mais également la collaboration autour de projets.
Cette première note de 2014 concerne donc SharePoint dont nous savons que ce n’est ni la seule, ni la meilleure, solution pour la publication de contenu ou le déploiement d’un réseau social.
Nous espérons avoir bientôt l’opportunité de publier une note à propos d’une autre solution qui remporte – à juste titre – un franc succès en Europe : Jalios !
Les autres solutions du marché suivront au gré des projets et de la pertinence des retours d’expérience.

Pour revenir à SharePoint 2013, nous estimons que les atouts, outre un périmètre iso fonctionnel avec les autres solutions, sont à chercher du côté de son architecture – principalement le positionnement et les capacités du moteur de recherche – mais également en tant que brique d’une infrastructure de gestion des contenus et d’espaces collaboratifs et opportunité de valorisation de l’expertise déjà acquise en interne.

Au stade de la plupart des projets que nous connaissons, il est acquis que tant les fonctionnalités offertes que leur mise en œuvre sont suffisantes pour proposer un intranet 2.0 qui serve une information fiable et profilée tout en laissant les communautés se développer dans un cadre de gouvernance opérationnelle

SharePoint 2013 anticipe bien l’évolution de nos besoins et de nos pratiques face à la masse d’information disponible en mettant en avant des fonctionnalités de recherche riches pour des résultats incluant – selon la demande – les contenus, mais également les personnes et les communautés.

Un intranet social est basé sur une plateforme qui doit autoriser une publication de contenus facile et intuitive pour une diffusion classique ou plus ciblée (profil ou communautés) tout en ouvrant à l’utilisateur (reconnu au travers d’un profil riche) des espaces d’expression (commentaires ou contributions) au gré de ses besoins et envies et de ce point de vue SP 13 apporte des réponses satisfaisantes.

Selon vous ?

Social Business en entreprise : présence obligatoire ?


En décembre, j’ai eu l’occasion de commenter rapidement les résultats de l’enquête conduite par le Lab des Usages à propos des projets de RSE et je souhaite, à l’occasion de ce billet de rentrée, revenir sur quelques chiffres.

Le premier qui n’a pas manqué de me laisser perplexe concerne la participation :

RSE_ obligatoire

En effet, avec l’obligation d’usage n’est-on pas dans une approche contraire à certains objectifs fixés à un réseau social d’entreprise ?
Pourquoi les réseaux publics se sont-il autant développés sans "obligation" d’adhésion ou d’usage ?
Où est la réelle valeur d’un réseau pour les membres donc pour ses initiateurs ?

L’obligation de participation à un espace ou d’utilisation d’un outil peut s’entendre dans le sens où il n’existe pas d’autres alternatives pour le bon fonctionnement de l’entreprise et qu’ils contribuent fortement à la réalisation d’un objectif concret et précis.
Pourtant, le réseau social d’entreprise est riche de nombreux espaces d’échanges et de discussions qui – sans répondre à un objectif à court terme – apportent beaucoup à l’entreprise en terme d’agilité, de fluidité, de transmission et de convivialité, tout autant d’atouts pour plus d’harmonie et certainement plus de performance.

Si on entend obligation d’usage en tant que membre du RSE du simple fait que l’on figure dans les annuaires (LDAP par exemple de l’entreprise), il est consternant de se rendre compte que l’approche de la plateforme est encore très 1.0 !

Adhérer une communauté est un acte d’engagement qui peut être consécutif à l’action de "suivre" une communauté et/ou des contributeurs.

L’engagement ne se décrète pas, le collaborateur le décide tandis que l’animateur de communauté et les contributeurs, donc l’entreprise, le reçoivent !

Il n’y pas d’automatisme et la participation à une communauté ne peut être réduite au nombre des membres mais bien plutôt au niveau (rythme et fréquence) d’activité.
A quoi et à qui servent des dizaines de membres muets, sourds et aveugles ?

Rien n’est perdu car les projets de réseau sociaux d’entreprise font l’objet d’accompagnement et de promotion auprès des collaborateurs afin qu’ils en comprennent l’intérêt de l’usage au travers de la valeur ajoutée qu’il peuvent en retirer.

RSE_QUEL_ACCOMPAGNEMENT

Et les usages collaboratifs au travers des communautés crées sont porteurs d’une réelle et tangible valeur pour les tous collaborateurs des entreprises où et quels qu’ils soient !

rse_collaboratifs

rse_conduite-du-changementLa conduite du changement et la mise en oeuvre de pratiques nouvelles et leur propagation par l’exemple et la viralité sont des bons moyens de valoriser les réseaux sociaux d’entreprise dans une logique d’engagement personnel dont on perçoit qu’il ne répond pas – lui non plus – à une seule logique de rétribution financière !

pourquoi-engagement

Selon vous ?

Bonus pour les étrennes ;-)

Réal JACOB, professeur titulaire à HEC Montréal, directeur de Valorisation des connaissances et formation des cadres répond à Patrice Létourneau et expose son point de vue sur les bienfaits de pourquoi et comment calculer la maturité collaborative des organisations.

2013 : mon blog en quelques chiffres


Les lutins statisticiens de WordPress.com ont préparé le rapport annuel 2013 de ce blog.

En voici un extrait :

Le Concert Hall de l’Opéra de Sydney peut contenir 2.700 personnes. Ce blog a été vu 47  000 fois en 2013. S’il était un concert à l’Opéra de Sydney, il faudrait environ 17 spectacles pour accueillir tout le monde.

Cliquez ici pour voir le rapport complet.

[enquête] Réseaux sociaux d’entreprise en 2013 : la collaboration avant tout


Le Lab des Usages a publié récemment via le Journal du Net un aperçu des résultats de son enquête annuelle à propos des réseaux sociaux d’entreprise et de la gestion des projets.

Et les données issues de cette dernière enquête sont intéressantes à plus d’un titre :

  • elles attestent d’une progression de la mise en œuvre de réseaux sociaux d’entreprise
  • elles mettent exergue la singularité de ces expériences par rapport à des projets informatiques plus classiques.

La mise en production d’un réseau social d’entreprise est une initiative qui tient à la fois de la capacité à délivrer une solution technique et de la volonté à transformer l’organisation autour d’une incitation forte à la communication qu’elle soit officielle, dans les communautés ou simplement au travers des fonctionnalités sociales.

Autant la partie installation et paramétrage – à la charge des équipes techniques – est un exercice maitrisé, il n’en est pas autant pour ce qui est de l’appropriation par une utilisation active de ces outils.
Aussi, la plupart des initiatives restent dans un périmètre très conservateur : la collaboration autour de projets.
Pourtant, les données recueillies permettent un certain optimisme : intérêt marqué des dirigeants et mise en œuvre générale (ou presque) de mesures d’accompagnement des utilisateurs.

La valorisation du « social » – dans et au service de l’entreprise – doit se faire non seulement au regard d’objectifs clairs et précis en terme de stratégie, mais également d’un cadre de gouvernance destiné à établir la confiance sans quoi, et malgré le support des dirigeants, un réseau social d’entreprise aura du mal à trouver sa légitimité aux yeux de ceux dont on attend le plus en terme de pertinence et de richesse : les contributeurs.

Et de ce côté s’il n’est pas surprenant de constater que "certaines populations" participent plus facilement, je reste surpris du côté "obligatoire" du RSE dans plus de la moitié des organisations !
Que l’on suggère aux porteurs de projets d’utiliser les espaces collaboratifs et la plateforme sociale pour travailler ensemble est légitime, mais il est vain de croire pour autant que tout le monde va y aller et contribuer largement.
La participation, l’engagement, est un acte volontaire et nul ne prétendre obtenir des résultats probants par l’obligation (la contrainte) !

Un projet de réseau social d’entreprise est à mener dans le temps (évolutivité des besoins, des pratiques et des technos) selon une stratégie éditoriale, et dans un cadre de gouvernance (guide de pratiques) en valorisant l’adhésion (accompagnement, communication) par un contenu riche, pertinent et porteur d’une valeur ajoutée explicite pour tout à chacun.

Découvrez ci-après la présentation complète des données issues de cette enquête réalisée auprès de 138 participants en novembre 2013.