[Transformation numérique]Quel(s) buzzword(s) pour la rentrée 2015 ?


Le numérique c’est de la technologie au service de la communication et comme tout le monde le sait, la communication efficace se fait depuis quelques décennies au travers de l’emploi de phrases, ou de mots clefs, simples, expressifs et facilement compréhensibles par la cible : les fameux « buzzwords » !

Le premier semestre a en consacré plusieurs sur les thèmes du management (entreprise libérée par exemple) ou encore de l’économie et des entreprises (uberisation, économie du partage, etc.) sans compter le « diktat » de la transformation digitale.

En cette période de rentrée, les rédactions sont en pleine excitation et il faut trouver les bonnes idées pour faire de l’audience, gagner de parts de marché et montrer sa capacité d’explication de l’évolution du monde !

dilbert-buzzwordEn effet, même si la plupart des articles ou des sujets proposés par la presse classique (TV, radios et journaux) est d’un qualité moyenne (voire parfois médiocre) et que la bonne compréhension des usages n’est pas toujours au rendez-vous, peu importe, l’important est probablement d’occuper les espaces (Twitter, Facebook, etc.) et d’attirer la manne publicitaire.

En ce qui me concerne, je préfère souvent les billets proposés par des « acteurs » de l’évolution de l’économie car ils sont, pour la plupart, peu racoleurs, bien documentés et ouverts aux commentaires et aux discussions.

Ceci dit, la concurrence entre les médias professionnels et les blogs est telle que régulièrement, il faut pour chacun attirer l’attention en proposant des sujets « inédits », porteurs de promesses en terme d’intérêt pour le lecteur !

Entreprise collaborative sonne beaucoup mieux que économie de la demande et c’est bien pourquoi le premier semestre 2015 a vu déferler un nombre incroyable de propositions d’illustrations de cette « nouvelle économie » sous des appellations flatteuses mais hors-sujet !
Il en fut de même à propos de l’entreprise libérée, thème très discuté et probablement sans grand intérêt sauf pour les porteurs de cette théorie de management !

Ne doutons pas que cette fin d’année va connaître la même tendance et la vraie question est de savoir sur quels thèmes.
Peut-être avez-vous des idées précises et il serait amusant de les partager, en ce qui me concerne et à bien regarder l’évolution – notamment sur Twitter et Linkedin – des thèmes qui connaissent une inflation de commentaires, il semblerait que les « objets connectés » et l’intelligence artificielle (deux points de vue parfois d’un même monde) soient en tête, mais cela peut-il suffire à en faire des occasions de buzzword ?

Pas si sur, car une des caractéristiques du buzzword et d’avoir un « gros impact » et de susciter l’intérêt des uns (la majorité) mais également de susciter l’agacement, voire la critique acerbe des autres (les experts) afin d’attirer l’attention de tous sur une durée plus ou moins importante !

Et de ce point de vue, les thèmes liés au travail et à l’évolution des conditions et des pratiques sont de sérieux candidats car ils intéressent tout le monde (ou presque) du côté des actifs et des entreprises.

Déjà des publications sur le thème « the future of work » trouvent un écho mais la concurrence pourrait venir du thème de la sphère privée (cf. l’actualité récente : Windows 10, Ashley Madison) !

A suivre, mais selon vous, le(s) buzzword(s) de cette rentrée 2015 :

Sans vision numérique, l’économie suisse peut-elle toujours gagner ?


Dans les médias et colloques, on loue – à juste titre – l’excellence de l’économie suisse : qualité de la main d’oeuvre, innovation, rigueur budgétaire, stabilité politique, culture du travail, faible taux de chômage, etc.

Pour autant, au pays de Heidi comme ailleurs, rien n’est acquis et les fondations de la prospérité de demain restent à construire ou au moins à être consolidées.
Hors, contrairement à ce qu’on pourrait attendre, c’est presque toute l’économie suisse qui aujourd’hui semble figée autour de débats monétaires et de contrôle des heures de travail !

Il est étonnant de constater, dans un pays où la pratique libérale ne se discute pas, que l’absence de protection contre des variations monétaires – fussent-elles importantes – génère tant de débats alors que les réponses – en terme de compétitivité des entreprises – sont à chercher ailleurs et que le numérique peut représenter pour beaucoup des pistes intéressantes.

Il n’y a pas de secteur économique qui échappe à ce constat et quand bien même les entreprises exportatrices seraient plus « poussées » vers l’innovation et la conquête du monde numérique, on ne peut que constater qu’elles évoluent discrètement et probablement lentement.

Xavier Comtesse sur son blog ne cesse de mettre en perspective le manque de vision du secteur de l’horlogerie qui n’arrive visiblement pas à tirer toutes les leçons de la crise des années 1970 !

Mais il y a également le secteur des banques qui doit faire face à l’arrivée des fintech sans parler des autres acteurs de la réussite économique de la Suisse.

En fait, on trouve, de ce côté du Léman, les mêmes réflexes qu’ailleurs : 5 dénis (un par étape) face à la transformation d’une filière économique :

  • phase 1 « irruption numérique » > déni 1 : « nous ne sommes pas concernés« 
  • phase 2 « éveil de la multitude » > déni 2 : « nous le faisons déjà »
  • phase 3 « rapport de force » > déni 3 : « allons voir les autorités »
  • phase 4 « arrivée des géants » > déni 4 : « achetons notre principal concurrent »
  • phase 5 « remontée de la chaîne » > déni 5 : « on aura toujours besoin de nous »

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Derrière ces constats qui sont devenus presque des cas d’écoles tellement ils sont représentatifs de la réalité en Suisse et ailleurs, que voit-on dans les entreprises ?

Sans participer aux séances des comités exécutifs des entreprises, pas plus qu’à celles des comités directeurs des associations faîtières des branches ou encore des organisations consulaires du type Chambre de commerce, il n’est pas difficile de remarquer une impréparation globale et quasi générale à l’économie numérique !

Les signes sont partout et ce n’est pas l’existence d’une page Facebook ou Linkedin, ni la généralisation des tablettes pour la C suite qui peuvent les masquer !

En ce qui me concerne, je mettrai en exergue l’incohérence des systèmes d’information construit au jour le jour et selon les envies (besoins?) et connaissances de dirigeants peu ou pas formés à la gestion de l’information.
Il en résulte des systèmes sans réelle gouvernance (peu ou jamais formalisée), donc souvent sans unité, avec peu d ‘interopérabilité entre les applications, une juxtaposition de silos techniques censés traiter des informations, une absence de vision :

  • Pas ou peu de vue système,
  • Multiples langages et « framework »
  • Validation de la fonctionnalité au lieu de la valeur de l’usage
  • Etanchéité des silos applicatifs
  • Informatique de gestion pas de contribution,
  • etc,

Il y a aussi, et ce n’est pas étonnant, le retard important pris par la majorité des entreprises, les administrations et bien sur les organes que je citais plus haut, dans la dématérialisation qui est une des étapes nécessaires de l’évolution vers un modèle adapté à l’économie numérique.

L’employé suisse dont on vante l’engagement (discipline?), la précision et la capacité de travail n’est pas le plus productif si on en juge par les données statistiques publiées par l’OCDE :

Productivité horaire

il y a certainement plusieurs raisons, mais il ne faudrait pas sous estimer le temps passé à « bidouiller » avec des logiciels mal ou plus adaptés du tout aux besoins des utilisateurs qui sont contraints à mettre en oeuvre des stratégies et des pratiques complexes pour arriver à produire les résultats escomptés.

Le système d’information est un support d’une meilleure productivité et nul doute que de nombreux employés en Suisse gagneraient en temps, en efficacité et en stress, à disposer d’outils fiables interconnectés et organisés autour d’une vision commune de ce qui est vraiment utile au quotidien !

Ce sont des facteurs essentiels pour déterminer la stratégie qui conduira l’entreprise dans son évolution avec les employés dont les départements des ressources humaines ont la responsabilité de la gestion.
De ce côté, en Suisse les entreprises et les organisations ne font pas dans l’excellence si on en juge par les témoignages objets d’un  sujet diffusé récemment sur la RTS.

Il semble que le consensus se fasse autour d’un immobilisme guidé par un conservatisme bien ancré et probablement une crainte liée à une méconnaissance de ce que peut représenter le futur numérique et une difficulté à s’y projeter.

Les entreprises et organisations donnent l’impression de s’accrocher à une logique interne de reporting, à un management de « sous officier », à une vision de l’innovation exclusivement technique et aux vertus du secret et de l’excellence, alors que l’environnement économique valorise aujourd’hui :

  • l’open source,
  • la collaboration (crowd),
  • le droit à l’erreur,
  • le flux (vs le stock),
  • etc.

Horlogerie, banques et finances, trading, machines-outils, agro business, presse, tourisme, administration ont tous besoin de se remettre en cause (et ce n’est pas nouveau) dans un monde plus global pour apporter des réponses locales et pertinentes à leur volonté de pérennité en termes de performance économique et sociale.

Il n’y a pas que des classements dans lesquels l’économie suisse caracole aux premières places, ainsi dans le classement des entreprises les plus innovantes selon Forbes il faut aller à la place 61 pour trouver Geberit tandis qu’aucune marque ou entreprise helvétique ne figure dans le tableau des « 50 smarters companies » dressé par le MIT !

50 smarters companies (MIT)

Il faut également un environnement réglementaire favorable et de ce point de vue, il semble aussi que la Suisse n’avance pas sur la meilleure voie, selon les informations publiées par Economie Suisse.

Enfin, la Suisse et ses entrepreneur et/ou représentants d’organisations civiles ou politiques disposent de nombreux atouts est avantages qu’il serait dommage de galvauder par peur d’affronter son avenir !

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Ils en ont tous après le middle management !


Robotisation, change management, holacratie, il n’y a jamais eu autant de discours et d’expériences dont l’objectif est de dénigrer, voire supprimer, le management « intermédiaire ».

Les débats sont assez vifs et riches : entre ceux qui prédisent la disparition du « middle management », vite remplacé par des algorithmes et des processus automatisés et les autres qui pensent toujours que la dimension humaine est nécessaire et qu’elle devrait permettre à ces « managers », ou tout au moins à certains, de sauver leur tête !

La gestion des hommes et des entreprises n’est pas chose facile et simple et quand bien même certaines idées apparaissent aux yeux de certains comme « la solution » à tous les maux dont souffrent les organisations, l’exemple de Zappos (dont on soulignera la transparence dans la communication) montre à quel point il est difficile de rallier « toutes ses troupes » même derrière l’étendard de la modernité et de l’innovation managériale !

Nous avons eu l’occasion, ces derniers jours, d’échanger entre amis autour de cette question de la place du « middle management ».

Chat Facebook a/s middle maangement

Et au delà des détails de cet échange, je remercie Rawn Shaw d’avoir mis en exergue la complexité du rôle du « manager intermédiaire ».

Les managers intermédiaires, le plus souvent des « technico-managers » (promu du fait de l’ancienneté, de leur maîtrise des techniques professionnelles, ou de leurs résultats par exemple) souffrent souvent d’un manque de compétences nécessaires pour assumer des fonctions dirigeantes, ou simplement d’encadrement, d’animation.
Ils n’ont pour la plupart aucun leadership et leur position – entre le marteau et l’enclume – n’est trop souvent que celle du passeur de relais (pression, information, mauvaises nouvelles) et de fusible !

Pour que l’entreprise fonctionne bien et que sa « mécanique » ne se grippe pas, il est important de se méfier de la systématique et de l’automatisme des processus mathématiques et électroniques.

Il serait vain de vouloir supprimer – par idéologie ou souci d’économie – une « couche » qui reste plus que jamais nécessaire à l’harmonie et à l’efficacité.

Il est du ressort de la c suite avec l’appui des responsables des ressources humaines de redessiner le contour de ces postes et de mieux préciser les compétences nécessaires pour remplir au mieux les rôles qui peuvent être les leurs.
Une des qualités plus que jamais nécessaire est le leadership, mais elle n’est pas la seule et tant que les entreprises n’auront pas pris soin de valoriser ce « rouage » essentiel à leur évolution digitale, elles courent le risque de passer à côté d’une opportunité qui pourrait ne pas se représenter.

On dit souvent que les « managers intermédiaires » sont réticents face au changement et qu’ils ne comprennent pas ce qui se passe dans ce monde global et digital qui se dessine sous nos yeux.

Permettez-moi de ne pas en croire un seul mot !

Le management intermédiaire est souvent celui qui « les mains dans le cambouis et les pieds sur le terrain » contribue largement à « faire bouillir la marmite » et, quand bien même certains d’entre eux sont trop conservateurs et/ou frileux, voire pas à la hauteur des enjeux, c’est un constat qui malheureusement peut s’appliquer également aux états-majors et autres conseils d’administrations de bien des entreprises.

Pour réussir sa transformation digitale, il faut savoir « embarquer » tous ceux dont on a besoin et avec qui on a envie de faire un bout de chemin, ce qu’on appelle communément du « leadership » et il s’adresse à toutes les forces humaines de l’entreprise !

Des « sergents » comme décrits dans cette vidéo tant de 2008 qui met également en scène l’importance de la reconnaissance !

Selon vous ?

Economie de la demande : quelles promesses ?


Beaucoup emploient, à tort, l’expression économie collaborative pour mettre en valeur les nouveaux opérateurs de services que sont des sociétés comme Uber, AirBnB et bien d’autres.

En fait, nous sommes entrés depuis plusieurs années dans une nouvelle phase qui permet à un nouveau modèle d’affaires de se développer : l’économie de la demande (on-demand economy)

Le modèle est perturbant car il propose une nouvelle approche de la relation client/fournisseur au travers d’outils qui permettent à ce dernier de s’affranchir des processus et des règles imposées par les acteurs historiques des différents marchés.

C’est une tendance qui a été également initiée dans le monde de l’entreprise par la mise en valeur de la proposition de services versus la vente de produits : souvenez-vous de la mutation d’IBM à partir de 1993, puis pour les plus techniques d’entre-nous, la valorisation de l’architecture SOA et de l’interopérabilité applicative au travers des API (toujours et de plus en plus d’actualité).

Aujourd’hui, tous les secteurs et toutes les entreprises sont potentiellement exposée dans leur modèle d’affaires à la concurrence d’opérateurs « on demand ».

La technologie a permis au travers de la disponibilité des outils en mobilité de véritablement « booster » ce type de services dans lequel chacun trouve (ou pas) ce qu’il pourrait y chercher. Les expériences des uns servent à « valider » une proposition de valeur discrètement exprimée mais dont la maîtrise des coûts est l’argument le plus fort même si la qualité de la relation « client-fournisseur » y gagne également.

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Aujourd’hui, ce sont principalement les services au particulier, transports, logement et services à la personne qui sont perturbés par l’arrivée de ces opérateurs, mais il faut également compter la presse écrite qui, pour le moment, n’a pas trouvé la clef pour rivaliser en audience (donc en capacité de générer des revenus publicitaires) avec les réseaux sociaux grands publics y compris pour l’actualité.

Demain, c’est peut-être également l’industrie qui va devoir « négocier » avec des opérateurs d’un nouveau type !

Comme souvent, ce sont les innovations technologiques qui permettent à de nouveaux modèles de se développer avec succès et s’il en est une qui va probablement provoquer de nombreux bouleversement c’est l’impression 3D !

Cette technologie pourrait permettre à tout à chacun de créer les objets – pas seulement – dont il a besoin.
Et les secteurs d’applications, de la pièce détachée à la prothèse médicale, sont nombreux. L’impression 3D permet de créer des pièces à la demande, mais elle permet également de matérialiser des espaces ou des organes.

L’impression 3D est au coeur de la prochaine étape du développement de l’économie à la demande et bon nombre d’industriel aurait avantage à y réfléchir si ce n’est pas déjà fait !

On se plaît – côté client – à imaginer la disponibilité en ligne ou près de chez soi (retour du petit commerce ?) d’un service d’impression 3D pour remplacer le vase casé, le joint de la porte du frigo qui n’est plus étanche, la pièce de la chasse-d’eau cassée, et que sais-je encore !

Bien évidemment, beaucoup d’objets seront protégés par des brevets et ceux qui les détiennent ne distribueront pas les plans gratuitement.
Bien sur, il y a des domaines tels que la médecine, la chirurgie et bien d’autres qui demandent des compétences très pointues.
Mais il y tous les autres champs d’applications que je vous laisse imaginer et pour lesquels des communautés voient le jour tandis que de nombreux sites proposent plans (gratuits chez Turbosquid) et parfois impression (par exemple Cubify)

Un autre facteur de perturbation est né ces derniers jours.
Portée par l’incroyable fondateur de PayPal, puis de Tesla Elon Musk, l’annonce de la disponibilité prochaine de batteries qui devraient permettre de stocker de l’énergie produite localement, peut remettre en cause le marché et ses acteurs traditionnels !

L’économie de la demande gagne tous les jours de nouveaux secteurs et induit une nouvelle façon de produire et de consommer au point de remettre en cause les modèles de tous les pans de l’économie traditionnelle.

C’est aujourd’hui le modèle le plus crédible pour le développement des affaires et de l’innovation :

  • il respecte le besoin des clients
  • il organise avec souplesse la singularité des envies de chacun
  • il promet la transparence
  • il est supporté par les innovations techniques
  • il est souvent d’un excellent rapport qualité/prix
  • il supprime l‘intermédiation inutile

Mais au delà des promesses auxquelles nous sommes tous très sensibles, l’économie de demain est aussi une source de mutation pour de nombreux secteurs, ce qui peut impliquer une large remise en cause des modèles ou des habitudes de protection sociale.

Pour que ce modèle économique soit également une promesse de mieux être pour les employés et les collaborateurs des entreprises les plus traditionnelles, il est plus que jamais nécessaire – pour elles – de travailler à se « réinventer » au risque de disparaître, car in fine, le client (vous, moi) est toujours l’arbitre dans un modèle « à la demande ».

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Singularité expérience client vs standardisation des ventes


Depuis quelques années, on rappelle sans cesse et à juste titre que l’expérience client est clef mais aussi que sans expérience employé réussie il n’est pas possible d’envisager une relation-client sereine et de qualité !

La réalité est souvent complexe et dans le cas de l’expérience client, il faut bien convenir que nous partons de loin, de très loin !

Les débuts de l’ère digitale ont consacré l’idée de l’automatisation des services (toujours sur le chantier pour la mise en oeuvre) appuyée par une rigueur et une discipline procédurale sans faille exécutée par des programmes informatiques dédiés.

Le constat que beaucoup d’entre-nous partagent aujourd’hui est le suivant : la relation client est de plus en plus déshumanisée tandis que la vente se robotise. La question est de savoir jusqu’où ce type de fonctionnement devient contre productif, et la-dessus j’ai une petite idée.

Laissez-moi d’abord partagez avec vous cette histoire vécue la semaine dernière :

Début avril, ayant besoin d’un meuble, nous faisons une visite « intéressée » dans le magasin d’un grand distributeur de meubles à monter soi-même sur les bords du Léman (enseigne qui n’aime pas beaucoup le web social apparemment), bien entendu nous avions regardé son offre sur son site web auparavant.

Nous avons vite trouvé le modèle que nous souhaitions acheter et après le traditionnel passage en caisse, nous nous sommes rendu au comptoir ad-hoc pour organiser la livraison du meuble (la taille et le poids des cartons étaient trop importants pour le prendre dans la voiture).
Nous avons convenu d’une date pour une livraison à domicile trois semaines après pour une plage horaire de disponibilité de 7 heures (07:00 – 14:00) (un délai un peu long mais accepté au vu de nos maigres disponibilités horaires).

Le temps passe et la date de livraison arrive. On s’organise pour rester à disposition et attendre les livreurs !
11:45, un SMS nous demande de rappeler le transporteur à propos de la livraison.
Ce que nous faisons à l’instant même pour nous entendre dire que la livraison ne sera pas faite ce jour, mais deux jours plus tard, un samedi (alors que nous avions pris 20 minutes pour caler cette date et que nous avions spécifié qu’une livraison le samedi était impossible pour nous).
Notre tentative de compréhension de ce changement a été rapidement vain : le transporteur « chargeant » l’enseigne en précisant avoir reçu courant de matinée un message lui annonçant l’impossibilité de livrer !

Sans détailler les opérations (échanges téléphoniques) qui ont suivi dans l’après-midi et le lendemain matin, il est important de remarquer que nous avons répété 5 fois « notre histoire » au travers d’utilisation de numéros surtaxés pour avoir accès à un service client aimable, mais pour le moins pas très efficace.
La multiplicité des intervenants au même stade et l’absence de traces utiles (c/r conversations, etc.), de suivi dans l’outil utilisé nous ont presque rappelé cette scène si drôle et terrible au quotidien (on se comprend !) :

In fine, devant l’impossibilité de faire livrer ce meuble à une nouvelle date à notre convenance, nous avons décidé de demander l’annulation de la vente et le remboursement de l’achat (disposition ouverte à tous et à propos de laquelle le vendeur communique largement sur ces supports).

Pour ce faire, nouveau coup de téléphone au service client et énième explication du cas pour se faire entendre dire que l’annulation est possible et que le remboursement peut se faire sur un compte bancaire avec un délai de 3 semaines (le paiement du meuble a été effectif 3 semaines plus tôt) sauf à passer au magasin !

Nous avons donc décider de faire au plus simple, retourner au magasin mais (il était écrit que ce cas serait terrible !) le dossier était « bloqué » au niveau informatique et son traitement impossible !
Une demi-heure plus tard, nous quittions le magasin avec le montant de l’achat en cash (ce qui n’est très probablement pas documenté dans les procédures de cette enseigne) sans autre forme de reconnaissance qu’une mention manuscrite sur le ticket de caisse original !

Naturellement, nous n’avons pas le meuble non plus, et il nous a fallu recommencer une recherche et acheter chez un de leur concurrents (moins cher en l’occurrence) avec un l’espoir que cela se passe mieux.

Ce cas, pas très original, ne fait que refléter l’absence totale de considération pour le client !

ci1Si les acteurs ont toujours été d’une extrême politesse, la formation qu’ils ont reçue ne peut pas les aider à traiter hors des standards et des procédures de l’enseigne : concrètement, nous devions être à disposition pour que la livraison se fasse quand cela arrangeait l’enseigne et le transporteur en premier lieu.

Nous avons également constaté qu’au lieu de rechercher et de proposer une ou plusieurs solutions, le réflexe est de vous expliquer que le programme informatique vient d’être changé, que les partenaires travaillent encore avec l’ancien, que votre dossier est bloqué à la centrale du service client, qu’on a reçu un email. ….. toutes bonnes ou mauvaises excuses qu’on nous sert depuis trop longtemps.

Nous aurions apprécié que nos interlocuteurs prennent le temps de se concerter pour nous proposer une solution acceptable.

Nous aurions aimé que le collaborateur responsable du service client de ce magasin ne nous regarde pas avec mépris.

Nous aurions surtout adoré pouvoir utiliser aujourd’hui ce meuble et ne pas avoir passé autant de temps en attentes et discussions inutiles.

Mais, nous avons aussi trouvé de leur concurrents moins chers et nous savons que si vous ne pouvez pas emporter l’article de votre choix, mieux vaut le laisser dans les rayons de cette enseigne et aller voir ailleurs !

Avertissement : Les personnages et les situations de ce récit n’étant pas fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être fortuite

Social Business, pas besoin de vous mettre trop la pression !


keep-calm-and-go-digital-67S’il est bien un domaine dans lequel il n’y a pas besoin de se « mettre la pression » c’est bien le social business !

Pourquoi ?

En premier lieu, parce que personne ne vous attend et que le monde des affaires continuera à fonctionner avec ou sans vous.

Ensuite, parce qu’une stratégie – pour autant que vous en ayez une – qui implique stress et précipitation est, à coup sûr, contre productive pour tirer le meilleur parti d’une évolution de votre modèle d’affaires.

Clients et employés sont les deux piliers de votre entreprise car à eux deux ils permettent à votre proposition de valeur d’exister et de générer des revenus.
Hors, ce sont les mêmes qui supportent de moins en moins la pression que vous pourriez être tenté d’instaurer dans vos relations avec eux.

Côté client, tout le monde s’accorde à constater qu’il est difficile de « mettre la pression » à moins d’accepter d’abord de la subir, par exemple en proposant des rabais de prix significatifs !

En fait, sur ce point, c’est plutôt le client qui « tient le manche » et il faut bien le connaître pour mieux le comprendre et l’amener à acheter.

pressure2Côté employé(es), tout ou presque est permis dans l’esprit, voire la pratique, de certains managers !!!
On mesure au quotidien les dégâts de ce type d’approche dans laquelle on confond systématiquement et sans complexe

  • émulation avec harcèlement,
  • incitation avec oukase,
  • compétition avec terreur !

Mais, la non plus, cela ne fonctionne pas toujours très bien et les résultats ne sont pas au rendez-vous !

J’ai croisé il y a quelques années un manager (VIP Sales) qui très doctement m’avait expliqué un jour que sa technique de management consistait à se faire « détester » par les membres de son équipe, ce en quoi il était effectivement arrivé au delà de ses objectifs!
Et cette technique, qu’il avait emprunté au monde du hockey sur glace et paraît-il à une équipe nord américaine, trouvait son efficacité dans le simple fait que cette « haine » du chef allait créer un lien très fort entre les membres de l’équipe.
Je n’avais pas de doute quant à l’appréciation que feraient les N-1 et N-2 de leur manager mais pour autant je ne voyais pas bien où résidait l’efficacité de son approche managériale.
En fait, m’expliqua-t-il, les collaborateurs des équipes qu’il avait en responsabilité auraient « in fine » à coeur de répondre à la pression (voire au harcèlement) en démontrant – au travers de résultats (ventes) exceptionnels – combien ils étaient meilleurs et plus forts que leur « chef » !
In fine, l’ambiance est devenue très (trop) tendue, les top scorers ont cherché ailleurs (et ils ont trouvé), les résultats n’ont pas progressé (au contraire) et il a été remercié !

Ce bilan peu glorieux, résultat d’un management « primaire », voire pathétique tellement l’approche est simpliste, montre à quel point il n’y a pas de raison de se mettre trop de pression.

L’entreprise de demain construira sa réussite par le respect des individus dans leur rôle (clients, partenaires, employés) et la mise en oeuvre de relations claires, objectives et porteuses de valeur pour tous.

La pression en fonctionne pas et aujourd’hui les réseaux omniprésents permettent à tous à chacun de s’en échapper par des « manoeuvres de contournements » aussi faciles à mettre en oeuvre que difficiles à repérer au quotidien pour les « petits chefs » !

Et comme a coutume de le dire Pascal Hottinger – Directeur Nespresso Suisse :

Quand on a la pression, il vaut aller en boire une !

Et selon vous ?

Les dirigeants actuels ont mal « au numérique » !


Philippe Lemoine, 64 ans, président de LaSer, précise dans une interview publiée sur Libération

Oui, il existe une disruption numérique de l’économie française. Et, oui, elle engendre de vrais risques, comme le siphonnage de la marge de nos entreprises par de nouveaux prestataires dotés d’une puissance capitalistique énorme. Selon l’agence Moody’s, Apple, Microsoft, Google, Cisco, Oracle et Qualcomm rassemblent 25% du cash détenu par les entreprises américaines. Ensuite, nous assistons à une rigidification vis-à-vis des changements issus du numérique de la part des grands acteurs nationaux, qui réclament une approche protectionniste des pouvoirs publics. Enfin, nous connaissons actuellement un déficit de pensée utopiste. Pour les Français, seuls les Américains seraient capables de changer le quotidien grâce au numérique. Un manque de confiance en nous qui ne fait que renforcer les «Gafa»[Google, Apple, Facebook, Amazon].

Le constat est clair et l’annonce un peu rude, mais comment serait-il possible de faire autrement devant ce manque de vision qui caractérise – selon lui – les dirigeants français, mais également devant la frilosité de beaucoup de « managers » européens trop souvent incapables de sortir des conservatismes qui les ont guidé tout au long de leur carrière !

Le chemin sera long et plusieurs études et sondages le confirment : après le travail conduit au premier semestre et repris ici sous le titre « Les CEO et la C-suite au pied du mur pour construire l’entreprise de demain !, j’aimerais partager avec vous quelques éléments publiés sous le titre « The digital tipping point » courant juin par McKinsey à la suite d’un travail conduit auprès de 850 dirigeants d’entreprises (C level executives).

Cette étude met en exergue trois enseignements :

  1. l’absence de vision business : Le C level doit travailler à comprendre pour communiquer afin de convaincre et de rassembler autour d’une vision dans laquelle le numérique est clairement porteur de valeur et de performance économique et sociale
  2. Exigence d’une mise en oeuvre « globale » : l’évolution vers l’iconomie n’est pas un choix (à la carte) !
    Il est important de « projeter » toute l’entreprise : organisation, méthodes, pratiques, processus et outils afin de saisir les meilleures opportunités, à faire les bons choix et en recueillir les bénéfices
  3. Manque de compétences : qu’ils soient techniques ou fonctionnels, les talents font cruellement défaut.
    Cette absence de vivier de compétences est un frein à la maturité numérique des organisations et faudra-t-il compter sur des initiatives privées (irresponsabilité des états) pour créer les conditions de formations adaptées ?

Dans le détail et tout d’abord, il y a les nouvelles rassurantes et notamment le fait que les dirigeants sont de plus en plus nombreux à soutenir les initiatives « numériques » et le premier d’entre-eux reste sans surprise le CIO !

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Les dirigeants, notamment des secteurs haute technologie et télécom, mais également d’Amérique du Nord, mettent plus d’espoirs que les autres dans la capacité du numérique à contribuer à une meilleure performance économique soit en favorisant une « croissance organique », soit en ouvrant de nouveaux marchés (produits, services, …).

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Le client reste prioritaire dans la vision « numérique » de ces dirigeants et il n’est pas surprenant de constater que, selon eux, la majorité des efforts doivent être concentrés sur cette relation et l’exploitation des informations (big data) :

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Mais le chemin reste difficile et selon la taille de l’organisation, les dirigeants reconnaissent souvent qu’un des principaux challenges est de « faire avec  » une structure organisationnelle qui représente en fait un obstacle à cette évolution.
Au delà du manque d’agilité de l’organisation et des nombreux conservatismes, le manque de compétences est une réelle difficulté pour toutes les entreprises, quelle que soit leur taille !

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Plus de détails et de résultats sur le site de Mc Kinsey :  « Insights & Publications »