L’entreprise de demain : dessines ton job ?


On parle de plus en plus de DYOJ (Design your Own Job) en même temps qu’on valorise le "work out loud" et il n’est donc pas étonnant de lire dans l’excellent papier How to love your job (even if you hate it) publié par John Stepper :

Yes, some jobs and some bosses are awful. And yes, work is different from pleasure. But you can create a more blended life, one that you find genuinely appealing and one that’s more fulfilling. It’s not just for those with certain skills, for the young, for the technology savvy, or for extroverts. It’s for everyone.

frustrationCompétence, autonomie et confiance sont fondamentales pour nous rendre "heureux", si ces trois désirs (besoins) sont satisfaits alors nous sommes motivés et productifs !

Nous sommes suffisamment créatifs (certaine plus que d’autres) pour trouver des "chemins de traverses", pour contourner des processus jugés lourds ou inutiles, pour imaginer des pratiques plus pertinentes.

Et pour vous ?

 

[e20]L’entreprise de demain : lentement (trop ?), mais surement !


La sphère E20 est en ébullition, serait-ce la "gueule de bois" ou plutôt une légère difficulté à digérer un menu apparemment très riche préparé et servi, avec tout le savoir-faire qu’on leur connaît, par les équipes de Kongress Media à Paris la semaine dernière.

Cette édition a fait l’objet de beaucoup de présentations et de communications dont certaines sont disponibles en ligne :

Beaucoup de vidéos (interviews et keynotes) sur YouTube et je vous propose l’intervention de Rachel Happe (Community Roundtable) :

Vous trouverez également les billets de Cecil Dijoux sur TheHypertextual qui en profite pour nous proposer sa définition de l’E20 et du social business (à discuter) :

E20 implementation is a change management initiative aiming at scaling up collaboration throughout the whole organization. Why scaling up collaboration ? Because it is the only way to tackle the complexity of problems in the 21st business world.

Mais, il y a également le compte-rendu d’Olivier Roberget dans Collaboratif-info qui met en exergue l’indigestion des retours d’expérience de grands comptes :

Les entreprises se sont appropriées les discours des experts.
Les retours d’expérience qu’elles présentaient n’impactaient que marginalement le fonctionnement quotidien de leurs collaborateurs.

et qui salue la pertinence du témoignage du Groupe Poult :

 Il a fallu attendre le dernier des treize retours d’expérience, celui du Groupe Poult, pour découvrir un exemple de transformation en profondeur et généralisé du fonctionnement d’une organisation.

Pour ma part, j’ai retenu, parmi tout ce que j’ai pu lire, visionner, télécharger (je ne participais pas à cette édition) la présentation d’Emanuele Quintarelli tant elle est courte, précise, objective, digeste et rassurante à mon avis !

social business is here already

A parcourir ….

Demain, un monde numérique opaque, élitiste et liberticide ?


Internet, le web 2, les réseaux sociaux, la mobilité: le meilleur des mondes ?

Depuis le milieu des années 90, nous sommes de plus en plus nombreux à "profiter" des apports de l’internet, des médias et des réseaux sociaux et il faut avouer que nous y trouvons de la valeur, de la pertinence, des idées, des amis, suffisamment en tout cas pour nous projeter avec délice dans le monde de demain : numérique !

Bien sur, nous ne sommes pas naïfs au point de voir dans cette évolution un point d’arrêt à certains dysfonctionnements que nous subissons, voire certaines réalités dont nous souffrons (sociaux, politiques ou économiques).

Pourtant, il faut bien reconnaître qu’en moins de 20 ans, l’ouverture de l’internet a suscité chez beaucoup d’entre nous des espoirs, des attentes et des envies nouvelles.
Mais la crise est là (au moins en Europe) et l’évolution est plus lente dans ses effets tels qu’on les espère, de là à se demander si nos "élites" ont bien compris les enjeux !

debat_num_FBBonne question, s’il en est  et c’est Gilles Babinet [auteur de " L'Ere Numérique, un nouvel âge de la connaissance " (Editions Le Passeur)]  qui dans une émission de France Info se demande quelle est la culture numérique de nos dirigeants et quelle est leur vision face à la révolution numérique.
Gilles Babinet "reproche" une vision basée sur des réflexes et des pratiques du siècle passé.

Le discours est pertinent et la vision de Gilles Babinet est très intéressante et elle ouvre un débat dans lequel Fabrice Epelboin et d’autres se sont engagés notamment sur les réseaux sociaux.

Et si nos dirigeants avaient bien compris le numérique, mais ne partageait pas notre vision et nos perspectives !
Autrement dit, l’élite politique, sociale, économique veut-elle s’accaparer le numérique ?

Il est en effet étonnant de constater que ces "élites qui ne comprennent pas grand chose au numérique" sont en train de mettre en oeuvre la plus grande opération de contrôle des individus depuis que l’humanité existe.

Face à nos envies de liberté, de développement individuel, de valorisation personnelle, les élites organisent la surveillance de nos échanges à des fins officielles de protection et de défense !
Nos élites ne voient-elles le monde numérique que comme une opportunité de "mise sur écoute" de chaque citoyen pour mieux combattre "le complot" ?

D’un point de vue économique, la tendance est similaire et que peut-on voir dans le "big data" si ce n’est , entre autres, une appropriation de nos informations pour une exploitation à des fins marchandes ?

Pourtant la différence est sensible si on accepte le fait que nous sommes les premiers à divulguer ces informations et que la plupart d’entre elles n’ont aucune (ou si peu) d’importance pour autant qu’elles soient vraies !

Par contre, nous pouvons être légitimement choqués par l’opacité dans laquelle ces opérations sont faites, un peu "à l’insu de notre plein gré" !

En effet, il y a eu les révélations d’Edouard Snwoden, le vote en France de la très contestée LPM (dont un fameux article) et les réactions dont celle de Jacques Attali :

L’article 20 de la nouvelle loi de programmation militaire vient de donner à l’administration tout pouvoir de traiter tout citoyen soupçonné d’un délit quelconque comme un terroriste, c’est-à-dire de pénétrer dans sa vie privée sans contrôle a priori d’un juge.
La tyrannie de la transparence, dont j’annonce le danger depuis longtemps, vient, pour la première fois, de trouver sa traduction dans une loi. Une loi française.
Il y a également les indiscrétions quant aux données personnelles capturées par les applications que nous utilisons (Angry Birds, Google Maps et probablement beaucoup d’autres).
Et le moins que l’on puisse dire, c’est que tout cela se fait sans notre accord, en pleine opacité et pour reprendre les termes de Jacques Attali à propos de la tyrannie de la transparence, on ne peut que regretter qu’elle ne serve que les intérêts des élites politiques, sociales, militaires et économiques.
On pourra toujours arguer que nous (vous, moi) sommes les principaux acteurs de ce "brigandage d’informations" et que nous sommes victimes de notre soif d’existence qui nous pousse à un "exhibitionnisme" plus ou moins assumé.
C’est probablement un peu vrai, mais à notre décharge et donc à la charge de ces élites, il faut mentionner l’absence de formation, d’accompagnement par les structures classiques ad-hoc (l’école !).
Je ne suis certainement pas le mieux informé mais il me semble que l’apprentissage du numérique dans les milieux scolaires est aujourd’hui plus proche de l’admiration devant un enfant maîtrisant un Ipad que de la mise en oeuvre d’une pédagogie et de programmes adaptés à la réalité du monde dans lequel il vit déjà : le monde numérique.
Le monde de demain, numérique, reste à construire et la divergence de perspectives entre les élites et nous est inquiétante :
liberté vs surveillance
échanges vs suspicion générale
ouverture vs protection
enrichissement vs contrôle
"open" vs réservé
etc.
Pourtant, il y a des raisons de rester optimiste (pas béat) car le monde numérique est également source de nombreuses difficultés pour tous ceux qui veulent s’en accaparer les bénéfices ou se l’approprier.
Dans le monde demain, les pratiques seront différentes, plus directes, plus pertinentes et plus "critiques" et je me plait à penser que, notamment, :
  • la masse, la diversité et le volume des informations
  • l’intelligence collective et la critique des contributions
  • la rapidité des échanges
  • l’instantanéité des réactions
  • la diversité des contributeurs
  • la richesse des idées
  • l’ouverture des débats

nous permettront de mettre en oeuvre un compromis fort entre nos envies, nos désirs et nos exigences de protection et de transparence.

Gilles Babinet a raison quand il dit que les élites (en France, mais c’est certainement également le cas dans tout le monde occidental) raisonnent comme au siècle passé.
Il est patent aujourd’hui que ces élites n’ont surtout pas vu - pour le moment - dans la révolution numérique des outils, une évolution culturelle et sociétale !
Dommage!

Entreprise de demain : question de temps et de résistances ?


Votre prochain rendez-vous autour de l’entreprise de demain (2.0), c’est pour dans quelques jours !

Cette édition est sous le sceau des retours d’expériences et le programme est alléchant !

Pourtant, la mise en oeuvre de réelles stratégies "social business" et la transformation de l’entreprise vers le numérique prend du temps et rencontre beaucoup de résistances.

Qui a encore le temps ?

Time-1024x861Pas grand monde ! Les entreprises courent après les "relais de croissance", les employés traquent les "opportunités de mieux être au boulot" et les consommateurs révolutionnent "la relation fournisseur" !
Les startups et autres entreprises "digital natives" mettent la pression et bousculent les traditionnels modèles d’affaires en proposant des nouveaux types de services et en mettant en oeuvre des nouvelles orientations en terme de management et de conduite des équipes.
Le numérique oblige à innover, à se "reconstruire" ou à se réinventer tant pour les entreprises que pour les hommes qui les dirigent !

Il faut bien reconnaître qu’à cette aune, le temps n’est pas le même pour tout le monde !
A défaut d’égalité de traitement, il faut savoir rester vigilant, ouvert et créatif et à ce titre ne pas hésiter à bousculer nos traditionnels schémas intellectuels et passez au delà de nos réflexes conservateurs.
Cette transformation ne se fera pas toute seule et malgré vous, mais elle peut se faire SANS vous et ainsi beaucoup d’entreprises – par manque d’anticipation et/ou de clairvoyance – ont déjà largement hypothéqué leurs espoirs de pérennité !

Et les résistances ne manquent pas !

refuser-accepter

En interne, elles sont partout, à tous les échelons et les niveaux et ces dernières années on a pu lire très souvent que le "middle management " était souvent un frein – car les plus exposé – au changement, il faut reconnaître que les retours d’expériences nous montrent qu’il n’en est souvent rien !

La fracture numérique est une source de résistance à l’intérieur de l’entreprise, mais elle n’est pas la seule. On pourrait citer pêle mêle : le conservatisme, la peur du changement, l’incertitude économique, la fatigue, etc, tout autant de raisons "légitimes" pour empêcher certains de se projeter dans un avenir numérique !

Ces résistances sont bloquantes pour les entreprises, d’autant plus qu’elles ne sont pas toujours exprimées avec franchise et que le contexte économique et social est "compliqué".

La période que nous vivons – révolution numérique – est intéressante et intense.

L’évolution semble se faire à marche rapide, presque forcée et une des clefs de la réussite de la transformation des entreprises existantes est dans les mains de leurs leaders internes (peut-être les dirigeants) qui doivent savoir mettre en oeuvre la confiance au service d’une démarche de préparation du lendemain dont le succès n’est en rien assuré par les performances passées !

Cover_livre_blanc_entreprise20Les entreprises nouvelles n’ont pas ce souci d’adaptation, mais elles sont confrontées à d’autres risques et doivent savoir mettre en oeuvre avec agilité, pertinence et rapidité, la bonne démarche, les meilleurs pratiques et le bon modèle d’affaires pour réussir.

L’entreprise de demain peut être globale ou locale, mais elle ne peut pas ignorer une concurrence toujours plus riche, des consommateurs toujours mieux informés, pas plus que des employés de plus en plus en quête de sens et de relations ouvertes et riches.

il est à craindre pour tous ceux qui pensent pouvoir "donner du temps au temps" et bâtir une stratégie "douce" de conviction pour aller au delà des résistances, qu’ils n’aient en fin de compte pas  d’autre choix que de subir un contexte dans lequel la réactivité, alliée à un certain réalisme, semble être une qualité essentielle.

La révolution numérique ne semble pas vouloir composer avec le temps, elle impose un rythme effréné jusqu’à …….

Selon vous ?

Mes intuitions pour 2014 : Le portable est mort, vive la mobilité !


2014 sera l’année de la mobilité !

Applications et services pour les loisirs, le travail, mon réseau, les paiements, mon portefeuille, mes alertes : tout ou presque y sera et le mobile (téléphone ou tablette) est le support hardware du "social business" et plus largement de notre mutation en homonumericus.

L’internet des objets - automatisation de la relation et des échanges entre objets – trouve dans les applications mobiles le média idéal pour l’exploitation de ces nouvelles opportunités avec le support logistique du Cloud.

A force de vouloir trouver des voies nouvelles dans la valorisation des relations et des contributions sociales avec les mêmes outils et objectifs qu’il y a des décennies (ou presque), on en avait presque oublié de regarder du côté des utilisateurs, de leurs envies, de leurs besoins dans une économie numérique (donc largement dématérialisée).

L’observation rapide de nos comportements individuels et collectifs et notamment la prépondérance des supports mobiles dans notre quotidien ajoutée à la maturité de beaucoup d’applications disponibles sur appareil mobile sont là pour montrer que 2014 sera l’année de la consécration de la mobilité dans nos quotidiens privés et professionnels.

On voit bien – y compris dans les entreprises (voir la dernière étude du Lab des Usages) et au delà des questions de stratégie éditoriale et d’objectifs – qu’il est essentiel de promouvoir la disponibilité sur mobile(s) des applications et des plateformes opérationnelles en tenant compte de l’expérience utilisateur.

Et pour ce faire, 2014 verra également, en accompagnement de la mobilité :

  • la mise en oeuvre de cadre de gouvernance opérationnelle,
  • mais aussi la généralisation d’outils (et de pratiques) telles que
    • les notifications (pas l’email !),
    • l’enrichissement des contenus (taxonomie et folksonomie) et,
    • le déploiement des stratégies d’analyse (big data et real time).

BYOD (bring your own device), DYOJ (design your own job) CYOB (choose your own boss), tout autant de perspectives réjouissantes pour le futur et pour lesquelles la technologie et la pratique de mobilité sont clefs !

Selon vous ?