Intrapreneurship : mythe ou opportunité ? (#intranet)

Il y a quelques jours Elsua annoncait sur son blog qu’en ce qui le concerne, il abandonnait l’usage de la terminologie « social business » pour préférer celle de « Social Enterprise » et de nous souhaiter la bienvenue dans une nouvelle époque, celle de l’Intrapreneurship !

Le concept d’intrapreneurship n’est pas vraiment nouveau (il est apparu à la fin des années 70), mais il trouve aujourd’hui un terrain probablement plus favorable à son épanouissement.

Pour les tenants de l’orthodoxie quant à l’utilisation de ce terme, je leur propose de parcourir l’étude publiée par Alf Steinar Sætre, en 2001, sous le titre « Intrapreneurship: An Exploratory Study of Select Norvegian Industries« , ils y trouveront des cas pratiques, des analyses  ainsi que des illustrations pertinentes et documentées.

Aujourd’hui, l’explosion de l’utilisation des plateformes de sociaux peut être considérée comme favorable au développement de l’intrapreneurship, mais reste encore en à définir le contexte précis (outils, objectifs, etc..) dans lequel il peut espérer atteindre une certaine maturité.

Quand Scrupski écrit à propos de la « révolution sociale dans l’entreprise »:

“[...] The zeitgeist of Social is about introducing the promises of Web 2.0 (Openness, egalitarianism) to reinvent the way things have been done in prior eras, evolved from industrial age principles, e.g. Taylorism.

Social is not about anarchy ; it’s about freedom and democracy and innovation. It’s not about rigid structures and hierarchies; it’s about transparency and honesty and re-distributing power to create agile change motivated by passionate, engaged actors. It’s about leadership that rewards and recognises talent and instinctively has a collective understanding of the community it serves, because it’s tuned into what they think, as well as what they do. It’s about authenticity and trust.”

On ne peut qu’être d’accord (d’autant plus pour l’avoir maintes fois écrit, défendu ou proclamé sur ce blog et d’autres) !

Et dans la « vraie » vie ?

Au delà des discours qui souvent tiennent plus de la méthode Coué ou qui, parfois, sont proches de pratiques incantatoires, il y a une réalité avec laquelle  nous devons tous composer.

Dans les années 2000, les entreprises ont mis en oeuvre un outil en réponse à des besoins de diffusion de l’information en interne : l’intranet.
Généralement conçu comme un site web (premières générations,  i.e. pas ou peu participatif), cet espace, sous la responsabilité d’un webmaster isolé et n’ayant pas les moyens de déployer un CMS, est resté une « publication » ouverte en mode « pull » (consultation) pour des informations générales (en fait, il a souvent été considéré comme un « tableau d’affichage » disponible sur le poste de travail).

En se fiant aux statistiques disponibles (voir l’infographie ci-après) on constate que les collaborateurs utilisent l’intranet (43% au moins une fois par semaine) en premier lieu pour y trouver des infos sur leurs collègues ou le personnel (trombinoscope), lire les news concernant la compagnie, consulter les procédures ou encore y trouver certains formulaires « corporate » !

Pas étonnant, mais vous me direz que les réseaux sociaux d’entreprise sont là et qu’ils viennent à point nommer pour « bousculer » cette vision « archaïque » de la communication interne et l’absence d’opportunités d »engagement » pour les collaborateurs de l’entreprise.

Oui, peut-être et le débat est ouvert !

Et l’esprit d’entreprise dans tout cela ?

Si les outils sont là et que les autres moyens et les conditions sont réunis, à savoir suffisamment de transparence, d’ouverture,de bienveillance et d’humilité de la part de tous les acteurs, il faut encore qu’ils en aient ENVIE, mais également l’ESPRIT !

 « Nous sommes tous des entrepreneurs! » Beau slogan, s’il en est , surtout pour vendre un bouquin, des formations, …
Pour les moins jeunes, on avait déjà entendu « sous les pavés, la plage » ! Cool mais depuis longtemps on arrêté de creuser ;-))
Loin d’être désabusé, j’essaie de rester objectif et réaliste.
Je pense comme beaucoup qu’il y a un gisement de richesses non ou mal exploitées en chacun et que l’un des intérêts des réseaux sociaux tient à faire « émerger » une partie de ces richesses.

Pour autant, je dois constater que beaucoup d’entre nous se contente d’un « rôle » de spectateur et qu’il est parfois difficile de faire vivre des espaces collaboratifs.
Il est certain que les réflexions amorcées dans beaucoup d’entreprises autour de l’intranet et de ce que cette plateforme peut représenter en tant qu’outil de productivité, de cohésion et d’engagement pour les collaborateurs vont dans un sens favorable à l’intrapreneurship.

Mais, il est également acquis qu’ENTREPRENDRE c’est aussi (surtout dirons certains) un état d’esprit, nullement partagé par tous et qu’il est également noble et productif de savoir SERVIR !

C’est pourquoi, j’insiste sur le fait que la transformation du capital social en « business » ne se fera pas à prétendant que « tout le monde est un entrepreneur » mais plutôt en permettant à chacun de trouver sa place, son « utilité » et la reconnaissance par le déploiement de ces nouveaux outils.

A votre avis?

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En complément :

Conférence Intranet 2011 – Paris – 11 octobre

Conférence : Comment convaincre les dirigeants de l’importance des réseaux sociaux d’entreprise  Institut Boostzone et Collaboratif-Info – Paris – 18 octobre

 

7 réflexions sur “Intrapreneurship : mythe ou opportunité ? (#intranet)

  1. Bonjour Claude,
    Vos réflexions au sujet des capacités ou prédispositions nécessaires pour devenir entrepreneur … ou devenir un collaborateur actif et engagé … me paraissent pertinentes.
    Choisir le poste ou la fonction qui permet à l’individu de découvrir pour se réaliser …
    soit exploiter ses potentialités …
    Exige un effort constant pour s’ouvrir à l’inconnu … tout en utilisant et valorisant ses connaissances déjà acquises.
    Dès que ce processus s’accompagne de l’intérêt à … il construit l’essentiel … la MOTIVATION.
    Tout développement personnel ou professionnel commence par une motivation, à savoir …
    le besoin de connaître, d’exploiter ses possibilités, de concrétiser ses rêves, les réaliser.
    Expérimenter au quotidien permet de trouver … sa voie !
    Un convoi ferroviaire comporte … une locomotive et des wagons !
    Ainsi, le train peut transporter personnes et marchandises, sur des voies précises …
    ces voies comportent des aiguillages, ces derniers permettent des changements de direction …
    La vie est une suite d’expériences qui permet à l’individu de trouver sa voie, puis sa place …
    dans sa famille, dans l’environnement de ses études, puis dans son milieu professionnel …

    Ce cheminement comporte une suite de situations ouvertes. Celles-ci exigent des choix …

    Dès lors, selon l’estime et la confiance en soi, l’individu aborde les expériences avec courage, détermination et il se confronte aux difficultés de tout ordre. La capacité d’écoute ouvre de nouveaux espaces, elle permet de percevoir la complexité de son environnement et de s’adapter à son milieu, de développer ses connaissances … tout en partageant les siennes.

    Avant de devenir entrepreneur, l’individu prend conscience de ses forces et faiblesses, puis il cherche comment dépasser les limitations professionnelles et personnelles qui entravent son besoin de créer et d’assumer ses choix.
    La notion de dépassement de soi est omniprésente, le besoin de reconnaissance professionnelle est trop souvent le « moteur principal » qui pousse l’individu à tenter l’aventure pour devenir entrepreneur.
    Dans l’idéalisation de son projet de création d’une entreprise, trop souvent, en réalité il s’agit d’une fuite des contraintes existantes dans son environnement professionnel !
    Pour d’autres, dans le dernier quart de la vie professionnelle, le choix et un non-choix …
    Après le licenciement et les difficultés pour trouver un emploi valorisant ses acquis … avant d’abandonner la partie et glisser dans la déprime et la déchéance, un sursaut d’orgueil mobilise parfois l’individu et l’incite à créer son emploi … dans son entreprise !!!
    Alors, souvent, il cherche comment développer une idée d’entreprise rentable ou reprendre un commerce, persuadé qu’enfin il pourra se réaliser complétement !
    C’est ici que commence le risque … de surévaluer ses compétences, ses capacités de créer,
    sa détermination, sa résistance au stress, sa patience et sa ténacité …
    Et sous évaluer les difficultés d’adaptation à un autre mode de fonctionnement …

    Passer du rôle confortable de « wagon »… à l’abri des turbulences et conduit … Qui était le sien !

    Affronter tous les défis de l’entrepreneur, soit devenir rapidement différend …

    « Choisir le rôle de « locomotive », qui implique de fixer la direction et les destinations, imaginer les besoins des futurs passagers, deviner les arrêts obligatoires. Tout en assumant les responsabilités et les fonctions de … Chef de train, chef de gare, vendeur, responsable du service après vente et « contrôleur » !
    Tout en restant un individu à l’écoute, disponible et actif dans sa vie privée !

    Ceci résume les composantes à connaître … avant de se lancer à l’aventure.
    A l’évidence, il est difficile et douloureux d’accepter que notre société exige l’impossible tout de suite, soit que la collaboratrice ou le collaborateur reste …
    Jeune, avec de l’expérience, créatif, docile et engagé, ponctuel, disponible et responsable …

    Les milieux patronaux déclarent souvent que la pérennité des prestations servies par les assurances sociales passe par le prolongement de la durée de cotisations des salarié,es !

    Alors qu’en qualité d’employeur, ces derniers fixent des limites d’âge à l’engagement des salarié,es … et licencient … pour augmenter les bonus de leurs dirigeants et les dividendes servis aux actionnaires !

    D’autre part, lesdits employeurs critiquent le manque d’engagement et de conscience professionnelles de la part salarié,es, … de l’inexpérience et de l’inconstance des jeunes salarié,es !

    Relativiser et dépasser les échecs répétés, garder confiance en soi et en la vie … exige
    courage, forces et bonne estime de soi !

    Avant de se lancer dans des rêves de création d’entreprise, d’activités indépendantes, etc. …

    Reconnaître et recenser ses multiples connaissances, compétences, puis ses manques !

    Ensuite s’activer pour combler ses lacunes principales.

    Agir systématiquement, définir des objectifs à court terme s’investir personnellement, consulter ses proches et simultanément rester en éveil. L’ensemble développe une meilleure image de soi et augmente les chances de trouver des pistes potentiellement atteignables en relation avec notre bilan personnel global. Soit révéler ou réveiller nos intérêts profonds pour un domaine d’activité professionnelle adaptée à notre être … Aujourd’hui.

    A l’intérieur de ce domaine défini, je ciblerais des activités et des objectifs qui comblent mes aspirations fondamentales actuelles, quel que soit le statut, salarié ou indépendant !

    Conscient de ses avantages, avec le sourire, la marche assurée, le front haut, la tenue vestimentaire adaptée à sa personnalité… l’ensemble dégage la force de l’individu et sa joie
    de vivre devient communicative !

    A chaque âge correspond un ensemble d’aptitudes existantes et potentielles pour l’individu … la confiance en soi, en l’avenir se construit, ensuite s’entretient. Avec le respect de ses besoins personnels et une bonne ouverture aux besoins de l’autre … sur le chemin, les portes s’ouvrent !

    Dans les pays francophones, utilisons le français pour nous exprimer. Pourquoi s’entêter à utiliser des terminologies anglaises ou américaines réductrices ?

    Diriger, piloter, conduire, gagner, triompher, partager, échanger, collaborer, transmettre, émettre, créer, imaginer, réaliser, sourire, aimer, développer …

    Meilleurs messages
    Ernest M.

    • Merci beaucoup d’avoir partager vos réflexions avec nous et j’espère qu’elles vont susciter quelques commentaires.
      Bien à vous
      Claude

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