[Enquête]Intranet et stratégie numérique : agitation et zéro vision !


Après l’excellent travail présenté par The Community Roundtable semaine dernière, c’est au tout d’Arctus de publier les résultats de son enquête annuelle sur le thème Intranet et stratégie numérique.

Disponible gracieusement en téléchargement, ce dont nous les remercions,  ce travail s’attache à comprendre les évolutions – côté entreprise – autour de quatre thèmes :

  • Information et communication
  • Collaboration
  • Réseau social d’entreprise et fonctions sociales
  • Stratégie numérique

Côté communication, l’intranet c’est d’abord et toujours de la News, principalement proposée par la Com et les RH au travers de plateformes telles SharePoint ou Jalios.

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Notons aussi le poids de la vidé toujours plus présente ainsi que les progrès en terme de gouvernance au sujet de la contribution tandis que pour le reste la situation reste inchangée.

On est encore loin de la digital workplace dont beaucoup parlent mais que – visiblement – peu s’attachent à mettre en oeuvre !

La collaboration – autre thème très tendance – reste principalement axée autour de l’existence de l’annuaire (profils riches) et des atouts des outils de recherche dans une évolution très sage et un déploiement principalement fait à partir de SharePoint.

 

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Pour ma part, je retiendrai l’émergence de deux nouveaux types de « communautés » ou d’espaces collaboratifs : les espaces métiers et les communautés d’équipes !

Par contre, il est consternant de lire que la plupart des espaces collaboratifs sondes espaces fermés (66%) pour des raisons de confidentialité !
La confidentialité devient l’alibi pour reproduire les silos organisationnels !!!
Preuve, s’il en est du manque de maturité et de vision de la plupart des managers en charge de ce type d’initiatives dans les entreprises !

Les RSE continuent leur « bonhomme de chemin » et les fonctions sociales mises à disposition sont dans la plupart des cas le minimum requis, à savoir :  évaluation, suivi, recommendation voire parfois commentaire !

La seule « bonne nouvelle » sur le sujet est la présence de plus en plus importante des « community managers ».
Pour le reste, il semblerait que le réseau social ne soit considéré comme beaucoup que comme un « add-on » de l’intranet, sans objectif précis et on comprend ainsi mieux que les employés aient du mal à comprendre – pour eux – la valeur de ce « machin » !

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Enfin, côté stratégie numérique, le constat est très inquiétant !

Face à une quasi absence de vision stratégique de l’entreprise dans le numérique et à une pression (venant de la c suite notamment), les projets sont lancés n’importe comment, en pleine fébrilité !

A croire que leurs initiateurs ne comprennent les opportunités et les contraintes de ce type d’outils !

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On ne s’embête plus, ou moins en tout cas, de faire un travail de réflexion !
Les projets semblent guidés par un besoin compulsif de montrer que l’on fait quelque chose : c’est magique ! ou presque
Difficile de s’étonner de ce que l’on voit couramment dans les entreprises : déficit d’adoption des espaces collaboratifs, défiance vis à vis des solutions « sociales » et désengagement de bon nombre d’employés !

Tous les chiffres et graphiques à découvrir dans l’étude de l’Observatoire de l’intranet et de la stratégie numérique.

[Due Diligence]Retour sur mes intuitions pour 2014


duediligenceExercice obligé du début décembre de chaque année, jetez un oeil critique dans la liste de billets publiés il y un an et prendre le temps et le recul pour une analyse sans concession de mes intuitions pour l’année qui se termine !

Je dois avouer que cette année l’exercice est relativement facile !

Intitulé Mes intuitions pour 2014 : Le portable est mort, vive la mobilité ! mon billet précisait :

L’observation rapide de nos comportements individuels et collectifs et notamment la prépondérance des supports mobiles dans notre quotidien ajoutée à la maturité de beaucoup d’applications disponibles sur appareil mobile sont là pour montrer que 2014 sera l’année de la consécration de la mobilité dans nos quotidiens privés et professionnels.

De ce point de vue, pas de surprise et il en reste encore beaucoup à faire!
N’en dérange les septiques, nous n’avons encore rien vu ou presque mais nous allons en reparler bientôt !

Parmi les intuitions que j’avais partagé avec vous, il y avait également, en accompagnement de la mobilité :

  • la mise en oeuvre de cadre de gouvernance opérationnelle,

On ne peut pas dire que ce fut cette année une tendance lourde bien que les analyses et autres enquêtes attestent de l’importance prise par la gouvernance des réseaux sociaux notamment privés.
On notera aussi l’échec ou le faible succès d’audience de plateformes collaboratives tel que présentés dans un billet de l’Observatoire des RSE qui précise :

Schéma d’urbanisation, de gouvernance mais tout simplement mise en place d’un digital board impliquant les lignes de production de l’entreprise et les services supports peuvent constituer un premier niveau de réponse.

Ou encore le CIGREF qui dans son document à propos des RSE spécifie

La mise en place d’un RSe implique d’associer à une partie informationnelle existante, une fonction sociale et collaborative. Elle commence souvent par une évolution de la gouvernance stratégique de l’entreprise afin de favoriser une culture numérique et collaborative commune et impliquer tous les acteurs.

  • mais aussi la généralisation d’outils (et de pratiques) telles que
    • les notifications (pas l’email !),

Une tendance lourde sur les outils mobiles, mais pas que ….

  • l’enrichissement des contenus (taxonomie et folksonomie) et,

Une pratique difficile à généraliser même si des progrès existent mais si l’intérêt est bien compris pour trouver les documents et autres contenus, le réflexe n’y est pas encore au niveau des contributeurs, pas même pour ce qui est des profils !

  • le déploiement des stratégies d’analyse (big data et real time).

On est en plein dedans et si j’en croit les billets et autres présentations ayant trait au Big Data publiées en 2014 et quand bien même il reste beaucoup à faire selon un étude de EY reprise par le Figaro :

La collecte et l’analyse de données à très grande échelle sont encore des activités peu pratiquées par les entreprises françaises, qui les jugent trop complexes

nul doute que ce sujet est plus que jamais au coeur des processus décisionnels et marketing, donc au service de la performance économique et sociale de l’entreprise de demain !

Selon vous ?

Intranet et stratégie numérique : état des lieux 2014


Comme chaque année, l’Observatoire de l’Intranet et de la stratégie numérique – une initiative du cabinet Arctus – publie la synthèse d’une enquête réalisée en ligne de janvier à mars 2014 et pour laquelle 474 participants ont été retenus.

Tout d’abord, rien de très surprenant dans les résultats présentés qui viennent conforter ceux présentés en décembre dernier par le Lab des Usages (initiative du cabinet Voirin).

Je vous propose quelques extraits intéressants et je vous invite à télécharger le document ainsi qu’à suivre sur le blog de Claude Malaison une analyse précise et pertinente – en plusieurs billets – de ces résultats.

A propos des informations disponibles dans les intranets :

contenu des intranets

Les fonctionnalités collaboratives disponibles

 

fonctionnalités  collaboratives

Les espaces collaboratifs ont le vent en poupe :

espaces collaboratifs

 

Une pratique sociale « à la traine » sauf quand la valeur ajoutée est explicite !

Pratiques sociales en entreprise

et globalement uns stratégie numérique « très conservatrice » (manque de maturité ?)

Projets numériques

Et enfin, une évolution douce marquée par l’importance grandissante du socio-type des « bâtisseurs » rami les entreprises qui ont participé à cette enquête.

socio types des entreprises

Community management : état des lieux 2014


Comme chaque année The Community Roundtable nous livre un état des lieux du community management  dont on peut d’ores et déjà souligner qu’il arrive, semble-t-il, à point !

En effet, après la mise en production et le déploiement lancé chez les « early adopters » de ce côté de l’Atlantique, il n’est pas rare de constater de sérieuses difficultés à amorcer des communautés vivantes et porteuses de valeur ajoutée, autres que les communautés de projets déjà largement expérimentées et dont les bénéfices, à défaut d’être partagés, sont souvent explicites ne seraient-ce que pour ceux qui y participent.

Il reste donc tout – ou presque – à faire et de ce point de vue les constats et les propositions de l’équipe de Rachel Happe ne manquent pas d’intérêt.

Pour ceux qui ne souhaitent pas parcourir la totalité de la présentation, j’ai sélectionné quelques statistiques  et commentaires qui me paraissent très pertinents.

CMGR
More community managers

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A vous de découvrir l’incroyable richesse de cette édition 2014 !

Entreprise de demain : une meilleure gouvernance pour plus de …..


A force de tourner autour du pot, il va bien falloir accepter de « mettre les mains dans le cambouis » et regarder les choses en face.

Hier Bertrand Duperrin lançait sur son blog

Adoption.
Le mot qui revient systématiquement quand on parle de la mise en place d’un réseau social d’entreprise ou de toute technologie visant à supporter une évolution des pratiques de travail. Mais à l’heure des bilans il faut être d’une mauvaise foi inébranlable pour ne pas voir que l’adoption ne fonctionne pas tant que cela et que d’autres modèles restent à trouver.

tandis que Arnaud Rayrolle, dans un billet intitulé La réussite des réseaux sociaux d’entreprise est nécessairement collective, affirmait :

Pour emporter l’adhésion de l’ensemble des collaborateurs, l’entreprise ne doit pas lésiner sur la communication, le sponsoring et construire des démonstrations et des argumentaires solides pour convaincre de l’intérêt de la collaboration.

Et ils ont raison !

Toutefois, si il y a unanimité sur le constat et si, pour ma part, j’ai également publié sur le sujet, il n’en reste pas moins que – côté outils et méthodes – peu de solutions pertinentes font l’objet de partage d’expériences.
Et puis, je suis tombé, presque par hasard, sur le billet de Xavier Baron « gouvernance des entreprises, le changement c’est demain« :

En pleine crise économique, dans cette atmosphère de défiance croissante et malheureusement justifiée dans les institutions (l’Etat, l’Europe, les « puissances de l’argent », les patrons, l’avenir même de la planète…), il convient de regarder avec attention le renouvellement du débat sur la possibilité et la pertinence d’une évolution des modes de gouvernance et de type de management en entreprise. Le travail a changé, la production est largement immatérielle, la pression sur l’emploi est forte, l’exigence d’engagement subjectif se généralise. Longtemps taboue, la question de la gouvernance est aujourd’hui reposée. Signe des temps, elle est discutée à partir de différents points de vue, laissant penser que des innovations se préparent comme produit encore incertain mais d’une convergence de pensées issues de lieux et de voix diverses.

Il est patent que la question de la gouvernance est à remettre au centre de toute stratégie aujourd’hui !

En complément de l’excellent billet de Xavier Baron qui « attaque » le sujet sous l’angle de la démocratisation dans l’entreprise (objet également d’un article publié ici fin 2012), je souhaiterais préciser ici en quoi la question de la gouvernance est – à mon humble avis – incontournable.

L’adoption du taylorisme dans l’industrie, l’agriculture et le monde des services a considérablement contribué à la déresponsabilisation de la masse des employés et ce au bénéfice d’un groupe de dirigeants souvent cooptés ou – a minima – formés dans les mêmes écoles ou filières universitaires.
Cette « caste » a toujours – et c’est son rôle – considéré l’entreprise comme une source de revenus pour ses actionnaires et elle-même.
Pour atteindre ses objectifs, elle a conçu l’entreprise comme une organisation qui dispose de ressources (entendez moyens) renouvelables, adaptables, interchangeables et inépuisables.
Mais, tout le monde le sait, la réalité est différente et aujourd’hui ce modèle est en train de s’étouffer au hasard de son aveuglement et de ses nombreuses contradictions.

Les entreprises n’ont probablement jamais connues une période aussi difficile, fruit d’une conjoncture hésitante dans les économies occidentales, de l’émergence très rapide de l’économie des BRICS, d’une plus grande maturité des individus et d’un modèle d’affaires moribond !

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Une stratégie de gouvernance est aujourd’hui un des meilleurs moyens de contribuer à la survie d’une entreprise.
Elle est à considérer comme un guide et non un carcan fait de règles immuables et intangibles.

La gouvernance est nécessaire car elle permet plus de clarté car elle assure :

  • l’identification des rôles
  • la responsabilisation des acteurs
  • la précision des pratiques
  • la transparence du contrôle

Elle est une source d’efficacité en autorisant simplement :

  • la liberté dans l’action
  • une facilité de collaboration
  • la reconnaissance des contributions
  • la rapidité des décisions

Une bonne gouvernance est au coeur de la pérennité d’une entreprise car elle propose un cadre – socle de sa mise en oeuvre – et des références, notamment en terme de :

  • pertinence des objectifs
  • évolution des pratiques
  • évaluation des besoins
  • délégation des responsabilités

Ce sont – a minima – les points sur lesquels l’entreprise et la C suite doivent travailler au service de la pérénisation – tant que faire se peut – de l’entreprise car la gouvernance permet d’anticiper l’évolution nécessaire du modèle d’affaires dans un contexte économique très concurrentiel caractérisé par une évolution très rapide des comportements des acteurs (homonuméricus) et des usages.

Peut-être du côté de l’Open Enterprise, au delà des technos et des outils ?

Selon vous ?

Retour sur mes intuitions 2012


Un an passé, le temps de faire le point sur un billet publié le 13 décembre 2011 dans lequel j’esquissais les tendances importantes pour 2012 !

Pas vraiment de surprises, la mobilité a continué à se développer autour des deux offres de services et d’applications que sont IOS et Android. On notera l’arrivée « tardive » mais prometteuse de Microsoft avec Windows 8, à suivre !

La deuxième tendance placée sous les feux de la rampe était la gamification.
Il est vrai qu’on en a beaucoup parlé en 2012, mais la mise en oeuvre de ces techniques est encore loin d’être très importante, parfois du simple fait de la difficulté à intégrer la gamification dans une stratégie sociale.

L’Intranet collaboratif est une réelle tendance de fond qui n’est pas prêt de s’arrêter tant les projets sont nombreux et la « précision » de la mise en oeuvre reste une question « sensible » !

Quant au cloud computing, ce n’est pas à proprement parler une tendance, c’est devenu le quotidien de l’exploitation des applications et des informations que nous utilisons quotidiennement. Le cloud est le principal support du développement de l’offre mobile dans sa diversité, sa pertinence et sa qualité.

Les médias sociaux continuent, comme prévu, de se développer mais également de se « professionnaliser ».
Dans ce domaine, on suivra avec intérêt, l’ouverture des communautés dans Google + et la multiplication des HangOut et l’interopérabilité avec YouTube.

La TV connectée est probablement la tendance qui a avancé le moins en 2012 malgré l’arrivée dans les magasins des appareils de nouvelle génération. Il est probable que la faiblesse ou l’étroitesse de l’offre existante ait eu quelques conséquences dans un marché insuffisant mature notamment du côté des fournisseurs de contenus et des opérateurs, à suivre !

Considérée comme lourdes, non prioritaires par le business, les questions de gouvernance de l’information sont essentiellement portées par des éditeurs. Il s’agit de chantiers très (trop) structurants dans lesquels les priorités évoluent selon les interlocuteurs concernés et pour lesquels un effort de travail sur un glossaire (ou un référentiel) universel serait un plus !

Enfin, le management 2.0, qui pour certains n’est rien de plus qu’un épisode de l’éternel débat quant à la conduite du changement, reste à mon avis et plus que jamais à l’ordre du jour.

Ce n’est pas un hasard si le Havard Business Review Press a publié une nouvelle édition du fameux « Leading Change »  de John P. Kotter avec une nouvelle préface de l’auteur.

Leading Change

[podcast – 12|04]Enjeux des réseaux sociaux : la gouvernance


Il ne faut pas être naïf au point de considérer les média sociaux comme des espaces qui s’auto administrent et s’autorégulent au gré du temps qui passe !

Dans ces espaces, la granularité de la diffusion et du partage de l’information peut se révéler est une source de complexité dans la gestion des risques.
Et, il est souvent contre productif de vouloir offrir beaucoup (trop?) de personnalisation à des participants qui, par ailleurs, ne le demandent pas et qui pour la plupart d’entre-eux ne sauront pas qu’en faire.

Par contre, l’abondance de contenus et la multiplicité des échanges peut rendre le contrôle plus compliqué et être une incitation à ceux qui voudraient nuire à l’entreprise. Si dans la plupart des espaces de ce type, le risque de divulgation d’informations sensibles pour l’entreprise est peu important, il ne faut pas pour autant le négliger. Certaines organisations y répondent avec la mise en oeuvre de charte d’utilisation des réseaux sociaux d’entreprise.
Mais, on peut se nuire à vouloir trop bien faire et le simple fait que les réseaux sociaux d’entreprise sont des espaces «privés» dans lesquels il n’y a pas de place pour l’anonymat devrait réduire considérablement les risques.

Par ailleurs et d’après les expériences, l’automodération semble bien fonctionner sur les réseaux sociaux, mais il reste préférable de prévoir un accompagnement, dans lequel la question de la discrétion et de la confidentialité sera traitée, pour écarter une menace souvent due à la méconnaissance plutôt qu’à une réelle volonté de nuisance.

D’un point de vue plus technique, le réseau social d’entreprise est une application très «centralisée» et de nombreuses fonctionnalités du type monitoring permette de suivre (contrôler?) l’activité des participants ainsi que les contenus mis en ligne et la gouvernance sera aussi l’affaire de l’animateur-modérateur, le «steward» de l’espace social.

D’un simple point de vue «pratique», il faut éviter d’enferme le réseau social d’entreprise dans un «carcans» de bons usages et de bonnes pratiques. Les chartes ne servent la plupart du temps que «d’alibi», ne sont lues et peuvent être ressenties comme une marque de défiance.
Un bon conseil : privilégier le bon sens et valoriser le rôle d’animation de ces espaces.

L’essentiel reste que lorsqu’on parle gouvernance, on pense immédiatement valeur et confiance !

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