Le #tag au coeur de la valeur ajoutée des échanges et des réseaux


tagNon, il n’y aucun doute !
Le tag est à la gouvernance informationnelle et à la valeur dans les réseaux ce que la métadonnée – dans sa définition la plus simple – est à l’archivage !

En effet, si l’on pense que la valeur ajoutée de beaucoup des contenus publiés et partagés dans les réseaux tient parfois plus du contexte et des actions que des messages qu’ils contiennent et véhiculent.

Pour être plus illustratif, quand une organisation lance une enquête ou une consultation sur un thème précis, elle provoque inévitablement des réactions, des réflexions, des propositions faites sous la forme de documents (textes, discussions, images, etc.). Peux-t-on faire abstraction de ce contexte et considérer que seuls les éléments quantitatifs et qualitatifs issus de ces échanges et dûment consignés dans un document ont de la valeur ou faut-il également les valoriser au regard des « éléments contextuels » et comment valoriser les « outputs » non matérialisés ?

Quand, dans un réseau social d’entreprise, vous lisez une note ou un commentaire, n’avez-vous pas le réflexe de « jeter un oeil » sur le profil du contributeur ?
Si oui, c’est simplement que pour vous c’est important pour vous aider dans l’évaluation de ce contenu.

Depuis 2004, on a beaucoup parlé de social tagging, de folksonomie, et c’est vrai que dans le cadre d’une gouvernance informationnelle pertinente, personne ne peut faire l’impasse sur cet aspect de l’enrichissement des contenus.
Mais, un réseau est un espace d’échange et de partage avec des acteurs qui deviennent un « facteur de valorisation » des contenus, donc de l’information.
Qui plus est, au vu du bruit qui résonne sans cesse sur les médias et les réseaux sociaux publics mais également privés, il est important pour tout un chacun de pouvoir repérer et reconnaître rapidement les informations les plus pertinentes !
Pour ce faire, pas besoin de « full text search », mieux vaut souvent un bon nuage de tags !

Non pas que le moteur de recherche ne soit pas utile, mais il est insuffisant s’il ne permet pas de « classer » par facettes, profils ou tags les résultats qu’il affiche.
Il y a aujourd’hui, une concurrence extrêmement forte et pour se faire « remarquer » dans une logique de réseau, le profil est aussi important que d’autres éléments contextuels de l’information : date, lieu, format, forme, usages (nombre de vues par exemple), évaluation, par exemple).

Dans la logique d’une organisation de référentiels en silos et de « file system », la taxonomie – dont l’illustration la plus pauvre est l’arborescence

> dossier
-> sous-dossier
–>sous sous-dossier

– pouvait suffire à un système de gestion.

Dans un système de contribution, la valeur des contenus n’est pas réduite à l’expression écrite des informations (outputs) et il n’est pas rare de considérer qu’un contenu à de la valeur à un moment donnée simplement au regard des tags qui le caractérisent.

La facette ne représente pas une « nouvelle structuration » de l’information, ce n’est ni plus ni moins qu’une catégorisation des tags pour plus d’efficacité dans des « classements transverses « (au fait vous avez remarqué la nouveauté dans OS X Maverick ? )

tags_OSXMaverick

Tout concourt aujourd’hui (mobilité, volume, formats, volatilité, etc.) à ce que la valeur de l’information soit noyée ou simplement difficile à « remarquer ».
Il faut que tout à chacun puisse exploiter l’information qui lui est utile au moment où il en a le plus besoin et au moyen des outils qui sont les siens.
Cartographie-twitter-csuLe tag apporte cette dimension « personnelle » du service (cartographie de l’information) tout en restant loin d’une notification profilée.
La gestion des tags – gouvernance informationnelle – avec la rigueur nécessaire (revues, maintenance, mise à jour, gestion des langues, entre autres) permet de rendre opérationnelle la stratégie de valorisation des actifs informationnels de l’entreprise.
Elle est au coeur de la valorisation des contenus et des personnes dans les réseaux sociaux d’entreprises, espaces collaboratifs et plateformes de knowledge management tout simplement parce que d’un point de vue pratique, elle est simple à organiser et surtout à comprendre du point de vue des utilisateurs.

A suivre, pour en reparler

Entreprise 2.0, Social business, collaboration : quel intranet demain ?


A force de lire des billets (très bons pour la plupart) et d’en discuter avec des entreprises et des partenaires, j’ai pris le temps de « résumer » en 15 slides mon point de vue quant à l’intranet de demain.
Cette présentation, en complément des articles publiés ici sur le sujet (intranet, rse et digital workplace) et notamment la mise en exergue des 10 étapes fondatrices d’un intranet de demain (social)

  1.   Besoins des métiers (business)
  2.   Besoins des utilisateurs
  3.   Bonnes pratiques
  4.   Planification et déploiement
  5.   Stratégie de gouvernance
  6.   Architecture (information et IT)
  7.   Maquettes (wireframes)
  8.   Design
  9.   Mise en production
  10.   Accompagnement

qu’il est bon de garder à l’esprit en faisant défiler la présentation ci-après.

NB : Pour tous ceux à qui le commentaire fait défaut ou qui simplement souhaiteraient en discuter plus avant de vive voix, je serai le 24 mai et le 22 juin à Genève, le 7 juin à Paris  en tant qu’invité à des conférences sur ce thème.
Sinon, vous trouverez sur la page « about » toutes les informations nécessaires pour prendre contact par téléphone, email ou réseaux sociaux.

Merci

Social Business : pas du tout social, mais très (trop?) business !


On l’avait anticipé mais depuis que Andre Mcafee a «levé le voile » :

When people engage properly with each other and with technology…trust, self-organization, and good business results emerge

OK !

Avec nos amis américains, on savait bien que l’approche sociale n’avait pas le même sens que pour les français !
Soyons précis, pour la «nouvelle école» anglo-saxonne, l’utilisation du terme social s’entend uniquement dans l’exploitation des informations véhiculées par les médias sociaux à des fins d’optimisation du business (des affaires) !

Question de sensibilité, d’histoire, de perception, peu importe, du social à la sauce «Place du Colonel Fabien» que nenni !

Reste donc le business !

Ma foi, l’équation est bien plus simple, au moins sur le papier :

discussions + outils 2.0 = plus de business

Reste à la mettre en perspective dans la vie réelle (IRL pour les «habitués»)

Loin de tout humanisme, Mcafee nous ramène à une vision tout en chiffres et en outils de l’entreprise.
Loin de tout angélisme, il nous explique que les médias sociaux constituent une opportunité de business incroyable pour les entreprises qui sauront les «apprivoiser» (qui a dit les contrôler ?).
On est bien d’accord et la mise en perspective réalisée avec le concours de AIIM (When Social Meets Business Real Work Gets Done) mérite que vous preniez le temps de la lecture.
Cette vision très pragmatique est largement répandue dans et hors les entreprises et les organisations.

Mais comment faire ?

Avant de procéder à la mise en production d’outils de mesure, mieux vaut-il avoir décidé d’une stratégie de «conquête» ou a minima de présence dans ces espaces «sociaux» et de sa mise en oeuvre.

Objectifs, moyens, ressources, plannings, mesures : du marketing !
Oui mais de là à susciter «l’empowered follower», il y a un pas … de

géant !

Et pourtant, c’est bien ce « profil de citoyen » qui représente la principale valeur ajoutée dans le modèle «social business».
Le nombre de fans, de followers, est un indicateur de notoriété, pas de légitimité, contrairement au « citoyen engagé » [le haut de la pyramide dans le schéma ci-après] !

Et tout devient plus compliqué, beaucoup plus compliqué !

Réussir à ce qu’un quelques personnes acceptent d’avoir un rôle actif au service de votre business, n’est pas un exercice facile.
Qu’ils s’agissent d’employés, de partenaires et/ou de clients ou de personnes non référencées dans vos «registres», elles ne s’investiront dans ce rôle que si elles pensent y trouver une valorisation d’ordre intellectuel, en terme de notoriété, financière ou toutes à la fois.

Votre démarche doit respecter quelques règles simples au service d’un effort d’endurance :

    • Cohérence éditoriale
    • Personnalité, singularité et pertinence à défaut d’originalité
    • Régularité (dans vos publications)
    • Fidélité (à vos engagements vis à vis de la communauté)
    • Simplicité (ne pas tout gâcher avec des termes ou des outils compliqués)
    • Humilité
    • Sincérité

Une fois ceci dit, il reste tout ou presque à faire !
Même s’il n’est pas inutile de parler de social CRM, de social SEO et d’outils de mesure de l’impact d’une stratégie de communication avec (et non sur) les médias sociaux, rien ne sert ici d’aller trop vite : il faut d’abord REALISER avant de MESURER !

Le social business, c’est donc bien que du business, mais il n’est exclu que pour certains et selon les sensibilités, la dimension «sociale» comprise également en tant que « responsabilité sociale » fasse partie des critères servant la légitimité.

A votre avis ?

En attendant, découvrez le panorama de médias sociaux 2012 par Fred Cavazza

Interopérabilité : clef de voûte de l’entreprise de demain ?


Il semble que la question mérite qu’on s’y arrête un peu.

Il y a les dernières annonces des « marchands », IBM à Lotusphere 2012 [voir les billets publiés par Bertrand Duperrin], mais également Alfresco et la mutation de son CMS en plateforme  » collaborative sociale » [HTML5, intégration bureautique MS Office, GoogleDocs, SaaS] et il y a surtout les questions liées au système d’information qui soutien l’entreprise de demain.

La semaine dernière, Lecko partageait sa vision de l’urbanisation du SI social et dessinait les 4 types d’approche (ou chemins de transformation) pour une « entreprise sociale » : stratégique, par l’outillage, métier ou individuelle.

Il y a quelques semaines, sur ce blog, on parlait déjà maturité et interopérabilité en ce qui les solutions de gestion de contenus et je pense qu’il devrait en être de même pour les solutions dites « sociales ».

Une cohérence nécessaire

Tout le bruit qui est fait autour de l’entreprise de demain (blogs, conférences, livres, interviews, etc.) contribue à mettre en exergue le besoin de cohérence : managériale, éditoriale, architecturale et système.

En effet, comment convaincre de l’intérêt, de la valeur ajoutée en pratique de la collaboration, si les solutions mises à disposition ne sont, elles, pas capables d’échanger en toute facilité et transparence les informations et les données nécessaires à la pertinence ou plus simplement à l’activité d’un espace social ?

Bien sur, il n’est pas facile d’identifier la solution idéale mais à regarder de près ce qu’on possède et utilise, il y a déjà quelques pistes qui peuvent se dessiner.
En dehors des questions fonctionnelles et des besoins des utilisateurs/contributeurs des espaces sociaux, il est une autre question préalable : ont-ils besoin d’informations référencées dans les systèmes en production.
La réponse est bien évidemment dépendante des projets et des organisations, mais il y a fort à parier qu’un jour ou l’autre, ce sera fatalement OUI !

Alors, il faut s’y préparer et identifier le niveau de maturité des applications existantes au regard de la question de l’interopérabilité et plus largement des standards (CMIS, JSR, Dublin Core, etc. ).

Si l’exigence « sociale » est portée par les utilisateurs (clients, partenaires, employés), elle doit pour réussir rapidement « faire corps » avec le reste de l’organisation et notamment les outils en place (ERP, CRM, applications métiers).
L’informatique de contribution ne remplace pas l’informatique de gestion, elle est là pour la « sublimer » en quelque sorte et permettre à l’entreprise d’exploiter des gisements de valeur ajoutée encore vierge !

C’est pourquoi, la cohérence, mais également le bon sens veut que les équipes informatiques, au même titre que les autres membres de l’écosystème, soient appelées à la fois à titre de contributeur mais également à titre de « constructeur » d’un système d’information au service de la valorisation de la « dimension sociale ».

Faire exploser les silos

Il est une autre dimension qui ne peut exister sans interopérabilité : la dimension transverse !

Passe encore d’expliquer aux collaborateurs que pour des raisons de sécurité, de système, d’accessibilité, d’organisation (non surtout pas d’organisation), certaines applications ne communiquent pas avec les outils, espaces ou médias sociaux, mais de là à prétendre qu’elles ne doivent pas le faire !

L’entreprise de demain, telle qu’imaginée et vantée par les nombreux « évangélistes » anglo-saxons ou francophones est une « émancipation » par rapport au modèle matriciel et néo tayloriste : elle s’épanouit dans des relations transverses et dans la valorisation du rôle, bien au-delà des fonctions et des métiers.

Au niveau SI, l’interopérabilité est le seul « pack fonctionnel« qui permet, :

  1. d’éviter la schizophrénie et le burn-out
  2. d’assurer la continuité dans la production (indispensable à l’entreprise)
  3. de favoriser l’utilisation des espaces sociaux
  4. de créer de la richesse
  5. d’harmoniser les ressources
  6. de mettre en oeuvre une stratégie de gouvernance
  7. d’économiser sur les coûts d’infrastructure (moindre duplication des données) et de faire face à Big data
  8. de déployer le modèle 2.0

Il s’agit donc bien de faire exploser les silos, pas les référentiels, ni les applications métiers : l’entreprise de demain passe par une meilleure utilisation/exploitation des informations dans TOUS les espaces et applications disponibles pour les membres de l’écosystème !

L’entreprise de demain [#e20] – en confiance, jusqu’où ?


Une des caractéristiques de l’entreprise de demain est la CONFIANCE.

Confiance entre les différents acteurs de son écosystème, confiance entre les collaborateurs, confiance dans la vision et confiance dans l’entreprise !

J’ai déjà, à l’occasion de précédents billets, insisté sur l’indispensable confiance entre les hommes, mais aujourd’hui, je souhaite m’arrêter sur un autre domaine : la confiance dans l’information.

La question est vaste et elle ne peut pas être considérée sans son corollaire qui tient à la valeur de l’information.

L’entreprise de demain a besoin de gouvernance pour établir la confiance.

La stratégie de gouvernance de l’information dont va se doter l’organisation est une des composantes nourricières du terreau dans lequel l’entreprise de demain va commencer à se développer avant de se déployer.

Concrètement et au-delà de la simple question – données versus contenu – il est temps que les organisations considèrent l’ information comme un capital dont la principale valeur réside non le fait d’en avoir la propriété mais bien plus dans l’usage qu’on en fait !

A partir de là, rien ou presque ne s’oppose à la mutualisation des informations, la transmission du savoir, ni à la collaboration autour des contenus.

La maturité est clef dans cette démarche et les points d’interrogation restent nombreux.

Quelles réponses pouvez-vous apporter rapidement aux questions clefs :

  • Quelles sont les conséquences financières directes d’une non conformité de mes données avec mes objectifs métiers ?
  • Quelles informations servent le plus la vision de l’entreprise ?
  • Quels sont nos indicateurs clefs en terme de valeur ?
  • Qui a la responsabilité des informations, des données ?
  • Comment les métiers valorisent-ils au quotidien la pertinence des données qu’ils utilisent ?

Savoir apporter des réponses à ces questions (et à d’autres) est essentiel pour mettre en oeuvre un cadre au service de la qualité et de la gouvernance des informations.

La mise en oeuvre du modèle de gouvernance des données est en rupture avec les usages très répandus (data quality) qui considèrent qu’il faut «régler» le problème en amont !

L’idée de considérer qu’une donnée ou une information est «bonne» une fois pour toute est aberrante, car elle «oublie» le contexte de l’utilisation et les règles établies par les utilisateurs.
Inutile et inefficace au regard de la réalité des métiers, cette pratique est un «alibi» facile et coûteux.

Le seul moyen pertinent d’établir la confiance est de donner aux utilisateurs les moyens de «juger» de la pertinence et de la conformité des informations au regard de leurs propres exigences.

Quand Gartner anticipe la «main mise» des services marketing sur la gestion de l’information aux dépens des services informatiques, il ne s’agit ni plus ni moins que d’une évolution inéluctable dans laquelle les directions informatiques vont devoir prendre leur part de responsabilité notamment en terme de services (SLA) et de sécurité.

Mais au-delà de cette perspective, le cadre de la gouvernance des données est un projet qui s’inscrit, lui aussi, dans une démarche de collaboration.

En effet, il y a un ou plusieurs réseaux de compétences et de besoins qui se sont construits autour des ces informations.

Les participants de ces réseaux se différencient par leurs rôles : utilisateurs, responsables, stewards, etc. , ils travaillent en complémentarité et créent la confiance par une approche pertinente de valorisation des actifs informationnels au moyen d’indicateurs chiffrés.

Beaucoup ont cru voir dans la stratégie de gouvernance de l’information qu’un moyen de se protéger (le C-level) en cas de problèmes liés à un non respect des lois, des codes et que sais-je encore.

Cette approche est «stérile» car elle oublie la dimension «business» et le fait que les données, les informations, ne sont rien hors de cette dimension !

Pouvoir évaluer le manque à gagner dû à une non conformité de certaines données (délai, client, etc.) de facturation par rapport à ses règles et ses exigences est bien plus pertinent !

Et c’est par une approche pragmatique et porteuse de valeur ajoutée pour toute l’entreprise que la gouvernance des données et des informations va contribuer à renforcer la collaboration et surtout à établir la confiance.

A votre avis, quel est le niveau de maturité de votre organisation ?