L’entreprise de demain a mal à son email !

On est presque dans le psychodrame, toutes les conditions sont réunies pour la première de « E-mail, je t’aime, moi non plus ! »

En début d’année, j’avais déjà publié un billet au sujet de l’email dans les environnements collaboratifs, sujet repris, développé par d’autres mais, en ce mois de novembre, le « bruit » est d’une toute autre ampleur : jugez-en vous même, Le Wall Street Journal publie en date du 28 novembre un billet sur Thierry Breton « The IT Boss Who Shuns Email« , tandis que Marc Zukerberg annonçait la mort de l’email, rien de moins !

Où est le problème ?

Au-delà des différentes interfaces utilisateurs, il faut bien reconnaître que l’email est devenu un outil incontournable dans la communication publique, privée, commerciale, amicale etc., et que cette utilisation massive ,voire systématique, est une des sources du nouveau mal « techno » : l’infobésité, sans compter les questions tenant à la gouvernance de l’information !
Au niveau de l »entreprise et de la mise en oeuvre de démarches plus collaboratives, il est probable que l’email, après avoir considérablement favorisé les échanges, est considéré par certains comme insatisfaisant, voire contre productif.
Il y a bien sur des inconvénients liés à l’usage que de l’email :  nombre de messages, pièces jointes illisibles ou trop lourdes, information non sollicitée, etc.., mais le principal défaut de cet outil tient à la non contextualisation des informations qu’il véhicule !

Le message électronique, quelques fois, c’est un peu comme une bouteille à la mer où l’exercice d’écriture éphémère fait par ce chinois à Pékin ! L’émetteur envoie (dégage?) et se rassure tandis que le récipiendaire fait un effort important pour comprendre le pourquoi, le comment et l’exploitation qu’il doit faire du contenu reçu et, dans ces cas, on est bien loin d’une quelconque pratique collaborative !

Le problème est bien que l’email est un média peu ou pas du tout collaboratif !

Mais, l’email a beaucoup d’atouts !

Et le premier, n’est pas le moindre, l’email est devenu  un média « universel », disponible et accessible rapidement sur tous les supports que nous utilisons.
Mais l’email représente également un moyen très souple pour communiquer : pas ou peu de contraintes dans le format, dans la structure, dans le contenu……, ce qui a largement contribué à son succès.
Contrairement aux solutions de discussions (chat), le courrier électronique permet de traiter l’information quand on le souhaite.
Si on le compare au « mur » des réseaux sociaux, le courrier électronique est incomparablement plus facile et surtout il est autonome et en rien dépendant d’outils tiers.

Que lui manque-t-il ?

Le courrier électronique doit évoluer pour être plus pertinent dans les pratiques collaboratives sans pour autant perdre ses qualités : facilité et souplesse d’utilisation.
Cette évolution (rien de nouveau du côté de l’email depuis au moins une dizaine d’année)  peut se faire par l’apport de la contextualisation des contenus portés dans ces messages.
On aime l’email, notamment dans ses fonctions de « push » d’information, on adorerait le courrier électronique dans un rôle de facilitateur de collaboration, c’est à dire TOUJOURS pertinent et facile !
On entend peu les éditeurs et autres fournisseurs de solutions sur le sujet, panne d’idées ou difficultés à changer de paradigme ? 

19 réflexions sur “L’entreprise de demain a mal à son email !

  1. Il y a aussi un gros avantage, c’est que l’email est compatible avec toutes les adresses, pas besoin d’installer toute la panoplie des Live, Tweeter, Facebook, et toutes ces plateformes. N’importe qu’elle adresse peut arriver dans n’importe quelle boite au lettre… ce qui n’est pas (encore?) le cas pour ces plateformes collaboratives… et en écrivant cela je me rends compte du paradoxe du terme collaboratif sur une plateforme fermée aux autres…

    • Tu as raison !
      Il y a du boulot, notamment pour les éditeurs qui globallement n’ont pas vraiment innové, ils ont intégré les outils web 2.0, sur des schémas existants!
      Il serait intéressant de connaître leur point de vue, mais peut-être que nos idées, suggestions, ne les intéressent pas ;-(
      Merci et au plaisir

  2. Le problème c’est que des web app comme Shortmail, Socialcast etc proposent un chouette service.

    Mais on est dépendant de la société. On utilise un système fermé. Il y a sans doute des APIs, mais si on devait s’amuser à implémenter partout l’API de chaque web app, parce que les deux que j’ai cités ne sont pas seuls au monde … ça serait quand même bien complexe.

    L’email est de plus en plus éphémère ou en tout cas utilisé pour cela.
    C’est ce que Twitter et Facebook font. Il faut donc pousser les gens à utiliser le système de communication approprié en interne : un de ce réseau social ou pourquoi pas IRC, XMPP/Jabber pour envoyer des petits messages, demandes au lieu de bombarder tout le monde d’emails.

    Il y a en tout cas du boulot mais il faudrait un standard, libre et non fermé. Et les 3 acteurs majeurs de l’informatique (MS, Apple, Google) poussent leurs techno.

    Google avait d’ailleurs essayer de changer la donne avec Wave, sans succès …

  3. Certains de nos clients ne font plus du tout d’email en interne. Plutot que d’attendre que l’email se transforme en quelque chose qu’il n’est pas ces societes ont deplacees le debat vers une plateforme collaborative qui repond a 100% de leur problematique. Mais ce n’est pas (encore) pour tout le monde. Il faut des conditions specifiques tant dans la nature du business que dans les modes de travail que dans le management de l’entreprise. Quant aux ambitions d’ATOS sur le zero email elles sont reelles et supportees par un projet exceptionnellement bien pense dans sa forme et dans le fond.

    • Merci de ces infos.
      Que vos clients aient réussi à réduire le volume d’emails, c’est certain, mais le zéro email m’apparaît, aujourd’hui encore, être un objectif très ambitieux (même en en ne considérant que les échanges internes) d’autant plus que les plateformes collaboratives utilisent massivement ce média à des fins d’alerte !
      Donc à défaut d’avoir indiqué dans ses paramètres qu’on ne souhaite recevoir aucune alerte ou autre « résumé » d’activité quotidien, hebdo ou mensuel, il est probable qu’un certain nombre d’emails circulent encore en interne.
      En ce qui concerne ATOS, il serait intéressant d’avoir un retour documenté sur cette expérience => merci d’avance à toutes les contributions pertinentes sur le sujet.
      Pour le reste, je regrette que, commme souvent, on nous demande de faire avec la techno et les assemblages (intégrations) disponibles.
      Pour ma part, je ne peux considérer que l’industrie du logiciel ait perdu toute créativité et ne soit plus à la mesure de nous proposer des solutions, nouvelles, innovantes, à la hauteur de nos attentes.
      L’entreprise de demain recherche ses fournisseurs,……, désespérément !

  4. D’accord avec Claude, avec qui je partage encore une fois mes opinions. L’email est une numérisation de la note interne, du telex et du fax. Cela a accéléré la communication, mais ne l’a pas organisé ni repensé pour prendre en compte le rythme et les paradigmes actuels du monde du travail, très orienté, réseau, interconnexion et résultat. La perte du contexte, la lourdeur, la mauvaise diffusion d’information et surtout le sentiment communément admis que chaque email envoyé provoquera une réaction est une réponse/solution à la question ou au problème posé représente le plus grand frein dans la collaboration en entreprise et une source diffuse mais réels de frustration de toute sortes (non réponse, réponse partielles, oubli dans la liste de diffusion, …) .
    Mais je suis sûr (et j’y travaille) qu’il existe un futur autre, un futur dans lequel les aspects ayant fait son succès seront transcendé dans une proposition corrigeant ses défauts. Parce que si le mail n’avait pas existé, est-ce que le monde serait aussi communiquant, ouvert et rapide qu’il ne l’est ?
    N’a-t’Il pas permis une rupture des hiérarchies traditionnelles, offert la possibilité de communiquer directement vers n’importe qui dans l’entreprise, donné le droit de participer et de répondre ?
    L’email à transformé la fin du 20e siècle. A chaque siècle, son outil. Rendez-vous ici dans quelque jours pour une présentation d’un remplaçant potentiel capable de répondre aux défis de la communication et donnant enfin sa chance à la collaboration.

  5. Je pense que le mail va durer encore un bon moment. En se rapprochant de plus en plus du RSE. C’est pourquoi @jamespot, on a déposé un projet autour de la convergence du Mail/RSE qui se nomme : Mail2RSE http://bit.ly/vxuG4o , en partenariat avec la société Kwaga, spécialisée sur le mail.
    L’objectif est de rendre fluide l’interaction entre ces deux mondes en incluant la dimension « plus d’actions & de collaboration » dans le mail… A suivre. C’est pour bientôt.

  6. Pingback: Revue de web de novembre 2/2 « World Weird Web

  7. Je suis surpris que personne ne revienne à la « boite » mail. Pour moi, le succès vient de là : c’est un peu comme la niche du chien : un endroit à soi avec son étiquette sur le dessus. La boite mail reste un repère identitaire incontournable : C’est un pied à terre, une base de départ dans le monde numérique. Pa mal d’utilisateurs n’ont ni l’envie, ni la maturité ni surtout la nécessité de s’aventurer beaucoup plus loin…

    • Oui, sur le principe, mais cette zone privée doit être accessible en cas de besoin pour l’entreprise, et être contrebalancée avec les problématiques connues de l’email dans un contexte entreprise.
      De plus, la mailbox est considérée comme faisant partie de la sphère privée (en suisse en tout cas) et sauf accord express de la personne, il est interdit d’y accéder sans son accord. Quant on voit ce qu’il y a dans certaine mailbox, cela peut friser la prise de risque inconsidérée pour l’entreprise.

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  11. Le courriel à cette force, c’est à la base une page blanche qui laisse l’auteur écrire…. de la créativité…… c’est radicalement différent des réseaux sociaux collaboratif….

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