Médias sociaux | Automne 2011 | Tendance « Je t’aime, moi non plus ! »


Apparemment l’engouement est le même et pourtant, …., on sent bien qu’en ce début d’automne ou cette fin d’été indien, la tendance n’est pas aussi franche.

Il a, tout d’abord, un côté presque « mécanique » à  ce « désamour » si on considère qu’en Occident nous sommes probablement dans la dernière période d’adoption de ces médias par la « majorité tardive ».

Pour une bonne partie du reste du monde, le média social est une notion plus difficile à comprendre. Beaucoup de nos congénères vivent des relations sociales fortes car elles sont une des conditions de leur survie physique et/ou économique.
Loin de nos « souvenirs » et des assemblées d’alumni, ils ne se sont pas « égarés » dans un individualisme pervers et ils ont moins besoin de « recréer » le lien social.
Ils utilisent la technologie mobile pour maintenir et enrichir la dimension sociale de leur quotidien et, contrairement à nous, voient dans ces outils le(s) moyen(s) de servir leurs objectifs.

Ce printemps, les « révolutions arabes » ont donné un coup de pouce à l’image des médias sociaux et nous devons reconnaître que la réalité est plus complexe et surtout bien éloignée du quotidien « Ken & Barbie » vécu par les occidentaux sur les réseaux sociaux.

Pragmatisme versus nombrilisme

Dans le monde du pragmatique, la fin justifie les moyens et le développement des médias sociaux est ressenti comme une chance de pouvoir réaliser mieux et plus vite les échanges sociaux et notamment ceux qui relèvent de l’urgence.
Il y a quelques mois, le CICR expliquait lors d’un TEDx à Genève l’importance des médias sociaux (Twitter en l’occurrence) dans la prévention des risques en Haïti.
Plus récemment Michelle Blanc se faisait l’écho dans un billet publié sur son blog de l’importance de Twitter, notamment en terme d’influence.
Il est clair que pour le pragmatique, ce sont là deux types de valorisation du média social qui font sens.

Du côté du nombriliste (comportement très répandu dans les économies développées), le média social sert à se montrer, à battre des records quantitatifs : nombre d’amis, nombre de followers, indice de réputation ou d’influence, etc..
C’est le mythe  « Ken & Barbie » : toujours plus beau, plus haut, plus lisse MAIS seul, banal et répudiable à souhait! >>>>Pathétique !

Votre argent m’intéresse !

Et du côté des nombrilistes, il faut bien reconnaître que la vie n’est pas simple tous les jours.

En effet, le nombriliste consomme le social comme le MacDo !
Il fait rarement dans la gastronomie, pas plus que dans l’hygiène alimentaire.
Il a tendance à se « goinfrer » et veut être partout : FaceBook, Twitter, Viadéo, LinkedIn, Google +, Netlog, YouTube,……. et j’en passe ! et quelquefois, il craque !! et abandonne.

Il veut être le plus beau, le plus connu, le meilleur, mais il évolue dans un monde où la technologie et les plateformes évoluent très vite, trop vite ?

Les dernières mises à jour (modifications ? améliorations) de Facebook ont permis aux moins clairvoyants de constater que la logique des « fournisseurs de plateforme » n’était pas forcément en ligne avec les objectifs des participants : le nombriliste n’est vu que comme un consommateur de produits et de services : son argent, plus que son avis, les intéresse !

Certains savent tirer leur épingle du jeu et il est probable que le « crowdsourcing » (si utile pour l’innovation notamment) est facilité par les échanges sur ces réseaux, mais le « vulgus pecum » découvre le monde des applications informatiques, i.e. nouvelles fonctionnalités non demandées et non abouties, risques de divulgation d’informations « sensibles » etc. et pour certains ne reconnaissent plus la « valeur ajoutée » qu’ils avaient cru y trouver !

Peut-on y voir un désarroi qui conduira au désamour ?

Pouvoir des médias sociaux et nouvelles organisations


Une illustration pertinente de l’importance des médias sociaux, du pouvoir qu’ils confèrent par Ross Dawson en complément de notre billet PME 2.0.

PME 2.0 : Is small really so beautiful?


En période de crise, le retour « aux fondamentaux » est un des réflexes les plus probables et souvent il s’accompagne de la valorisation du « petit » versus le « mastodonte« .

Au delà, des réalités de maniabilité, d’agilité, il est probablement beaucoup plus rassurant de se trouver dans un environnement à notre échelle, donc forcément relativement petit !
Et si ce réflexe nous a permis de passer le cap de certaines crises, tant mieux !

Aujourd’hui, la donne à changé et sans être expert, nous voyons bien que le modèle en place depuis les années 80, et dont l’unique objectif est le profit à n’importe que prix, vacille de plus en plus fort pour probablement « tomber » bientôt !
Il est intéressant, à ce titre, de lire ou relire le rapport publié par l’OCDE à propos de chocs que le monde va devoir affronter dans les prochaines décennies (Etude complète disponible en anglais) et notamment les crises financières (voir l’article de La Tribune à propos de ce rapport).

De plus, le contexte social et humain a beaucoup évolué dans les 20 dernières années et notamment que la « soif » de consommation se soit atténuée au profit d’une envie de dégustation !

Bienvenue dans l’ère du  » Me based economy « 

Ou encore l’époque de la valorisation de l’INDIVIDU !

Adieu, la consommation de masse, bonjour l’achat responsable, le comportement hédoniste, la bonne conscience et surtout le besoin d’être non seulement écouté mais surtout entendu !

Sans aller dans le détail des études comportementales (voir les recherches du CEAQ), il est facile de remarquer que toutes les tentatives d’innovation des entreprises vont dans ce sens et l’apparition récente du buzzword « SoLoMo » est là pour nous le rappeler.

Face à ce besoin d’innovation (ce n’est pas un simple ajustement), les petites et moyennes entreprises peuvent-elles faire la différence ?

Innovation et Collaboration

Les petites et moyennes entreprises sont-elles préparées à mener à bien le chantier de leur propre mutation ?

Nous ne doutons pas de leur capacité à innover, mais leur taille constitue-t-elle un avantage quand il s’agit de mettre en place des stratégies de collaboration ?
Dans l’ère du « Me/Social Business », il faut être capable de partager, d’échanger, non seulement avec et entre collaborateurs d’une même entreprise, mais également avec clients et partenaires et ce avec le maximum de transparence.

Echanges, sincérité, hédonisme, individualisme, fatriarcat, « décroissance » sont tout autant de notions qu’il faut réussir à  » mettre en harmonie  » au service de l’innovation, donc du succès car, aujourd’hui, le profit n’est plus synonyme de succès, bien qu’il soit toujours nécessaire !

Une approche holistique pour une survie économique ?

A l’occasion d’une conférence Fabrice Leclerc (voir l’interview ci-dessous [en italien]) posait directement la question  » Working only for profit! Is that all you can do?« .

Il faut valoriser le client au delà de la réduction (et de la vente) en lui proposant des réponses à ses (multiples) envies (besoins?).
Au même titre que la médecine évolue aujourd’hui d’un modèle basé sur un traitement appliqué à une maladie à une approche beaucoup plus proche de l’individu dont on sait qu’il est unique et que les réponses adaptées au cas particulier du patient sont les plus efficaces.
Les entreprises doivent d’inscrire dans cette logique de SERVICE et tout mettre en oeuvre pour favoriser l’innovation dans leur écosystème.

« Think Out of the Box » clamait Apple dans une campagne de publicité et plus récemment Google + nous proposait de « qualifier » nos amis et autres relations sociales en les intégrant dans des cercles.

L’approche holistique n’est pas nouvelle mais il est probable qu’elle apporte des réponses intéressantes et pertinentes.
Par cette approche transversale et hors silos, l’entreprise peut favoriser l’innovation mais la mise en oeuvre reste un « chantier » dans lequel l’implication du « c-level » est clé. Cependant, bon nombre d’entre-elles ont encore un fonctionnement hérité des organisations pyramidales et figées du passé, ce qui bien entendu ne facilite pas l’approche innovative, donc leur adaptation à un environnement social et économique en pleine mutation.

Pourant, les petites et moyennes entreprises ont un avantage de ce point de vue car elles pratiquent souvent d’une manière naturelle l’échange à des niveaux transversaux et leur taille facilite l’exploitation de ce « capital social« .
Elles peuvent mettre à profit un indéniable avantage : celui d’évoluer quotidiennement dans un contexte qui leur est favorable du simple fait de leur capacité à rester proche et accessible au sein d’un écosystème à taille humaine !

Reste la question de l’outil, mais là encore des réponses simples et faciles existent, pour autant que les « patrons » prennent, et toute l’organisation avec eux, le virage de l’exploitation du gisement que constitue le « capital social » à des fins d’innovation et de développement des entreprises.
Beaucoup de grandes entreprises se sont lancées dans des expériences (souvent départementales donc inscrites pour le moment dans une structure d’organisation matricielle classique) et les retours d’expérience semblent plutôt positifs.
Les petites et moyennes entreprises ont beaucoup plus à gagner dans cette « course » à l’innovation, car aujourd’hui il ne suffit plus de consacrer d’énormes budgets, ni de déposer des milliers de brevets, tant le potentiel d’innovation est partout et surtout pas que dans le développement technologique !!

Dirigeants de PME 2.0, à vous de jouer ;-))

Intrapreneurship : mythe ou opportunité ? (#intranet)


Il y a quelques jours Elsua annoncait sur son blog qu’en ce qui le concerne, il abandonnait l’usage de la terminologie « social business » pour préférer celle de « Social Enterprise » et de nous souhaiter la bienvenue dans une nouvelle époque, celle de l’Intrapreneurship !

Le concept d’intrapreneurship n’est pas vraiment nouveau (il est apparu à la fin des années 70), mais il trouve aujourd’hui un terrain probablement plus favorable à son épanouissement.

Pour les tenants de l’orthodoxie quant à l’utilisation de ce terme, je leur propose de parcourir l’étude publiée par Alf Steinar Sætre, en 2001, sous le titre « Intrapreneurship: An Exploratory Study of Select Norvegian Industries« , ils y trouveront des cas pratiques, des analyses  ainsi que des illustrations pertinentes et documentées.

Aujourd’hui, l’explosion de l’utilisation des plateformes de sociaux peut être considérée comme favorable au développement de l’intrapreneurship, mais reste encore en à définir le contexte précis (outils, objectifs, etc..) dans lequel il peut espérer atteindre une certaine maturité.

Quand Scrupski écrit à propos de la « révolution sociale dans l’entreprise »:

“[…] The zeitgeist of Social is about introducing the promises of Web 2.0 (Openness, egalitarianism) to reinvent the way things have been done in prior eras, evolved from industrial age principles, e.g. Taylorism.

Social is not about anarchy ; it’s about freedom and democracy and innovation. It’s not about rigid structures and hierarchies; it’s about transparency and honesty and re-distributing power to create agile change motivated by passionate, engaged actors. It’s about leadership that rewards and recognises talent and instinctively has a collective understanding of the community it serves, because it’s tuned into what they think, as well as what they do. It’s about authenticity and trust.”

On ne peut qu’être d’accord (d’autant plus pour l’avoir maintes fois écrit, défendu ou proclamé sur ce blog et d’autres) !

Et dans la « vraie » vie ?

Au delà des discours qui souvent tiennent plus de la méthode Coué ou qui, parfois, sont proches de pratiques incantatoires, il y a une réalité avec laquelle  nous devons tous composer.

Dans les années 2000, les entreprises ont mis en oeuvre un outil en réponse à des besoins de diffusion de l’information en interne : l’intranet.
Généralement conçu comme un site web (premières générations,  i.e. pas ou peu participatif), cet espace, sous la responsabilité d’un webmaster isolé et n’ayant pas les moyens de déployer un CMS, est resté une « publication » ouverte en mode « pull » (consultation) pour des informations générales (en fait, il a souvent été considéré comme un « tableau d’affichage » disponible sur le poste de travail).

En se fiant aux statistiques disponibles (voir l’infographie ci-après) on constate que les collaborateurs utilisent l’intranet (43% au moins une fois par semaine) en premier lieu pour y trouver des infos sur leurs collègues ou le personnel (trombinoscope), lire les news concernant la compagnie, consulter les procédures ou encore y trouver certains formulaires « corporate » !

Pas étonnant, mais vous me direz que les réseaux sociaux d’entreprise sont là et qu’ils viennent à point nommer pour « bousculer » cette vision « archaïque » de la communication interne et l’absence d’opportunités d »engagement » pour les collaborateurs de l’entreprise.

Oui, peut-être et le débat est ouvert !

Et l’esprit d’entreprise dans tout cela ?

Si les outils sont là et que les autres moyens et les conditions sont réunis, à savoir suffisamment de transparence, d’ouverture,de bienveillance et d’humilité de la part de tous les acteurs, il faut encore qu’ils en aient ENVIE, mais également l’ESPRIT !

 « Nous sommes tous des entrepreneurs! » Beau slogan, s’il en est , surtout pour vendre un bouquin, des formations, …
Pour les moins jeunes, on avait déjà entendu « sous les pavés, la plage » ! Cool mais depuis longtemps on arrêté de creuser ;-))
Loin d’être désabusé, j’essaie de rester objectif et réaliste.
Je pense comme beaucoup qu’il y a un gisement de richesses non ou mal exploitées en chacun et que l’un des intérêts des réseaux sociaux tient à faire « émerger » une partie de ces richesses.

Pour autant, je dois constater que beaucoup d’entre nous se contente d’un « rôle » de spectateur et qu’il est parfois difficile de faire vivre des espaces collaboratifs.
Il est certain que les réflexions amorcées dans beaucoup d’entreprises autour de l’intranet et de ce que cette plateforme peut représenter en tant qu’outil de productivité, de cohésion et d’engagement pour les collaborateurs vont dans un sens favorable à l’intrapreneurship.

Mais, il est également acquis qu’ENTREPRENDRE c’est aussi (surtout dirons certains) un état d’esprit, nullement partagé par tous et qu’il est également noble et productif de savoir SERVIR !

C’est pourquoi, j’insiste sur le fait que la transformation du capital social en « business » ne se fera pas à prétendant que « tout le monde est un entrepreneur » mais plutôt en permettant à chacun de trouver sa place, son « utilité » et la reconnaissance par le déploiement de ces nouveaux outils.

A votre avis?

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En complément :

Conférence Intranet 2011 – Paris – 11 octobre

Conférence : Comment convaincre les dirigeants de l’importance des réseaux sociaux d’entreprise  Institut Boostzone et Collaboratif-Info – Paris – 18 octobre

 

Entreprise X.0 : du capital social à la création de valeur


En complément d’une note publiée il y a quelques semaines mais également en écho aux derniers articles à propos de So Lo Mo, une présentation intéressante de Michaël Tartar (dont je vous conseille le blog) et Stéphane Hugon de Eranos.

A vous de jouer et de tout remettre en perspective pour dessiner votre approche de l’entreprise X.0