Les impacts technologiques de la gouvernance de l’information


La gouvernance de l’information est une stratégie qui oblige à de nombreuses évolutions, modifications et adaptations technologiques.

A lire les nombreux articles et notes à propos de la mutation numérique que nous vivons, il est quelquefois surprenant de constater le peu d’intérêt qu’il peut y avoir pour la technologie qui supporte ces changements.

Je n’ai pas les compétences des ingénieurs qui travaillent au quotidien sur les technologies de demain, mais il me semble que les impératifs de transparence, de confiance et d’efficience, sont autant de contraintes d’un strict point de vue technique.

En plaçant l’homme au coeur des processus, en affirmant la valeur de l’information, le monde 2.0 et ses slogans participatifs anticipent déjà l’automatisation des échanges entre processus et systèmes ainsi que l’aboutissement d’une certaine forme d’intelligence artificielle qui seront probablement les caractéristiques de notre proche avenir 3.0.

Les solutions de gestion de contenu

Le marché de l’ECM est, à priori, celui qui a le plus à gagner de cette mutation.
En effet, la dématérialisation est un réalité pour toutes les organisations et les solutions d’ECM ont souvent été développées en réponse à des projets de ce type.
Pourtant, ces solutions sont aujourd’hui confrontées à des besoins qui les obligent à se redéfinir d’un point de vue fonctionnel et bien évidemment technique.

  • Les images, les fichiers audio et vidéos sont de plus en plus utilisés sur l’internet que dans les réseaux d’entreprises.
  • Les documents sont souvent produits « à la demande » ou à la volée pour une consultation en ligne par des applications qui ne sont plus intégrées dans des processus « batch » d’impression en masse.
  • Les contenus ont des valeurs patrimoniales, légales, métiers, différentes.
  • Les solutions sont dans le cloud ou mises à disposition en SaaS.

Pour répondre à ces exigences, les éditeurs font évoluer leurs solutions, développent ou achètent les « briques » qui leur manquent.
La gestion de contenu est devenue bien plus complexe que les solutions d' »input management » ou d’imaging telles que présentées il y a encore quelques mois.
Il faut savoir apporter des réponses pertinentes  dans des environnements fonctionnels très différents :

  • la verticalisation ou comment valoriser les contenus : une réponse pertinente intégrée aux applications métiers.
  • la solution d’infrastructure, du type SharePoint à partir de laquelle on met en oeuvre de réponses bâties sur un socle technique homogène
  • les contenus en ligne et comment assurer fluidité et sécurité autour de contenus très diversifiés et volatiles
  • les réseaux sociaux, le KM, les wikis ainsi que tous les contenus partagés, mis à disposition tant en interne qu’au delà des « frontières » de l’entreprise.

Les évolutions techniques attendues
Les éditeurs ont déjà avancé sur plusieurs fronts et l’un d’entre-eux me paraît essentiel : l’interopérabilité !
Ainsi le travail autour de CMIS a probablement contribué à valider le fait que l’information est plus importante que la technologie qui la supporte.
Ainsi, la question de la mixité, et donc de la migration, des solutions en production pourrait ne pas ralentir l’évolution des applications en service.
Il est également important que ces solutions disposent des fonctionnalités minimales dont on devine à quel point elles seront importantes demain :

  • servir ou être intégré dans des applications métiers (BPM, solutions collaboratives, réseau social d’entreprise, contenus web, etc.)
  • supporter toutes les sources de production de contenus (legacy, ERP, CRM, RSE, collaboration, agrégateurs de contenus en ligne [Social news curation], etc.)
  • être disponible dans le Cloud
  • intégrer des fonctions pour l’eDiscovery, c’est à dire, au-delà d’un référentiel de métadonnées et de contenus,  forcer l’application des règles (contrôle et mesures) de gouvernance à l’ensembles des contenus éligibles
  • disposer de fonctions avancées de recherche (sémantique)

Au dela de l’ECM

La fédération de contenus est un thème porteur mais pas encore une réalité.
C’est pourtant sur ce terrain que les technologies vont devoir évoluer rapidement.
Il faut rappeler que la maîtrise de l’information n’est plus réservée aux services informatiques et que la fédération des contenus non structurés (interopérabilité des solutions (cf. CMIS) avec les contenus structurés ouvrent de grandes perspectives.

Annoncée un peu prématurément en novembre 2009 à Las Vegas par IBM, la convergence données structurées (base de données) et non structurées (documents formatés ou non, emails, vidéos, etc.) est INCONTOURNABLE !

Il existe de nombreux ponts entre données structurées et business intelligence, mais la mise à disposition d’un ou d’une catégorie d’outils du type MDM pour les documents et les contenus permettrait d’aller plus vite dans cette fédération tant annoncée.

La fédération de contenus est essentielle car elle apporte :

  • une réduction importante des redondances d’information (duplications inutiles, couteuses et risquées)
  • la valorisation par l’évaluation et la certification des données clefs
  • l’accélération des échanges d’information dans et au delà de l’entreprise
  • la mise à disposition en toute sécurité des informations pertinentes et essentielles dans leur contexte.

Ces évolutions technologiques sont l’objet de réflexions et de projets internes tant chez les éditeurs que dans les bureaux des urbanistes et autres architectes qui travaillent en étroite collaboration avec les métiers.

Pour préparer les solutions de demain qui passeront certainement pas une automatisation de l’évaluation et de l’échange des informations et des contenus par les systèmes, il est essentiel aujourd’hui de développer les fonctionnalités nécessaires.

Le réfrigérateur qui communique automatiquement avec les épiceries en ligne pour passer commande au meilleur prix les denrées dont il assure la conservation, ce n’est pas encore disponible chez votre revendeur préféré, mais demain… enfin, on verra…. (vous pouvez déjà l’apercevoir ici !)

Tout ceci est une histoire de CONFIANCE et dans ce domaine il est certain que les technologies avancent également très rapidement !

La gouvernance de l’information en quelques slides


Pour ceux qui n’ont pas le courage de lire toutes les notes publiées sur ce blog 😉

Cordialement et à votre disposition pour en débattre.

Réseau social d’entreprise ?


Depuis plusieurs semaines, il n’est pas rare de lire dans les notes publiées ici l’expression « réseau social d’entreprise ».
Si la réalité qui se cache derrière l’acronyme RSE n’est pas explicite pour vous, prenez le temps de lire la présentation ci-après préparée par Alain Garnier, CEO de Jamespot ou de regarder de plus près les usages qu’en font IDC, Renault ou d’autres.

Maintenant, vous pouvez relire tranquillement la note intitulée Réseaux sociaux d’entreprise et gouvernance de l’information publiée le 21 juillet 2010.

Open data, kesako ???


Open data, données ouvertes, …. perdu ?

Prenez le temps de visionner la présentation ci-après :

Comment l’utilisation des données et des contenus change notre quotidien ?


Fin août le quotidien anglais Telegraph publiait un article intitulé « 10 ways data is changing how we live » dans lequel Conrad Quilty-Harper illustrait ses propos par des exemples allant de la consommation courante à l’éducation en passant par les conflits armés !

Une collecte impressionnante de données

Depuis quelques années, les spécialistes du marketing ont mis en place des outils de collecte de données, souvent liées à nos habitudes de consommation, qui servent aujourd’hui à toutes (ou presque) les entreprises ou aux particuliers (voyez ce reportage de Nouvo sur le GPS et l’utilisation des infos concernant le réseau mobile).

Que ce soit à partir des données recueillies au travers de l’utilisation des cartes de fidélité, des cartes de crédit ou de tout autre moyen, il est possible de prévoir (prédire?) le comportement des consommateurs, que nous sommes, au bénéfice des sociétés industrielles.
L’exploitation des données de service (âge, nom, adresse), des données comportementales (ce sont les données recueillies sur vous : habitudes d’achats, abonnements en ligne, etc.), mais également des données dérivées (par exemple, une cotisation au WWF vous identifierait plutôt comme une personne avec une orientation écologique et donc potentiellement intéressée par les produits bios) font que nous ne sommes pas ou plus des inconnus pour tous nos fournisseurs.

Un exhibitionnisme numérique !

Au dela des données que nous acceptons (consciemment ou pas) de communiquer, il est une autre catégorie de données, les données divulguées , celles que l’on publie : photographies, vidéos, messages, billets d’humeur, etc.
Quant il s’agit de renseigner certaines informations dans un outil du type annuaire (données confiées car le contrôle est exercé par un tiers généralement le propriétaire de l’outil ou du site), l’utilité est évidente.
Ainsi avec les options de localisation (GPS, Google Maps et tout autre outil professionnel), il a été possible de rationaliser et d’optimiser les services de livraison, mais également d’assure une meilleure visibilité à des enseignes au travers d’applications du type Around me.

Pourtant, la mise en ligne de données personnelles est délicate et pleine de risques.
La juxtaposition de tout ou partie de ces données peut entraîner une dégradation votre sécurité.
Les questions liées à la garantie de l’anonymat sont importantes pour les organismes travaillant sur des données dites sensibles (gestion financière, santé, armement).
Je suis enclin à penser qu’elles le sont pour tous et c’est pour cela que la prudence s’impose (savez-vous avec quelle facilité on peut reconstituer un numéro de sécurité sociale ainsi que beaucoup d’autres identifiants !).

Au delà de la garantie de l’anonymat, l’exigence de transparence.

Avec la révolution numérique et la possibilité pour chacun d’interagir et de donner son opinion, l’heure est à la transparence !
Et chacun de donner son avis à propos d’une bonne (ou mauvaise) table, d’un cursus universitaire, d’un hôtel et que sais-je encore.
Cette nouvelle possibilité d’échanger en toute objectivité (vraiment?) est une source de changements importants.
En effet, il n’y a pas si longtemps, les classements et la rédaction des guides étaient réservés à un nombre restreint de spécialistes souvent reconnus mais parfois auto-proclamés.
Aujourd’hui, « Monsieur-tout-le-monde » peut écrire, classer, juger, partager ses expériences, recommander en ligne et ce à propos de n’importe quel service, prestation et fournisseur ou établissement.

Cette réalité apporte probablement un peu plus de transparence et la mixité d’avis d’experts et d’utilisateurs ou de consommateurs et contribue, au delà de la « démocratie » numérique, à des changements importants.
Certaines de ces informations vont en effet largement influencer les fournisseurs de services ou de denrées qu’ils soient privés ou publics.
Notre quotidien va ainsi être lié à des débats « publics » ouverts dans des réseaux sociaux ou sur des sites dédiées et portant sur des questions de développement local, d’éthique politique ou encore de lois à portée sociale.

La transparence, que nous souhaitons, peut forcer certains acteurs à changer leur comportement pour mieux « coller » aux attentes de leur public.

Avec des sites comme Wikileads, il est probable que les données publiées influencent encore plus largement notre quotidien (conflits armés, stratégie, défense, etc.).

Le vaste échange de données que nous vivons a un impact réel sur notre quotidien et aucun domaine n’y échappe.
A nous de mettre en oeuvre, à titre personnel d’abord et si nous le souhaitons, une politique de gestion de notre information qui peut se résumer en une question :
que suis-je prêt à communiquer à mon sujet et pour quelle contrepartie ?

A vous de répondre !

WCM, ECM : l’information en tant que service


La Cabinet Gartner a publié fin août la dernière version du Magic Quadrant (« Magic Quadrant for Web Content Management ») consacré à la gestion de contenu web et les « gagnants » sont Autonomy, Open Text, Oracle, SDL, SiteWore et FatWire Software.

Il y a peu, Dan Elam publiait dans son blog une tribune intitulée Entreprise Content Management is dead, dans laquelle il explique en quoi les solutions traditionnelles de gestion de documents ont failli et pourquoi elles n’ont pas de place dans un proche avenir.

La juxtaposition dans le temps de ces deux informations sont révélatrices des mutations que nous vivons et qui impactent fortement les déploiements technologiques de demain.

Les organisations commencent à comprendre l’importance des canaux online et il n’est pas surprenant d’entendre que, lors d’une enquête menée auprès d’un millier de partenaires, IBM a, par exemple, découvert que 45% d’entre eux testaient les réseaux sociaux afin de trouver de nouvelles façons de générer du chiffre d’affaires (Source : Le Monde Informatique).
Les employés et les clients évoluent rapidement dans leur façon de consommer et de produire des contenus mais également d’interagir avec les sources d’information.
Il n’est pas rare d’entendre aujourd’hui, les plus jeunes se plaindrent de « l’archaïsme » de l’outil email et, en conséquence, préférer une communication efficace, concise et plus rapide (performante?) au travers des outils de messagerie instantanée ou encore de microblogging comme Twitter.
Cette réalité pousse les organisations à déployer des solutions répondant à l’attente du public en terme de :

  • facilité d’utilisation (utilisabilité)
  • d’accessibilité (navigateur web, smartphone, Ipad, etc.)
  • et de pertinence des données et des informations disponibles (mode push et pull)

Et tous les spécialistes d’appeler à la réalisation de vraies solutions de gestion de contenus (baptisées Universal Content Management) capables d’offrir des services de recherche, de consultation, d’agrégation, d’analyse des contenus produits et utilisés tant au sein de l’entreprise qu’en dehors de ses propres systèmes et applications.

L’information est une richesse et son utilisation va, avec les innovations technologiques et les améliorations apportées aux solutions de gestion de contenu web, contribuer à la création de nouvelles richesses dans un monde dématérialisé, étendu et plus fluide.

L’affirmation de l’homme (ami, client, partenaire, collègue, employé, etc.) au coeur des processus de traitement et d’exploitation des contenus permet de faire sortir l’entreprise de son carcan et de ses chapelles traditionnelles (métiers, technologies, outils).
Elle peut ainsi faire voler en éclat une organisation obsolète dont on perçoit qu’elle n’est plus adaptée pour mettre à disposition l’information en toute confiance, et ainsi elle la valorise au service du développement de l’entreprise.