Contenu/Contexte : quels actifs informationnels ?


A l’occasion de la dernière édition de Enterprise 2.0 à Boston au début juin 2010, de nombreuse discussions et présentations ont traité du management et de l’apport des réseaux sociaux et collaboratifs.

Le développement des espaces de collaboration peut être un formidable accélérateur du partage des connaissances, mais est-il pour autant un levier de croissance pour l’entreprise ?

Pour nous la réponse est clairement OUI !

Pour autant les contenus crées, échangés, commentés dans ces espaces ont une valeur inégale dans le temps et seuls certains d’entre-eux répondent aux critères de définition de ce qu’est un actif informationnel (cf. Quelle économie pour le XXIe siècle ? par Jacques Sapir).

« Il n’y a pas d’information ou de connaissance en dehors d’un contexte précis » rappelle Sapir avant de poursuivre par la définition de l’actif informationnel comme « une information considérée comme simultanément pertinente et utilisable pour une décision donnée ».

La gouvernance de l’information est une stratégie qui consiste à recenser, à organiser ces actifs et à valoriser leur contenu au service de la croissance.
Cette stratégie est clairement pro active dans le sens où elle tient d’une volonté d’optimiser l’utilisation de tous les actifs de l’organisation, notamment par le mise en oeuvre de référentiels. Il ne s’agit pas seulement de protéger l’organisation en s’assurant de la conformité de ses pratiques quant à la conservation des informations (sécurité, gestion des accès, cycle de vie, anonymisation, destruction) mais bien plus, de mettre à disposition des processus métiers, une information identifiée pour sa valeur et son apport.

Les plateformes E2.0 évoluent rapidement vers le concept de  Social Business Design (voir la définition de ce concept sur le blog d’Aximark) dans lequel on ne se contente pas de valoriser un peu plus le contenu non structuré existant dans l’entreprise au travers de réseaux collaboratifs, mais surtout de mettre en oeuvre une réelle stratégie de création de richesse en utilisant la valeur de ces actifs.

Dans ce contexte, la gouvernance de l’information doit être considérée comme le socle sur lequel sera bâti l’architecture de l’entreprise 2.0.
Cette évolution majeure dans l’approche du contenu doit trouver, pour chaque organisation, sa justification en tant que support de croissance.

Quelques liens :
Boston 2010 sur le site de NextModernity et Usage2.0
L’entreprise 2.0 par Frédéric CAVAZZA
Enterprise 2.0 – Boston 2010 sur le blog d’Anthony Poncier
Aximark, le blog

Enterprise Information Management, un nouvel « eldorado » ?


Il y a de nombreux domaines dans lesquels le potentiel de croissance est important. La gestion de l’information en tant qu’élément doté d’une valeur intrinsèque fait partie de ces opportunités.

La perte de contrôle de certaines grandes organisations quant à la conformité de leur procédures internes a conduit les administrations à édicter des règles contraignantes et à se donner les  moyens d’en vérifier l’application.
Il est difficile d’affirmer que la multiplication des règles, des lois et des normes a été l’élément clef de l’émergence du concept de l’Enterprise Information Management (gestion des actifs informationnels de l’entreprise), mais il est patent qu’elle y a participé.

Mais pourquoi cette émergence si « soudaine » ?
La mise en oeuvre d’un nouvel arsenal législatif  ou règlementaire ne justifie pas à elle seule cette « urgence ».
En effet, d’un point de vue cynique, le respect de la conformité peut être vu simplement comme une question de gestion des risques.
Aujourd’hui, les entreprises doivent faire face à un danger bien réel, la perte de contrôle des informations qu’elles produisent et qu’elles utilisent au quotidien !

L’arrivée du web 2.0 a propulsé l’individu, l’internaute, le collaborateur, vous et moi, dans un rôle d’acteur, donc de créateur et de publicateur de contenu et non plus simplement de consommateur. Le simple fait de permettre de mettre fin aux comportements uniquement passifs est en soi une révolution porteuse de nouveaux défis.

Un besoin impérieux de contrôle
Nous créons tous les jours de nouveaux contenus (courriers électroniques, vidéos, pages web, etc.) et nombreux sont ceux qui n’ont aucune valeur, mais cela signifie t-il pour autant qu’ils ne sont porteurs d’aucun risque pour une organisation ?

Pas si sur, aussi les entreprises doivent contrôler les documents et plus globalement tous les contenus non structurés produits à partir des applications mises à disposition de leurs collaborateurs.

Le contrôle est devenu une nécessité pour une bonne protection de l’entreprise, mais cela ne fait que compliquer la gestion des risques, même si la démarche est non plus simplement réactive mais plutôt proactive.

Valoriser la croissance ?
In Fine, la gestion des actifs informationnels de l’entreprise ne trouve pleinement sa valeur que si elle est un levier pour la croissance de l’entreprise.

Aussi, si ce concept représente bien un nouvel eldorado, les premiers à en tirer profit seront :

  • les entreprises elles-mêmes par une gestion plus fine et une valorisation de ces actifs
  • les grandes sociétés de conseils (Big 4, pour ne pas les nommer)
  • Les intégrateurs parmi les plus grands,  les plus pertinents et imaginatifs du marché
  • Les principaux acteurs de l’ECM et notamment ceux qui auront su « maîtriser » la gestion des contenus issus d’applications du type Microsoft SharePoint ou autres outils collaboratifs

Si tant est que l’EIM représente un jour un marché, ce ne sera pas un marché de niche.
Il demande une expérience,  une légitimité et une maîtrise technique qui est souvent le fait des plus grandes organisations.

Claude Super

Quelques liens utiles :
Gartner
Livre blanc publié par Atos Origin en mai 2008
Une illustration avec un cas client :http://www.slideshare.net/AlexDesobry/aligner-la-gestion-des-contenus-sur-les-processus-mtiers