Réseaux sociaux d’entreprise, par où commencer ?


La question n’est ni nouvelle, ni innocente !
Si, au fil des différents retours d’expérience, il est plus facile d’imaginer les secteurs et/ou les projets susceptibles d’avoir intérêt à être intégrés dans des espaces sociaux d’entreprise, il n’en reste pas moins qu’il faut décider de  » par où commencer  » !

Une des pistes tient à considérer le projet non pas tant du point de vue  du thème (innovation, customer care, etc.) mais plutôt en s’attachant aux participants et aux membres de la (les) communauté(s) que l’on veut développer.

Le nombre de notes, d’articles ou encore de dessins humoristiques, tenant aux réseaux sociaux d’entreprises, à leur utilité, à leurs avantages, à leur retour sur investissement, est impressionnant, mais la plupart des éclairages proposés restent, à mon avis, dans une approche très conservatrice de l’entreprise.

Le social, c’est l’humain !

Alors, pourquoi ne pas le placer d’emblée au centre d’une réflexion stratégique sur le déploiement des réseaux sociaux d’entreprise ?

Apparemment, il est difficile pour certains de changer de paradigme et je rejoins très volontiers Bertrand Duperrin quand il nous présente les expériences de valorisation du capital humain dans la note Les employé d’abord ! Ou comment aider ceux qui créent vraiment de la valeur.

Par contre, je m’agace, à l’instar de Frédéric Poulet, quand je découvre sur le site de l’Atelier une annonce pour un débat intitulé Média Sociaux, nouveaux vecteurs d’évaluation des salariés

Et chacun d’y aller de son commentaire ou de sa quête de  » retweet  » et de  » célébrité  » !

Si les ressources humaines pensent trouver  dans les réseaux sociaux d’entreprises des nouvelles perspectives de gestion et de valorisation (réciproque) du capital humain de l’entreprise, elles ont raison !

Mais, par pitié, enlevez vos oeillères et pensez un peu plus loin et plus haut !

Que peux apporter une vision  » petit chef  » (voire kapo), par définition restreinte et peu sympathique (je ne parle même pas d’empathie) à un projet de réseau social d’entreprise ?

RIEN, si ce n’est à renforcer les craintes et ainsi à faire échouer (provisoirement) les tentatives de changement !

Commencer par le capital humain et ne jamais oubliez que dans RSE, le lien social est le ciment qui va permettre aux communautés de VIVRE et de créer, directement ou indirectement, de la RICHESSE.

Pour le reste, il sera beaucoup question d’humilité, de respect réciproque et d’envie d’aller de l’avant ensemble sur des sujets et/ou des projets précis.

Le réseau social d’entreprise est un outil universel au niveau de l’entreprise, il ne peut pas être accaparé par un département, une fonction ou un métier aux seules fins de ses objectifs particuliers.

Le réseau social d’entreprise préfigure les organisations opérationnelles de demain et les premiers projets nous montrent l’importance que va prendre  l’organisation fonctionnelle (rôles), notamment dans la gestion du savoir, au détriment des organisations hiérarchiques (postes).

A lire en complément à cette note:

Le blog de l’Atelier
Le bloc-notes de Bertrand Duperrin
Les  » coups de gueule  » et autres notes de Frédéric Poulet
Franck La Pinta
HR.Channel
Le réseau social d’entreprise par Alain Garnier et Guy Hervier
Opportunités stratégiques et impacts organisationnels des RSE dans l’entreprise
Réseaux sociaux d’entreprise : bien au-delà de la « simple » communication !
Collaboration et relations sociales en entreprise : les clefs du succès !

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Opportunités stratégiques et impacts organisationnels des RSE dans l’entreprise


La présentation faite par Arnaud Rayrole Directeur Général d’USEO à l’occasion du Forum RSE le 9 juin 2011 à Paris

Réseaux sociaux d’entreprise : bien au-delà de la « simple » communication !


Engagement et contenu sont les clefs du succès d’un projet de déploiement d’un réseau social d’entreprise.

En prenant le temps de regarder ce qui se passe dans certaines entreprises, il est intéressant de noter que toutes les expériences, considérées aujourd’hui comme des réussites et indépendamment de la plateforme logicielle, sont des cas de mise en oeuvre de réseaux sociaux d’entreprise au service de projets très concrets.

Que ce soit IBM, dont je vous laisse apprécier la vidéo ci-dessous ou de La Poste avec BlueNove, il n’est pas de meilleur contexte de découverte et d’apprentissage des réseaux sociaux d’entreprise que dans son activité quotidienne.

Regardons de près quelques exemples récents:

Lagardère Publicité.
Une des premières régies françaises avec près de 900 employés qui, en 2010,et sous l’implusion de Constance Benque, PDG, a décidé de déployer un RSE au sein de la société pour simplifier la communication autour du déménagement de Paris (rue du Colisée vers Levallois-Perret). Finalement l’outil s’est imposé comme un véritable outil métier, permettant de renforcer la culture d’entreprise, de simplifier la diffusion des informations de la communication interne et des RH et de promouvoir la culture Cross-Média de la société. Aujourd’hui YouMele nom choisi pour le RSE par les salariés – est un indéniablement un succès avec 48% de contributeurs actifs, et plus de 90% de lecteurs réguliers.

BNP Personal Finance / Cetelem
BNP Paribas Personal Finance est un des principaux acteurs du crédit à la consommation dans le monde avec notamment la marque Cetelem en France, et près de 800 personnes et des opérations dans plus de 30 pays.
En 2010, suite à l’initiative du département innovation de BNP Paribas Retail Banking, Gratiela Biltoc, chargé du marketing stratégique et de l’innovation chez BNP PF, décide de déployer une solution de réseau social (Yoolink pro en l’occurence) en interne pour stimuler l’échange, la discussion et le partage des savoirs entre les membres des différentes équipes.
L’expérience a été lancée à partir d’une approche progressive et très pragmatique, en commençant avec 50 utilisateurs. Cette initiative connaît un réel succès notamment auprès du top-management (90% d’activation globale, plus de 20% de contributeurs actifs), et aujourd’hui l’objectif est d’intégrer progressivement tous les collaborateurs de BNP Personal Finance travers le monde, soit plus de 500 personnes.

Weldom
La société fait partie du groupe Adeo et est une des premières enseignes de distribution de matériel de bricolage.
Le réseau social regroupe les 250 personnes de la centrale et les 2500 personnes travaillant dans 250 magasins affiliés, répartis dans toute la France.
Dans le cadre de la refonte des concepts de distribution, la direction Marketing de Weldom a voulu déployer un réseau social d’entreprise (Yoolink) pour faciliter la remontée des idées et innovations en provenance du terrain mais également pour simplifier la diffusion des nouveaux concepts et pour permettre la discussion entre les différents directeurs de magasins. C’est, en quelque sorte, une  » boîte à idée 2.0  » au service du métier de Weldom.

Enfin, arrêtons-nous sur le cas de la CCI Alsace qui utilise le réseau social d’entreprise pour faciliter le travail de veille collaborative et l’échange de connaissances entre les conseillers d’entreprises et les employés des 4 chambres locales que sont Mulhouse, Colmar, Strasbourg et la CRCI.

Et pour finir en beauté, WeeZ, le réseau social d’entreprise de Devoteam  !

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A bientôt pour de nouveaux retours d’expériences !

Notes complémentaires disponibles :

Le réseau social d’entreprise au coeur des espaces d’innovation

Réseau social et valorisation du patrimoine (expérience en Suisse)

Cisco et le Social business : du concept brut à un projet structuré

Réseaux sociaux d’entreprise (retours d’expériences, suite) : Orange

Réseaux sociaux d’entreprise : retour d’expérience de groupeReflect, So’xpert et Altaïde

tibrr, LA solution pour l’entreprise 2.0 ?

Le réseau social d’entreprise au coeur des espaces d’innovation


J’ai eu l’occasion la semaine dernière de suivre un webinar organisé par blueKiwi sur le thème de l’innovation et les réseaux sociaux avec notamment le témoignage de La Poste (France).

Récemment, nous abordions ici le thème de la maturité et de la « professionnalisation » des plateformes supportant les réseaux sociaux.
Avec la publication des retours d’expérience d’entreprises européennes, nous commençons à disposer d’illustrations qui nous permettent de mieux comprendre les atouts de la mise en oeuvre de telles plateformes.

L’engagement (investissement personnel) est essentiel

Faire le choix de déployer un réseau social d’entreprise est une décision aisée et valorisante, reste encore à y mettre de la valeur !

Au delà de nos précédentes publications concernant le réseau social d’entreprise, il est important de souligner à quel point l’engagement est clef dans la pertinence, donc le succès de ces initiatives.

Chacun le sait, l’engagement ne se décrète pas et il faut créer les conditions qui lui permette de « s’épanouir », à savoir, confiance,  cohérencetolérance,   endurance et  pertinence

Ainsi, il a été intéressant d’entendre Leticia Celaci, responsable de l’animation de la plate forme BlueNove (en production au service de l’innovation à La Poste [DIDES]) expliquer que les 3 principaux freins à l’expression (environ 23% de « publicateurs » et 77 % de « lecteurs »), selon les membres des espaces ou des communautés :

  • le manque de temps,
  • la crainte de s’exposer (qualité rédactionnelle, orthographe, idées, etc.)
  • un moindre intérêt pour le sujet ou la conversation

Démarche et méthode

L’innovation n’a probablement jamais été le fait d’individus solitaires, isolés tout aussi géniaux puissent-ils avoir été.
Depuis les débuts de la chasse aux grands mammifères, il semble que l’espèce humaine a su mettre en oeuvre  des stratégies de collaboration pour subsister et se développer.

Le réseau social d’entreprise en tant que plateforme d’échange et de collaboration apporte beaucoup aux équipes en charge de l’innovation.

Au delà de la publication de documents, d’informations et du partage d’idées, le RSE expose, par sa dimension transversale, le désir et le pouvoir d’innovation aux appréciations critiques de tous les contributeurs qui souhaitent y participer.

L’expérience, et le bon sens, attestent de l’incroyable créativité et capacité d’innovation du groupe au regard de ce que l’individu peut faire seul.

Il faut donc renforcer ce « team spirit » sans céder aux « sirènes » et aux facilités des organisations en silos dont on sait qu’elles sont souvent beaucoup moins « prolifiques » en terme d’innovation parce qu’elles n’exposent pas leurs réflexions au regard de toute l’entreprise.

Il est impératif de mettre en place les conditions favorables à l’épanouissement de la volonté d’innovation par une animation soutenue et efficace des espaces, ce qui signifie d’avoir su créer ou adapter une démarche pertinente, basée sur une méthode « hybride » faite d’intuition, d’empathie et de beaucoup de persévérance.

Le réseau social d’entreprise est une formidable plateforme pour beaucoup de projets et/ou de services.

Nul doute que l’innovation peut y trouver un épanouissement, mais la technique, bien que nécessaire, ne suffit pas et à l’instar de ce qui se passe actuellement dans le domaine du social business, les initiatives ont besoin du soutien, ou au moins d’une certaine participation, de toute l’entreprise et de son ecosystème.

Bref, le social, même ou surtout en « interne », ce n’est surtout pas qu’une affaire de com !!!

Edition de logiciels : la survie passe obligatoirement par le « social »


Enterprise 2.0 est devenue une appellation, certes, un peu galvaudée, mais néanmoins représentative d’une certaine réalité dans l’évolution des entreprises.

Aujourd’hui de nombreux chefs d’entreprise tentent d’adopter le concept ou, à minima, savent qu’il existe et souhaiteraient en savoir plus.
Il est également satisfaisant de constater – à la suite des premiers retours d’expérience – que la mise en oeuvre d’un réseau social d’entreprise n’est plus l’apanage de quelques-uns (early adopters), mais que l’outil est considéré comme essentiel au développement de l’entreprise.

Depuis les années 80, les entreprises ont travaillé et se sont appuyées sur des d’applications du type 1.0 que l’on peut classer selon trois types :

  • Les applications transactionnelles : solutions centrées sur les données et conçus pour gérer les processus et les transactions commerciales de base.
  • les outils de productivité : outils axés autour des documents utilisés par les employés et utilisés pour la gestion et la maintenance des fichiers.
  • les outils de communication : du type courrier électronique  (problématiques de volume sans cesse croissant, classement, organisation, archivage) à disposition de chaque collaborateur.

Geoffrey Moore, auteur de la bible du marketing hi-tech Crossing the Chasm, qualifie ces applications Enterprise 1.0 de « systems of records« , et en toute modestie, nous les avons qualifié ici d‘informatique de gestion !
Tout en répondant à un besoin essentiel des entreprises, il leur manque la capacité à promouvoir l’engagement social.

Le modèle Enterprise 2.0 : un nouveau paradigme de gestion basée sur les réseaux sociaux d’entreprise.

C’est en quelque sorte la plate-forme d’engagement pour tous et, bien au-delà de l’entreprise, qui permet à chacun de s’engager davantage en restant connecté avec les personnes et les activités autour de soi.

Ce faisant, la participation, la contribution, et la collaboration gagnent en efficacité pour permettre d’atteindre ainsi les objectifs opérationnels plus élevés pour l’entreprise.
Les réseaux sociaux d’entreprise ont pour objectif de « mettre » un peu plus d’engagement, de contexte social, dans les systèmes de gestion auxquels ils ne se subsituent pas (pour le moment) !

De nombreuses entreprises ont fait des expériences avec les plates-formes d’engagement ces deux dernières années avec un taux d’échec relativement élevé.
Certains rapports indiquent même que près de 90% des projets d’engagement basés sur un réseau social d’entreprise meurent, ou connaissent un « désintérêt » très rapide, dans les 3-6 premiers mois.

Pourquoi l’adoption d’une plate-forme de l’engagement d’un tel défi difficile à relever ?
Une de réponses est que nous avons tous des vieilles habitudes qui ont la vie dure.
Nous préférons tous continuer à faire les choses de façon familière, donc facile – basée sur les systèmes que nous avons connus tout au long de notre vie professionnelle – et que toute nouveauté peut être perturbatrice et gênante pour la plupart d’entre-nous.

Et, ainsi que nous l’avons déjà maintes fois signalé, toute adoption réussie nécessite une transformation culturelle, comportementale pour toute l’organisation.

De par leur conception, les logiciels et systèmes actuels sont centrés autour des enregistrements, basés sur les données d’entreprise, les documents, les  messages, le tout orchestré à partir des modèles et des processus.

Nous agissons quotidiennement dans une organisation du travail très structurée, principalement réactive, et basée sur un flux de production linéaire.

Différemment, les plateformes d’engagement sont elles centrées sur la personne.
Leur mission est de faciliter les tâches de collaboration tellesque la résolution de problèmes, la gestion des exceptions, la recherche d’un consensus ou d’une solution novatrice, etc., bref toutes les tâches qui ne peuvent être modélisées et programmées dans des processus structurés ou des flux de travail.

En conséquence, la plateforme doit se développer pour être porteuse de proactivité  et s’engager, en parallèle, dans des activités multiples, transversales et diverses, telles que :

  • Rassembler et maintenir une « masse critique » de membres actifs à travers et au-delà de l’entreprise.
  • Bâtir un écosystème de réseaux et de communautés par ces membres et pour ces membres.
  • Contribuer à « donner du sens » aux relations entre les membres
  • S’intégrer pleinement avec les systèmes actuellement en production.
  • Valoriser les contributeurs (ereputation) et faire en sorte que tout le monde est incité à apporter des idées et partager les connaissances en tout temps.
  • Permettre le suivi de toutes les activités pertinentes par n’importe qui, n’importe où, n’importe quand.
  • Mettre en évidence avec opportunité les sujets et les collaborations d’actualité.

Le but des réseaux sociaux d’entreprise est de faciliter les changements et de réussir à transformer les habitudes de chacun –  passer d’un comportement réactif à la proactivité, d’un fonctionnement linéaire à un modèle diffus (transversal) –  objectif qui est loin d’être trivial.

Alors de quoi avez-vous besoin ?

D’une volonté politique, de leader(s) qui apporte(nt) leur soutien à ce changement et de solutions (plateformes) techniques matures, intégrées et réellement centrées autour de l’engagement !

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Note largement inspirée de la publication faite par Pehon Cheng (Broadvision) dans CIO Network daté du 22 avril 2011