Transformation digitale de l’entreprise, si on parlait stratégie d’influence ?


Au coeur de la réussite des étapes constitutives de la transformation numérique il y a la communication autour des objectifs et de la mise en oeuvre des moyens qui la supportent.

Dans le « monde analogique » des entreprises, le quotidien était animé de nouvelles applications dont la mise en production consacrait la réussite.
Focalisée sur les outils, plus que sur la manière dont ils produisaient (ou pas) des résultats réellement pertinents, l’entreprise imposait son cadre de travail, ses applications et ses procédures !
A chaque changement de management, on pouvait constater les mêmes remises en cause de procédures et de logiciels, les mêmes querelles de chapelles, pour asseoir son autorité sans pour autant le plus souvent influer ni sur la stratégie, ni sur les résultats.

L’entreprise d’hier était en réalité un « champ de bataille » dans lequel certains arrivaient à se dégager de ces sempiternelles luttes intestines pour s’engager dans un autre combat, au service de la survie économique de l’organisation.

L’entreprise de demain se construit autour des réseaux, en continuité temporelle et pour cela elle a besoin de consensus quant aux objectifs et à la stratégie  !
value-proposition-signQuand j’écris consensus, je ne me réfère pas à un accord à minima, mais bien à une réelle convergence autour d’une proposition de valeur !

S’il n’y a pas de divergences importantes quant à la nécessité de ce consensus, ce n’est pas pour autant que la transformation de l’entreprise se fasse au meilleur rythme.

En effet, derrière les bonnes intentions et les premières étapes de projets structurants de l’entreprise de demain que sont notamment les « digital workplace » – mais aussi les espaces collaboratifs ou encore le support à l’innovation ou la réflexion sur le modèle d’affaires et notamment la relation client – se cachent trop souvent des hésitations et des incohérences décisionnelles qui créent les conditions de leurs échecs.

On sait que la plupart des managers n’ont pas ou peu de maturité numérique et que la plupart des projets sont toujours à l’initiative d’équipes de communication (interne) avec le support des équipes informatiques.
En 2013, selon une étude réalisée et publiée par Cap Gemini Consulting et MIT Sloan Management Review :

  • Mobiliser l’ensemble des collaborateurs est un facteur clé de réussite. La concurrence avec les autres priorités au sein de l’entreprise et le manque de compétences dans le domaine du digital sont cités comme les deux principaux obstacles à l’exécution d’un programme de transformation digitale.
  • L’implication des dirigeants dans les projets de transformation digitale est une nécessité. Le premier obstacle à la transformation de l’entreprise que citent les sondés est l’absence de « situations d’urgence ». En outre, seulement 36 % des dirigeants ont présenté une stratégie de transformation digitale à leurs employés ; mais lorsqu’ils l’ont fait, 93 % des collaborateurs se sont mobilisés à leurs côtés.
  • Il est nécessaire de prouver la nécessité de la transformation digitale, or seulement la moitié des entreprises effectuent des analyses de rentabilité des investissements numériques.
  • La mise en place d’une gouvernance appropriée est indispensable pour piloter les initiatives. Cependant, 40 % des entreprises sondées ne disposent pas de processus de gouvernance adéquats en matière de transformation digitale et 26 % seulement s’appuient sur des indicateurs de performance pour suivre l’avancement de cette transformation.

notdigital En 2015, la situation a peu évolué et les obstacles sont très probablement les mêmes.

Hormis le ridicule et stupide « pas le temps » (comment ne peux t-on pas avoir le temps de travailler à la pérennité de l’entreprise qu’on dirige ?), le manque de familiarité avec ce qui se cache derrière la réalité du monde virtuel est une réelle source de blocage et d’échec des initiatives !

Les points de blocage peuvent être nombreux et les porteurs de projets ont tout intérêt à considérer avec soin le travail de marketing et de communication qu’ils auront à mettre en oeuvre pour espérer arriver à leurs fins.

La principale raison de la lenteur de la transformation tient, selon une étude relayée ici, à l’incapacité à prendre une décision lorsqu’il faut vraiment se lancer [80% des échecs].
Et le plus souvent, c’est l’absence de budget qui renvoie les projets aux « oubliettes » des idées vertueuses !

Pour assurer les budgets et les ressources dont vous avez besoin, vous devez convaincre de la valeur de vos projets !
C level, métiers et autre sponsors sont derrière vous à condition que vous puissiez mettre en exergue les atouts et l’indéniable valeur (je ne parle pas de ROI) que votre initiative (intranet 2.0, digital workplace, espaces collaboratifs par exemple) peut apporter au niveau des pratiques donc in fine d’une meilleure agilité et performance de l’entreprise.

Comment faire ? Quelle stratégie mettre en oeuvre ? Quels moyens sont-ils nécessaires ?

amplify-content-3Le recrutement de « sponsors » côté métiers est la première étape indispensable d’une stratégie d’influence pour ce type de projet, car c’est souvent de ce côté que l’expression de la valeur est la plus explicite et parfois la plus facilement mesurable.
N’oubliez pas les fonctions « transverses » qui peuvent représenter des appuis utiles et pour qui la valeur de ces initiatives est réelle même si parfois le manque de maturité numérique de certaines équipes les cantonnent dans une approche « trop classique » de leur mission au service de l’entreprise.

C’est avec ce noyau restaient que vous allez discuter, partager, collaborer et agir en tant que REVELATEUR pour pouvoir formuler les propositions de valeur que vous scénariserez ensuite pour mieux les communiquer.

En effet, il vous faudra communiquer en interne auprès de vos sponsors (en premier lieu) et au delà pour profiter au mieux de la viralité au sein de différentes sphères d’influence et pouvoir espérer asseoir les premières étapes de déploiement de votre projet.

Quel leadership êtes-vous en mesure de favoriser pour vous aider dans cette démarche ?

Quel « communicant » êtes-vous pour prétendre recevoir les budgets dont vous avez besoin ?  Quelle est la dimension « marketing » de votre équipe ? Avez-vous besoin d’aide ?

Mes intuitions pour 2015 : la consécration du Moi (self)


medataSelf-ie

Self-service

Quantified Self

Self-love

Self-ish

……………….

Technos, outils, applications et pratiques vont consacrer le Soi, le Moi, le regard sur le nombril.

Depuis quelques mois, le mobile est devenu le moyen de communiquer, de s’informer, mais également de gérer, de se gérer !

Et nous nous en sommes qu’au début, le « self » va rapidement obliger les stratèges marketing, « exploitant » du big data à faire évoluer leurs offres et leurs pratiques.

L’individu dans sa dimension économique, mais également sociétale et hédoniste, revendique sa singularité, singularité qu’il est capable aujourd’hui de mesurer pour mieux (ou pas) se gérer dans sa relation à la masse !

Les stratégies marketing vont obligatoirement s’orienter vers des propositions de produits et de services plus ciblées et les médias sociaux sont « l’atout maître » dans la palette des outils disponibles.

Les communautés représentent l’espace le mieux adapté à la valorisation du Moi !

Il est probable que la suppression des contraintes géo spatiales et temporelles qu’apporte le monde numérique est un plus indéniable pour s’afficher, s’affirmer, se faire reconnaître !

Ce moteur doit également être utilisé à bon escient par les organisations pour :

  • trouver leurs relais de croissance
  • attirer et garder les talents dont elles ont besoin.

2015 verra très probablement la fin de l’approche technique du changement pour dessiner des stratégies plus pragmatiques car intimement liées aux aspirations égocentriques des individus que nous sommes.

Dans ce contexte, il ne serait pas étonnant que des acteurs « traditionnels » du monde collaboratif et du social business disparaissent en tant que tels !

Il est une « industrie » qui peut tirer parti de cette opportunité : l’exploitation du « big data«  qui doit définitivement s’orienter dans le support à l’approche personnalisée du service et ce quelque soit le secteur : business, santé par exemple.
A ce titre, 2015 va également voir s’épanouir des offres d’analyses pertinentes des données du big data, offres mises en oeuvre par des professionnels de la donnée et de l’analyse au service du business et des entreprises commerciales.

En 2015, les objets connectés continueront leur prolifération dans l’indifférence la plus grande tant elle passe quasiment inaperçue quand bien même leur nombre, leurs interconnexions et les services à haute valeur ajourée qu’ils apportent font désormais partie de notre quotidien !

Et il y a les robots, dont les humanoïdes, dont j’ai l’intuition que 2015 sera pour eux une grande année tant en termes de développement des programmes qui les supportent que de services à haute valeur ajoutée.

En août dernier, j’avais rencontré MEDI à l’occasion des World Innovation Days – Innovation 4 Heath 2014 à Genève et j’avais été séduit par le projet du Dr Tanya Beran !

En novembre, j’ai fait la connaissance de NAO et de ses acolytes à Tokyo !
NAO est un robot humanoïde « d’origine française » et une expérience internationale intéressante dont les résultats peuvent largement préfigurer un lendemain très proche.

Les robots ont-ils un égo ?

Quoiqu’il en soit, l’entreprise de demain devra en 2015 conjuguer ses objectifs et ses contraintes avec cette consécration du MOI et que ce soit au niveau du management et des ressources humaines, l’égo pourrait devenir un élément clef de la qualité de la relation humaine ….

Selon vous ?

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