Nouvelles fonctionnalités, nouveaux outils : n’en jetez plus la cour est pleine !

On n’en peut plus, on n’en veut plus !

La course à la nouvelle fonctionnalité, au « Wow Effect », à l’ergonomie qui « déchire », les employés n’en peuvent plus !

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La solution technologique comme unique réponse à toutes les questions posées par et dans l’entreprise, personne ne peut plus suivre !

Ces dernières années, nous  (vous, moi, les autres, les entreprises) aurions dû migrer nos applications professionnelles dans le cloud, y accéder avec des appareils mobiles, sans oublier de mettre en oeuvre une stratégie « big data » !

La réalité des entreprises est bien loin des présentations et discours des nombreux « évangélistes » supportés par les éditeurs de logiciels.
Prenez par exemple le « big data » :
Quelle est la valeur des analyses produites par ces outils pour votre business ?
De quelles données s’agit-il ?
Quelle en est la qualité ?

Le big data est au software business ce que l’alicament est pour l’industrie agro alimentaire : un relais de croissance sans pour autant que les effets escomptés (et vantés par les éditeurs) aient été réellement prouvés.
Il est en probablement tout autant pour bon nombre de « solutions », outils et fonctionnalités parmi lesquelles l’entreprise doit apprendre à faire le tri pour ne retenir que celles qui lui sont vraiment utiles dans une perspective organisationnelle et business.

Rachel Happe, co fondatrice de The Community Roundtable publiait récemment :

The biggest problem for me is that we haven’t even learned to effectively use the technology we already have. In fact, we haven’t even learned – at the organizational level – to use technology that is three decades old.

Les entreprises ont des objectifs précis et les outils qu’elles choisissent de mettre en production le sont pour servir la réalisation de ceux-ci et la performance.

new-technology-protestingLes entreprises ont beaucoup de contraintes en dehors des ressources humains et financières, elles doivent composer avec leur histoire (applications), leur mémoire (données) et leur environnement (besoins) et les équipes IT ne gèrent pas une infrastructure de services informatiques comme on gère son smartphone ou sa tablette.
Avant de décommissioner une application, il faut avoir instruit et décider du choix de ce qui va la remplacer, effectuer les tests nécessaires et travailler à l’infrastructure nécessaire pour que cela fonctionne correctement, tout autant de choses inutiles sur votre Iphone !

Parce que les enjeux sont différents, les organisations ont besoin de plus de temps pour analyser les impacts d’une technologie et faire les choix les plus pertinents.

On saurait gré aux éditeurs et en particulier aux « product managers » de mettre un peu plus d’énergie à travailler sur les aspects « utilisation » et « proposition de valeur » des nouvelles versions qu’ils proposent plutôt que se limiter à « sur vendre » des fonctionnalités dont les utilisateurs ne voient pas toujours la pertinence dans leur quotidien au bureau ou à l’atelier.

L’évolution numérique des entreprises ne se fera pas uniquement par la mise en oeuvre de technologies et fonctionnalités nouvelles mais également (et surtout) par la mise en oeuvre de stratégies d’écoute et d’accompagnement qui permettront « d’embarquer » les employés sans qui tout cela n’est que chimère et le restera !

Un bon conseil : investissez temps et moyens dans l’accompagnement des employés, les questions de management et de leadership et oubliez les « nouveautés technologiques » pendant un certain temps.
Il est grand temps de faire – à nouveau confiance – aux équipes IT qui ont su, jusque là, mettre en oeuvre les bonnes solutions et les bonnes pratiques au service du business !

9 réflexions sur “Nouvelles fonctionnalités, nouveaux outils : n’en jetez plus la cour est pleine !

  1. Pingback: Nouvelles fonctionnalités, nouveaux outi...

  2. Pour une fois je mettrai un bémol à ton propos. Pour moi le big data n’a rien de nouveau, depuis que l’informatique existe on a toujours fait du big…la différence c’est que le big d’aujourd’hui n’a rien à voir avec celui d’il y a 10 ans.

    Ceci dit je fais souvent la comparaison entre le big data et un moteur. Ca traite de la donnée, de plus en plus, de plus en plus vite mais cela est finalement sans grand intérêt si on ne sait pas pourquoi tu les traites. De la même manière tu peux avoir un gros moteur, si tu ne sais pas où aller tu n’es guère avancé.

    Pour moi l’innovation n’est donc pas du coté du big data mais davantage du coté des analytics, surtout du coté prédictif et prescriptif. Là il y a une vraie valeur nouvelle… Mais encore une fois à condition de savoir ce qu’on cherche…

    • Merci Bertrand,
      En fait, on est d’accord ! Ce que je regrette c’est que (une fois de plus) on met en avant l’outil (la techno) dans le discours alors que l’intérêt de l’analyse est bien évidemment du côté des « insights » qu’elle apporte qu’ils soient prédictifs et suffisamment riches et pertinents pour aider à mettre en oeuvre la stratégie de prescription (business model).
      J’ai lu ce matin à propos du big data « la mesure précède l’usage » dans un billet de Yann Gourvennec (http://blog.businessdecision.com/2014/10/les-big-data-ne-sont-pas-nimporte-quelle-mode-informatique/), le frein aujourd’hui est probablement la vacuité des stratégies à cet égard : savons nous seulement ce que l’on veut chercher et pour quoi ?
      Cordialement

  3. Je suis assez d’accord sur l’analyse, en tout cas pour ce qui concerne les outils collaboratifs. Les utilisateurs sont assez loin des injonctions socialisantes et autres vérités sur l’augmentation de la productivité reposant sur des solutions Cloud pas finies, pas testées et le plus souvent à côté des besoins réels.
    Chaque fois que je suis dans le TGV, je regarde ce que font les gens avec leur PC :
    – soit ils regardent un film
    – soit ils travaillent sur leurs emails et documents Office.
    Personne ne discute dans des réseaux sociaux, sans doute car la plupart ne gèrent pas les situations déconnectées, qui n’entrent pas dans les radars des éditeurs de logiciels collaboratifs, ou si peu.
    Les entreprises ne vivant pas au rythme fou des solutions Cloud qui changent tous les mois, on voit encore souvent du XP/IE8/Office 2003, on se demande comment ils font pour survivre, les pauvres…
    Et comment construire dans un projet avec des fonctionnalités qui apparaissent ou disparaissent du jour au lendemain…
    Bref, on pourra toujours venir demander conseil au IT interne qui gère les complexes problèmes d’infrastructure associés aux architectures Cloud hybrides…

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  5. Je suis déçu de lire ce genre de réflexion « La cour est pleine ». Non, elle n’est pas pleine, au contraire, tout reste à faire.
    Avec les nouvelles fonctionnalités des solutions de gestion d’entreprise, on permet d’éviter la sclérose et d’apporter les changements qui permettront à l’entreprise de s’adapter aux exigences du marché.
    C’est la dose qui fait le poison, c’est bien connu, et c’est valable dans les 2 sens: trop ou trop peu.
    Dans une entreprise qui met en production une solution qui correspond à une demande de ses utilisateurs, la solution c’est l’ensemble de la démarche: La réflexion globale, le processus de décision qui amène au choix de produit informatique, l’adaptation du produit à la demande (analyse, réalisation, tests..etc) et finalement la formation des collaborateurs. D’une part ça rend le travail plus intéressant et attire des collaborateurs intelligents, d’autre part ça exige de la direction de se maintenir à jour, finalement, ça fédère les collaborateurs dans l’esprit d’entreprise.
    Quand à accuser les vendeurs de « sur vendre » – On a les vendeurs qu’on mérite.
    Si durant les séances, les « vieux loups » arrêtaient de se la péter en posant des questions idiotes pour montrer au « jeunes loups » qui c’est qui commande, on en serait pas là.
    C’est l’avis d’un Solution manager, qui entend à longueur d’année des utilisateurs qui ne prennent pas la peine de se former, mais qui donnent des conseils à tout le monde.

    • Si vous avez raison et que tout reste à faire, il est probable que la méthode n’est pas la bonne et j’avoue que de lire votre commentaire le mot formation m’inquiète car il reflète une vision dépassée à laquelle on privilégie l’accompagnement et l’écoute des utilisateurs.
      Merci
      Cordialement

      • Merci de votre réponse à mon mot.
        Dans ma compréhension de la formation, il y a l’idée d’accompagnement et écoute, mais il y a aussi l’explication des possibilités offertes par les nouvelles fonctionnalités.
        Un des points de la méthode que j’emploie dans mes projets, est de construire sur l’existant. Plus on en sait, plus on se rend compte de ce qu’on ne sait pas. C’est la raison qui me pousse à écrire que tout reste à faire : on a une solution, mais comme elle est bien adaptée, on se rend compte de tout ce qu’on pourrait encore améliorer.

  6. Pingback: Etat de la collaboration en entreprise début 2015 | Le Blog de Claude Super | Let's make your business more social!

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