A propos des technos 2.0, de la gouvernance de l'information, des réseaux sociaux et de la valorisation des contenus au service de l'entreprise de demain
Le « parent pauvre » de la communication en entreprise sera-t-il le socle de la mutation 2.0 ?
L’intranet, c’est un peu tout le monde connaît, mais très peu l’utilise !
Généralement déployé dans le début des années 2000, l’intranet n’a jamais (ou très rarement) trouvé sa place dans le quotidien des collaborateurs des organisations.
Il y a eu la semaine dernière la conférence « rencontres internationales des responsables intranet« , conférence qui sous le hashtag #riri11 a connu un grand succès (voir le TweetLive #RIRI11) et à l’occasion duquel, l’expression Digital Workplace a connu un début de consécration, notamment sous l’impulsion des organisateurs (@netjmc) et à l’écoute des nombreux retours d’expérience.
Fin de semaine dernière, j’ai publié un podcast dans lequel je tente, en moins de 3′, de donner mon point de vue sur ce qui pourrait » se cacher » derrière cette appellation en provenance d’outre-atlantique :
Quoi de neuf ?
« L’intranet nouveau » est fonctionnellement organisé à partir de l’annuaire et non plus des flux d’informations ou des espaces de mise à disposition de documents, formulaires, liens et autres contenus.
Ce changement de perspective permet notamment de placer « le collaborateur » au centre et ainsi, et bien au-delà de la symbolique, de lui apporter la reconnaissance qu’il souhaite en permettant également de mettre en oeuvre une logique de services personnalisés.
La personnalisation est, à mon avis, un aspect essentiel de cette nouvelle approche.
L’entreprise est entré depuis au moins une décennie dans une logique de service vis à vis de ses clients, aujourd’hui, elle doit mettre en oeuvre ce même type de logique vis à vis de ses employés, ne serait-ce que dans un souci de profitabilité !
La généralisation des offres de collaboration L’entreprise collaborative est un sujet de consensus et il est probable que la mise à disposition des espaces collaboratifs (y compris GED) se fera au travers d’un « portail » de mise à disposition de services accessibles par le collaborateur, l’employé, selon son (ses) rôle(s) et le support hardware qu’il utilise au moment de sa connection.
La plateforme contribue ainsi à la mise ne oeuvre d’une logique de services internes pertinente, personnelle et productive (Pertinence-Personnalisation-Productivité, les 3 P qui doivent ses substituer aux très contestés Processus-Profit-Pouvoir).
La généralisation de la nouvelle « digital workplace » ne peut se faire qu’en y intégrant une ouverture vers le social. Beaucoup d’entreprises l’ont déjà mis en production des espaces ouverts au niveau interne, de leur écosystème, qui intègrent des flux d’informations des médias sociaux, mais également des espaces d’échanges.
A l’instar d’IBM, dont le cas est présenté dans ce billet, le but est de faciliter le quotidien des employés.
Si l’entreprise est dans une logique de services vis à vis des collaborateurs, ceux-ci adoptent (en réciprocité) le même type de logique dont ils savent qu’elle est garante de reconnaissance et de loyauté !
Le nouvel intranet n’est plus un « machin » isolé et produit en interne, il devient un « outil » parfaitement intégré et disponible pour tous.
Collaboratif, social et contributeur à une meilleure productivité, le nouvel intranet sera également la plateforme à partir de laquelle les employés auront à disposition les applications et autres solutions métiers indispensables à leur « mission » au service de l’entreprise.
Support d’un nouvel environnement du travail caractérisé notamment par le « télétravail« , la mobilité, le nouvel intranet devient le socle sur lequel l’entreprise 2.0 peut se construire en valorisant au mieux les évolutions technologiques à sa disposition (outils 2.0, cloud computing et supports mobiles) tout en réalisant des économies sur des postes importants tels que l’immobilier, les transports, etc.
Reste la question de la gouvernance, ou plutôt les nombreuses questions liées à la gouvernance : gouvernance de l’entreprise, du SI, de l’information, des données, des médias sociaux, ……..
Avant de parcourir l’intégralité de cette présentation faite par Ross Dawson, quelques extraits significatifs de l’importance d’une stratégie de gestion des médias sociaux notamment au niveau « ressources humaines » :
Sans être un spécialiste de la sémantique, il a toujours été des mots dont l’usage dans certaines expressions me laisse perplexe et dont je pense qu’il contribue à un message volontairement réducteur.
C’est le cas de ressource dont la définition selon le Larousse est :
Et de son usage dans l’expression :
A l’époque de l’indiscutable prédominance d’une vision « tout en chiffres » de l’entreprise et des organisations, vision servie par les « progiciels de gestion intégrée » ou autres ERP, supports de l’informatique de gestion, il n’est pas étonnant de constater que l’offre de services des collaborateurs et des employés a été réduite à un moyen au même titre que les autres mis en oeuvre par les entreprises.
Aujourd’hui, et sans nier l’intérêt et l’utilité de ces applications de gestion, l’entreprise évolue vers une « informatique de contribution » supportée par de nouvelles solutions qui viennent accompagner une nouvelle vision dans laquelle l’humain et le lien social revient « sur le devant de la scène » pour une approche différente mais toujours profitable !
Dans ce contexte, il est clair que l’humain dans sa complexité, dans sa richesse, dans sa singularité et dans sa diversité ne peut pas être considéré uniquement en tant que ressource !
Pour autant, l’usage du mot « ressource », à lui seul, contribue-t-il à réduire l’importance de l’humain et du lien social dans nos organisations et si oui, quel terme ou quelle expression serait mieux adaptée pour représenter cette richesse ?
Plus nous sommes en contact avec les économies dites « émergentes », plus nous sommes nombreux à constater que, au-delà des toutes les questions de développement technologique et financier, les populations qui les servent ont su garder des structures, des liens sociaux très forts et aujourd’hui, c’est un réel atout au service des organisations !
La logique de service (versus celle de ressource) s’impose petit à petit dans les organisations et il est essentiel de savoir mettre en oeuvre les conditions cadres nécessaires à son épanouissement.
Il ne s’agit pas de revenir en arrière, mais bien de contribuer à une nouvelle réalité sociale servie par mais également au service de l’humain.
Le débat n’est ni futile, ni vain !
Si vous pensez que les expressions que nous utilisons ne sont pas le fait du hasard et qu’elles sont « l’illustration de notre vision » du monde dans lequel nous évoluons, alors il est probablement temps d’imaginer une expression plus noble et valorisante pour parler des collaborateurs qui travaillent au service des objectifs des organisations commerciales ou non !
Cela commence à bouillonner dans les conférences et les réunions publiques consacrées à l’évolution des entreprises : que ce soit #confrintanet ou le « Petit Déjeuner » Boostzone | Collaboratif info de la semaine dernière, ou les différents meet-ups préparatoires à Entreprise 2.0 (Paris – Février 2012), sans oublier le très récent Symposium Gartner d’Orlando !
L’entreprise de demain, tout le monde en parle !
Nous avons changé !
Cela a pris du temps, mais nous (en tant d’individus) avons changé dans nos envies, nos aspirations, nos modes de fonctionnement, etc….
et naturellement cette évolution va fortement influencer le fonctionnement et la stratégie des entreprises et des organisations professionnelles !
En ce début d’année, nous avions déjà relayé les travaux des sociologues et mis en exergue les nouveaux pactes sociaux.
Maintenant, et au-delà des milieux universitaires, tout le monde s’accorde à constater l’importance et l’irréversibilité de ces évolutions et il en va de même dans les entreprises.
L’individu doit aujourd’hui être perçu selon le (s) rôle(s) qu’il assume au gré de ses obligations, de ses envies ou encore de ses besoins.
Tantôt consommateur, parent, client, conseiller, ami, etc.., l’individu ne peut-être plus être réduit à une vision de la personne basée sur la fonction qu’il occupe au sein de la société : nous sommes passés d’une vision « utilisatrice » à une vision « humanisée« . Nous sommes tous à la recherche de sens et nos comportements au quotidien, à la maison, au travail, en sont fortement influencés :
en tant que consommateur, nous voulons des objets, des biens ou des services qui participent de cette recherche
et en tant qu’employé ou collaborateur d’une organisation, nous voulons de la reconnaissance, de la participation, mais également une approche nouvelle.
Loin des systèmes, des technologies, l’entreprise doit adapter sa stratégie, ses comportements et ses outils de gestion et de management (de l’informatique de gestion à une informatique de contribution).
On entend beaucoup parler de « social business » et d’applications du type « social CRM » ou réseaux sociaux d’entreprises, mais l’évolution que nous vivons est avant tout une histoire de PERSONNES et non de processus, de tâches ou de systèmes !
Alors, demain ?
Demain, comme hier, on ne « rasera pas gratis » et il faut que les responsables d’entreprises anticipent les conséquences de cette évolution culturelle, non seulement du point de vue de leurs activités (ventes, marketing, etc.), mais également de celui de leur organisation et de leur fonctionnement (ressources humaines, communication, collaboration, etc.).
Individu, employé et culture de services
Un des éléments dont il faut absolument tenir compte est directement lié à cette évolution : nous sommes pleinement entré dans une culture de services.
Bertrand Duperrin a publié, la semaine dernière, un billet mettant en perspective cette notion de service au regard notamment de la relation client.
Pour ma part, je souhaiterais axer ma réflexion en mettant en perspective cette notion au regard de la « relation employé« .
Dans les acronymes récemment apparus dans le monde du traitement de l’information, je retiendrai XaaS (Everything As A Service).
L’employé, le collaborateur, demande de la reconnaissance et de la participation, mais au quotidien, il souhaite que l’entreprise lui donne les moyens, les outils, qui lui permettront d’être efficace au service de la réussite de son employeur.
Loin des organisations encore bien présentes aujourd’hui, l’entreprise doit développer une culture de services et adopter son fonctionnement et son management.
Pour autant et quelles que soient les prévisions des experts, les conditions économiques sont assez peu propices à l’entreprise de demain et certains, comme Xavier Aucompte dans son dernier billet, ne cachent pas leur pessimisme !
L’entreprise de demain ne nécessite pas beaucoup plus de moyens financiers, mais elle a besoin d’une vision et de leaders pour l’assumer et la porter.
Et en période de crise, la tendance est au repli, au protectionnisme, et aux « bonnes vieilles méthodes » alors que le seul choix réellement pertinent est de s’investir dans l’innovation, le service, l’ouverture et la « rupture ».
On aura plaisir à suivre ceux qui s’inscrivent dans cette démarche car ils seront les gagnants de demain et pour ceux qui en doutent encore, souvenez-vous de l’attitude des majors du disque (sur les 10 dernières années) !
Demain, ou après demain, l’entreprise va évoluer ! Avec VOUS ?