L’immaturité numérique, trop grave ?


Ce n’est pas encore la panique, mais cela pourrait vite y ressembler !

Il ne suffit pas d’appartenir à la très fameuse génération Y, ni d’utiliser le langage SMS à tort et à travers, ni de tenter de tout faire côté boulot à partir de sa tablette et d’un « share » gratuit pour avoir une maturité numérique suffisante !

Il en est de même pour les entreprises dont certaines pourraient rapidement en pâtir. Comme le souligne McKinsey dans un billet au titre non équivoque « Raising your Digital Quotient » il s’agit pour les entreprises de bâtir l’organisation et la culture qui saura mettre en oeuvre avec succès la meilleure stratégie pour elle et ne pas se contenter de « copier » les autres !

Basé sur l’exploitation des données liées au DQ (un indice composé de 18 critères) récoltées auprès de 150 entreprises dans le monde, Mc Kinsey constate :

Assessing Digital Quotient

Les résultats de cette étude ont permis aux auteurs de l’article de dégager quatre leçons essentielles pour les entreprises existantes.

  • Tout d’abord, la stratégie est clef !
    Les entreprises qui peuvent fonctionner comme des perturbateurs à l’échelle mondiale, telles que Spotify, Square et Uber-sont peu nombreuses. Plus rares encore sont les « façonneurs » d’écosystème qui fixent des normes de facto et dirigent des points de contrôle universels créés par des plateformes numériques sans cesse grandissantes.
    95 à 99 % des entreprises existantes doivent choisir un chemin différent, non pas en se contentant de « numériser » à la marge leur business traditionnel mais en s’engageant de tout coeur dans une stratégie claire.
  • En second lieu, le succès dépendra de la capacité à investir dans les outils numériques pertinents qui sont bien alignés avec la stratégie et à le faire à grande échelle.
    Les bons outils sont ceux qui vous aideront à garder la relation avec vos clients que la numérisation transforme dans la façon dont ils considèrent la recherche et les produits et services, dont ils interagissent et  dont ils prennent les décisions d’achats en tant que consommateur numérique.
  • Les capacités techniques tels que l’analyse de données (big data), la gestion de contenu numérique et l’optimisation des moteurs de recherche sont cruciales pour réussir mais ils ne suffiront pas. Une culture forte ouverte et « adaptable » doit permettre de combler les manques de ces techniques.
  • Enfin, l’entreprise doit aligner sa structure organisationnelle, sa gestion des ressources humaines et le développement des talents, ses mécanismes de financement, ainsi que les indicateurs clés de performance (KPI) avec la stratégie numérique qu’elle a choisi.

Le chemin est singulier et vous pouvez vous inspirer du détail des conseils prodigués par McKinsey pour dessiner le votre.

Et s’il suffisait d’une image pour se convaincre du retard accumulé dans la transformation numérique par les entreprises « souveraines » qui composent l’indice de la bourse de Paris, la voici !

Vous noterez au passage que c’est un sujet qui occupe visiblement moins les COMEX et autres organes de direction des entreprises que les sans parler des journaux et autres blogs sans parler des diners en viller en ville 🙂

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Transformation Digitale: Au bord de la crise de nerfs !


A force de billets, d’interview, de conférences, tout le monde (ou presque) n’en peut plus !

crisedenerfLa pression imposée par des contingents d’articles, de points de vue et de tables rondes autour de la transformation digitale est presque insupportable !

Il n’est pas une journée sans qu’un expert, un gourou, un digital « jenesaisquoi », ne s’autorise à se poser en donneur de leçons des bonnes pratiques et des meilleurs résultats.

En fait, il est assez surprenant, parfois drôle, de lire des billets ou d’écouter certaines interviews qui ne portent pas autrement à conséquence si ce n’est que le nombre les rend insupportables tant il est vrai que comme toujours dans le monde de la communication et encore plus dans le numérique, l’intensité du volume d’émission n’est pas représentatif de la qualité du message !

Aujourd’hui, nous somme entrés dans une phase ou la communication fait la « réclame » de la transformation digitale, ou les gourous ubérisent à toute vitesse et ou le client est une expérience …. je plaisante bien sûr !

Tous les gros mots sont autorisés et en particulier – digital, ubériser, collaborative, expérience – que vous pouvez placer dans l’ordre que vous voulez dans un exercice de style parfaitement réussi.

La transformation digitale vue par la presse dite économique (grand public), c’est un peu ce qu’était – sans la truculence des personnages – la Cuisine des Mousquetaires avec Maïté à la gastronomie française : une proposition parfois alléchante, toujours difficile à suivre donc à réaliser et dans laquelle le résultat est tout sauf garanti !

On va donc laisser les « marketers » de la transformation digitale tenter de faire du business avec leur communication et continuer à travailler au quotidien avec des entreprises qui souhaitent aller de l’avant en capitalisant sur leurs atouts et notamment leur savoir-faire pour adapter leur modèle d’affaires.

Pour le reste, n’oubliez pas que c’est vous qui décidez de vos objectifs, de votre stratégie et des éléments de mesure !
La « dictature » du digital n’est qu’un feu de paille et très vite disparaîtront avec lui les pseudos pratiques vertueuses et les conseils inadaptés et inutiles, mais je reconnais que pour le moment c’est un peu lourd !

En attendant, vous pouvez lire cet excellent billet de @fcharles dans lequel vous pourriez découvrir des réalisations bien plus prometteuses que les banalités répétées en ligne à longueur de journée !
Le numérique demande une nouvelle vision des choses