Entreprise collaborative, social business : y-a-t-il une place pour les cols bleus !

Si on en juge par les définitions de l’entreprise 2.0 qui fleurissaient il n’y pas encore si longtemps sur le web, rien n’est moins sur !
En 2009, à l’occasion de la conférence E 2.0 de Boston, à la question What’s Enterprise 2.0, la réponse était:

Enterprise 2.0 is the term for the technologies and business practices that liberate the workforce from the constraints of legacy communication and productivity tools like email. It provides business managers with access to the right information at the right time through a web of inter-connected applications, services and devices. Enterprise 2.0 makes accessible the collective intelligence of many, translating to a huge competitive advantage in the form of increased innovation, productivity and agility.

Et aujourd’hui ?

Le pragmastisme l’emporte et loin du discours (facile) de quelques éditeurs et consultants, l’entreprise re-découvre sa diversité et entend en faire un atout !

Ne pas intégrer les « cols bleus » dans un projet de mise à disposition d’outils sociaux dans l’entreprise revient tout simplement (mais avec quelle violence!) à les exclure du « processus » d’évolution de l’entreprise.

A quel titre ?

Il n’y aucune justification à l’exclusion des cols bleus des espaces collaboratifs et autres plateformes de communication ou de gestion des communautés mises en oeuvre dans les organisations.
En effet, « col bleu » ne signifie pas inadapté à l’utilisation de ces nouveaux outils !
Quand on parle de fracture numérique, il est trop facile d’opposer « bleus » et « blancs » tant il est vrai que tout à chacun a aujourd’hui, et s’il le souhaite, les facilités et les moyens d’acquérir par la pratique et ses outils personnels (tablettes, PC et smartphone) une « expertise » ou à tout moins de l’aisance dans l’utilisation de ces applications !

Et en pratique ?

C’est bien là que souvent cela « coince » !
En matière de communication interne, les « cols bleus » sont depuis très longtemps habitués du tableau d’affichage et sur ce point la dématérialisation de la diffusion des contenus n’a eu souvent aucun effet pour eux.

Ne disposant pas d’un poste de travail informatique, ils n’ont pas d’adresse email, pas d’accès au courrier électronique dans l’organisation, et ne sont pas recensés (très rarement) dans les annuaires du type LDAP dont la mise en oeuvre a initialement répondu à des besoins de gestion des droits d’accès aux applications informatiques.

Une réponse facile : la tablette !

Pourquoi pas en effet, mais je préfère parler en général de mobilité et donc de mise à disposition des ces applications tot autant au travers de smartphones que de tablettes.

Pour autant, si l’accès facilité était suffisant pour l’adoption de ces outils, il en irait également plus facilement dans la population des « cols blancs » !

Imagination et un peu de créativité
Les cols bleus ont su garder une certaine solidarité malgré (ou du fait) les impératifs de l’organisation taylorienne du travail.

Le « rejet » ressenti dans certaines entreprises a renforcé chez certains un « esprit de corps », un sentiment d’appartenance à une « classe » dévalorisée au yeux des cadres urbains, sortis des petites et grandes écoles, technophiles et souvent méprisants (ou pour le moins distants vis à vis du travailleur « manuel »).

Aujourd’hui, il est important de pouvoir compter sur et avec toutes les forces, les compétences et les intelligences des employés de l’entreprise et en ce domaine, les cols bleus ont beaucoup à donner, à transmettre, à partager et à recevoir au travers des espaces de communication et des portails collaboratifs !

Quelques pistes

Quand bien même certains pensent que le secteur secondaire est appelé à disparaître ou du moins à se réduire considérablement encore dans les économies occidentales, il serait dangereux de se satisfaire de données statistiques pour illustrer l’importance du travail des « manufactures » dans de nombreuses activités économiques !

Le savoir-faire de beaucoup de cols bleus est souvent un capital inestimable pour l’entreprise qui les emploie, aussi pourquoi ne pas essayer « d’organiser » des espaces de partage de ces expériences entre jeunes et moins jeunes (apprentissage) au travers à la fois d’espaces virtuels et de moments de convivialités réels ?

Il est également indéniable que ces collaborateurs peuvent avoir une contribution importante dans les initiatives en support à l’innovation (nouveaux produits ou amélioration de produits existants) et qu’à ce titre, il est dommage de se priver d’un tel capital qui souvent ne demande qu’à s’exprimer !

A l’instar de Semco (un des rares cas assez bien décrit), et d’un point de vue concret du dialogue, du partage et de la collaboration ouvrent des perspectives, parfois enthousiasmantes et souvent profitables, d’une amélioration certaines des conditions, de l’organisation et de la qualité du travail.

Il y a bien sur beaucoup d’autres opportunités pour favoriser l’adoption des « pratiques collaboratives et sociales » par les cols bleus et c’est à chaque entreprise concernée de trouver son chemin.

A défaut, elles risquent de perdre une partie de l’âme  (et de l’efficacité économique) qu’elles ont encore pour certaines !

8 réflexions sur “Entreprise collaborative, social business : y-a-t-il une place pour les cols bleus !

    • Oui, bien vu et tu mettais déjà le doigt sur une réalité à laquelle sont confrontées les entreprises « industrielles ».
      Et le « push » des outils, n’en déplaisent à certains n’est pas LA solution!
      Merci

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