Intranet 2011, les tendances : contribution, collaboration et bavardage


Les résultats de l’enquête 2011 réalisée par l’Observatoire de l’Intranet :

Réseau social et valorisation du patrimoine (expérience en Suisse)


Il est toujours intéressant de s’arrêter quelques instants sur des expériences et des projets qui « fonctionnent bien » et celui qui nous intéresse dans cette note en fait indiscutablement partie !

Le projet notrehistoire.ch est une bonne illustration des atouts d’un réseau social (on ne parle plus ici de réseau social grand public ou de réseau social d’entreprise) mis en oeuvre en tant que projet (culturel en l’occurence).

La plateforme, basée sur la solution Hyperweek, a été officiellement lancée le 29 octobre 2009 sous l’initiative de la Fondation pour la Sauvegarde du Patrimoine audiovisuel de la TSR dans le but de “créer une fresque en images et en sons de l’histoire de la Suisse romande au XXe siècle« .

Cette expérience a été bâtie autour d’un projet éditorial et en indépendance, notamment technique (site indépendant), par rapport aux médias (TSR, RSR et L’Illustré) qui le soutiennent et en assurent la promotion.

La découverte et la mise en valeur du patrimoine historique commun

Depuis fin 2009, ce sont plus de 1’300 suisses romands qui se sont inscrits sur notrehistoire.ch pour mettre en ligne, donc partager leurs archives : plus de 17’900 photos, 525 vidéos, plus de 100 interviews audios et près de 300 notes ou articles documentés.
Aujourd’hui, un « noyau » de contributeurs très actifs s’est crée autour d’une petite centaine de participants tandis que la plateforme affiche une moyenne de 500 à 700 visites par jour. Naturellement les fonds personnels ne sont pas extensibles et une fois le tri fait et les décisions de publication prises, les contributions se limitent souvent à l’ajout d’informations complémentaires ainsi qu’à des commentaires à propos de documents mis en ligne par d’autres contributeurs.
Mais l’intérêt pour la plateforme ne se dément pas et, jour après jour, de nouveaux contributeurs rejoignent l’espace social pour participer à la constitution de ce panorama de l’histoire de la Suisse romande.
Claude Zurcher, responsable éditorial de notrehistoire.ch, nous confie que le versement de nouveaux documents est très régulier. Il est également fier de la qualité des contenus accessibles à tout à chacun.
L’existence d’une charte éditoriale claire et précise permet aux contributeurs de décider des contenus qu’ils souhaitent mettre en ligne au regard de leur intérêt pour la communauté tandis que l’existence d’une politique de métadonnées liées à ces contenus en facilite le classement ainsi que l’indexation.
Il est également intéressant de noter que les contributeurs sont tout autant urbains que ruraux et que les cantons dans lesquels les institutions, telle la Médiathèque du Valais, ont une activité soutenue, sont largement plus représentés que les autres.

Et aujourd’hui, les interactions avec ces institutions sont un des vecteurs de consolidation de la plateforme actuelle et des fonds de contenus qu’elle héberge.

Ainsi, le projet est essentiel à la vie du réseau social d’entreprise ou public et qu’au delà des discours incantatoires qui pullulent sur le web, il est important de savoir rester concret.

Renforcer les liens sociaux

Au delà du projet qui sert de fondation à la communauté, il y a la dimension sociale, la création et/ou la réactivation de liens au sein de cette communauté.

Ainsi de nouvelles « communautés » se créent autour de centre d’intérêts communs : régions, villages, famille, profession, etc. Pour Claude Zurcher la qualité de l’interface (utilisabilité)à été déterminante dans le développement de cette activité sociale qui est, sans aucun doute, un de meilleurs critères pour qualifier la réussite de ce projet.

Les contributeurs aiment à apporter leurs documents en tant qu’illustrations de la réalité sociale, politique et culturelle de la Suisse romande et il est important de mentionner que la question, légitime, de la sphère privée, ne se pose pas car l’enjeu est le témoignage et le partage au service de la communauté, bien loin de l’exhibitionnisme et de la futilité de certaines plateformes dites sociales !

La richesse du lien social et sa vigueur tiennent également au fait que dans cet espace ce sont les protagonistes, les acteurs, qui publient, commentent, annotent, partagent, bref, qui donnent un éclairage sur notre histoire commune !

Une des leçons de cette expérience tient également au fait que le lien social est transversal, qu’il n’est pas exclusivement lié aux organisations qu’il peut transcender et que seuls des espaces ouverts, mis en oeuvre en toute clarté (charte, autorégulation) avec des objectifs réalistes et fédérateurs peuvent créer les conditions favorables à son épanouissement.

Ouvrir de nouvelles perspectives en associant numérique et fonds historiques

Enfin et sans vouloir aller trop vite, notrehistoire.ch a les capacités et la légitimité à concilier institutions et patrimoine social.
Une application Iphone est en cours de publication et pourquoi pas demain, des guides, des expositions thématiques avec les musées et autres institutions culturelles, des projets d’édition, un déploiement en Suisse (au niveau national) ou des projets similaires en Europe ou ailleurs.

Les idées ne manquent pas, mais il faut rester simples et pragmatiques et avancer au rythme qui est le sien.
Ces enseignements valent également pour les projets d’entreprises dans lesquels la patience et la capacité à mettre en perspective ces initiatives, au regard des objectifs globaux, sont essentiels.

Au fait, vous n’avez pas encore visité notrehistoire.ch ? l’accès y est libre !

Bon voyage en Romandie.

Réseaux sociaux d’entreprise : contribution, confiance et loyauté


Les derniers retours d’expérience montrent bien que la contribution reste LE point d’interrogation quant à la mise en oeuvre et au succès d’un réseau social d’entreprise !

Aujourd’hui, un taux de 20 à 25% de contributeurs actifs est considéré comme un succès et il est très probablement utopique d’espérer une croissance « naturelle » rapide de la participation.

Le réseau social d’entreprise fait la part belle à l’écrit et nous sommes peu nombreux à accepter de prendre le temps de nous exprimer publiquement sur ces plateformes.

Comment faire pour atteindre un seuil et une qualité de contribution qui atteste du succès de ce type d’initiative ?

Faut-il institutionnaliser le bavardage ?

Le réseau social d’entreprise ou la « machine à café », tel pourrait être le thème d’un débat et les nombreux épisodes de la série télévisée sont autant d’illustrations sympathiques, drôles et souvent pertinentes de notre quotidien en entreprise.

Ces bavardages (dont nous nous régalons tous) sont importants car ils contribuent à la vie sociale dans l’entreprise.
Pourtant, il sont souvent stériles car les leaders d’opinion de « l’espresso serré » ne sont pas forcément ceux qui contribuent le plus dans les projets officiels, mais par leur attitude, ils « tuent dans l’oeuf » l’expression d’opinions différentes et intéressantes.

Le réseau social d’entreprise doit valoriser le bavardage (pas les ragots) en mettant simplement les sujets et les thèmes à disposition sans sacralisation des échanges.
L’échange dans un réseau social d’entreprise n’a rien de comparable avec une conférence une présentation officielle : la charge émotionnelle et la valorisation personnelle n’y ont pas de place.
En refusant que la « cafett » soit le seul espace d’échange entre collaborateurs et en valorisant le débat et le bavardage dans les espaces sociaux, l’entreprise valorise son capital humain et l’intelligence des ressources humaines.

Mais le bavardage et la contribution desinhibée (reste le savoir-vivre) ne peuvent être réellement « productifs » que si l’entreprise est loyale vis à vis des collaborateurs, loyauté dont elle sera également le récipiendaire !

Le retour du modèle d’apprentissage

Il est probable que les différences culturelles entre pays latins et anglo-saxons influent sur les comportements dans les réseaux sociaux d’entreprise. Il semble que la culture anglo-saxonne privilégie plus la créativité, le partage que le savoir.

Delphine Manceau est revenue rapidement sur le sujet et je vous propose d’en lire plus à ce sujet dans la note publiée sur TheHyperTetxtual cette semaine.

Il est un modèle de formation qui va bien au-delà de la transmission du savoir : l’apprentissage.

Il est vrai que ce modèle est souvent considéré, notamment en France et contrairement à la Suisse ou l’Allemagne, avec condescendance par les milieux dits « intellectuels » .

Il est dans l’apprentissage beaucoup plus que de la technique, ce sont avant tout des échanges, des relations humaines, de l’humilité, des réussites, des difficultés, mais jamais, ni de la solitude, ni du repli sur soi.

L’apprentissage ne fonctionne bien que dans des relations de confiance et d’envie (de découvrir et de donner) et il permet de transmettre « naturellement » ce que Thierry de Baillon nomme le savoir renégat !

Mais l’apprentissage, c’est un peu de bavardage et beaucoup de mises en situation concrètes (gestes, méthodes, stratégies, etc.), et c’est également, accepter de ne pas savoir ou réussir du premier coup et savoir aller chercher conseil et aide.
Quand les participants des réseaux sociaux d’entreprises auront l’humilité de contribuer, non pas pour flatter leur ego, mais tout simplement émettre, transmettre, partager et recevoir, comme dans le modèle de l’apprentissage, alors les projets de RSE auront atteint un stade de de maturité justifiant leur déploiement dans les organisations.

Mais faut-il encore, comme dans l’apprentissage, donner la responsabilité de ces espaces à ceux qui sont les plus aptes (expérience, connaissance, talent, envie, etc.) à les faire vivre et à donner aux participants les « outils » les mieux adaptés et vraiment utiles et utilisables. (appel aux éditeurs pour un peu plus d’innovation !)

Difficile sans un esprit d’équipe

Un réseau social d’entreprise peut être caractérisé par l’interaction et  l’engagement.

L’engagement n’est pas une notion vaine dans le monde de l’entreprise, tout comme la confiance sans quoi il est impossible.

Il permet, au delà des plateformes transversales de connaître, reconnaître, découvrir les autres mais également de donner envie, de s’affirmer pour contribuer à la réussite d’une équipe.

Sylvaine Pascual a publié récemment une note et quelques avis (autorisés!) à ce sujet sur son blog en mettant en avant cette valeur essentielle dans les sports collectifs et notamment le rugby (Aupa BO, mais là je m’égare !).

La réussite d’un réseau social d’entreprise passe indéniablement par la valorisation des individus, des savoirs et des expériences et un réel « team spirit » et des vrais leaders !

Le réseau social d’entreprise au coeur des espaces d’innovation


J’ai eu l’occasion la semaine dernière de suivre un webinar organisé par blueKiwi sur le thème de l’innovation et les réseaux sociaux avec notamment le témoignage de La Poste (France).

Récemment, nous abordions ici le thème de la maturité et de la « professionnalisation » des plateformes supportant les réseaux sociaux.
Avec la publication des retours d’expérience d’entreprises européennes, nous commençons à disposer d’illustrations qui nous permettent de mieux comprendre les atouts de la mise en oeuvre de telles plateformes.

L’engagement (investissement personnel) est essentiel

Faire le choix de déployer un réseau social d’entreprise est une décision aisée et valorisante, reste encore à y mettre de la valeur !

Au delà de nos précédentes publications concernant le réseau social d’entreprise, il est important de souligner à quel point l’engagement est clef dans la pertinence, donc le succès de ces initiatives.

Chacun le sait, l’engagement ne se décrète pas et il faut créer les conditions qui lui permette de « s’épanouir », à savoir, confiance,  cohérencetolérance,   endurance et  pertinence

Ainsi, il a été intéressant d’entendre Leticia Celaci, responsable de l’animation de la plate forme BlueNove (en production au service de l’innovation à La Poste [DIDES]) expliquer que les 3 principaux freins à l’expression (environ 23% de « publicateurs » et 77 % de « lecteurs »), selon les membres des espaces ou des communautés :

  • le manque de temps,
  • la crainte de s’exposer (qualité rédactionnelle, orthographe, idées, etc.)
  • un moindre intérêt pour le sujet ou la conversation

Démarche et méthode

L’innovation n’a probablement jamais été le fait d’individus solitaires, isolés tout aussi géniaux puissent-ils avoir été.
Depuis les débuts de la chasse aux grands mammifères, il semble que l’espèce humaine a su mettre en oeuvre  des stratégies de collaboration pour subsister et se développer.

Le réseau social d’entreprise en tant que plateforme d’échange et de collaboration apporte beaucoup aux équipes en charge de l’innovation.

Au delà de la publication de documents, d’informations et du partage d’idées, le RSE expose, par sa dimension transversale, le désir et le pouvoir d’innovation aux appréciations critiques de tous les contributeurs qui souhaitent y participer.

L’expérience, et le bon sens, attestent de l’incroyable créativité et capacité d’innovation du groupe au regard de ce que l’individu peut faire seul.

Il faut donc renforcer ce « team spirit » sans céder aux « sirènes » et aux facilités des organisations en silos dont on sait qu’elles sont souvent beaucoup moins « prolifiques » en terme d’innovation parce qu’elles n’exposent pas leurs réflexions au regard de toute l’entreprise.

Il est impératif de mettre en place les conditions favorables à l’épanouissement de la volonté d’innovation par une animation soutenue et efficace des espaces, ce qui signifie d’avoir su créer ou adapter une démarche pertinente, basée sur une méthode « hybride » faite d’intuition, d’empathie et de beaucoup de persévérance.

Le réseau social d’entreprise est une formidable plateforme pour beaucoup de projets et/ou de services.

Nul doute que l’innovation peut y trouver un épanouissement, mais la technique, bien que nécessaire, ne suffit pas et à l’instar de ce qui se passe actuellement dans le domaine du social business, les initiatives ont besoin du soutien, ou au moins d’une certaine participation, de toute l’entreprise et de son ecosystème.

Bref, le social, même ou surtout en « interne », ce n’est surtout pas qu’une affaire de com !!!

ECM et RSE : Perspectives 2011 et retour d’Info360 [J. Mancini -AIIM]


La dernière étude sectorielle produite par AIIM avec notamment une section consacrée aux « outils « sociaux » et collaboratifs  (adoption et « business drivers ») dans l’entreprise.

Et pour tous ceux qui n’étaient pas à Washington la semaine dernière pour Info360, ci-dessous quelques notes communiquées par John Mancini.