Sphère privée et médias sociaux : tout a été dit, mais rien (ou presque) n’a été fait !


Aux USA, le Congrès se pose beaucoup de questions quant à la protection de la sphère privée sur Facebook tandis qu’en Suisse, c’est le Préposé fédéral à la protection des données et à la transparence (PFPDT) qui s’inquiète à propos de Google Street View et qui demande à la justice de trancher !

Il est peut-être injuste d’écrire que rien n’a été fait en ce qui concerne la protection des données personnelles car les textes et les directives existent au niveau suisse (cf. supra) mais également au niveau européen avec la directive 95/46/CE qui « constitue le texte de référence, au niveau européen, en matière de protection des données à caractère personnel. Elle met en place un cadre réglementaire visant à établir un équilibre entre un niveau élevé de protection de la vie privée des personnes et la libre circulation des données à caractère personnel au sein de l’Union européenne (UE). Pour ce faire, la directive fixe des limites strictes à la collecte et à l’utilisation des données à caractère personnel, et demande la création, dans chaque État membre, d’un organisme national indépendant chargé de la protection de ces données. »

Business versus sphère privée

L’opposition n’est pas nouvelle tant les enjeux sont importants pour nous tous.
La sphère privée, notion relativement récente, est une protection contre les intrusions (ingérences?) de plus en plus nombreuses dans notre liberté de conscience, de choix et bien sur, notre propre sécurité.

L’existence de charte à propos du droit à l’oubli ou l’utilisation des techniques d’obfsucation ne sont pas suffisantes pour protéger le citoyen dans un monde où les données personnelles sont parfois les clefs (exploitation marketing) de la réussite d’un business.

Il est légitime pour tout fournisseur de services, et pour tout commerçant, de s’attacher à mieux connaître son marché, ses potentialités, les segments auxquelles il s’adresse, bref  à travailler son marché et sa « zone de chalandise », mais doit-on pour autant accepter que cela se fasse à nos dépens ?

Des entreprises à dimension sociale?

L’entreprise a une responsabilité sociétale surtout en ce qui concerne les données numériques et il ne suffit pas de se « cacher » derrière les possibilités offertes par les technologies pour s’en dégager.
Le cas Confédération Suisse vs Google Street View est intéressant de ce point de vue.
En effet, personne ne remet en cause l’intérêt du service proposé par Google, ni sa pertinence (le marché et les consommateurs s’en chargeront) mais il est légitime de s’interroger sur les conditions dans lesquelles les images à la base de ce service sont prises et sur l‘insuffisance de protection des données personnelles pouvant exister sur ces images.

La confiance : facteur du succès !

L’économie numérique ne peut vraiment se développer sans que les acteurs aient pleinement confiance dans les organisations et les entreprises.

Il est important de souligner que le terme le plus souvent associé à économie numérique ou à internet est PROTECTION !
Nul doute des dangers et chacun doit prendre des précautions quant à la divulgation d’informations personnelles. Le challenge est le même (mais l’échelle est différente) pour les entreprises que pour les personnes privées et les sources d’information, notamment à destination de la jeunesse et à l’initiative des pouvoirs publics, sont disponibles : Netla en Suisse, CNIL en France.
Il existe également des services du type liablefor qui proposent une aide et un support pour les particuliers, et les entreprises, soucieux de protéger leur identité numérique et leurs données personnelles, mais il est regrettable de constater que Google, Facebook et bien d’autres n’ont pas une attitude proactive et se contente d’adapter leurs politiques ou leur façon d’agir selon les contextes légaux.

A quand une réflexion globale et coordonnée (G8 pour la CNIL) sur le sujet de la protection des données personnelles, réflexions qui devrait aboutir à des règles simples, universelles (je rêve?), indiscutables quant à l’appropriation et l’utilisation et la sécurisation des données personnelles de tout à chacun ?

Il en va de notre confiance dans une économie dont la croissance est favorisée par la dématérialisation et la croissance exponentielle des échanges de contenus numériques.

Annexes :

Que d’information (suite), y a-t-il un pilote ???


En juillet 2010, je publiais une note à propos de la production de contenus, de big data et du phénomène « d’information overload » ou d’infobésité (infobesity) qui semble être une des caractéristiques majeures de notre monde 2.0.

En 2003, Jakob Nielsen mettait en garde contre « l’information pollution »,  la difficulté d’absorber toutes ces informations et un phénomène de « zapping » généralisé.

Depuis qu’une société informatique française a su créer le buzz en mettant en avant son projet de généraliser les réseaux sociaux d’entreprise afin de supprimer les emails (trop ci, trop ça) et reprendre ainsi une hypothèse formulée sur ce blog en début d’année, il n’est pas une semaine sans un article dans la presse ou dans les blogs à propos de l’infobésité !

Ne voir dans les réseaux sociaux d’entreprise que des avantages en terme de gestion de courriel est surprenant et associer le « trop plein » d’information au seul usage de la messagerie électronique est tout aussi réducteur.

Trop d’information et de contenus

Le volume d’information produit double chaque année et il est majoritairement le fait d’individus (en opposition aux contenus produits par les applications, par exemple : les factures, les relevés de banque, etc.) et majoritairement constitué de contenus non structurés (tels que emails, vidéos, messages, courriers).

Voyez ci-dessous l’illustration vidéo faite en 2010 par Informatica :

Nouvelles méthodes et anticipations

De même que l’entreprise 2.0 ne peut-être réduite à la mise à disposition d’outils issus du web 2.0 aux collaborateurs, il est impossible de ne pas mettre en oeuvre des stratégies pour gérer ce flux permanent d’information généré par et pour les individus et les organisations.

Toutes les études se rejoignent sur le fait que dans les réseaux sociaux publics, 1% des « abonnés » créent les contenus, 24 % sont actifs tandis que 75% restent passifs voire pas intéressés. De même, des enquêtes récentes ont permis de constater que moins de 10% des messages émis sur Twitter étaient lus !

En ce qui concerne, les réseaux sociaux d’entreprise et si on en croit certains retours d’expérience (exemple: Alcatel Lucent), le taux d’activité est bien meilleur !

Il nous est impossible de traiter ce flux en temps réel et il est probable que beaucoup de contenus ne méritent aucune attention et n’ont aucun intérêt (sauf pour celui qui les a créés).

Tant que la publication de contenus sera gratuite (pas facturée en tant que telle pour le particulier), il est certain que la volumétrie produite continuera à croître exponentiellement, mais il est également probable que la volumétrie stockée ou conservée ne pourra suivre la tendance au même rythme.

Pour l’entreprise, la production et la conservation des contenus ainsi que le traitement de l’information ont un coût qu’il faut maîtriser et ajuster en fonction de leur valeur (cliquer ici pour calculer le coût du trop plein d’information pour votre entreprise).

Tout est question de méthode avant de parler d’outils !

A lire en complément :

Entreprise 2.0 cherche leader désespérément …


Il n’est plus une semaine sans nouvel article concernant l’entreprise 2.0, la collaboration, les réseaux sociaux d’entreprise, et je vous laisse découvrir ou redécouvrir ceux que j’ai lu récemment :
Ca n’est pas parce qu’on collabore mieux que l’entreprise y gagne… par Bertrand Duperrin, – Comment créer les conditions pour favoriser le travail collaboratif ? ou encore Curator, social business :le temps des experts n’est pas celui des entreprises sur le blog d’Anthony Poncier et l’excellent L’entreprise 2.0 : pour les organisations d’aujourd’hui ou de demain ? à lire sur le blog d’USEO.

Vous en trouverez beaucoup d’autres sur le web et les différentes mises en perspectives, selon les sites (RH, IT ou encore marketing), sont le plus souvent intéressantes, mais j’ai pourtant l’impression qu’on tourne autour du pot !

Sortir du post-taylorisme et de l’organisation scientifique du travail

L’entreprise est-elle à la croisée des chemins ?
Peu nous importe et les exégètes des théories de management sont là pour nous le dire, mais le modèle 2.0 ne peut se résumer à un modèle dans lequel la technologie 2.0 vient porter secours au post-taylorisme !
Il est encore trop tôt pour annoncer une sortie de ces types d’organisation tant décriés publiquement mais si souvent mis en pratique partout et pas uniquement dans les entreprises.

La collaboration, la responsabilisation, l’expression sont-elles inconciliables avec des objectifs de productivité et de croissance ?

Ras le bol des gestionnaires, besoin de leaders !

Non pas que je pense que les gestionnaires sont inutiles, mais l’entreprise 2.0 a besoin de leaders, de visionnaires pragmatiques et aventuriers.
Les réseaux sociaux permettent à tout à chacun d’exprimer son avis, de partager, donc d’exercer son leadership dans un domaine, sur un sujet ou un projet.

Nous sommes peu nombreux (+- 1%) à profiter de cette opportunité, mais on ne peut nier son accessibilité quasi universelle !

Pour l’entreprise, le défi est du même type : réussir à faire émerger le ou les leaders qui construiront son avenir.

Qui peut réussir la mutation 2.0 ?

On connaît tous des patrons géniaux qui vous donnent ENVIE !
On a tous également connu ou côtoyé des dirigeants aimables (quelquefois), distants, imbus, mais surtout incapables d’articuler une vision, bref des OMBRES !
Dans ce cas, ce sont souvent les gestionnaires (sous contrôle du conseil d’administration) qui supervisent le fonctionnement de l’entreprise à partir du fameux cockpit (traduisez monstruosité de tableaux dynamiques généralement crées avec MS Excel).

Ces profils sont utiles à l’entreprise, mais ils ne peuvent combler l’absence de leader.
A l’instar de ce qui se passe dans les entreprises plus petites ou artisanales où les relations sont plus faciles (proximité) et souvent plus directes, le leadership est primordial.

La mutation des entreprises ne peut se faire sans conduite de changement bien sur, mais elle doit être portée par un ou plusieurs leaders afin de trouver les relais internes nécessaires à son succès.

Ne soyons pas naïfs, dans l’entreprise il en est comme dans la vie quotidienne : peu de collaborateurs souhaitent s’engager a priori.
Il seront d’autant plus nombreux à le faire si un véritable élan est donné par les PATRONS dans un esprit de collaboration et de reconnaissance au service d’une STRATEGIE d’entreprise.

Sans renforcement du sentiment d’appartenance, il n’ y a pas de loyauté et la mutation sera très difficile, donc les succès très incertains.

Méthodes et usages pour une politique de gouvernance de l’information


LA  STRATEGIE

La gouvernance, ou plus simplement la bonne gestion de l’information, c’est tout d’abord une stratégie !
Selon Le Dictionnaire, la définition du mot stratégie est l’art de combiner et de coordonner diverses actions pour atteindre un but.
Inutile ici de disserter sur l’art, mais prenons un peu plus de temps pour tenter de mieux comprendre les buts à atteindre et les actions ou moyens à disposition.

Quels buts ?
Le premier but de toute organisation est de grandir ou à défaut de «rester en vie».
Pour ce faire les entreprises, mais également les organisations à vocation moins profitable, vont décider et déployer des stratégies, souvent opportunistes, leur permettant, du moins le souhaite t’elle, d’assurer leur pérennité.

La différence des contextes, mais également la relative imprévisibilité des évènements va naturellement largement influencer à court et moyen terme la stratégie.
Pour atteindre ce but ultime, l’organisation va devoir mettre en oeuvre des stratégies «secondaires», quelquefois ponctuelles, toujours conjoncturelles.

En ce qui concerne la gouvernance de l’information, il s’agira, notamment, de :

  • gérer les risques de non conformité (lois et règlements)
  • anticiper les évolutions fonctionnelles (entreprise 2.0)
  • contribuer au développement des affaires
  • etc.

Quelles actions ?

Dans la mesure où la gouvernance de l’information est partie intégrante (sous-ensemble) et importante de la stratégie de l’organisation, elle doit être instruite avec le concours de toute l’organisation pour une mise en oeuvre faite sous l’impulsion et le contrôle des dirigeants.

Au delà de cette étape nécessaire qu’est l’implication forte de l’exécutif des organisations, d’autres actions sont indispensables :

  • impliquer toute l’organisation (opérationnels, fonctionnels, IT, etc.)
  • expliquer la stratégie
  • communiquer sur l’importance des enjeux
  • préparer les prochaines étapes
  • adapter la structure organisationnelle et fonctionnelle
  • conduire et accompagner les changements qu’elle induit
  • définir les processus, les contrôles et les mesures
  • forcer son application et évaluer les résultats
  • assurer la disponibilité des solutions techniques

En fin de compte, la gouvernance de l’information est bien une stratégie centrée sur le traitement des informations produites et utilisées par l’entreprise.
Elle ne peut se résumer à une simple (ou très compliquée) question technique ou fonctionnelle de records management.
La gouvernance de l’information fait partie des anticipations de l’organisation. Elle s’inscrit dans une attitude proactive et non pas simplement réactive aux évolutions structurelles ou contextuelles.

L’EVALUATION

S’il est clair pour beaucoup d’entre-nous que la gouvernance de l’information est une stratégie et ne peut être réduite à une solution ou une application informatique, c’est également parce que parmi les autres mots clefs qui la caractérisent nous trouvons EVALUATION.

Selon Le Dictionnaire, l’évaluation c’est l’appréciation d’une valeur, d’un capital.
Tout est dit ou presque !
En effet, il ne peut y avoir de gouvernance de l’information, de stratégie quant à la gestion des informations (données et documents) sans leur évaluation.

Il n’est pas rare de rencontrer des responsables juridiques d’entreprise qui, partant du principe de précaution (le fameux «just in case»), considèrent qu’il faut TOUT conserver.

Ce réflexe bien compréhensible n’est plus adapté :

  • les volumes de données non structurées augmentent trop vite
  • la complexité des risques encourus est plus importante
  • les solutions ne sont pas adaptées et/ou très coûteuses.

Avec la gouvernance de l’information, il faut savoir apprécier son capital informationnel.

A un titre purement personnel, il nous est facile de tout garder (photos, emails, logs de messages sur Skype ou MSN, lettres, feuilles de calculs, copies numérisées de documents, etc.) sans trop se préoccuper de la valeur juridique, informationnelle ou simplement sentimentale de ces données et documents.

Au niveau des organisations et des entreprises, le travail d’évaluation doit être fait en fonction de plusieurs critères conjoints :

  • valeur juridique (obligation de conformité, gestion des risques)
  • valeur métier (pertinence de la conservation de l’information pour les affaires)
  • valeur patrimoniale

Ainsi l’organisation doit mettre en oeuvre un référentiel des données et contenus qui constituent son capital informationnel au regard des critères présentés ci-dessus.
Ce référentiel permettra non seulement d’avoir une vue d’ensemble ou par type des actifs, en terme de données et de documents physiques ou numériques, de l’organisation mais également de guider les «producteurs» dans les processus de conservation ou de pérennisation (archivage) des seuls contenus éligibles.

La pratique d’évaluation est à la base de l’exécution d’une stratégie de gouvernance de l’information.
Il s’agit d’un travail réalisé avec les concours des archivistes et des responsables métiers, mais également de l’IT (en charge de mettre en production les solutions techniques les mieux adaptées).

Il s’agit d’un travail de réflexion et de décision qui ne peut faire l’objet en préalable d’aucune automatisation.

Il s’agit également d’un travail continu qui s’inscrit dans la durée (évolution des contextes : production et utilisation de contenus, contraintes légales ou réglementaires, etc.).

Il s’agit enfin d’une validation au niveau exécutif à l’instar de ce qui se passe pour toutes les questions et décisions liées au capital, qu’il soit financier, humain ou informationnel, des organisations.

LE CYCLE

Un des éléments déterminant de l’EVALUATION du capital informationnel d’une organisation est la notion de CYCLE.

Selon Le Dictionnaire, la définition du CYCLE est : une série de phénomènes se déroulant à périodicité régulière, la durée entre deux reproductions de cette série de phénomènes et par extension série d’événements marquant une étape de fabrication industrielle, une étape de maturation naturelle.
Les notions d’étapes, de périodicité et de durée sont essentielles quand on s’attache à la gouvernance de l’information.

En effet, la valeur d’un contenu, quel qu’il soit, n’est bien évidemment pas linéaire dans le temps.

Cette valeur, que nous avons déjà définie comme pouvant être métier ou d’usage, mais également juridique et patrimoniale, va fluctuer au fil du temps, des contextes ainsi que des évènements.
Le capital informationnel est soumis à des influences, des événements externes qui peuvent modifier la manière dont il doit être géré par l’organisation.
Très souvent, l’information n’a qu’une valeur événementielle, ponctuelle voire instantanée, mais quand bien même le cycle de vie est court, il existe et doit être intégré dans les processus.

La notion de cycle est donc indépendante de la durée même si celle-ci en constitue un des paramètres. Tout contenu, tout document, toute donnée, utilisé et produit par et dans l’organisation, a un cycle de vie qui inclut sa destruction ou son versement à des fonds d’archives patrimoniales (Archives Nationales par exemple).

La particularité du cycle de vie est, qu’en en faisant partie intégrante des paramètres de chaque typologie, il est intimement lié au référentiel de conservation des contenus structurés et non structurés.

Au niveau juridique, le cycle de vie reflète les dispositions légales quant à l’obligation de conservation des informations, c’est à dire la durée des différents cycles successifs auquel est soumis le contenu.

Au niveau métier, le cycle de vie intègre des notions de cycles qui peuvent être différenciés, non seulement du fait de la typologie du contenu, mais également du fait des exigences ou des besoins d’accessibilité et de restitution.

Enfin, d’un point de vue technique et financier, le cycle de vie épouse les contraintes de conformité ainsi que les politiques en matière de gestion des risques tout en privilégiant les coûts les plus bas en ce qui concerne les solutions techniques (déduplication notamment) et support hardware d’archivage.

La gouvernance de l’information est bien une stratégie organisée autour de l’évaluation des données et des documents dont l’usage et les besoins de conformité encadrent un cycle de vie défini dans le référentiel de conservation.

LE SERVICE

Pourquoi une stratégie de gouvernance de l’information ?
Par seule obligation de respect des normes, des lois ou également pour apporter un nouveau/meilleur SERVICE à toute l’organisation ?
Selon Le Dictionnaire, le service est défini comme l’action de servir, de s’acquitter de certains devoirs ou de certaines fonctions ; le résultat de cette action.

Ainsi, la mise en oeuvre fonctionnelle et technique d’une stratégie de gouvernance de l’information doit obligatoirement être l’occasion d’une meilleure qualité et/ou de nouveaux services tant en interne qu’au-delà des murs de l’entreprise.
Instruire, décider d’une stratégie, puis faire un travail d’évaluation des informations pour construire un référentiel de conservation est une tâche bien trop importante et donc trop onéreuse pour être considérée UNIQUEMENT comme une réponse à des besoins de conformité.

Il y a probablement beaucoup de moyens ou d’astuces pour limiter les risques de non conformité même si les retentissements donnés à certaines affaires outre-atlantique laissent à penser le contraire (EnronColeman Holdings Inc. v. Morgan Stanley & Co ou encore Zubulake vs. UBS Warburg Inc.) et le quotidien des gestionnaires de risques est d’identifier et d’anticiper autant que faire se peut ce type de « désagrément ».

Quand bien même, un vendeur pourrait se prévaloir de la solution miracle en réponse à ces questions de conformité (en perpétuelle évolution), quel argument saura-t’il utiliser pour convaincre l’exécutif d’une organisation, les responsables opérationnels ainsi que l’IT, d’investir des sommes considérables afin de «dormir sur ses deux oreilles» ?

Le besoin de conformité n’est jamais aussi pressant que lorsque l’autorité constate des manquements ou des fautes, c’est un peu comme pour les limitations de vitesse, et les contrôles radars qui permettent de s’assurer que les automobilistes sont vigilants dans certains secteurs dangereux mais qui ne garantissent pas que tout à chacun roule toujours à la limite imposée !

Hors cette analogie un peu rapide, il faut reconnaître que le moteur des organisations réside dans leur but de développement (ou a minima de survie dans certaines conjonctures) et que toute stratégie secondaire doit concourir à la réalisation de cet objectif premier.

Avec l’entreprise 2.0, la gouvernance de l’information doit constituer une opportunité de création de nouveaux services, sources de plus d’efficacité et supports de croissance.

La mise en oeuvre de référentiels, l’évaluation du capital informationnel et le recensement des informations peut-il servir de socle au développement des plates-formes du savoir et de la collaboration dont nous pressentons tous qu’elles sont à l’origine des organisations de demain ?

La déduplication des informations (méta données, documents, données structurées) partagées entre les CRM, ERP, ECM et plate-formes collaboratives, ainsi que leur valorisation (multi canal, mode push, etc.), au delà des architectures en silo, sont autant de considérations intégrées à une stratégie de gouvernance de l’information.

Cette stratégie, de part sa capacité à améliorer le SERVICE apporté à et par l’organisation, devient moteur de développement et support de la mutation vers l’entreprise 2.0.

LA CONFIANCE

Tel est le maître mot de la gouvernance de l’information !
Selon Le Dictionnaire, la CONFIANCE c’est le fait de croire fortement ou l’impression de sécurité envers une personne à qui l’on se remet.

Parmi les 5 mots clefs choisis associés à la gouvernance de l’information, la CONFIANCE est probablement le catalyseur de tout ce qui a été écrit ci-dessus.
Nous parcourons, regardons, lisons, écoutons autant de contenus et d’informations qu’il nous est possible ou vers lesquels notre soif d’information et notre curiosité naturelle nous conduit.

Nous savons que les sources sont d’inégale qualité, et nous avons appris ensemble, ou seul, à faire la part des choses et à juger ces contenus avec un certain regard critique quant à leur qualité et surtout leur véracité.
L’espace informatif tel que nous le connaissons au travers des médias classiques (TV, radio, presse écrite) et du web n’est pas un espace de confiance, et cela n’est pas si grave (avons-nous le choix ?) !

Dans les entreprises et les organisations, les choses sont bien différentes, et il est impératif que chacun d’entre-nous ait confiance dans les informations, les données et les contenus qu’il utilise, manipule et communique.

La CONFIANCE ne se décrète pas ; elle se crée et se développe dans un système, un espace, où les conditions lui sont favorables.

Avec la gouvernance de l’information, les contours et les règles de cet espace vont être non seulement définies, mais également contrôlées et mesurées dans leur application.
Au même titre que l’évaluation des actifs informationnels va être faite pour apporter un meilleur service et répondre aux exigences de conformité, ce sont les paramètres de sécurité, les règles d’accès et les contrôles de communication qui sont précisés.

L’espace de confiance va se construire autour de :

  • la parfaite connaissance des contenus,
  • la maîtrise de leur cycle de vie et de leur capacité d’exploitation,
  • l’utilisation facile de ces informations (méta données, documents et données structurées)
  • la gestion rigoureuse des questions de sécurité
  • le contrôle strict des accès.

Les conséquences pour l’organisation d’une incapacité à mettre en oeuvre son espace de confiance vont bien au-delà de dispositions légales.
C’est pourquoi, en s’attachant au respect des règles, la gouvernance de l’information contribue à instaurer cet espace de confiance dont elle doit en rester la garante.

La révolution numérique va nous pousser à devenir tous plus acteurs que consommateurs d’information et de contenus.
Cette mutation irréversible est porteuse d’opportunités incroyables pour les organisations qui sauront, à l’instar des technologies 2.0, mettre l’homme au coeur des projets et des processus.

En répondant aux légitimes inquiétudes quant à la CONFIANCE, la stratégie de gouvernance de l’information est une brique constitutive du socle sur lequel se bâtit la réalité économique de demain.

Réseaux sociaux d’entreprise, gestion de contenu, gouvernance et records management


Le déploiement des réseaux sociaux d’entreprise n’est pas un phénomène neutre du point de vue de la gestion de contenu (ECM), ni de l’archivage et/ou du « records management ».

S’il est de la responsabilité du management de décider des opportunités d’utilisation des RSE, il est patent que leur mise en production ne peut se faire sans l’appui et l’implication des équipes techniques mais également des responsables de la gestion de contenus et des archivistes.

Le contenu généré, partagé et utilisé dans les réseaux sociaux d’entreprise est éligible au programme de gouvernance de l’information.

Depuis quand sur les réseaux sociaux ? - Etude Equaero

Ainsi selon une étude réalisée fin 2010 par Isabelle Oudot-Klein, directrice du développement d’Equaero, étude dont les résultats sont disponibles en ligne, les entreprises viennent de se lancer sur les réseaux sociaux avec pour « premier objectif » la qualité de leur image.
En ce qui concerne l’image et la préoccupation, l’investissement dans les médias sociaux procède souvent d’un constat comme le souligne Isabelle Oudot-Klein : « Les entreprises ont remarqué que leurs clients sont déjà actifs sur Internet et parlent d’elles sans hésiter en bien ou en mal. Elles se sentent par conséquent obligées d’entrer à leur tour dans la conversation pour ne pas perdre la maîtrise de leur réputation ».

La maîtrise de la réputation est évidemment très importante et elle passe également par l’évaluation et le contrôle des informations et des contenus échangés et publiés.

Le réseau social d’entreprise participe à la croissance des volumes de contenus et il doit s’inscrire dans la politique au service de la gouvernance de l’information.

Nous avons déjà eu l’occasion sur ce blog de débattre de l’intérêt des RSE en matière de gouvernance de l’information, mais également de présenter le point de vue de professionnels quant à l’avenir des archivistes (records managers) au service des projets de gestion de contenus.

L’ECM ou Enterprise Content Management, a souvent été le type de projet géré par les équipes informatiques où il est question de mettre en production des  technologies et des outils utilisés pour capturer, gérer, stocker, préserver et restituer les contenus qu’ils soient structurés ou non structurés.
L’ECM met l’accent sur trois défis:

  • Automatiser les processus de conformité tout en améliorant l’efficacité du personnel, grâce à la collaboration, la communication et le partage de l’information.
  • Transformer les processus d’affaires grâce à l’intégration des contenus et à l’automatisation des processus.
  • Optimiser l’infrastructure de gestion des contenus et la conformité grâce à la capture, l’archivage, la conservation, la recherche et la restitution des documents et des informations.

De toute évidence, vu les aspects techniques et architecturaux de la mise en production des référentiels, les équipes informatiques devraient être leaders de ces projets, or il semble que souvent il n’en n’est rien, car ils ne peuvent à eux seuls justifier de l’intérêt (ROI) des ces programmes !
C’est ici que le record manager ou archiviste peut intervenir et devenir un soutien déterminant aux projets ECM.


Le records manager peut « vous sauver la mise »

 

Les records manager sous pression

L’élément clé de toute mise en oeuvre d’un projet ECM est de savoir comment il se rapporte aux questions de conformité, à la gestion des risques, et aux besoins d’e-discovery.
Le fait que l’informatique peut réduire les redondances de données et rationaliser le stockage des documents et de sauvegarde est secondaire.

La réussite de tout programme de gestion de contenu s’articule autour de la mise en œuvre de règles de conservation des documents et des capacités de contrôle des différents types de contenu (messages électroniques [email ou IM], documents, contenus réseaux sociaux et espaces collaboratifs internes,contenu web,  bases de données, ou les lecteurs externes, pour n’en nommer que quelques-uns).

Le records manager peut devenir un allié dans le déploiement des réseaux sociaux d’entreprise car lui seul permet, aujourd’hui, de les inscrire définitivement dans le périmètre des applications (d’infrastructure?) qui participe activement aux programmes de gouvernance de l’information et servent ainsi les besoins de conformité de l’entreprise.