Retour sur mes intuitions 2012


Un an passé, le temps de faire le point sur un billet publié le 13 décembre 2011 dans lequel j’esquissais les tendances importantes pour 2012 !

Pas vraiment de surprises, la mobilité a continué à se développer autour des deux offres de services et d’applications que sont IOS et Android. On notera l’arrivée « tardive » mais prometteuse de Microsoft avec Windows 8, à suivre !

La deuxième tendance placée sous les feux de la rampe était la gamification.
Il est vrai qu’on en a beaucoup parlé en 2012, mais la mise en oeuvre de ces techniques est encore loin d’être très importante, parfois du simple fait de la difficulté à intégrer la gamification dans une stratégie sociale.

L’Intranet collaboratif est une réelle tendance de fond qui n’est pas prêt de s’arrêter tant les projets sont nombreux et la « précision » de la mise en oeuvre reste une question « sensible » !

Quant au cloud computing, ce n’est pas à proprement parler une tendance, c’est devenu le quotidien de l’exploitation des applications et des informations que nous utilisons quotidiennement. Le cloud est le principal support du développement de l’offre mobile dans sa diversité, sa pertinence et sa qualité.

Les médias sociaux continuent, comme prévu, de se développer mais également de se « professionnaliser ».
Dans ce domaine, on suivra avec intérêt, l’ouverture des communautés dans Google + et la multiplication des HangOut et l’interopérabilité avec YouTube.

La TV connectée est probablement la tendance qui a avancé le moins en 2012 malgré l’arrivée dans les magasins des appareils de nouvelle génération. Il est probable que la faiblesse ou l’étroitesse de l’offre existante ait eu quelques conséquences dans un marché insuffisant mature notamment du côté des fournisseurs de contenus et des opérateurs, à suivre !

Considérée comme lourdes, non prioritaires par le business, les questions de gouvernance de l’information sont essentiellement portées par des éditeurs. Il s’agit de chantiers très (trop) structurants dans lesquels les priorités évoluent selon les interlocuteurs concernés et pour lesquels un effort de travail sur un glossaire (ou un référentiel) universel serait un plus !

Enfin, le management 2.0, qui pour certains n’est rien de plus qu’un épisode de l’éternel débat quant à la conduite du changement, reste à mon avis et plus que jamais à l’ordre du jour.

Ce n’est pas un hasard si le Havard Business Review Press a publié une nouvelle édition du fameux « Leading Change »  de John P. Kotter avec une nouvelle préface de l’auteur.

Leading Change

Community management : avez-vous le bon profil ?


Trouver, former, devenir un « bon community manager » peut être un « vrai parcours du combattant » !
Initialement dessiné par les as du marketing digital, le profil du « community manager » a rapidement fait l’objet de formations (très orientées manipulation des outils) plus ou moins pertinentes.

Aujourd’hui, le gestionnaire de communauté tend à s’affirmer comme le coordinateur opérationnel des stratégies « social business » des organisations.
Il s’agit d’un rôle caractérisé par une diversité des tâches et des responsabilités :
En tant que responsable des communautés, de leur contenu et de leur pertinence, le gestionnaire revêt, selon les cas, les habits d‘animateur, de modérateur, de contrôleur.
Il sait également proposer à ses « commanditaires » les outils de mesure les plus pertinents au regard des objectifs assignés aux communautés sous sa responsabilité.
En tant qu’acteur et contributeur des espaces sociaux, il sait repérer les messages et/ou les comportements « à risque » et émettre les alertes avec efficacité et précision.

Pour être efficace dans ce rôle, la personne (volontaire ou désignée) doit réunir un certain nombre de compétences.
Sans exhaustivité aucune, je crois qu’il est difficile, voire impossible, de prétendre à cette charge sans avoir travaillé à développer sa capacité à créer du contenu ce qui demande, entre autres, d’indéniables qualités rédactionnelles.
Mais, il lui faut également assurer un niveau de pertinence indéniable pour assumer un rôle de « référent » dans la communauté.
Il est difficile également de répondre aux attentes sans rigueur et réactivité !

La richesse du rôle oblige à des compétences mais également à des qualités personnelles !
Il est difficile (impossible?) de satisfaire les exigences d’une telle « mission » avec un bon niveau de professionnalisme sans savoir faire preuve d’empathie et d’écoute.
Il faut également savoir être disponible (tant d’un point de vue temporel qu’intellectuel) et mettre de la créativité (un peu ou beaucoup, c’est selon).
Enfin, parmi les autres (et nombreuses qualités), je mentionnerai la capacité d’anticipation (l’instinct, le flair ou la réflexion, peu importe) qui à elle seule justifie son engagement et son positionnement au coeur des stratégies digitales des entreprises et des organisations.

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Et puis, il y a les outils !

Jusqu’alors la plupart des formations ont été conduites (parfois construites) par des intervenants dont on ne peut nier leur familiarité avec les usages notamment des médias sociaux grand public.

Réduire le quotidien des responsables de communautés à la production, à la gestion et à la surveillance de listes de « like » sur Facebook ou de posts sur Twitter est non seulement frustrant, mais loin de la réalité des besoins et des opportunités d’optimisation des relations sociales.

Le community manager dispose d’une palette impressionnante et très intéressante d’outils dont il aurait franchement tort de se priver 😉

Blogging, Wikis, messagerie instantanée, réseaux sociaux d’entreprises, médias sociaux « thématiques » (Pinterest, Instagram, Quora, Linkedin, Waze, etc.) se révèlent être également des outils pertinents qu’il faut savoir étudier, apprivoiser et s’approprier selon ses moyens et les objectifs de l’organisation qu’on entend servir.

A votre avis ?

Social or Digital Business : valoriser l’expérience client !


En cette fin 2012, on ne parle plus « social business » mais plutôt « digital business » dixit @jasonheller !
Il ne s’agit pas que d’une histoire de buzzword, mais bien plus d’une mise en perspective de la transformation de l’organisation :

Redesigning the org structure and processes, and the change management associated with shifting the corporate culture to adopt to the connected and empowered consumer, is an essential step in the evolution of business today. Look at it as developing a basic digital operating system for your organization

Beaucoup de grandes entreprises font le pas et mettent en oeuvre des outils et  des méthodes pour capitaliser sur la valeur du lien et de la relation sociale dans et hors l’organisation !

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Thierry de Baillon développe dans la présentation ci-après comment et pourquoi les interactions, les émotions et la confiance conduisent à la « transaction fluide ».

Pas d’entreprise 2.0, ni de social business, sans community manager !


Il y a deux ans environ, le « community manager » faisait une entrée remarquée sur la scène du 2.0 !

Le « community manager » c’était à la fois le « Monsieur Plus » des réseaux sociaux, le « malabar » de la communication digitale et la « bonne à tout faire » des directeurs marketing en panne d’idées !

Ne dites pas à ma mère que je travaille, elle me croit « community manager » !

Je fais partie de ceux qui se sont toujours inscrits en contre cette vision opportuniste qui consistait (je caricature) à demander à un geek Y d’animer des pages Facebook et des fils Twitter en plus d’un rôle de webmaster sachant qu’il devait être, pour le moins, :

  • un expert en communication,
  • un as de la relation sociale et,
  • un porte drapeau téméraire, souvent isolé, de la marque ou de l’entreprise dont il portait les couleurs !

Bien évidemment, la gestion d’une ou de plusieurs communautés est très importante dans une statégie de social business !
Si le rôle est au coeur de la réusssite des stratégies, la mise en avant d’une « fonction » aux contours aléatoires m’a toujours agacé car elle correspond plus à un besoin de facturation de services que de prestation !

Au coeur de la valorisation des échanges !

Naturellement, beaucoup s’y sont cassé les dents et pour certains le 2.0 ressemble plus à du Zola 2.0 qu’à ce qu’on peut lire sur le sujet sur les blogs les plus avertis.

La gestion de communauté est LE seul moyen de mesurer la performance de sa stratégie aves les médias sociaux.

Qu’il s’agisse de campagnes mises en oeuvre sur les médias sociaux « grand public » ou des espaces communautaires privés dans les entreprises (RSE), il faut non seulement d l’animation et de la modération, mais également de la mesure et de l’analyse.

J’ai eu l’occasion de publier une chronique à propos de la mesure de la performance d’un réseau social d’entreprise dans lequel je dessine quelques perspectives quant à l’appréciation de l’efficacité de cet outil !

Le community manager est au coeur de la vie de la communauté (quelque soit le type de plateforme).
Il connaît mieux que quiconque les contributeurs et le quotidien de la communauté. Au delà de l’empathie, il est capable de créer des liens opportunistes. Sans être intime, ses relations avec les membres ne sont pas superficielles tant il est important dans la communauté dont il est, non pas le patron, mais le chef d’orchestre !

Il est donc le plus à même, voir le seul, à pouvoir susciter l’engagement !

Comment et pourquoi ne pas valoriser ce rôle en tant que partenaire du marketing opérationnel et des métiers au service de la performance économique.

Quand je vois le travail fait par certains au travers de certaines plateformes, il est indiscutable que ce rôle et ceux qui sauront le porter avec motivation, enthousiasme, professionnalisme et fierté, vont participer activement à la construction de l’entreprise de demain !

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Pour exemple:

Récemment en voyage à NYC, je cherchais un « burger » pour déjeuner !

Rien de compliqué : Google Map et une recherche burger « géolocalisée » sur mon téléphone.
Un premier affichage de résultat sur la carte et vu le nombre, j’ai restreint le périmètre (simple, me direz-vous !)
Parmi la vingtaine de résultats, un établissement comptant 650 avis positifs !!!
Envie d’en savoir plus, pas vous ?
Un clic et la page Google + s’affiche : commentaires, infos, photos, vidéos,…, et en plus c’est à deux blocs (avec du boeuf « bio »)
On y est !
Je vous passe le détail du menu, mais je confirme la qualité du repas.
De retour, je publie – moi aussi – un commentaire (sur TripAdvisor) exprimant ma satisfaction !
Le lendemain, je reçois un message au travers du site pour me remercier ! Elle est pas belle, la vie !
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Pour moi, c’est du « community management » professionnel, efficace, porteur d’une culture d’entreprise (qualité de service) et utile au marketing opérationnel !

Un rôle plus sympa et beaucoup plus riche que de servir d’alibi « social » à des entreprises sans réelle statégie, non ? et probablement bien mieux payé !

Et selon vous ?

Social business : question(s) de motivation


Le succès est souvent très étroitement lié à la motivation.

En ce qui concerne, le social business, les facteurs de réussite des projets sont nombreux et le rôle des différents acteurs est si important que la motivation semble être le « carburant » des expériences sociales réussies !

Qui sont les différents acteurs, comment les  motiver  ?

Il y a d’abord les enthousiastes.
Ce sont ceux qui trouvent les réseaux sociaux géniaux et qui se réjouissent des initiatives et des projets « social business ».
A titre personnel, mais aussi professionnel, ils sont ceux qui, a priori, participent le plus facilement.

Ils trouvent leur motivation dans leur intérêt pour ce qui est nouveau, une bienveillance, une envie de partager et un besoin de reconnaissance.
Cette catégorie d’utilisateur est très bien représentée dans toutes les tranches d’âge.
C’est la plus facile à « mobiliser », mais c’est aussi une des plus difficile à « fidéliser » tant l’attrait pour la nouveauté est son moteur.
Trop souvent cette catégorie d’utilisateurs se révèle peu engagée, assez superficielle, un trait probablement inhérent à ses qualités de « surfer » des réseaux sociaux.

Il y a également les frimeurs
On peux parfois les confondre avec les enthousiastes, catégorie dont ils constituent à mon avis un sous-groupe.
Ils sont les premiers à occuper les espaces et leur motivation est essentiellement « nombriliste ». Le média social n’est considéré que comme un outil pour se montrer, exister  et faire parler de soi.
Ils « achètent » amis et followers et affichent des statistiques étonnantes et souvent trompeuses (au niveau qualitatif) quant à leur engagement.

La valorisation personnelle est au coeur de leur motivation, aussi n’hésitez pas à en rajouter si votre stratégie est de chercher l’engagement de cette catégorie, mais le succès n’est pas garanti !
Sur le sujet, vous pouvez lire l’excellent billet d’Alex  » le mirage du datasexuel « .

et puis il y a les timides et les tenants du principe de précaution (ce concept stupide qui bloque tout ou presque)
Ce sont ceux qui n’osent pas se montrer, qui ont peur de se distinguer et qui craignent par-dessus tout l’exposition.
Ils sont à l’opposé des « frimeurs »  en terme d’engagement et restent très difficile à motiver.
Non pas qu’ils n’aient rien à partager, mais ils craignent par dessus tout d’avoir plus à perdre qu’à gagner en le faisant.
Seul un travail de longue haleine, à  propose de sujets engageants et de bonnes causes peut réussir à les faire rallier et à participer à une discussion.
Ce sont très souvent d’excellents observateurs dotés d’une pertinence intéressante, mais trop discrets !

les indifférents
Ils s’en moquent ! Ils ont d’autres choses à faire!
Ils adhérent à beaucoup d’espaces sociaux et partagent volontiers,mais ils ne sont ni technophiles, ni motivés.
Leur pratique est essentiellement opportuniste ou pour faire plaisir et ils ne recherchent rien de particulier.
Ils « surfent » d’un média à l’autre au gré des tendances et arrêtent tout pour passer à autre chose.
L’indifférent n’a pas de stratégie, ni de crainte par rapport au média social, il y est, il n’en attend rien, mais qui sait !
La source de motivation de l’indifférent est à trouver dans une capacité à valoriser son instinct d’opportuniste au delà du vagabondage, mais avec lui rien n’est jamais acquis !

et les blasés,
Le blasé est le plus souvent un « frimeur » désabusé ou un timide qui n’ose pas se l’avouer.
C’est donc un profil hybride qu’il faut bien comprendre avant de tenter toute action de motivation.
La meilleure attitude vis à vis du « blasé » est de le laisser faire son « coming out », puis de  réagir en fonction de son réel profil (voir plus haut)

et les autres
Et il y a nous, tous les autres qui ne se reconnaissent pas toujours dans ces types de profil.
Ceux qui utilisent les médias sociaux à titre privé pour trouver une bonne pizzeria pas trop loin (Google +), pour « rallier » leurs copains, pour partager une bonne expérience, pour organiser un évènement !
Ceux qui à titre professionnel, sont prêt à s’investir dans les espaces collaboratifs et de partage à condition qu’ils en retirent un quelconque avantage ou de la valeur ajoutée (facilité de contact, meilleure information, autonomie, productivité, etc..).
L’empathie et la bienveillance sont à la source de notre motivation, reste encore au  » community management  » à trouver le(s) bon(s) moyen(s) de les faire valoir au meilleur bénéfice de tous et de chacun d’entre-nous !

Et selon vous ?