Débat 2.0 : Comment convaincre les dirigeants de l’importance des réseaux sociaux d’entreprise?


De retour de la « conférence » organisée par Boostzone et Collaboratif-info mardi 18 octobre à Paris, je vous propose de revenir rapidement sur les moments forts et « phrases clés » de l’évènement.

La première table ronde animée par Stéphane Moracchini réunissait Anthony Poncier, Bertrand Duperrin et votre serviteur.

Nous avons tenté de mettre la question sociale dans le contexte des entreprises, de leur évolution, en rappelant certains enseignements tirés de nos expériences, mais nous avons également voulu mettre en perspective et sous des aspects très pratiques cette évolution/mutation de l’entreprise.

Les questions ont été nombreuses et malgré la difficulté de savoir rester pertinent et « utile » dans un laps de temps très court, nous avons su mettre l’accent sur quelques points importants.

Si certains dans l’entreprise ont des craintes face aux projets collaboratifs ou « sociaux » dans l’entreprise, Bertrand rappelait à juste titre, qu’il faut également se poser la question des risques que l’entreprise prendrait en refusant d’accompagner cette mutation.

Anthony a très justement rappelé que la question du ROI reste encore largement débattue, mais que les bénéfices que les entreprises ont retiré des premières expériences sont indéniables même si quelquefois, ceux-ci sont plus difficilement intégrables dans une logique comptable (quelle valorisation pour une innovation, une amélioration, etc.). La question du ROI du RSE en tant que telle ne se pose pas, le RSE est au service de projets et/ou de processus et c’est dans ce cadre qu’on peut juger de sa pertinence !

Nous avons également engagé le débat autour de l’implication du C-level dans cette démarche et nous sommes tous d’accord pour mettre l’accent sur le nécessaire soutien voire « sponsoring » des exécutifs tout en reconnaissant que leur participation active (contribution) aux différents espaces dépend plus de leur personnalité et de leur envie et qu’elle ne conditionne pas la réussite de ce type d’initiative.
Le CEO doit soutenir le RSE car il contribue activement à la mise en oeuvre de sa vision pour l’entreprise.

La seconde table ronde réunissait Pascale Leclercq (MMA Académie), George-Edouard Dias (L’OREAL) et Nicolas Rolland (DANONE). Nul besoin de préciser à quel point leurs expériences sont riches et intéressantes.

Nous retiendrons des échanges menés par Dominique Turcq, outre la diversité des contextes, des cultures et donc des expériences, quelques « évidences » :

Le consommateur a changé, il veut du sens, il a besoin d’être en confiance : il est passé d’une attitude passive à la contribution (voir notre dernier billet) et qu’on le veuille ou pas, cette évolution est là, les outils existent et les entreprises doivent en tenir compte.

Si le consommateur a changé, n’oublions pas qu’il est également le salarié et qu’il ne laisse pas ses aspirations au vestiaire : il veut également participer et contribuer plus activement dans et pour l’entreprise (voir le sondage IFOP-Atelier)

L’entreprise DOIT s’ouvrir et « tirer profit » de cette évolution pour mieux innover, mieux servir, mieux vendre et ainsi rester profitable !

Que l’on soit dans une culture de confrontation ou de collaboration, les RSE permettent à chacun de « valoriser » ses compétences, ses idées.

Cette hiérarchie horizontale permet à l’entreprise d’avance, mais avant d’arriver là il faut convaincre en interne.

Le RSE n’est pas un « projet pirate », c’est un projet d’entreprise et les membres du panel, au delà de la diversité de leurs expériences, ont bien su mettre l’accent sur la stratégie nécessaire à la réussite des projets, stratégie qui passe notamment par une « collaboration active » avec les équipes en charge du SI et les RH, sans oublier (selon les objectifs) les équipes business et autres métiers (legal, finances,etc.).

Au delà de ces témoignages, il est patent que l’évolution que nous constatons tous (à notre niveau) est réelle tant dans les comportements que dans les attentes des individus.

L’entreprise de demain doit se mettre en condition pour savoir gérer au mieux l’individu dans la diversité de ses rôles : citoyen, consommateur, employé, prescripteur, etc.., et que les réseaux sociaux d’entreprise peuvent l’aider à gérer les projets supportant ce changement.

Oui, c’était bien !

A votre disposition pour en discuter plus longuement 😉

Réseaux Sociaux d’Entreprise, tout simplement !


Cecil Dijoux nous livre sa vision des réseaux sociaux d’entreprise et de leur mise en oeuvre au bénéfice des organisations.

A lire en complément de la présentation du « Social Dynamics Model » publiée ici.

Riche, pertinente, :

Table des matières

  1. L’économie de la connaissance
  2. Challenges pour les organisations du 21ème siècle
  3. Réseaux sociaux d’entreprise
  4. Les propriétés uniques des réseaux sociaux
  5. Au coeur de la stratégie
  6. Intégration
  7. Culture
  8. Implémentation

Réseaux sociaux d’entreprise, par où commencer ?


La question n’est ni nouvelle, ni innocente !
Si, au fil des différents retours d’expérience, il est plus facile d’imaginer les secteurs et/ou les projets susceptibles d’avoir intérêt à être intégrés dans des espaces sociaux d’entreprise, il n’en reste pas moins qu’il faut décider de  » par où commencer  » !

Une des pistes tient à considérer le projet non pas tant du point de vue  du thème (innovation, customer care, etc.) mais plutôt en s’attachant aux participants et aux membres de la (les) communauté(s) que l’on veut développer.

Le nombre de notes, d’articles ou encore de dessins humoristiques, tenant aux réseaux sociaux d’entreprises, à leur utilité, à leurs avantages, à leur retour sur investissement, est impressionnant, mais la plupart des éclairages proposés restent, à mon avis, dans une approche très conservatrice de l’entreprise.

Le social, c’est l’humain !

Alors, pourquoi ne pas le placer d’emblée au centre d’une réflexion stratégique sur le déploiement des réseaux sociaux d’entreprise ?

Apparemment, il est difficile pour certains de changer de paradigme et je rejoins très volontiers Bertrand Duperrin quand il nous présente les expériences de valorisation du capital humain dans la note Les employé d’abord ! Ou comment aider ceux qui créent vraiment de la valeur.

Par contre, je m’agace, à l’instar de Frédéric Poulet, quand je découvre sur le site de l’Atelier une annonce pour un débat intitulé Média Sociaux, nouveaux vecteurs d’évaluation des salariés

Et chacun d’y aller de son commentaire ou de sa quête de  » retweet  » et de  » célébrité  » !

Si les ressources humaines pensent trouver  dans les réseaux sociaux d’entreprises des nouvelles perspectives de gestion et de valorisation (réciproque) du capital humain de l’entreprise, elles ont raison !

Mais, par pitié, enlevez vos oeillères et pensez un peu plus loin et plus haut !

Que peux apporter une vision  » petit chef  » (voire kapo), par définition restreinte et peu sympathique (je ne parle même pas d’empathie) à un projet de réseau social d’entreprise ?

RIEN, si ce n’est à renforcer les craintes et ainsi à faire échouer (provisoirement) les tentatives de changement !

Commencer par le capital humain et ne jamais oubliez que dans RSE, le lien social est le ciment qui va permettre aux communautés de VIVRE et de créer, directement ou indirectement, de la RICHESSE.

Pour le reste, il sera beaucoup question d’humilité, de respect réciproque et d’envie d’aller de l’avant ensemble sur des sujets et/ou des projets précis.

Le réseau social d’entreprise est un outil universel au niveau de l’entreprise, il ne peut pas être accaparé par un département, une fonction ou un métier aux seules fins de ses objectifs particuliers.

Le réseau social d’entreprise préfigure les organisations opérationnelles de demain et les premiers projets nous montrent l’importance que va prendre  l’organisation fonctionnelle (rôles), notamment dans la gestion du savoir, au détriment des organisations hiérarchiques (postes).

A lire en complément à cette note:

Le blog de l’Atelier
Le bloc-notes de Bertrand Duperrin
Les  » coups de gueule  » et autres notes de Frédéric Poulet
Franck La Pinta
HR.Channel
Le réseau social d’entreprise par Alain Garnier et Guy Hervier
Opportunités stratégiques et impacts organisationnels des RSE dans l’entreprise
Réseaux sociaux d’entreprise : bien au-delà de la « simple » communication !
Collaboration et relations sociales en entreprise : les clefs du succès !

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Réseaux sociaux d’entreprise : bien au-delà de la « simple » communication !


Engagement et contenu sont les clefs du succès d’un projet de déploiement d’un réseau social d’entreprise.

En prenant le temps de regarder ce qui se passe dans certaines entreprises, il est intéressant de noter que toutes les expériences, considérées aujourd’hui comme des réussites et indépendamment de la plateforme logicielle, sont des cas de mise en oeuvre de réseaux sociaux d’entreprise au service de projets très concrets.

Que ce soit IBM, dont je vous laisse apprécier la vidéo ci-dessous ou de La Poste avec BlueNove, il n’est pas de meilleur contexte de découverte et d’apprentissage des réseaux sociaux d’entreprise que dans son activité quotidienne.

Regardons de près quelques exemples récents:

Lagardère Publicité.
Une des premières régies françaises avec près de 900 employés qui, en 2010,et sous l’implusion de Constance Benque, PDG, a décidé de déployer un RSE au sein de la société pour simplifier la communication autour du déménagement de Paris (rue du Colisée vers Levallois-Perret). Finalement l’outil s’est imposé comme un véritable outil métier, permettant de renforcer la culture d’entreprise, de simplifier la diffusion des informations de la communication interne et des RH et de promouvoir la culture Cross-Média de la société. Aujourd’hui YouMele nom choisi pour le RSE par les salariés – est un indéniablement un succès avec 48% de contributeurs actifs, et plus de 90% de lecteurs réguliers.

BNP Personal Finance / Cetelem
BNP Paribas Personal Finance est un des principaux acteurs du crédit à la consommation dans le monde avec notamment la marque Cetelem en France, et près de 800 personnes et des opérations dans plus de 30 pays.
En 2010, suite à l’initiative du département innovation de BNP Paribas Retail Banking, Gratiela Biltoc, chargé du marketing stratégique et de l’innovation chez BNP PF, décide de déployer une solution de réseau social (Yoolink pro en l’occurence) en interne pour stimuler l’échange, la discussion et le partage des savoirs entre les membres des différentes équipes.
L’expérience a été lancée à partir d’une approche progressive et très pragmatique, en commençant avec 50 utilisateurs. Cette initiative connaît un réel succès notamment auprès du top-management (90% d’activation globale, plus de 20% de contributeurs actifs), et aujourd’hui l’objectif est d’intégrer progressivement tous les collaborateurs de BNP Personal Finance travers le monde, soit plus de 500 personnes.

Weldom
La société fait partie du groupe Adeo et est une des premières enseignes de distribution de matériel de bricolage.
Le réseau social regroupe les 250 personnes de la centrale et les 2500 personnes travaillant dans 250 magasins affiliés, répartis dans toute la France.
Dans le cadre de la refonte des concepts de distribution, la direction Marketing de Weldom a voulu déployer un réseau social d’entreprise (Yoolink) pour faciliter la remontée des idées et innovations en provenance du terrain mais également pour simplifier la diffusion des nouveaux concepts et pour permettre la discussion entre les différents directeurs de magasins. C’est, en quelque sorte, une  » boîte à idée 2.0  » au service du métier de Weldom.

Enfin, arrêtons-nous sur le cas de la CCI Alsace qui utilise le réseau social d’entreprise pour faciliter le travail de veille collaborative et l’échange de connaissances entre les conseillers d’entreprises et les employés des 4 chambres locales que sont Mulhouse, Colmar, Strasbourg et la CRCI.

Et pour finir en beauté, WeeZ, le réseau social d’entreprise de Devoteam  !

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A bientôt pour de nouveaux retours d’expériences !

Notes complémentaires disponibles :

Le réseau social d’entreprise au coeur des espaces d’innovation

Réseau social et valorisation du patrimoine (expérience en Suisse)

Cisco et le Social business : du concept brut à un projet structuré

Réseaux sociaux d’entreprise (retours d’expériences, suite) : Orange

Réseaux sociaux d’entreprise : retour d’expérience de groupeReflect, So’xpert et Altaïde

tibrr, LA solution pour l’entreprise 2.0 ?

Intranet 2011, les tendances : contribution, collaboration et bavardage


Les résultats de l’enquête 2011 réalisée par l’Observatoire de l’Intranet :