A propos des technos 2.0, de la gouvernance de l'information, des réseaux sociaux et de la valorisation des contenus au service de l'entreprise de demain
Nul n’est besoin d’en écrire des pages et des pages sur l’importance (en terme de contenus) des médias sociaux.
Actuellement, l’Entreprise 2.0 Summit se tient à Paris et vous pouvez suivre en « direct » les débats sur Twitter (#e20s).
Je vous conseille également le blog de @haikUsages sur lequel vous trouverez un compte-rendu de ces journées.
La question de la gouvernance est abordée, mais presque « par erreur« , comme si cette question dérangeait, que peu d’entre-nous sont confortables avec ce concept de gouvernance de l’information.
Bien sur, personne ne veut écarter la question, mais on préfère parler d’engagement, de confiance, de loyauté.
La gouvernance de l’information peut impliquer des contraintes dont certains pensent qu’elles nuisent à la qualité de l’expression, donc à l’apport des médias sociaux.
Tout est question d’équilibre et je reste convaincu qu’une stratégie de gouvernance de l’information ne peut que servir les objectifs et la mise en oeuvre de l’entreprise de demain !
A votre avis ?
Pour alimenter votre réflexion, retrouvez ici le point de vue de Jesse Wilkins – Aiim.
Vendredi 20 janvier, je lançais la première édition des «Matinées de l’Entreprise 2.0» à Lausanne.
Pour cette rencontre organisée à l’initiative de iNzeCLOUD, c’est Xavier Comtesse, directeur romand d’Avenir Suisse, qui avait été invité à «lancer» le débat.
Je reviendrai dans les prochains jours sur cette matinée et le détail de certains échanges, mais je souhaiterais développer une formulation de Xavier à propos de la légitimité et du 2.0.
Ces dernières semaines, le président de la BNS (Banque Nationale Suisse) s’est trouvé «embarqué» dans une «affaire» et a finalement démissionné.
L’affaire Hildebrand a fait couler beaucoup d’encre et je n’en rajouterai pas !
Le «bruit» fait par les politiques et/ou les journalistes n’est pas très intéressant, par contre, il est un signe qui montre bien que «les temps changent» : Philippe Hildebrand a agi dans le respect de la légalité et pourtant sa position était intenable : en un instant, il avait perdu toute légitimité !
Selon Wikipedia: La légitimité est la qualité de ce qui est fondé en droit, en justice, ou en équité (définition du Petit Larousse). La légitimité repose sur une autorité qui est fondée sur des bases juridiques ou sur des bases éthiques ou morales, et permet de recevoir le consentement des membres d’un groupe. Au sens sociologique la légitimité est un accord tacite subjectif et consensuel axé selon des critères étiques et de mérite quant au bien-fondé existentiel d’une action humaine.
Si la légitimité prend le pas, cela montre bien que non seulement les questions d’éthique sont importantes à nos yeux, mais également que nous sommes plus nombreux à vouloir nous mobiliser et mettre un peu plus la pression!
Le social se nourrit de notre complexité et nos appréciations sont souvent fortement influencées par notre sensibilité au premier rang de laquelle se place le besoin de légitimité
Et au niveau de l’entreprise ?
Il y a plusieurs axes qui s’offrent à nous pour parler de l’importance de la légitimité dans et pour l’entreprise .
Je ne vais pas refaire le billet (qui est très bon), mais simplement rappeler, s’il en est besoin, que les message émis par les entreprises à destination (principalement) de leurs clients s’inscrivent également dans cette recherche de légitimité.
Côté business, il est essentiel que l’action de l’entreprise soit considérée comme telle et nul n’est besoin de rappeler les «épisodes» récents à propos du travail des enfants et de certaines grandes marques de produits de sport ou d’agro alimentaire.
Côté management
Si la question de la légitimité est importante à nos yeux, il faut reconnaître que côté management, la tendance en est encore à privilégier les usages et l’état de fait.
En fin de compte, ce qui semble assez bien fonctionner dans les entreprises, c’est le «coup d’état» dans sa version la plus dangereuse : douce et inavouée !
Regardez autour de vous et posez-vous la question de la légitimité des managers tant en terme de fonctions qu’ils occupent (c’est le bon terme, non?) que des décisions qu’ils sont appelés à prendre.
Beaucoup sont là par,….., eh bien on ne sait pas trop, mais ils arrivent à se maintenir, soit parce qu’ils ne gênent pas ou quelque fois parce qu’ils en savent trop!
D’autres travaillent, assument, gèrent, délèguent, innovent et développent, souvent ils sont certains de leur bon droit, mais qu’elle est leur légitimité au regard de leurs collègues ? Etre nommé, désigné, par un conseil d’administration, un comité exécutif ou bien être «adoubé» par un conseil de direction, voire par un Président, suffit-il à donner une légitimité indiscutable ?
Côté social
Le seul fait de poser la question montre bien que dans l’entreprise, la réponse n’est pas aussi simple qu’on le pensait il y a encore quelques années.
Si le potentiel de richesse du «social» dans l’entreprise est indiscutable, son exploitation passe par l’adoption de nouveaux paradigmes dont l’un consiste à considérer que la légitimité est un critère essentiel à «l’engagement» de chacun et qu’il est à la base de la loyauté réciproque, elle-même condition de la confiance !
Concrètement, il est probable que beaucoup de managers se retrouvent dans la «même situation» que Monsieur Hildebrand, forts de leur bon droit et de la légalité de leurs actions et de leur comportement, mais non légitimés dans leur rôle social, ni par leurs pairs, ni par les autres (employés, collaborateurs, etc.).
New paradigm oil and gas leaders must be multidimensional and embody the industry’s commitments, externally and internally, including those that express larger purpose, social legitimacy, and ethical responsibility. (Image courtesy of SMU Cox School of Business)
S’inscrire dans le respect des lois et des règles est primordial et nécessaire, mais demain, cela risque de ne pas être suffisant : il faudra également savoir être et donner pour recevoir le consentement explicite du corps social avec lequel on travaille .
Transparence, Loyauté, Justice et Empathie, seront plus que jamais parmi les qualités qu’il faudra travailler !
En préparant notre première des « matinées de l’entreprise 2.0 » qui se tiendra à Lausanne le vendredi 20 janvier et dont le thème est celui de la pratique collaborative, j’ai été surpris de la quantité de contenus publiés à propos de la collaboration : outils, méthodes, projets, etc. !
La question n’est pas vraiment nouvelle et depuis la fin des années 1990, la pratique collaborative a fait l’objet de nombreuses réunions dans les entreprises, réunions qui ont permis l’éclosion de projets structurants notamment autour de la « gestion documentaire ».
A la lecture de mes billets, vous avez compris que la pratique collaborative fait partie de mon quotidien et qu’elle est « inscrite dans mon ADN ».
Pour certains d’entre-nous, c’est une pratique innée, nous jouons « collectif », nous appartenons à la catégorie des « team player » et nous partageons certaines « valeurs » si bien résumées par Sylvaine Pascual dans son billet : valeurs du rugby appliquées à la vraie vie !
Aujourd’hui, certains sociologues mettent en évidence l’émergence de nouveaux modèles de relations sociales, de nouveaux pactes : le fatriarcat !
Cette nouvelle attitude est à la fois bien et pas bien. Les nouvelles technologies, qui ont permis d’éclater le temps du travail, ont fait beaucoup d’heureux. Mais si le travail ne s’arrête plus à la porte de l’entreprise, il est alors partout, tout le temps. Au niveau managérial, les nouveaux modèles s’inspireront probablement du sport, avec l’idée d’équipe, de plaisir, de compétition. Le ludique sera la culture de l’organisation de demain. Les gens seront aussi de moins en moins autonomes, il y aura une recherche du partage sur le modèle wiki : les gens participeront à un grand ouvrage qui sera peut être commencé en France et continué à l’autre bout du monde grâce aux nouvelles technologies. Cela créera peut-être d’autres névroses. Avec cette nouvelle configuration, tout est possible : l’angoisse est permanente, comme le réenchantement.
Et la collaboration dans l’entreprise au quotidien dans tout cela ?
Ce n’est probablement pas une affaire de génération, mais probablement plus une question d’écoute, d’empathie et d’ouverture d’esprit, mais il faut bien reconnaître qu’entre les aspirations des uns et les habitudes des autres, la mise en oeuvre de pratiques collaboratives pertinentes apparaît comme moins facile : une tentative de réconciliation ?
Oui probablement, mais également une question de patience et de méthode :
Patience pour réussir la « convergence » d’intérêts personnels parfois « opposés », convergence nécessaire à la réussite collective !
Méthode pour faciliter la collaboration et permettre ainsi à chacun d’y « trouver son compte » !
Les outils et les solutions techniques sont disponibles et plurielles (c’est peut-être ce qui change par rapport au début des années 2000),
le contexte économique pousse à la recherche de « nouveaux moyens et modèles »
et les « nouveaux comportements » constituent un « terreau favorable ».
Il faut y ajouter une VOLONTE et de la METHODE (progressivité, transparence, réalisme) au service de votre vision.
A votre avis , 2012 sera-t-elle l’année du triomphe du Collectif ?
La gouvernance de l’information, c’est un peu comme l’entreprise 2.0 (et ce n’est pas un hasard) : on en parle beaucoup, mais on la « réalise » peut être un peu moins !
La gouvernance de l’information est un élément indispensable à la construction de l’entreprise de demain car elle est déterminante pour la CONFIANCE.
Pour beaucoup, la gouvernance a été jusqu’alors une stratégie de défense, de protection et les mises en oeuvre de solutions ont été principalement faites pour répondre à des litiges ! C’est peu dire que la gouvernance n’est pas encore directement « intégrée » dans notre quotidien !
Et pourtant, la stratégie de gouvernance doit être proactive, mais également « naturelle » pour porter ses fruits et supporter la transformation de l’entreprise !
J’ai eu l’occasion de participer à différentes réunions, mais également initiatives (dont celle lancée par Jean-Pascal Perrein que je salue ici), lu différentes études, et il me semble qu’il manque à tout cela une dimension clairement affichée : le business !
La gouvernance au service du business
Que ce soit au niveau des applications et/ou processus « internes » ou des nouveaux espaces : réseaux sociaux d’entreprise, intranet 2.0 ou bien digital work place, la gouvernance de l’information doit être réfléchie principalement en tant que soutien aux affaires et non pas seulement comme une stratégie de défense décidée par les « risk managers » et les directions juridiques.
Revenons à la « définition de la gouvernance de l’information selon Gartner :
Gartner’s own (official, which means we argued about every word) definition of is as follows: Information governance is the specification of decision rights and an accountability framework to encourage desirable behavior in the valuation, creation, storage, use, archival and deletion of information. It includes the processes, roles, standards and metrics that ensure the effective and efficient use of information in enabling an organization to achieve its goals
Un usage réel et efficace des informations au service de la réussite des objectifs !
Dans le contexte plus concret du quotidien des organisations, cela oblige, pour autant qu’on le veuille, à un certain nombre de « nouveautés », à savoir :
rendre la « prise de décision » plus facile et transparente,
définir clairement les rôles et les responsabilités,
décider de « règles » (guidelines) à propos des contenus partagés et générés par les « utilisateurs » (versus ceux générés au niveau des applications d’infrastructure)
et ,, pouvoir « quantifier » les coûts de la non conformité des informations par rapport aux « règles » métiers (usages) ce qui implique de pouvoir disposer d’indicateurs clairs et pertinents pour le « business ».
Big Data vu par The Economist
En 2012, il est souhaitable que les entreprises mettent en oeuvre des stratégies en soutien à la valeur de l’information qui ne réside pas dans sa possession mais bien dans l’usage qu’on peut en faire !
Et c’est bien pour cela que les programmes (projets) de gouvernance de l’information et de « data quality », voire de « data excellence » vont prendre un nouvel élan en 2012 : ils constituent le meilleur moyen de continuer à être efficace, pertinent, mais également mobile (et agile) et confiant dans un environnement « encombré de données et d’informations : selon IBM, nous produisons chaque jour 2.5 trillion bytes de données et 90% du volume actuel a été généré ces deux dernières années !)
Et pour vous, quelles sont les perspectives en ce qui concerne les programmes de gouvernance de l’information en 2012 ?
En cette fin d’année 2011, il est encore un peu tôt pour présenter un bilan !
TIME Magazine présentait la semaine dernière son choix pour la « personnalité de l’année » 2011 : le manifestant.Pour ma part, je voudrais dans les quelques lignes qui suivent faire l’éloge du coureur de fond : un profil dont on parle si peu, et pourtant …
Depuis plusieurs années, le profil qui plaît, qui fait vibrer les foules, c’est le « sprinter » !
En sport, comme dans les affaires, la rapidité, la puissance (notamment physique), la « rudesse » de style du sprinter sont enviées, copiées, sublimées.
Ski, athlétisme, sports collectifs, etc., nous sommes tous à nous enthousiasmer face à la rapidité d’exécution, la vitesse de course ou encore la célérité dans l’action du sprinter !
Qu’en est-il du coureur de fond, du marathonien, du fondeur (ski), bref de celui qui s’épanouit dans l’effort sur une longue durée ?
Moins flamboyant, souvent moins puissant (ou moins massif physiquement), le fondeur en impose moins d’emblée dans l’imaginaire collectif.
Son effort est sur la durée, sur la distance, donc pas ou peu « télévisuel » et puis, il faut un peu l’avouer, un peu « soporifique » du fonds de son canapé.
Pourtant, le fondeur est essentiel !
Le fondeur est stratège là ou le sprinter est « simpliste » (comment qualifier autrement un exercice qui consiste à courir le plus vite sur une distance).
La vitesse est née du réflexe de fuite, pas du besoin de construire : courir vite, c’est « sauver sa peau » en utilisant au maximum des dispositions physiques favorables.
La course de fond nécessite une réflexion beaucoup plus élaborée : il s’agit de « gérer » ses ressources, donc bien connaître ses possibilités (accepter la douleur), d’avoir réfléchi et choisi entre plusieurs options pour arriver à atteindre son but au terme d’un effort long voire très long.
Respiration, organisation du ravitaillement, préparation, connaissance de soi, mental « d’acier », sont autant de qualités communes à tous les fondeurs.
Dans l’entreprise, ils sont également au coeur des succès qu’ils savent inscrire dans la durée par leurs indéniables qualités de stratèges et leur capacité à gérer les efforts et à atteindre les objectifs.
Le sprinter est utile dans l’entreprise car il est souvent brillant, très (trop?) rapide et fort (en gueule?) et ses qualités lui permettent de faire « le show » mais également de rassembler et de motiver à des fins de conquête, mais son action demande un effort extrême qui ne peut être que de courte durée !
Aussi, Messieurs les C-level, n’oubliez pas en cette période d’évaluation de « reconnaître » les fondeurs qui servent vos organisations avec efficacité et constance et dans la durée mais, la plupart du temps, en dehors des « sunlights ».