CEO 2.0 : je veux mon réseau social d’entreprise !


2012, c’est l’année des jeux olympiques donc de la valorisation de la performance, de l’effort, de la fraternité dans la compétition et je pense que c’est un bon thème à exploiter pour donner une impulsion à notre société.

Depuis quelques mois, une certaine mélancolie, pour ne pas dire une sérieuse baisse de motivation, est perceptible dans « nos murs » et il me faut remettre cette équipe en bon état de marche !
Depuis quelques années on ne pratique plus les « stages commandos » pour cadres, ni le saut à l’élastique, et le directeur RH m’a récemment informé que les techniques traditionnelles de « team building » étaient dépassées et que nous devions (nous, pas lui) faire preuve d’imagination notamment envers le middle management qui est un peu (ou beaucoup) bousculé ces temps.

Naturellement et comme d’habitude dans les cas « graves » tout revient sur mon bureau et je dois trouver une idée particulièrement pertinente et novatrice !

Depuis quelques temps, je reçois des invitations à des colloques et autres réunions dans lesquels on ne parle, apparemment, que d’un sujet : les réseaux sociaux d’entreprise !

Naturellement, j’ai demandé à mon assistante de me trouver de la documentation et de m’inscrire à l’un des colloques pour autant qu’il cible clairement une audience de chefs d’entreprise et de cadres supérieurs et qu’il se déroule dans un endroit pour le moins acceptable en terme de localisation et de réputation.

En attendant le colloque, j’ai commencé à jeter un oeil aux nombreux articles imprimés par mon assistante et classés dans une logique que je n’ai pas compris, mais est-ce vraiment important ?

Tout de suite, j’ai constaté qu’il y avait un problème car en dehors des articles publiés dans les journaux et les revues dites spécialisées (informatiques pour la plupart), le reste, soit la plus grande partie, était constitué d’un amas de feuilles tout droit sorties de l’imprimante qui ronronne à droite du bureau de Nadine. (c’est le prénom de mon assistante!)

Franchement, mon sang n’a fait qu’un tour !
Vu les efforts (sacrifices) imposés par les actionnaires et relayés avec zèle par le CFO (on sait qui me l’a « chaudement » recommandé celui là), il était hors de question que Nadine imprime des pages de sites web (les emails oui, pour le côté pratique), d’autant plus que la mise en page aléatoire rend souvent le texte difficile à lire !

Et Nadine de m’expliquer avec sa patience habituelle que la plus grande partie des informations et des débats sur le sujet se font en ligne et que c’est surtout dans les blogs qu’elle a réussi à trouver des articles qui lui ont semblé pertinents !
Là, je dois avouer qu’elle m’a un peu agacé !!!
Le ton « institutrice » et le discours pédagogique ne m’ont pas vraiment plu et puis, je sais bien ce qu’est un blog, ma fille en avait un sur le site de Skyrock avant d’ouvrir sa page Facebook et là je ne vois vraiment pas le rapport entre les inepties des blogs et la problématique de mon entreprise !

J’ai donc (comme d’habitude) décidé de chercher par moi même et avec Google cela n’a pas été trop difficile !
Sur la recherche « réseaux sociaux d’entreprise« , Google m’a proposé plus de 29 millions de résultats, trop pour moi !
J’ai quand même participé un à un sondage (12 questions).
Ensuite, j’ai repris les feuilles imprimées par Nadine et j’ai commencé à chercher le nom des auteurs de ces articles.

Il faut reconnaître que de ce côté, cela a été beaucoup plus simple !!

Thierry de Baillon, Bertrand Duperrin, Claude SuperFranck Lapinta, Frédéric Poulet, Axyome Martin, Anthony Poncier et les consultants de USEO (LECKO)  ou de NextModernity, les publications de Collaboratif-info, pour ne citer que les plus référencés en langue française sur ce sujet, ont beaucoup écrit ces derniers mois sur le sujet et je dois avouer qu’au delà de l’exercice pénible (à mon avis) de lire sur l’écran de mon notebook (le Blackberry est vraiment nul de ce point de vue), j’ai découvert des billets intéressants, pertinents et souvent très concrets, donc très utiles.

Depuis, je peaufine mon plan et je ne rate pas (en fin je crois) les retours d’expérience et ceux des entreprises de taille moyenne m’intéressent beaucoup.
Si j’ai bien compris l’impérieuse nécessité d’un leadership (c’est mon rôle, non?), pour autant, il me reste encore à travailler sur certains points :

  • Comment harmoniser le réseau social d’entreprise avec notre organisation matricielle et mon organigramme en râteau qui me permet de « garder un contrôle » direct avec les managers  ?
  • Quelle communication dois-je faire pour continuer à « challenger » fortement ces managers sans pour autant que cette nouvelle initiative ne soit par trop « déstabilisante » pour certains d’entre-eux ?
  • Quels sont les projets, les départements, les sujets, etc.,  qui auraient un bénéfice rapide à utiliser ce réseau ?
  • A qui vais-je déléguer la responsabilité du réseau social d’entreprise : la com, les RH, l’informatique,…?
  • Dois-je prévoir la mise en place d’une « task force » et/ou d’un comité éditorial ?
  • Comment valoriser cet « outil » vis à vis du conseil d’administration (au delà du Directeur Financier), quels arguments, quels coûts,  quel retour sur investissement ?
  • Comment « vendre » cet outil aux cadres et aux employés ?
  • En tant qu’initiateur et porteur de ce projet, jusqu’où dois-je aller en terme de participation et  quels sont les risques pour moi ?
  • ……
  • Quelles sont les autres questions que je devrais me poser ????????

Mon entreprise a besoin de continuer  à évoluer pour être bien armée et pouvoir faire face aux difficultés que le quotidien, des marchés aux clients en passant par les produits, les solutions et bien sur les employés, ne manquent pas de dresser sur notre chemin.

Mon rôle de responsable est de guider et d’accompagner cette évolution afin qu’elle se passe au mieux des intérêts de chacun et le réseau social d’entreprise (pas la plateforme informatique, mais ce qu’elle peut permettre de faire) est une partie de la réponse à mon avis et je sais que je veux mon réseau social d’entreprise, mais ………….j’ai encore plein de questions……..

Et je ne suis pas le seul, si j’en crois ce billet !

PS : Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé est purement fortuite,…., quoique ;-))

Réseaux sociaux : Adieu « l’auberge espagnole » !


En cette période de rentrée, les éditeurs présentent chacun à leur tour les nouvelles fonctionnalités et les améliorations apportées à leurs solutions.

YoolinkPro vient d’annoncer une évolution majeure et la plateforme autorise désormais la création de communautés privées pour protéger les informations les plus sensibles. Cette fonctionnalité va permettre toute une série de nouveaux usages, comme la discussion du top management ou la gestion de projets stratégiques, directement sur le RSE.

Côté BlueKiwi, les communautés privées faisaient déjà partie du paysage fonctionnel, mais on sait que des annonces importantes sont prévues dans les prochaines semaines et que les « beta-tests » tournent à fond.

The Magic Quadrant is copyrighted 25 August 2011 by Gartner, Inc.

Gartner a publié courant août le Magic Quadrant for Social Software in the Workplace (disponible ici) et il semble que les solutions aient gagné en maturité alors que la seule réelle nouveauté de ce classement par rapport à celui publié en octobre 2010 est l’arrivée de SalesForce.com.

Nul doute que les éditeurs vont continuer à développer leurs plateformes et que le marché demande plus de maturité, d’évolutivité pour répondre aux exigences de robustesse et soutenir les nombreux projets collaboratifs en devenir dans les petites, moyennes entreprises.

Côté réseaux sociaux « publics », il semble que la tendance soit à la « décrue » et que, passé l’engouement des premiers mois, l’enthousiasme n’y soit plus vraiment.

De notre point de vue, l’essentiel est que tant les « gourous » du social business que les « marketeurs » ne savent plus à quelle « vérité » se raccrocher et qu’on en est encore à discuter de la « valeur » d’un fan !!!

Le salut dans la spécialisation thématique ?

En 2006, je créais un profil sur LinkedIn suite à l’invitation d’un ami travaillant à San Francisco et depuis j’ai continué à explorer cet outil et ainsi à apprendre pour y trouver une valeur ajoutée qui m’a décidé à souscrire un abonnement, même si la possibilité de rester anonyme sur ce réseau m’agace tant il m’apparaît bien impoli de pas savoir se présenter (a minima) quand on souhaite lire des informations à propos d’une personne !

D’autres ont trouvé sur d’autres plateformes sociales des services qui les ont convaincu d’utiliser ces outils à des fins de promotion personnelle, de recherche d’emploi, de valorisation de leur entreprise, etc.

Une fois de plus, les innovations en terme de réseaux sociaux viennent, non pas du côté des communicants, mais bien de ceux qui s’attachent aux « questions fondamentales » qui nous interpellent tous : Qu’est qu’on mange, Combien je gagne etc…

Qui trop embrasse mal étreint reste une expression qui  correspond bien aux réseaux du type Facebook et il n’est pas étonnant de constater le nombre croissant de réseaux construits autour de repères thématiques ou géographiques, voire les deux.

On connaît tous Trip Advisor, peut-être moins Itaste ou Notrehistoire en Suisse, et on sait tous l’indéniable valeur ajoutée que représente ces plateformes pour autant qu’elles soient gérées avec la rigueur nécessaire.

Aujourd’hui, Worketer lance la version 3 de son réseau social et cet outil est, à mon avis, prometteur notamment pour les responsables RH et les recruteurs, même s’il reste pour le moment très orienté métiers de l’IT.

La nouvelle version de Worketer se présente sous la forme d’une application web « riche » dont le but est de faciliter la rencontre des compétences et des opportunités dans la filière numérique.

Côté recruteurs, ce réseau souhaite proposer une alternative économique et innovante aux sites d’annonces et réseaux sociaux traditionnels et leur permettre de s’engager personnellement auprès le leur « communauté de talents ».

Les participants (talents) peuvent créer et diffuser un profil précis et évolutif mettant leurs compétences au premier plan.
Ils peuvent télécharger ce profil au format PDF et l’utiliser comme un CV. Les profils peuvent, même sans être officiellement sur le marché du travail, développer leur réseau de recruteurs (auxquels ils ont librement accès sur le réseau Worketer).
A vous de voir !

Au delà de cette tendance, il est clair que  face à la profusion d’information (que nous n’arrivons ni à traiter et encore moins à « digérer »), les réseaux sociaux « publics » mais également les réseaux sociaux d’entreprise trouvent une partie de leur valeur ajoutée dans le filtrage, la contextualisation et la mise à disposition à discrétion des informations dont nous avons besoin.

Il est étonnant que les « gourous » du marketing social s’obstine à nous parler que de Facebook alors que tout le monde (surtout les marques) peut gagner d’un ciblage précis et qualifié !!!

Tout le reste n’est que blabla numérique dont tout le monde s’en f………….. !   non ?

N’oubliez pas cette citation de  Louis Richardson « Don’t make social your business, make your business social »

Votre réseau social a-t-il une âme ?


Beaucoup de discussions tournent autour des thèmes de  l’adoption par les entreprises des réseaux sociaux et autres solutions collaboratives et du « retour sur investissement » qu’elles peuvent en espérer.

Ces débats sont le plus souvent guidés par des préoccupations inhérentes à l‘adoption de nouvelles technologies (voir le cycle ci-contre proposé par Joe M. Bohlen, George M. Beal et Everett M. Rogers en 1957).

Reprises et largement développées et commentées par les analystes, ces études appliquées aux technologies de l’information, et en particulier à celles qui supportent la mutation vers l’entreprise 2.0, peuvent constituer un bon indicateur du chemin qu’il nous reste à parcourir.

Le second aspect largement commenté concerne le très (trop ?) fameux ROI !

Bertrand Duperrin présentait dans une note  intitulée Entreprise et business d’abord, 2.0 et social ensuite une version réaliste de ce qui se passe dans les entreprises au niveau de la mise en oeuvre des supports et des plateformes en support à l’entreprise de demain. Il cite Umair Haque avec raison et sans reprendre ici les arguments pertinents présentés dans cette note, je retiendrai également bon nombre des arguments de Mintzberg qui écrit que la dernière crise économique est avant tout une crise du management.

A mon avis, le débat à propos du ROI risque de masquer les vraies questions et pour mieux vous en convaincre, je vous renvoie également vers une note de Umair Haque publiée récemment – Steve’s Seven Insights for 21st Century Capitalists – et dans laquelle il fait un essai d’explication de ce qu’il faut retenir du succès de Steve Jobs.

Après avoir écrit il y a quelques semaines que l’entreprise 2.0 avait besoin de leaders, je souhaiterais revenir sur quelques cas pratiques, échecs et succès, illustrant bien à mon avis la nouvelle donne à laquelle l’entreprise et par delà elle la société est confrontée.

Le modèle dans lequel nous vivons et travaillons est un modèle basée sur l’hypothèse d’une nécessaire et éternelle croissance de la production de biens et de richesse. Ce modèle largement discuté a fait l’objet de mises en perspectives innovantes et intéressantes notamment par le Club de Rome et le MIT (publication en 1972 du rapport The Limits to Growth – voir la vidéo ci-après)

Sans entrer dans le débat de la décroissance, nous devons accepter de regarder les choses différemment : la vie n’est pas forcément un chemin linéaire pas plus qu’ « un long fleuve tranquille » et le modèle imposé (malgré nous, eux) par les générations de « gestionnaires » et « dirigeants » formés aux mêmes théories dans les innombrables écoles de commerce en occident résiste de plus en plus mal face à certaines réalités.

Hors le ROI est un des éléments clés de ce modèle dans lequel on tente de tout mesurer pour rationaliser et obtenir plus de profits financiers.
C’est une approche uniquement quantitative dont les symboles sont MS-Excel et les mots-clefs : Business Intelligence, reporting, etc..

La vision « collaborative et sociale » de l’entreprise oblige à envisager d’autres chemins, d’autres objectifs, d’autres méthodes de management.
On est bien d’accord sur le fait que le maintien des équilibres financiers des organisations est essentiel, mais êtes-vous toujours aussi convaincu qu’il ne passe que par des améliorations quantifiables de la productivité et par la réduction des coûts ?

D’ailleurs, les nouvelles technologies sont-elles toujours réellement porteuses de gain de productivité ? Quelles sont les conséquences du déploiement non préparé de certains outils ? Quels sont les risques du « technostress » ?

L’ouverture de nouveaux espaces d’échange, de partage et de dialogues fait partie des gisements peu exploités au service de la création de richesse mais il va nous falloir en apprivoiser le fonctionnement et faire un peu plus de place à l’humain.

Il faut donner du SENS, de l’ÂME à ces espaces afin de les faire vivre au mieux des intérêts des entreprises bien sur, mais également au bénéfice et au confort des contributeurs qu’ils soient collaborateurs, partenaires ou clients.

L’un des principaux défi de la réussite de ces plateformes (intranet 2.0, réseaux sociaux d’entreprise, etc.) tient aux hommes qui en seront les initiateurs et les animateurs, à leur leadership et leur capacité à RASSEMBLER autour d’une vision innovatrice : que des qualités humaines difficiles à résumer dans une feuille de calcul !!!!

Intranet 2.0, réseau social d’entreprise : Y’a qu’a, faut que,… pas si simple !


Eh oui, il n’y a aucun automatisme ni aucune évidence dans la mise en oeuvre d’un projet de communication « ouvert » et participatif au niveau des organisations professionnelles même si le lien social est « naturel » et bien ancré dans notre ADN.

Les échecs ne sont ni rares, ni nouveaux (voir les retours d’expérience de Thales et APEC publiées en mai 2009) et bien que les projets aient gagné en maturité et malgré le soutien de nombreux consultants, éditeurs et bloggeurs dont nous sommes (méthode Coué ?), ce n’est jamais gagné d’avance.

Retour d’un échec

On peut imputer un échec à de multiples causes qui tiennent toujours, in fine, à la technologie et/ou à l’humain.

L’article publié en 2009 sur Agoravox et dont est extrait le schéma ci-joint avait eu le mérite de lancer un débat en s’arrêtant aux 4 causes majeures de l’échec d’un projet informatique : la rivalité, la mesure, la logique de mesure et l’outillage.

Bien que le réseau social d’entreprise ou  l’intranet ne puisse se résumer à un projet informatique, il est utile de rappeler que le choix de la plateforme est important mais qu’il convient d’abord de préciser le premier périmètre du projet et ses évolutions possibles et souhaitées.

Début  août, nous avons eu connaissance de la décision d’abandon d’un projet de réseau social d’entreprise mené par un organisme de formation.

Sans entrer dans le détail de ce projet initié par une organisation qui, comble de l’ironie,  vend dans son catalogue de la formation à l’animation et la gestion de réseaux sociaux et collaboratifs (les cordonniers ne sont-ils pas toujours les plus mal chaussés dans l’imagerie populaire ?), nous retiendrons trois principales causes à cet échec :

  1. l’absence de vision de la part du management :  difficulté d’imaginer les contenus, d’organiser les équipes, de mettre en place des critères (mesure) et donc de conduire le projet
  2. l’incohérence de la communication  (faire passer les moyens avant les objectifs) et l’impossibilité de recruter des contributeurs et de fédérer un noyau dur
  3.  la confusion entre mise en production technique et animation d’un réseau

Une logique de services

La collaboration se nourrit d’une logique d’ouverture et de services.

Que vous ayez un projet de réseau social d’entreprise ou de renouvellement de votre espace intranet, vous devez absolument considérer l’offre de services que vous allez mettre à disposition des participants que vous souhaitez voir participer aux espaces de partage initiés dans et au delà de l’entreprise.

Et ce n’est pas si simple  !

Quelles que soient vos motivations et les détails de votre démarche, elle doit rester progressive, rigoureuse et cohérente avec vos objectifs.
Il est en ce domaine quelques retours d’expérience utiles et celui de Alcatel-Lucent en fait partie.

A vous de promouvoir votre vision, de préciser vos projets et vos objectifs pour définir votre offre de services.

Chaque projet doit pour réussir s’inscrire dans une logique propice au développement de l’entreprise et pour mieux vous en convaincre venez en discuter avec nous à l’occasion de la Conférence Intranet 2011 : le 11 octobre, à Paris.

Récemment, on découvrait « The Innovator’s DNA » par Jeffrey H. DyerHal B. GregersenClayton M. Christensen, mais qu’en est-il, à votre avis, de l’ADN Collaboratif ?

C’est décidé, à la rentrée je serai un collaborateur 2.0 !


Eh oui, il n’y a pas de raison que je ne participe pas de cette « évolution » et depuis que j’ai lu ce papier d’Anthony Poncier intitulé Du collaborateur 2.0 à l’entreprise 2.0, je dois avouer que je me sens prêt.

Je travaille dans une entreprise qui sans être très ancienne (créée dans les années 70) n’a plus, depuis longtemps, l’esprit d’une start-up, mais qui est restée modeste en terme de taille, à dimension humaine (enfin c’est ce qu’on dit!).

Je fais partie du middle management, vous savez ceux qui, souvent, saluent avec condescendance les employés et avec obséquiosité (un peu ou beaucoup, c’est selon) leurs supérieurs.
J’ai fait mes études dans une école de commerce et depuis j’utilise mes acquis (en plus de quelques formations complémentaires que j’ai suivi) pour faire au mieux mon job et atteindre mes objectifs et je dois avouer, qu’à près de 45 ans, je suis assez satisfait de mon parcours.

Depuis quelques semaines, le bruit court dans l’entreprise (enfin surtout à la cafet’ et sur le trottoir devant l’immeuble – à la « smoking zone ») que nous allons pouvoir disposer d’une nouvelle plateforme 2.0.
L’année dernière, le gros projet (le DG ne parlait plus que de cela en réunion générale) c’était le passage au cloud computing.
Je ne sais pas ce qui a été fait, mais pour moi, celà n’a rien changé, à part un nécessaire apprentissage de l’utilisation de SalesForce (de toute façon, l’ancien CRM avait été qualifié d’obsolète par le nouveau Directeur Financier!).

Mais là, je suis super motivé !

Je viens de finir de lire le bouquin d’Alain Garnier et Guy Hervier et  j’ai également beaucoup appris en lisant les articles sur les blogs d’Anthony Poncier, mais aussi de Frédéric Poulet (sympa le côté provocateur) et de Bertrand Duperrin (un peu Docteur la Science dans le ton, mais pertinent, enfin à mon avis), sans oublier celui de Claude Super (très pragmatique et orienté business – pas un bisounours, celui-là!).

Et puis, j’ai maintenant un compte Twitter (bien sur que je suis sur FaceBook, mais comme dit mon neveu, ça me saoule un peu ces temps) et plus de 30 followers, mais je ne m’y suis pas encore mis à fond.
Par contre, mon profil sur LinkedIn fonctionne bien : plus de 500 contacts, des relations avec des collègues et des recruteurs et une sauvegarde de mon carnet d’adresse pro !

Bon demain, je pars en congés, mais juré à la rentrée, je serai un collaborateur 2.0 !

Pour commencer, j’ai bien compris que l’entreprise allait changer et que les modes de management et les relations entre managers, mais également entre managers et employés, ne seront bientôt plus comme avant (comme dans les cours de management que j’ai suivi).

Je suis heureux que les connaissances de chacun, y compris les miennes, soient reconnues et partagées au bénéfice de l’entreprise.

Mettre en avant ses compétences et partager avec les autres devraient nous apporter à tous une meilleure efficacité et, vu la charge de travail et les responsabilités, cela va nous aider.

Et puis, réseauter en dehors de la cafet’ ou du bistrot du coin, pouvoir discuter de projets et de sujets pros avec mes collègues basés en dehors du siège, voire même avec des partenaires, ne peut être que bénéfique (j’en suis persuadé vu mon expérience sur LinkedIn et FaceBook).

Les RH, lors de la dernière réunion générale des collaborateurs, nous ont bien expliqué qu’il était important de « libérer la parole » et ainsi de valoriser notre savoir et notre « intelligence collective ».
Wowww !!!, cool et quand le directeur a mis en exergue sur sa slide la citation de Lew Platt ex-CEO de HP : “If only HP knew what HP knows, we would be three times more productive », nous avons été plusieurs à avoir le sentiment d’avoir été, enfin, entendus et compris : nous allions pouvoir participer activement, donner notre avis, contribuer et montrer notre réelle valeur !

Nous sommes sortis de cette réunion gonflés à bloc et puis le nom du projet collaboratif est plutôt sympa : Un + TOUS (à mon avis, ils se sont inspirés de Google +, mais bon !!! et puis Google + je n’ai pas le temps de m’y mettre avant les vacances !)

Hier, on en discutait avec Christophe (mon collègue responsable EMEA Sales Operations) à l’occasion d’un lunch avant les vacances (lui part en Croatie avec sa famille) et je l’ai senti sur la réserve.

Christophe était aussi enthousiaste que moi et ce n’est pas peu dire qu’il attend des changements et notamment un peu plus de reconnaissance de la part de sa hiérarchie pour le boulot et l’efficacité de son équipe, mais depuis il a réfléchi – me dit-il, et il est un plus réservé.

Pour lui, le  projet et cette nouvelle plateforme ne nous ont pas été présentés d’une manière claire (je dois reconnaitre que le directeur informatique n’a rien dit et qu’on ne sait même pas à quoi cela va ressembler !) et du coup on ne sait pas qui va supporter l’initiative :

  • les RH ?,
  • le CEO ? (pas sur, il fait taper ses emails par son assistante),
  • les métiers ? (si oui, lesquels),
  • l’informatique ?

Christophe a raison, mais on va recevoir des informations complémentaires en temps voulu et puis la plateforme, si c’est comme les réseaux sociaux …facile !

Je l’ai trouvé assez négatif pour ne rien vous cacher (pas de quoi me gâcher le moelleux au chocolat, mais presque !).
Christophe devait être dans un mauvais jour : très collaboratif et partageur avec moi, mais très critique à propos de Un+TOUS !

Pour lui, cette innovation (si cela s’avère en être une ! dixit C.) sera une charge supplémentaire et ses journées sont bien trop remplies tandis que les collaborateurs de son équipe vont passer (perdre) leur temps à discuter en ligne pour rien au lieu de faire leur boulot (Christophe fait partie de ceux qui demandent que les accès FaceBook, LinkedIn, etc. soient bloqués au niveau réseau de l’entreprise).

En plus des bavardages inutiles qu’il redoute, Christophe avoue qu’il ne sent pas à l’aise rien qu’à l’idée que tout le monde dans l’entreprise puisse lire et discuter ses notes ou ses idées : ses chefs oui, mais les employés non !

Christophe n’est pas un littéraire et ses email sont bourrés de fautes (vous savez le genre de texte qui devient tout rouge quand le correcteur orthographique est activé), contrairement à moi (c’est vrai qu’au marketing, on écrit plus souvent donc on fait plus attention) et il craint dêtre « dévalorisé » par des notes de mauvaise qualité quant à la forme, sans compter qu' »on ne peut pas avoir un avis sur tout et n’importe quoi » comme le précise-t’il souvent !

J’ai compris que ce qui le retenait le plus était que les RH, qui nous ont présenté rapidement le projet, ont laissé planer de nombreux doutes, trop pour Christophe.
Il pense que tout ce que nous pourrons dire, partager, émettre, suggérer dans cet espace servira à nous évaluer que ce soit du côté de nos équipes que de celui de nos supérieurs et pour Christophe la prudence s’impose !

Il a peut être raison, mais, à mon avis,  le jeu en vaut la chandelle et les risques ne sont pas si importants si on accepte de jouer le jeu avec simplicité, honnêteté (intellectuelle) et bienveillance.

Et puis c’et décidé, avec Un + TOUS et malgré Christophe, à la rentrée je serai 2.0 !

Au fait, et vous, êtes-vous déjà 2.0 ?

Bonne vacances !