A propos des technos 2.0, de la gouvernance de l'information, des réseaux sociaux et de la valorisation des contenus au service de l'entreprise de demain
Pour bien commencer la semaine, je vous propose de prendre le temps de visionner la présentation mise en ligne à la fin avril par Conseils ATELYA / VOIRIN Consultants
On y parle des trois grandes réalités auxquelles les entreprises de demain doivent faire face : la « socialization » des entreprises, l’évolution du poste de travail et l’arrivée de nouvelles générations au travail.
On y retrouve également le rappel de certains défis RH et propose l’adoption d’une logique « 2.0 » afin de demeurer en phase avec leurs collaborateurs actuels et futurs
Pas besoin de revenir sur les outils web 2.0, tout le monde connaît et nombreux sont les billets publiés ici ou là (voir le dernier billet de Fred Cavazza sur Entreprise 2.0) qui en parlent avec force de détails.
Depuis, la nécessité du leadership n’a cessé d’être affirmée et nombreux sont ceux qui ont tenté d’en dessiner les contours avec plus de précision !
D’emblée, on peut affirmer que sans leadership, il n’y pas de projet entreprise 2.0 qui soit un succès.
Le leadership est la condition essentielle à l’engagement et l’engagement est l’objectif commun à toutes les «expériences 2.0».
Récemment, Luis Suarez a, dans une réflexion à propos du leadership, repris la notion de «servant leader» lancée en 1970 par Robert K. Greenleaf (voir à ce sujet le billet en français sur le blog Marketing RH et dont la définition sur Wikipédia est :
Servant-leaders achieve results for their organizations by giving priority attention to the needs of their colleagues and those they serve. Servant-leaders are often seen as humble stewards of their organization’s resources: human, financial and physical.
C’est effectivement la dimension du leadership qui sied le mieux au modèle participatif et collaboratif qu’est le 2.0, mais chacun peut constater qu’il n’est pas, loin s’en faut, le plus fréquent !
De plus, cette notion de «servant leader» a un côté «spirituel» qui me gène un peu et je dois avouer que je préfère mettre en avant la notion de service (plaisir, réciprocité. altruisme, élévation) non pas en tant que tout, mais plutôt comme un ensemble de caractéristiques nécessaires :
l’écoute,
l’empathie,
le pouvoir de soulager les autres et soi-même,
La conscience de soi,
Le pouvoir de persuasion,
Le pouvoir de conceptualisation,
La vision de l’avenir,
Le soutien,
L’engagement dans le développement d’autrui,
Le pouvoir de développer une communauté,
et complémentaires à l’autorité, la transparence, la fierté, l’audace par exemple.
Des outils adaptés plus un leadership réel et indiscuté, on y est presque !
Ben, non, pas vraiment !
L’entreprise 2.0 ou pas se construit à partir de projets, d’objectifs et de réalisations.
Depuis les années 80. l’entreprise a tenté de consolider son organisation autour de processus dans une approche «quasi scientifique» et je vous propose de lire le dernier billet publié par Yves Caseau qui présente avec beaucoup de pertinence comment l’architecture organisationnelle est sensible à l’échelle.
Vous trouverez également sur le blog de Bertrand Duperrin des réflexions très intéressantes à propos du 2.0, du social et des processus !
Mais, dans la «vraie vie» et la réalité des entreprises, le succès d’un projet dépend souvent du «bon sens» de ses initiateurs et de ses sponsors !
Et le bon sens recommande :
une progression cadencée
des objectifs réalistes clairement affichés
des projets identifiés et identifiables
des règles simples
des contributeurs concernés
mais également l’implication de toute l’entreprise : C-level, ressources humaines, communication, etc., au service d’une vision.
Le bon sens recommande également de réfléchir à la «rétribution» des principaux acteurs du changement !
Ne soyons pas naïfs au point de penser que les contributeurs les plus actifs le font pour la beauté du geste, le sport ou encore le bien commun !
Nous sommes tous sensibles aux remerciements, à la reconnaissance de nos qualités, de notre pertinence et même s’il n’est pas forcément «question d’argent entre nous», il est indispensable que celui qui participe «le mieux» en soit récompensé objectivement et selon ses attentes.
Ok, mais là on y est ???? Probablement, mais pas si sur !
Il est un (plusieurs ?) éléments que personne n’a réussi à condenser dans une feuille de calcul ou une matrice : l’humain dans son essence !
J’aime à penser que l’irrationnel (dans le sens : Qui n’obéit pas, n’est pas conforme au bon sens, à la logique) a un rôle à jouer dans le succès de ces initiatives !
Depuis 2 mois, j’ai lancé une plateforme de discussion baptisée | Dessinons l’Entreprise de Demain – www.e-20.ch | en support à des échanges initiés à l’occasion des Matinées de l’Entreprise 2.0 en Suisse.
Nous sommes plus de 100 personnes à échanger autour de 11 thèmes clairement identifiés par des groupes auxquels chacun peut souscrire et contribuer librement.
Nos expériences sont différentes et notre seul projet commun est de débattre, d’enrichir notre expérience, bref d’avancer ensemble sur certains sujets, mais selon nos propres objectifs et à notre rythme.
Nous ne nous sommes jamais rencontrés pour certains, nous ne sommes pas une entreprise, nous ne formons pas un groupe de pression, mais nous avons plaisir, enfin je le crois pour certains, à «travailler» ensemble !
Tout ceci, pour illustrer la part d’impondérable qui existe dans tous les projets, mais surtout dans ceux où l’homme, et lui seul, est au coeur de la «production» de valeur ajoutée.
Mais que celà ne vous empêche surtout pas de vous engager, c’est le meilleur moyen de faire de «l’irrationnel», de l’affectif, de la magie du lien, de l’envie, vos meilleurs atouts pour la réussite de vos projets 2.0 !
Pour en savoir plus à propos de notre «irrationnalité», plongez-vous dans les ouvrages de Daniel Kahneman (Prix Nobel d’économie 2002) et ses travaux sur l’économie du bonheur !
Depuis quelques semaines, j’ai privilégié (pour des raisons médicales) la mise en ligne de podcasts, notamment sur ce blog et, au vu du nombre moins important de réactions et de commentaires, je me demande si l’oral a sa (une) place sur les médias sociaux en dehors des messageries instantanées !
Bien sur, il y beaucoup de raisons qui expliquent un niveau de commentaire moins important et des statistiques « étales » : sujet peu intéressant, période de vacances, podcasts de moyenne qualité, manque d’aisance avec « l’outil », référencement encore plus aléatoire, etc.
A vous de me dire (si vous le voulez bien) en prenant le temps d’écouter ou de ré écouter les 23 podcasts (moins de 2’50 ») mettant en perspective quelques enjeux des réseaux sociaux !
Libérer la parole ?
Bien que le lien social se soit développé avec la parole et bien qu’il continue à exister dans de nombreuses communautés par l’échange verbal, nous continuons à privilégier l’écrit et le visuel dans nos communications sur les réseaux sociaux.
Nous avons quelques difficultés à nous défaire d’un héritage caractérisé par la primauté de l’écrit !
Et aujourd’hui, c’est au tour de l’image (figée ou animée) de devenir LE MEDIA de transmission des messages, des sentiments, des statuts, etc. sur les réseaux sociaux.
Est-on entré dans l’ère du « je n’ai rien à dire » mais « j’ai beaucoup à montrer » ?
Pourtant, le niveau des communications téléphoniques et le succès des messageries orales intantanées montrent que nous aimons parler, bavarder, échanger, écouter, au delà des traditionnelles discussions du « café du commerce » .
Il est également surprenant de noter que l’objet le plus ou l’un des plus utilisés pour s’exprimer et « agir » sur les réseaux sociaux est le téléphone portable, objet initialement créé pour nous faciliter la communication orale en intégrant la mobilité !
Et « l’interactivité » dans les émissions TV (voir l’excellent C dans l’air de Yves Calvi sur France 5) se fait au travers des SMS ou de sa télécommande en TV connectée (pas de place pour la « voix » !)!
L’enregistrement oral a du chemin à faire pour espèrer avoir le même impact (en terme statistique) que les messages écrits, les images ou les vidéos,
mais est-ce si important ?
Le message oral est-il destiné à un autre usage ? est-il plus favorable à la réflexion ? est-il plus porteur de sens ? est-il plus engageant ?
A vous de voir et peut être d’imaginer de nouveaux potentiels de valeur ajoutée pour le podcast, de nouveaux contenus, de nouveaux rythmes, de nouvelles habitudes, ou bien !!!!
Dans les réseaux sociaux, il en est comme dans la vie courante, le futile côtoie l’essentiel, la médiocrité masque parfois la richesse des échanges, la technologie supplante pour certains le lien, mais n’oubliez jamais que l’humain est au coeur de la relation sociale et que l’essentiel, c’est VOUS !