A propos des technos 2.0, de la gouvernance de l'information, des réseaux sociaux et de la valorisation des contenus au service de l'entreprise de demain
Convié avec notamment @sdufaux @CHQue @yseult @PatrickChareyre @VMarchand @aisoz @alanvonlanthen @relaxintheair @yan_luong @mccasal à « relayer » le TEDxHelvetia organisé sur le thème « Imagining Our Future » le 13 septembre par l’EPFL, la Fondation Lomboard Odier et l’Alumni EPFL, je ne peux que vivement les remercier pour la qualité de cette soirée.
Tout d’abord et pour ne pas oublier et paraître ingrat, c’était parfait, ou presque, du côté :
de l’accueil en général (un peu long pour ceux qui attendaient l’Ipod avec Spotme)
des buffets
de l’ambiance en général
de la qualité d’expression des orateurs,
….
Encore bravo !
Pour ce qui est du contenu, chacun y a probablement trouvé des prises de paroles plus intéressantes que d’autres.
Il est toujours malaisé de porter une jugement sur la qualité du contenu de certains orateurs quand ils tentent de nous expliquer notre (un) futur par un discours qui a « du mal à trouver son public ».
Ainsi, la première partie a projetté la salle (du moins une partie) dans un futur noir, presque angoissant (même si réel)
Ce sont là les réactions de quelques Twittos présents, on ne sait pas ce qu’en ont pensé les banquiers (il y a en avait beaucoup car l’EPFL a « produit » énormément de banquiers pour un école d’ingénieurs).
Après Boston et sans aucune prétention en ce qui concerne l’impact ou la taille de l’évènement, la Matinée de l’entreprise de demain consacrée au « social business » a été l’occasion de dessiner, avec elles, les perspectives des entreprises romandes.
Les contenus ainsi que les enregistrements vidéos des différentes communication sont ou seront disponibles rapidement sur e-20.ch !
Rapidement et « en écho » à ce qui a pu se dire tant à Milan, qu’à Boston, les entreprises de Suisse romande qui ont, jusqu’alors, pris le temps d’observer avant de plonger, semblent avoir pris la mesure et l’intérêt du « social business » et plus globalement de l’évolution de l’entreprise par l’adaptation à son environnement et certaines évolutions de fond (modèle 2.0 ?)
Après un introduction (mise en bouche), la matinée a pris de la consistance grâce à des présentations de qualité et des moments de partage : discussions, commentaires, contributions des participants.
Du pragmatisme pour des résultats
Tel pourrait être le résumé de l’état d’esprit de la matinée.
Sans refaire ou dérouler les contenus (pour lesquels je renouvèle mes remerciements à tous les intervenants), j’aimerais revenir dans ce billet sur quelques déclarations intéressantes.
Quant @alainpezzoni nous parle de la stratégie et des milestones d’AIRFRANCE KLM Suisse sur les médias sociaux, je retiendrai, entre autres, la reconnaissance de l’importance du client qui est au coeur des intentions (et des projets ?) à l’instar de ce qui se passe dans le secteur du transport aérien.
Malgré et peut-être à cause de l’aspect un peu solennel de cette déclaration, Alain nous présente une réalité d’action « cool », dans laquelle il est hors de question de se prendre trop au sérieux, mais toujours de savoir rester conscient de la nécessité d’apporter un service de haute qualité !
Alain a su, par ailleurs, illustrer dans sa présentation les aléas d’un (plutôt de deux) parcours, de deux compagnies : AIR FRANCE et KLM, chacune avec sa culture, son histoire, ses objectifs !
Quels que soient, les outils de mesure ou de suivi, Alain a également rappelé que la question du ROI est aujourd’hui probablement inadéquate et que les bénéfices les plus tangibles (à première vue) sont ailleurs (voir la gestion des crises, etc.), mais qu’ils peuvent avoir un impact très importat sur la notoriété et les ventes (donc les revenus) des compagnies.
La relation client est à l’instar de la relation employé, en premier lieu une relation humaine !
Que vous soyez employé ou employeur, vous êtes toujours (ou presque) en situation de « promotion » : marque employeur ou personal branding !
@jobgoch (Guillaume Anthoine) a remis en perspective les outils (jobboards et répertoires comme LinkedIn) au regard de cette réalité sociale qui a également envahit le monde de la « relation humaine dans le travail« .
Les outils avec lesquels vous pouvez agir aujourd’hui offre plus de souplesse, plus de pertinence, plus d’interactions, mais également plus d’efficacité au regard de vos objectifs et de leur évolution dans le temps et dans l’espace !
Et le 2.0 dans tout celà ?
En s’appuyant sur les retours d’expériences d’entreprises européennes, expériences de l’utilisation de « social software » mais également de « nouveaux modes de management », Björn Negelmann (@bjoern_n) a parfaitement illustré le(s) chemin(s) parcourus ces dernières années, non sans oublier de relever « l’impatience » de certains quant aux résultats tangibles versus escomptés.
Le temps n’est plus aux évangélistes, le temps est aux réalisateurs pour asseoir définitivement pour les organisations l’intérêt du social business dont une, et pas la moindre, particularités est la singularité des chemins (ou des voies d’accès) pour y parvenir !
Le temps de l’action !
C’est Frédéric Creplet (@frederic_g_creplet) – Directeur de Voirin Consultant Atelya – qui a conclu cette seconde matinée par une discussion illustrée par de nombreux retours d’expériences !
Le temps de l’action est venu et à chaque organisation, selon son rythme, sa statégie, sa culture et ses objectifs, de mettre en oeuvre, su service de son dévloppement, les outils et les « méthodes » qui lui permettront de tirer le meilleur parti du « social business » tant à des fins B2B, B2C qu’en qualité d’employeur et qui sait « d’entreprise citoyenne » ?
Je retiendrai des propos de Frédéric, entre autres :
En s’appuyant sur sa culture, ses pratiques managériales & sur son patrimoine informationnel et de système d’information, l’entreprise développe de nouvelles formes d’intelligences collectives. A chaque fois, le capital humain et le capital social en sont au cœur.
Enfin et en guise de conclusion, merci à tous les participants et n’oubliez pas le débat et les échanges continuent sur e-20.ch (c’est gratuit !!)
Depuis que Fred Cavazza « parle » espace et mobilier de bureau (je plaisante !) et que nos « gourous » nord américains reviennent doucement, mais surement, aux fondamentaux d’hier, à savoir le ROI, les bénéfices et rien que la mesure de la rentabilité financière, la question mérite qu’on s’y arrête !
Au milieu des nombreux billets et contributions postés sur des blogs indépendants, sur les blogs des publications « spécialisés » ou grand public (presse éco et quotidienne), il est temps de faire un « point de situation » et je vous livre cette déclaration faite à Milan par John Hagel !
“We have many new tools to face today challenges, challenges we are not prepared for. There are huge opportunities for those who can use these tools.
Une approche trop enthousiaste
La question est légitime et nombreux sont ceux qui ont vu dans ces nouveaux outils (issus du web 2.0 pour la plupart) une opportunité facile et prometteuse !
Crise économique (on n’en voit pas l’issue) et « nouveaux outils » faciles (disponibles sur mobile et intuitif) ont permis d’imaginer et de croire que la (les) solution(s) étai(en)t à portée de main ou plutôt d’un clic !
Besoin de nouveaux repères, exigence de performance économique, créativité et nécessité de se réinventer, sont autant d’éléments qui ont permis (avec la viralité apportée par les médias sociaux) l’incroyable essor du « social business » accompagné du retour sur le devant de la scène d’une idée « veille comme le monde » : la collaboration !
Il n’est pas étonnant que cette vision du business de demain vienne des USA : enthousiasme atavique, esprit d’innovation, pragmatisme et savoir-faire indéniable dans le marketing ont servi le « lancement » de l’exploitation d’un nouveau gisement de productivité, la relation sociale.
Une vision à court terme
L’enthousiasme, bien que nécessaire, n’est pas suffisant !
L’envie de sortir rapidement du marasme économique et l’exigence permanente d’un modèle basé sur la croissance continue (prouesse ?) ont mis en valeur une vision à court terme.
Le leitmotiv de ces dernières années a été « soyons sociaux » que l’on peut traduire par « investissons massivement les réseaux sociaux grand public » pour faire la promotion de nos produits et de nos services !
Mais, la réalité est bien plus compliquée !
Les attentes des consommateurs qui participent aux différents médias sociaux publics sont plus ou moins complexes et parfois bien éloignées de ce que peut contenir une « page de pub » !
Les médias sociaux facilitent la rencontre et permettent la relation qui s’inscrit nécessairement dans une stratégie et une vision à moyen terme : promotion et écoute au service d’une légitimité indispensable au succès du « social business ».
Des difficultés sous estimées
Mettre en oeuvre une présence et des contributions pertinentes (du ticket de réduction aux conseils en passant par les échanges avec le client, le « crowdsourcing », ….) est un vrai challenge.
Il en est un autre : transformer une entreprise, une organisation vers plus d’interactions productives, plus de collaboration, vers une utilisation intelligente des flux !
L’entreprise collaborative ne se fera pas sur un coup de « baguette magique » !
C’est une évolution lente, incertaine, nécessaire, dont les difficultées ont largement été sous estimées.
Absence de vision et/ou de leadership du C-level pour conduire l’organisation en harmonie vers son futur, mais également « mauvaises habitudes« , démotivation ou résignation, manque d’envie, « fracture numérique« , etc., des salariés sont autant d’obstacles à identifier avant de les contourner ou de les sauter !
Pourtant, et malgré les aléas et les difficultés, nous « devons » y aller et regardez comment Joël de Rosnay met en perspective la notion et la réalité des flux !
Une bonne dose de méthode Coué
Cette réalité de demain que nous espèrons pour beaucoup d’entre-nous n’est pas le fait du hasard !
Au travers de notre histoire et des « révolutions » économiques et sociales, l’effort a toujours été mis sur la rationalisation, je dirais la mécanisation, des activités et ce à des fins de rentabilité financière.
Nul doute que des « progrès » sont encore possible de ce côté, mais le plus grand gisement de « productivité » est probablement ailleurs ! Ce gisement, on le trouve dans l’intelligence et la qualité des relations sociales.
Au delà de la méthode Coué, les expériences ou les tentatives de s’investir sur ce terrain se multiplient à l’intérieur mais également autour des organisations. Les chemins sont singuliers et en l’absence (ou quasi) de retours d’expériences significatifs, il faut croire en sa propre stratégie et se donner les moyens de ses succès.
La réalité du terrain est riche d’enseignement et à ce titre, je voudrais partager avec vous les idées de Michael Ringier, président du premier groupe média suisse qui notamment déclare :
La constance du capitalisme familial est un rempart contre la crise
Quelle que soit votre organisation, votre offre de produits et/ou de services, il est certain que la collaboration au sein de votre écosystème est un atout, il est également certain que les discussions relayées sur les médias sociaux recèlent de pépites que vous auriez intérêt à savoir aller chercher.
En fin de compte, une évolution demande toujours du temps et ne se fait pas sous les feux de la rampe, mais dans l’antichambre des « réalisateurs » et des acteurs des entreprises de demain !
Tout le reste, n’est probablement question que d’égo, de lutte de pouvoir ou d’influence, mais certainement pas de flux empathiques !
Au delà des publications et des discours, il y a une réalité du «social business» et bien qu’on en est encore au tout début, une enquête menée par le MIT et Deloitte (voir le détail dans le billet publié sur ce blog) nous permet de mieux comprendre où sont les entreprises et les attentes qu’elles nourrissent en retour d’une stratégie intégrant le «social business».
Au regard des résultats présentés par MIT/SLOAN Management & Deloitte, les entreprises estiment que l’apport le plus significatif du «social business» se fera dans la relation client, l’innovation et la «fidélisation des employés» !
Restons concrets et prenons le temps nécessaire à «imaginer» la réalité de votre stratégie autour de ces thèmes.
En premier lieu, il convient de préciser ici que la mise en oeuvre d’une stratégie de social business (avec les outils adhoc) ne vient pas supplanter les initiatives existantes, surtout si elles fonctionnent bien.
Il s’agit, aujourd’hui, de déployer des moyens d’action complémentaires (social software) et «en harmonie» avec l’infrastructure, la culture et le marché de l’entreprise. La relation client !
Pour 80% des entreprises ayant participé à l’enquête, l’utilisation des ces solutions «sociales» aura une importance majeure dans la relation client dans les 2 prochaines années.
Pratiquement, il est donc important de réagir si rien n’a encore été prévu. Qu’attendre des outils sociaux au service de la relation client ?
Tout d’abord, une vraie (bidirectionnelle) relation plus facile (en terme technique), plus fluide, donc probablement plus pertinente en terme de résultats pour vous et en terme de «reconnaissance» pour le client. Comment en tirer parti ?
Par l’instauration d’un dialogue «honnête» et suivi.
Vos clients ont beaucoup d’informations utiles à partager avec vous et vous cherchez fréquemment à les fidéliser par des opérations marketing.
La fidélisation est au coeur d’une stratégie de «social business» et la reconnaissance du client en tant que tel est le premier pas vers son engagement. Quelles sont les informations dont vous avez besoin et qui ne sont pas dans votre outil de CRM ? A priori, celles qui sont difficilement «quantifiables» mais pourtant essentielles pour maintenir la relation : mécontentement, éloignement, déception, incompréhension, etc.
Bref, tout ce qui pourrait faire que votre client vous quitte sans que vous vous en aperceviez et surtout sans en connaître la ou les raisons.
Le dialogue, au moyen des outils sociaux, permet non seulement de maintenir la relation, mais surtout de la faire évoluer au meilleur de l’intérêt des deux parties.
Beaucoup d’entreprises comprennent le web et les médias sociaux uniquement comme un canal de distribution (cher, non sécurisé et aléatoire pour certaines), et elles passent ainsi à côté de gisements d’informations pertinente qu’elles cherchent par ailleurs à capturer par le biais d’enquêtes de satisfaction ou de sondages coûteux et ponctuels.
Le «social business» permet de mettre en oeuvre un «monitoring» permanent des segments de clients que l’on souhaite suivre, accompagner en échange de leur engagement, tout en autorisant «l’identification» des possibles mécontentements, de leurs origines et de leurs porte-drapeaux.
L’amélioration de la relation client favorise (facilite ?) l’innovation et ce n’est pas surprenant que 74% des entreprises estiment que le «social business» permet d’innover et de créer une vraie différentiation, dans l’offre de produits et/ou de services, à son avantage.
Le crowdsourcing est aujourd’hui une des sources d’innovation très répandue, notamment pour les entreprises actives dans le B2C.
Vous savez ce qu’est un processus d’innovation dans votre entreprise et vous connaissez les coûts (le temps) associés à l’imagination, la création et la commercialisation d’un nouveau produit ou d’un nouveau service.
Personne ne peut se permettre de «rater» la bonne (meilleure) idée, la cible, le retour sur investissement.
Les outils de «social business» vous permettent de «sentir» les tendances, mais également de «repérer» les leaders d’opinion.
Vous pouvez ainsi «apporter» à vos équipes des idées différentes, en provenance «du terrain» ou simplement faire «valider» par la «foule» certaines idées déjà discutées en interne.
Il vous est également possible «d’associer» certaines personnes (leaders) à des étapes de vos processus en support à l’innovation.
Dans le cas de l’innovation, le client et potentiellement le public tout entier, peut vous aider à être plus créatif, plus innovant, plus pertinent dans votre offre.
A vous de trouver les bonnes stratégies et les bons messages pour optimiser l’apport du «social business» à votre futur.
Cependant, votre quotidien et votre futur n’est rien sans les collaborateurs qui accompagnent les clients, cherchent de nouvelles idées et rapidement dit «font tourner la boutique» !
L’entreprise ce sont d’abord les collaborateurs dont le nombre importe moins que la valeur et c’est bien pourquoi 65% des entreprises affirment dans cette enquête que le «social business» est essentiel dans la «fidélisation» de ces employés.
Ce n’est pas nouveau, me direz-vous et vous avez raison !
Par contre, ce qui est nouveau, c’est l’existence de «canaux» d’expression que vos employés utilisent au quotidien dans leurs relations personnelles, mais que peut-être vous avez banni de vos murs !
Les outils de communication interne (intranet) évoluent pour donner un peu plus d’espace aux fonctions «sociales» afin que dans votre entreprise, les collaborateurs, quels qu’ils soient et quelque soit leur rôle, soient connus et reconnus dans leur apport.
En terme d’investissement, le départ d’un employé est très souvent une perte importante (compétence, connaissance, expérience) et à un moment où l’entreprise est en forte concurrence également du point de vue de son statut d’employeur (on parle de marque employeur), il est temps d’anticiper en valorisant et rassurant ses employés.
Et pour vous, quels sont les bénéfices que vous attendez du «socal business » ?