Entreprise de demain : question de temps et de résistances ?


Votre prochain rendez-vous autour de l’entreprise de demain (2.0), c’est pour dans quelques jours !

Cette édition est sous le sceau des retours d’expériences et le programme est alléchant !

Pourtant, la mise en oeuvre de réelles stratégies « social business » et la transformation de l’entreprise vers le numérique prend du temps et rencontre beaucoup de résistances.

Qui a encore le temps ?

Time-1024x861Pas grand monde ! Les entreprises courent après les « relais de croissance », les employés traquent les « opportunités de mieux être au boulot » et les consommateurs révolutionnent « la relation fournisseur » !
Les startups et autres entreprises « digital natives » mettent la pression et bousculent les traditionnels modèles d’affaires en proposant des nouveaux types de services et en mettant en oeuvre des nouvelles orientations en terme de management et de conduite des équipes.
Le numérique oblige à innover, à se « reconstruire » ou à se réinventer tant pour les entreprises que pour les hommes qui les dirigent !

Il faut bien reconnaître qu’à cette aune, le temps n’est pas le même pour tout le monde !
A défaut d’égalité de traitement, il faut savoir rester vigilant, ouvert et créatif et à ce titre ne pas hésiter à bousculer nos traditionnels schémas intellectuels et passez au delà de nos réflexes conservateurs.
Cette transformation ne se fera pas toute seule et malgré vous, mais elle peut se faire SANS vous et ainsi beaucoup d’entreprises – par manque d’anticipation et/ou de clairvoyance – ont déjà largement hypothéqué leurs espoirs de pérennité !

Et les résistances ne manquent pas !

refuser-accepter

En interne, elles sont partout, à tous les échelons et les niveaux et ces dernières années on a pu lire très souvent que le « middle management  » était souvent un frein – car les plus exposé – au changement, il faut reconnaître que les retours d’expériences nous montrent qu’il n’en est souvent rien !

La fracture numérique est une source de résistance à l’intérieur de l’entreprise, mais elle n’est pas la seule. On pourrait citer pêle mêle : le conservatisme, la peur du changement, l’incertitude économique, la fatigue, etc, tout autant de raisons « légitimes » pour empêcher certains de se projeter dans un avenir numérique !

Ces résistances sont bloquantes pour les entreprises, d’autant plus qu’elles ne sont pas toujours exprimées avec franchise et que le contexte économique et social est « compliqué ».

La période que nous vivons – révolution numérique – est intéressante et intense.

L’évolution semble se faire à marche rapide, presque forcée et une des clefs de la réussite de la transformation des entreprises existantes est dans les mains de leurs leaders internes (peut-être les dirigeants) qui doivent savoir mettre en oeuvre la confiance au service d’une démarche de préparation du lendemain dont le succès n’est en rien assuré par les performances passées !

Cover_livre_blanc_entreprise20Les entreprises nouvelles n’ont pas ce souci d’adaptation, mais elles sont confrontées à d’autres risques et doivent savoir mettre en oeuvre avec agilité, pertinence et rapidité, la bonne démarche, les meilleurs pratiques et le bon modèle d’affaires pour réussir.

L’entreprise de demain peut être globale ou locale, mais elle ne peut pas ignorer une concurrence toujours plus riche, des consommateurs toujours mieux informés, pas plus que des employés de plus en plus en quête de sens et de relations ouvertes et riches.

il est à craindre pour tous ceux qui pensent pouvoir « donner du temps au temps » et bâtir une stratégie « douce » de conviction pour aller au delà des résistances, qu’ils n’aient en fin de compte pas  d’autre choix que de subir un contexte dans lequel la réactivité, alliée à un certain réalisme, semble être une qualité essentielle.

La révolution numérique ne semble pas vouloir composer avec le temps, elle impose un rythme effréné jusqu’à …….

Selon vous ?

Les réseaux sociaux d’entreprise sont efficaces mais ne s’improvisent pas !


letemps_1701_rseTous les managers, et donc les collaborateurs, sont concernés par la question de l’«engagement» personnel au travail. Plus fort il est, meilleures sont la solidité et la performance de l’entreprise. Le sujet n’est pas nouveau, mais il a pris un tour inédit avec la montée en force des réseaux sociaux.

Certes, l’obligation de réserve et une légitime discrétion vont toujours de pair avec la fidélité ou la loyauté vis-à-vis de l’entreprise. Mais les managers sont soucieux d’améliorer la qualité de services et de ménager des gains de temps. Ils souhaitent donc des collaborateurs toujours plus concernés et engagés dans les projets et des dossiers dont ils ont la responsabilité.

Notre écosystème social étant devenu global, les entreprises tentent de «capturer» les avis favorables et de multiplier leur propagation sur les réseaux. Chacun d’entre nous devient potentiellement l’ambassadeur de sa marque. Mais il faut aussi essayer tant bien que mal de circonvenir les déçus et les mécontents: clients ou fournisseurs.
Du point de vue l’entreprise, les collaborateurs sont une source de pertinence, de savoir-faire, d’intelligence. Leur engagement est nécessaire comme support à l’innovation, pour aider à l’accueil des nouveaux collaborateurs ou encore pour faciliter la transmission des savoirs.
Les réseaux sociaux d’entreprises (RSE) peuvent servir de catalyseurs. Ils permettent d’identifier les compétences dont l’entreprise a besoin pour faire avancer un projet, partager des documents de façon collaborative, ou encore, promouvoir des bonnes pratiques pour un métier ou une fonction. Lieu d’échange, le RSE permet idéalement aux employés de discuter librement d’idées et de propositions. L’entreprise peut n’en retenir que les meilleures et ainsi favoriser l’excellence.
La mise à disposition de plateformes techniques permet d’aller dans ce sens, mais elle ne suffit pas. En effet, s’engager est un acte volontaire qui requiert un accompagnement. La créativité et la pertinence ne peuvent éclore que dans un système où règne la confiance.
La valorisation du «social», c’est-à-dire des discussions et des échanges dans et au service de l’entreprise, doit absolument se faire suivant des objectifs clairs et précis. Exemple: cette entreprise suisse de distribution qui a lancé un réseau pour engager un dialogue direct avec le personnel des magasins. Le premier bilan est très positif et montre un bon niveau de participation, des propos modérés et des propositions intéressantes, méritant une étude.
Autre exemple: une entreprise internationale de taille moyenne où le RSE est devenu un espace de dialogue et de gestion, simple et convivial au travers de communautés dédiées. Là, partenaires et revendeurs du monde entier communiquent.
Il apparaît cependant que le soutien des dirigeants aux réseaux sociaux n’est pas suffisant. Un RSE nécessite une véritable gouvernance. Celle-ci permet d’établir la confiance, ingrédient sans laquelle les réseaux auront du mal à trouver une légitimité aux yeux de ceux dont on attend le plus en termes de pertinence et de richesse: les employés contributeurs.
Le RSE ira bien avec un guide de pratiques et des conseils simples et transparents. Les communautés seront alors vivantes et les participants y trouveront de la valeur.

Enfin, le RSE doit se fonder sur une stratégie éditoriale, c’est-à-dire un ton et un cadre pour les communautés et les contenus, quand bien même tout un chacun peut y contribuer à son niveau et selon son envie. Il va aussi sans dire que les questions relatives à la protection et l’utilisation des données doivent faire l’objet de toutes les garanties nécessaires. L’existence de récompenses peut être un moyen d’émulation.
Cela dit, une enquête réalisée en novembre 2013 auprès de 138 entreprises par le Lab des Usages – un observatoire privé français – montre que la plupart des initiatives en matière de réseaux sociaux d’entreprises restent encore dans un périmètre très conservateur: la collaboration autour de projets techniques, le «go to market» pour un nouveau produit ou encore la préparation d’une opération de communication.

Billet original publié dans l’édition du journal Le Temps en date du 17 janvier 2014 (page 23)

L’entreprise de demain : BYOD, DYOJ et CYOB ?


En novembre 2013, Brian Solis faisait exploser les compteurs de Tweet et les commentaires en publiant sur son blog un billet sobrement intitulé « Social Business is Dead! Long Live What’s Next!  » par Chris Heuer !

Depuis nombre d’exégètes se sont penchés sur cette analyse et tentent toujours d’apporter une réponse à la question What’s Next?

L’entreprise numérique – qui se crée au quotidien – sous nos yeux sera le cadre d’un fonctionnement, de pratiques, de relations, mais également de visions et d’objectifs différents de ce que nous avons pu connaître jusqu’alors.

Et en quelques semaines, les articles et billets de blog en manquent pas :

Il y Zappos supprime tous les postes de managers et opte pour l’holacratie, une expérience qui, selon le JDN, reprend l’expérience de Brian Robertson :

Sur le modèle de l’holacratie, les mécanismes de prise de décision seront distribués au sein d’équipes auto-organisées et dont les rôles se chevauchent, à l’instar de cellules biologiques à la fois autonomes et dépendantes de l’organisme qu’elles constituent.

Mais, car il y a un « mais » (rien n’est jamais simple surtout en matière d’organisation):

Seule entorse de sa nouvelle organisation aux principes de l’holacratie : une structure est maintenue pour observer et récompenser la performance des salariés.

A suivre donc …

Il y a également cet article : Les quatre tendances du travail de demain qui anticipe la fin du bureau

En 2053, pour Philippe Durance, chercheur au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam)

la disparition du lieu de travail (…) touche quasiment toutes les catégories professionnelles

Mais aussi la fin des chefs (cf. Zappos plus haut) :

les chefs n’existent plus et les niveaux hiérarchiques sont au maximum de deux

Et l’ère des robots et la généralisation des parcours atomisés !

Il y a également Gary Hamel qui met en perspective le management au regard notamment de la priorité à donner à l’homme, à la personne (cf. vidéo infra)

Ce qui est vraiment intéressant dans cette évolution dont on a encore du mal à comprendre le périmètre, donc les conséquences, c’est la perspective de la valorisation – dans le monde économique – de la personne au travers de son (ses) rôle(s) et non plus uniquement de sa fonction.

J’avais amorcé une discussion sur ce sujet dans un billet publié en début 2013 et j’écrivais notamment :

L’équilibre entre la notion de rôle et la fonction est clef pour des questions de gouvernance et de confiance.
Aujourd’hui les entreprises n’exercent pas forcément un distinguo très clair entre le rôle et la fonction, pourtant dans l’avenir, il est plus que probable que les collaborateurs participeront à la vie de l’entreprise et qu’il seront  » évalués  » selon l’un ou l’autre.
Un chef des ventes (fonction) peut se révéler être un excellent « coach » ou un « créatif » qui s’ignore tout en étant au quotidien un consommateur, un parent, etc., et pour l’entreprise ce(s) rôle(s) peu(ven)t avoir une importance dans un processus ou pour un métier.
il n’y a rien de choquant – bien au contraire – à trouver dans les rôles des collaborateurs des sources d’information utiles pour l’entreprise, encore faut-il que ce soit fait dans la plus grande transparence concernant les informations, l’usage qui en est fait et le respect de la sphère privée.

Avec les schémas d’organisation qui se profilent, le rôle sera probablement plus valorisé que la fonction mettant ainsi à bas une longue tradition d’appréciation de la personne au regard de sa position dans un organigramme et c’est un énorme chantier notamment pour les personnes travaillant dans les RH.

L’enjeu est de taille et particulièrement excitant pour tout à chacun du point de vue de la pertinence du schéma mais surtout des conditions de sa légitimité et de sa capacité à constituer les bases de l’entreprise de demain et servir une performance économique et sociale.

A votre avis ?

Et pour ceux qui n’ont pas compris les acronymes cités en titre :

BYOD = Bring Your Own Device : apporter son matériel
DYOB = Design Your Own Job : dresser les contours de son job
CYOB = Choose Your Own Boss : Choisir son patron

Etre indépendant …. en quelque sorte 😉

Mes intuitions pour 2014 : Le portable est mort, vive la mobilité !


2014 sera l’année de la mobilité !

Applications et services pour les loisirs, le travail, mon réseau, les paiements, mon portefeuille, mes alertes : tout ou presque y sera et le mobile (téléphone ou tablette) est le support hardware du « social business » et plus largement de notre mutation en homonumericus.

L’internet des objets – automatisation de la relation et des échanges entre objets – trouve dans les applications mobiles le média idéal pour l’exploitation de ces nouvelles opportunités avec le support logistique du Cloud.

A force de vouloir trouver des voies nouvelles dans la valorisation des relations et des contributions sociales avec les mêmes outils et objectifs qu’il y a des décennies (ou presque), on en avait presque oublié de regarder du côté des utilisateurs, de leurs envies, de leurs besoins dans une économie numérique (donc largement dématérialisée).

L’observation rapide de nos comportements individuels et collectifs et notamment la prépondérance des supports mobiles dans notre quotidien ajoutée à la maturité de beaucoup d’applications disponibles sur appareil mobile sont là pour montrer que 2014 sera l’année de la consécration de la mobilité dans nos quotidiens privés et professionnels.

On voit bien – y compris dans les entreprises (voir la dernière étude du Lab des Usages) et au delà des questions de stratégie éditoriale et d’objectifs – qu’il est essentiel de promouvoir la disponibilité sur mobile(s) des applications et des plateformes opérationnelles en tenant compte de l’expérience utilisateur.

Et pour ce faire, 2014 verra également, en accompagnement de la mobilité :

  • la mise en oeuvre de cadre de gouvernance opérationnelle,
  • mais aussi la généralisation d’outils (et de pratiques) telles que
    • les notifications (pas l’email !),
    • l’enrichissement des contenus (taxonomie et folksonomie) et,
    • le déploiement des stratégies d’analyse (big data et real time).

BYOD (bring your own device), DYOJ (design your own job) CYOB (choose your own boss), tout autant de perspectives réjouissantes pour le futur et pour lesquelles la technologie et la pratique de mobilité sont clefs !

Selon vous ?

Libre échange et connexion, sources des meilleures opportunités !


Vous l’avez au moins lu dans vos bouquins d’économie ou d’histoire (économique), le libre échange a fait, depuis la fin du XVIII°, l’objet de débats passionnés et de théories (Adam Smith, David Ricardo, pour ne citer que les plus célèbres !) et ce n’est pas fini si on en juge par les discussions en cours au sein de l’OMC et ailleurs

Nul n’est besoin de préciser combien les économies, les entreprises et les états occidentaux ont su profiter de ces franchises douanières et de l’ouverture des marchés.

Aujourd’hui, on peut presque dire que le débat est relancé ou continue, mais cette fois à l’intérieur des organisations et des entreprises !

L’évolution des comportements et des pratiques que nous contribuons à créer (à l’insu de notre plein gré !) implique une profonde mutation des entreprises vers plus de collaboration et de partage pour une meilleure performance.
La survie pour beaucoup d’organisations est à ce prix et il suffit de lire la presse économique pour se rendre compte que les mauvais choix, l’absence d’anticipation et de vision se paient comptant : Nokia, Kodak, Polaroid, Blackberry, et bien d’autres plus ou moins connues et médiatiques.

Il y a bien sur de la résistance dans les entreprises :

  • conservateurs vs précurseurs
  • timides vs audacieux
  • pantouflards vs aventuriers

ce n’est pas nouveau et je dirais même que c’est tant mieux car ces tensions permettent et nourrissent le débat.
Je me souviens de la fin du siècle dernier (années 1995-1999) et du nombre de fois où, à l’occasion de réunions ou d’entretiens avec des responsables d’entreprises et des directeurs informatiques, j’ai entendu « ici, l’accès à l’internet ne sera jamais autorisé ! ».
Depuis, il est passé beaucoup d’eau sous les ponts et la mutation technologique (SOA, web services, web 2.0, SaaS, etc.) a fait que l’internet est entré par la porte des services applicatifs, en toute discrétion, et qu’il est aujourd’hui impensable de revenir en arrière et de faire sans.

protectionnisme_franceIl reste encore au moins une marche à franchir pour les entreprises, celle de la mise en oeuvre du « libre échange des idées« , stratégie mieux connue sous la terminologie de « social business ».

Il s’agit maintenant de considérer le protectionnisme autour des idées, des projets et des contributions comme un frein au développement des affaires et des organisations !

Et les opportunités sont là en terme d’innovation, mais également de transmissions de savoir-faire, de formation, de bonnes pratiques et de gestion :

  • des savoirs
  • des ressources
  • des relations
  • des talents
  • des besoins
  • des projets
  • etc.

La connexion, techniquement disponible partout et à tout moment, doit aussi devenir une pratique, un état d’esprit, un comportement, mais c’est à vous d’en dessiner le contour, en termes d’objectifs et de périmètre, pour ce qui vous concerne.

Il est temps d’oser le décloisonnement, d’ouvrir des espaces de libre échange à l’intérieur de l’entreprise mais également autour des organisations, d’y valoriser la « mixité » des acteurs et la diversité des contributions.

Reste pour chacun à trouver « la bonne mesure » pour valoriser, entre libre échange et protectionnisme, les idées au service de votre stratégie !

Selon vous ?