Réseaux sociaux : L’email est-il en sursis ?


En décembre dernier, Carnets RH reposait la question : Faut-il organiser une journée sans email ?

Cette note précise notamment  : « Dans une étude publiée l’an dernier, l’entreprise Intel affichait déjà des chiffres préoccupants sur l’inflation informationnelle:

  • Les salariés traitent entre 50 et 100 emails par jour, les dirigeants pouvant traiter jusqu’à 300 emails
  • Le volume d’emails reçu nécessite en moyenne 4 heures par jour pour les traiter
  • 30 % des emails sont inutiles

En commentant cette étude, Thierry Venin dans son très actuel blog Stress au travail et TIC rappelle en outre qu’à ce tir de barrage informationnel continu s’ajoute de nombreuses autres sources d’interruption: messagerie instantanée, appels téléphoniques, collègues, etc. En moyenne, il est impossible de travailler plus de 12 minutes sans être interrompu, et l’interruption a un coût, humain… et financier. »

Quelques chiffres à propos du courrier électronique

Email evolution

Le courrier électronique est-il en sursis ?

Oui, si on en croît certaines publications, qui comme Slate, annonçaient déjà sa mort en 2007.
Depuis, les articles de presse ainsi que les “prédictions“ continuent d’être mis en ligne et il semble que le courrier électronique est devenu (déjà) une trop vieille technologie !

Ainsi, le New York Times publiait en décembre 2010 une analyse de ce phénomène de désamour des jeunes générations qui semblent préférer la communication dans les réseaux sociaux au courrier électronique.

E-Mail’s Big Demographic Split

E-Mail’s Big Demographic Split

Le Spamming a-t’il tué l’email ?

Je ne sais pas ce qu’il en est pour vous mais en ce qui me concerne, après 15 ans d’utilisation du courrier électronique, je dois constater que malgré les précautions prises (multiplicité d’adresses électroniques [privées, publiques, professionnelles], utilisation de filtres, etc.) rien n’y fait !
Le spamming tue le courrier électronique à petit feu et visiblement les éditeurs de serveurs et de messagerie sont incapables de nous offrir des solutions pour stopper cette incroyable pollution (près de 90% des courriers électroniques sont des pourriels !!).

Il est probable qu’à moyen ou long terme, cette technologie (simpliste) de portage et de routage va être supplantée par des solutions porteuses de valeur ajoutée et de sécurité.

La valeur ajoutée ne réside pas uniquement dans la rapidité de la transmission, l’économie (quel est le coût du spamming?), la dématérialisation ou encore la simplicité d’utilisation (destinataires multiples, pièces jointes) mais bien plus dans la contextualisation, la confiance et le contrôle.

En quoi le réseau social est l’avenir de la messagerie ?

Tout simplement parce qu’il intègre nativement la contextualisation !

Les réseaux sociaux et naturellement les réseaux sociaux sont nés de réflexions autour de processus (projets, rencontres, débats) et non de besoins primaires (parler, voir, lire) : qu’ils soient privés ou publics, entre amis ou à l’intérieur d’une entreprise, ces réseaux s’animent et s’enrichissent autour de nos réalités personnelles et professionnelles au delà des moyens et des medias.

Le courrier électronique vous permet d’envoyer et de recevoir des messages (ainsi que les trop fameuses pièces jointes) mais aussi de les lire (si vous en avez envie), et alors !!
Il nous faut, pour chaque message, redessiner le contexte (quand, comment, pourquoi, par qui) dans lequel il existe et fait sens !

Le courrier électronique est stressant de ce fait mais également parce qu’il est ressenti par beaucoup comme une « urgence » ou une intrusion impolie (qui n’a pas reçu un message comminatoire ou minimal, sans formule de politesse, de la part d’un collègue ou d’un manager ?) mais l’email peut se révéler un outil de fourbe (copie cachée, « forward » intempestif, « arrosage » systématique, absence de réponse, etc.) : il ne permet pas une réelle conversation !

Le courrier électronique est également porteur de risques (archivage des messages, problémes d’eDiscovery ) notamment pour les entreprises.

C’est un service difficile à contrôler.

De plus, il n’est pas en mesure de contribuer à la relation de confiance dont nous avons tous besoin.

Le réseau social (y compris le réseau social d’entreprise) est un espace où :

  • les conversations (donc les messages) sont organisées (contrôlées, gérées) selon un « fil rouge » (thème, projet, évènement, etc.),
  • tous les documents ou contenus sont disponibles en un point central sécurisé,
  • les messages sont publics (au moins pour les membres de l’espace) pour une meilleure transparence et moins de risques,
  • la maîtrise (création, suppression et pérennisation [archivage]) des contenus est facilitée pour les administrateurs et le SI.

Le réseau social représente à lui seul une opportunité de croissance et de valorisation pour ce qui est des relations personnelles et professionnelles (entre collègues, avec les clients et les fournisseurs).

Le courrier électronique fut une évolution majeure dans nos modes de communication, mais il reste basé sur une relation asynchrone, système considéré maintenant comme archaïque, entre expéditeur(s) et récipiendaire(s) alors que nous avons besoin et envie d’interaction !

Best of 2010 : Entreprise 2.0, ECM, community manager et eReputation


Encore une tradition à laquelle il me plaît de ne pas déroger, et pour vous une occasion de relire ou de découvrir des notes moins récentes mais je l’espère toujours pertinentes :

Les notes que vous avez préférées en 2010 :

Community manager : le poids des mots, le choc des cultures
L’entreprise 2.0 et son corollaire l’eMarketing ont propulsé sur le devant de la scène leur nouvelle égérie unanimement baptisée « community manager » et les agences adorent !…..
Intégration « content management » et entreprise 2.0
L’entreprise 2.0 est un modèle qui va permettre à nos organisations de continuer d’évoluer, mais cela n’est pas sans difficultés tant l’existant est important, voire stratégique, surtout quand on aborde la question des processus métiers….
LinkedIn, Viadeo, Xing et actifs informationnels (RH?)
Aux côtés de Twitter et de Facebook, il existe un autre type d’applications de réseautage sur lesquelles bon nombre d’entre-nous publient et échangent : ce sont les réseaux sociaux de mise en relation professionnelle du type LinkedIn ou encore Viadeo ou Xing…..
Entreprise 2.0 et entreprise : les cas Lyonnaise des Eaux, MMA, L’Oréal ..
Souvent une illustration est plus pertinente qu’un long article !
Tout d’abord retrouvez l’interview de Richard Collin [Professeur, Directeur de l’Institut de l’Entreprise 2.0  Ecole de Management Grenoble, Directeur associé de Nextmodernity]…..
Intuitions 2011 : mobilité, sphère privée et rentabilité
C’est devenu un exercice convenu, notamment outre Atlantique, et mi décembre, chacun y va de ses prédictions pour l’année suivante. Alors pourquoi pas nous ? …
Entreprise 2.0 : gestion du volume et contrôle du débit d’information
2020 :  35 millions de zettabytes d’information disponibles selon les uns (1.2 zettabytes pour 2010), cela fait beaucoup ! En 2020, nos journées feront toujours 24 heures et comme nous (moi, et vous ?) …..
Entreprise 2.0 et applications mobiles : nouvelle frontière de la gestion de contenus ?
Le modèle 2.0 et l’incroyable rapidité du développement des applications mobiles constituent une nouvelle frontière pour les applications de gestion de contenus.
Jusqu’alors, les fournisseurs de solutions de gestion de contenus travaillaient à partir du postulat suivant : verrouiller les contenus et organiser les échanges en fonction de processus (flux) métiers très structurés – en parfaite harmonie avec une organisation client-serveur, et la sécurisation des informations dans une zone protégée (firewall)….
Personal branding, eReputation, ID numérique, .., so what ?
Avant de regarder ces initiatives sous l’angle de la gouvernance de l’information, il est important de s’adresser aux spécialistes pour mieux comprendre de quoi nous parlons……
(e)Promotion, (e)Réputation, (e)xposition,…, (e)ntreprise (e)t moi
L’IFOP, sous la direction de Frédéric Micheau a récemment réalisé un sondage sur l’utilisation du « personal branding » au service des marques pour le compte de l’Atelier….
La gouvernance de l’information : une affaire trop sérieuse pour être laissée dans les mains des… ?
Qui pour prendre en charge, la stratégie et les programmes de gestion des actifs informationnels ?
La gouvernance de l’information est une affaire sérieuse, très sérieuse et probablementTROP sérieuse pour être laissée dans les SEULES mains des …….
Actifs informationnels vs Données
Le débat autour de la gestion de l’information et des données n’est-il qu’une illustration de la différence des points de vue des métiers et des techniques ?…
ECM 2.0 : Interopérabilité, Standards et Certification
La gestion électronique de documents, et plus généralement de contenus, continue à évoluer au gré, notamment, des déploiements des applications du modèle 2.0…..
Données, documents, où est la valeur ?
On a déjà évoqué la question contenu – contexte dans le cadre de notre réflexion quant à l’évaluation des actifs informationnels.
Si l’on se réfère à l’infographie ci-dessous, il est clair qu’il devient urgent de statuer sur la valeur de chaque information et de savoir où réside cette valeur….
Humanitaire 2.0 : « real time data » et media sociaux pour plus d’efficacité !
Hier se déroulait à Genève le TEDx 2010 et parmi les nombreuses présentations que j’ai suivi, celle de Paul Conneally du CICR a particulièrement retenu mon attention…….
Entreprise 2.0 et output management ?
Il n’y a plus un jour, une conférence, une note, qui ne se réfère à l’entreprise 2.0 et aux formidables changements que vont apporter les applications de partage et de collaboration, la maîtrise de la réalité augmentée, le cloud, etc..
Au delà de l’enthousiasme, il faut « savoir raison garder » et nous méfier de notre capacité à nous émerveiller facilement et de notre candeur…..

Merci de votre contribution et de nos échanges.
Bonnes Fêtes !

« Corporate Social Business », quelles perspectives pour 2011?


Jeremiah Owyang, analyste à Altimeter Group, nous livre dans les slides ci-après pourquoi et comment 2011 sera l’année de l’intégration des outils (media et réseaux) sociaux à des fins business.

Et s’il n’y avait qu’une slide à retenir, je cite le premier point de la slide 30 :

Gurus/Ninjas/Samurai need not apply!

On va passer aux choses sérieuses : ROI, etc..

A bon entendeur !

Entreprise 2.0 : le livre blanc [2010]


Anthony Poncier a coordonné ce travail « collectif » dont l’un des objectifs est de faire le point sur le modèle 2.0 en France, je cite : »Si on parle de « l’entreprise 2.0 » depuis 2006, date à laquelle le terme a été inventé par Andrew McAfee, on peut voir que cette année 2010 marque de nombreux retours d’expérience en France« .

De nombreux thèmes sont abordés dans ce document :

  • Préface de Pascal Daloz
  • Formation par Claire Leblond
  • Positionnement dans le SI par Cécil Dijoux
  • Plateformes collaboratives par Arnaud Raynole
  • ROI par Bertrand Duperrin
  • Conduite du changement par Frédéric Charles
  • Relations sociales par Vincent Berthelot
  • Gouvernance et management par Anthony Poncier
  • Veille par Aref Jdey
  • Gestion des connaisances par Christophe Deschamps
  • Storytelling par Camille Alloing
  • Social learning par Frédéric Domon
  • Innovation participative intégrée et responsable par Muriel Garcia
  • Communautés internes et RSE par Fabrice Poiraud-Lambert
  • BtoB par Alain Garnier
  • Personal Branding par Fadhila Brahimi
  • Génération Y par Julien Pouget
  • Marque employeur par Franck La Pinta
  • Social CRM par Mark Tamis
  • Médias sociaux par Emilie Ogez
  • Bonne lecture et merci aux contributeurs.

    (e)Promotion, (e)Réputation, (e)xposition,…, (e)ntreprise (e)t moi


    L’IFOP, sous la direction de Frédéric Micheau a récemment réalisé un sondage sur l’utilisation du « personal branding » au service des marques pour le compte de l’Atelier.

    Dans le rapport disponible en téléchargement, il y beaucoup d’informations très intéressantes du point de vue des initiateurs du sondage mais également d’un point de vue plus général, notamment dans la première partie de l’étude à propos de la diffusion des informations sur Internet.

    Une exposition maitrisée ?

    Nous sommes très nombreux à publier (divulguer?) des informations personnelles sur internet (53% des sondés) et 33% des personnes interrogées confirment poster des informations les concernant au moins une fois par semaine !

    Il est également intéressant de constater que beaucoup d’entre-nous communiquent également des informations professionnelles sur le réseau (30% selon les résultats publiés).

    Si le phénomène peut surprendre, il reste cependant très lié à l’explosion de l’utilisation des réseaux sociaux en France et il n’est pas surprenant de lire que 58% des sondés publient ces informations sur Facebook tandis que le second canal, le blog à égalité avec Viadeo, n’est utilisé que par 14% des personnes interrogées.

    La maîtrise de l’exposition sur internet dépend de la maîtrise des canaux utilisés et en utilisant aussi largement Facebook, il est probable que beaucoup d’entre nous avons perdu le contrôle de notre communication à des fins personnelles, amicales et/ou professionnelles.

    Have we share too much information?

    Have we share too much information?

    Les garde-fous

    La question est posée dans l’infographie ci-dessus, sommes-nous en train de partager TROP d’information ?

    En ce qui concerne les informations professionnelles (incluant bon gré mal gré des données concernant l’employeur, voire la marque), la prudence semble plus importante et il est rassurant de constater que les sondés publient ce type d’information pour « la bonne cause » : principalement développer son réseau, trouver un job, mais peu pour recruter (seulement 3%).
    Il s’agit bien d’une communication d’informations professionnelles à des fins uniquement personnelles et cette communication se fait en liberté « surveillée ».
    21% des sondés qui ne publient pas d’information professionnelles affirment ne pas en avoir le droit tandis que 33% craignent que l’utilisation qui en sera faite n’est pas conforme à leurs attentes.

    Enfin, il peut être rassurant de lire que 82% des personnes ayant participé au sondage se disent  préoccupés (très ou assez) par la confidentialité des données personnelles  publiées sur Internet alors qu’ils ne sont plus que 65% en ce qui concerne les informations professionnelles (on aurait aimé connaître le point de vue côté entreprise, mais qui côté entreprise ?).

    Prenez le temps de lire le détail de l’étude et le compte-rendu de l’Atelier du 23 novembre mis en ligne par Fadhila Brahimi.

    Pour ce qui est de la protection des données, voyez nos précédentes notes et surtout c’est VOUS qui êtes responsable de vos publications et de votre identité numérique.

    Et en bonus, cette infographie sur l’utilisation des réseaux sociaux par les Fortune 100.

    Réseaux sociaux et Fortune 100

    Réseaux sociaux et Fortune 100 - mars 2010