La collaboration ? pas si simple !


On a beau en vanter les vertus et les atouts pour l’entreprise et les employés tout en insistant sur la qualité de l’offre technique disponible, il semble que du point de vue de la pratique collaborative, rien ou presque ne bouge !

Sur ce front, quasiment figé depuis le début des années 2000, de nombreuses solutions d’un bon niveau fonctionnel ont pourtant été délivrées, voire mises en production, pour faciliter la pratique collaborative, l’efficacité et l’agilité, voire pour certains l’intelligence collective !

Récemment et notamment à la suite de l’Enterprise 2.0 Summit de nombreux conférenciers et bloggueurs y sont allés de leurs commentaires et de leurs analyses.
Pour ma part, j’en ai retenu deux :
Le billet de @FCharles sur Green Si :Entreprise 2.0: Faiblesse Passagère Ou Fin Du Modèle? (Partie 1) et celui (en anglais) de Lee Bryant : The limits of social technology within existing organisational structure and culture
auxquels je rajouterais ce billet proposé par Gia Lyons (Jive) : Collaboration is Broken and We Need to Fix It (Soon).

Et il en ressort que malgré la valeur, les besoins et même les pratiques incantatoires des équipes marketings des éditeurs et certains consultants, on n’avance pas très vite sur ce point !

Pourquoi, qu’est-ce qui coince ?

A mon humble avis, celui qui coince c’est l’employé, l’individu, qui quelque soit son rôle ne trouve pas suffisamment de valeur dans la pratique collaborative telle que présentée dans la plupart des organisations.

Le discours autour de la collaboration part souvent d’un a priori implicite : l’individu est « bien » dans son job et de demande qu’à faire mieux, plus vite, plus …
Ah bon !
Ce discours est celui de l’organisation telle qu’elle existe depuis des lustres et rien ne dit – mais tout laisse à penser – qu’elle est souvent source de frustrations, de blocages, d’absence d’engagement car peu responsabilisante et focalisée sur ses propres intérêts.

L’employé – quelques soient son poste et ses rôles – a souvent une vision différente, basée sur ses besoins, ses envies, ses émotions et sa culture.
La collaboration répond à des besoins objectifs (gain de temps, agilité, pertinence, débat, gouvernance) dans un contexte dans lequel le relationnel (donc l’émotionnel et le sentiment) joue un grand rôle.

Pour collaborer, il faut donc en avoir BESOIN et ENVIE !

Ceci implique un leadership sur deux axes :

  • Savoir donner envie, ce qui implique valoriser la pratique par la valeur et les espaces par la pertinence, mais également instaurer la confiance par une gouvernance explicite.
  • Tirer profit de la collaboration, soit gérer les contributeurs et les échanges au mieux de ses objectifs et de ses intérêts (y compris capacité de réseautage et valorisation personnelle)

Hors ces deux axes sont les moins valorisés par l’entreprise dans son organisation la plus traditionnelle qui généralement met en avant la contrainte – antinomique de l’adhésion – et son propre bénéfice (faisant ainsi si de la réalité des attentes personnelles de l’employé).

La pratique collaborative peut gagner pour autant que l’entreprise évolue et pour ce faire, il est probable que la viralité et l’exemple soient des facteurs d’accélération d’adoption.

En fin de compte, il en va de la pratique collaborative comme de notre comportent en général et qu’à moins d’appartenir à la catégorie des « altruistes« , notre quotidien est largement guidé par une stratégie personnelle objet de compromis entre nos envies, nos besoins, nos contraintes et nos rémunérations (ou reconnaissances).

A chacun de voir !
Et selon vous ?

Demain, un monde numérique opaque, élitiste et liberticide ?


Internet, le web 2, les réseaux sociaux, la mobilité: le meilleur des mondes ?

Depuis le milieu des années 90, nous sommes de plus en plus nombreux à « profiter » des apports de l’internet, des médias et des réseaux sociaux et il faut avouer que nous y trouvons de la valeur, de la pertinence, des idées, des amis, suffisamment en tout cas pour nous projeter avec délice dans le monde de demain : numérique !

Bien sur, nous ne sommes pas naïfs au point de voir dans cette évolution un point d’arrêt à certains dysfonctionnements que nous subissons, voire certaines réalités dont nous souffrons (sociaux, politiques ou économiques).

Pourtant, il faut bien reconnaître qu’en moins de 20 ans, l’ouverture de l’internet a suscité chez beaucoup d’entre nous des espoirs, des attentes et des envies nouvelles.
Mais la crise est là (au moins en Europe) et l’évolution est plus lente dans ses effets tels qu’on les espère, de là à se demander si nos « élites » ont bien compris les enjeux !

debat_num_FBBonne question, s’il en est  et c’est Gilles Babinet [auteur de  » L’Ere Numérique, un nouvel âge de la connaissance  » (Editions Le Passeur)]  qui dans une émission de France Info se demande quelle est la culture numérique de nos dirigeants et quelle est leur vision face à la révolution numérique.
Gilles Babinet « reproche » une vision basée sur des réflexes et des pratiques du siècle passé.

Le discours est pertinent et la vision de Gilles Babinet est très intéressante et elle ouvre un débat dans lequel Fabrice Epelboin et d’autres se sont engagés notamment sur les réseaux sociaux.

Et si nos dirigeants avaient bien compris le numérique, mais ne partageait pas notre vision et nos perspectives !
Autrement dit, l’élite politique, sociale, économique veut-elle s’accaparer le numérique ?

Il est en effet étonnant de constater que ces « élites qui ne comprennent pas grand chose au numérique » sont en train de mettre en oeuvre la plus grande opération de contrôle des individus depuis que l’humanité existe.

Face à nos envies de liberté, de développement individuel, de valorisation personnelle, les élites organisent la surveillance de nos échanges à des fins officielles de protection et de défense !
Nos élites ne voient-elles le monde numérique que comme une opportunité de « mise sur écoute » de chaque citoyen pour mieux combattre « le complot » ?

D’un point de vue économique, la tendance est similaire et que peut-on voir dans le « big data » si ce n’est , entre autres, une appropriation de nos informations pour une exploitation à des fins marchandes ?

Pourtant la différence est sensible si on accepte le fait que nous sommes les premiers à divulguer ces informations et que la plupart d’entre elles n’ont aucune (ou si peu) d’importance pour autant qu’elles soient vraies !

Par contre, nous pouvons être légitimement choqués par l’opacité dans laquelle ces opérations sont faites, un peu « à l’insu de notre plein gré » !

En effet, il y a eu les révélations d’Edouard Snwoden, le vote en France de la très contestée LPM (dont un fameux article) et les réactions dont celle de Jacques Attali :

L’article 20 de la nouvelle loi de programmation militaire vient de donner à l’administration tout pouvoir de traiter tout citoyen soupçonné d’un délit quelconque comme un terroriste, c’est-à-dire de pénétrer dans sa vie privée sans contrôle a priori d’un juge.
La tyrannie de la transparence, dont j’annonce le danger depuis longtemps, vient, pour la première fois, de trouver sa traduction dans une loi. Une loi française.
Il y a également les indiscrétions quant aux données personnelles capturées par les applications que nous utilisons (Angry Birds, Google Maps et probablement beaucoup d’autres).
Et le moins que l’on puisse dire, c’est que tout cela se fait sans notre accord, en pleine opacité et pour reprendre les termes de Jacques Attali à propos de la tyrannie de la transparence, on ne peut que regretter qu’elle ne serve que les intérêts des élites politiques, sociales, militaires et économiques.
On pourra toujours arguer que nous (vous, moi) sommes les principaux acteurs de ce « brigandage d’informations » et que nous sommes victimes de notre soif d’existence qui nous pousse à un « exhibitionnisme » plus ou moins assumé.
C’est probablement un peu vrai, mais à notre décharge et donc à la charge de ces élites, il faut mentionner l’absence de formation, d’accompagnement par les structures classiques ad-hoc (l’école !).
Je ne suis certainement pas le mieux informé mais il me semble que l’apprentissage du numérique dans les milieux scolaires est aujourd’hui plus proche de l’admiration devant un enfant maîtrisant un Ipad que de la mise en oeuvre d’une pédagogie et de programmes adaptés à la réalité du monde dans lequel il vit déjà : le monde numérique.
Le monde de demain, numérique, reste à construire et la divergence de perspectives entre les élites et nous est inquiétante :
liberté vs surveillance
échanges vs suspicion générale
ouverture vs protection
enrichissement vs contrôle
« open » vs réservé
etc.
Pourtant, il y a des raisons de rester optimiste (pas béat) car le monde numérique est également source de nombreuses difficultés pour tous ceux qui veulent s’en accaparer les bénéfices ou se l’approprier.
Dans le monde demain, les pratiques seront différentes, plus directes, plus pertinentes et plus « critiques » et je me plait à penser que, notamment, :
  • la masse, la diversité et le volume des informations
  • l’intelligence collective et la critique des contributions
  • la rapidité des échanges
  • l’instantanéité des réactions
  • la diversité des contributeurs
  • la richesse des idées
  • l’ouverture des débats

nous permettront de mettre en oeuvre un compromis fort entre nos envies, nos désirs et nos exigences de protection et de transparence.

Gilles Babinet a raison quand il dit que les élites (en France, mais c’est certainement également le cas dans tout le monde occidental) raisonnent comme au siècle passé.
Il est patent aujourd’hui que ces élites n’ont surtout pas vu – pour le moment – dans la révolution numérique des outils, une évolution culturelle et sociétale !
Dommage!

Entreprise de demain : question de temps et de résistances ?


Votre prochain rendez-vous autour de l’entreprise de demain (2.0), c’est pour dans quelques jours !

Cette édition est sous le sceau des retours d’expériences et le programme est alléchant !

Pourtant, la mise en oeuvre de réelles stratégies « social business » et la transformation de l’entreprise vers le numérique prend du temps et rencontre beaucoup de résistances.

Qui a encore le temps ?

Time-1024x861Pas grand monde ! Les entreprises courent après les « relais de croissance », les employés traquent les « opportunités de mieux être au boulot » et les consommateurs révolutionnent « la relation fournisseur » !
Les startups et autres entreprises « digital natives » mettent la pression et bousculent les traditionnels modèles d’affaires en proposant des nouveaux types de services et en mettant en oeuvre des nouvelles orientations en terme de management et de conduite des équipes.
Le numérique oblige à innover, à se « reconstruire » ou à se réinventer tant pour les entreprises que pour les hommes qui les dirigent !

Il faut bien reconnaître qu’à cette aune, le temps n’est pas le même pour tout le monde !
A défaut d’égalité de traitement, il faut savoir rester vigilant, ouvert et créatif et à ce titre ne pas hésiter à bousculer nos traditionnels schémas intellectuels et passez au delà de nos réflexes conservateurs.
Cette transformation ne se fera pas toute seule et malgré vous, mais elle peut se faire SANS vous et ainsi beaucoup d’entreprises – par manque d’anticipation et/ou de clairvoyance – ont déjà largement hypothéqué leurs espoirs de pérennité !

Et les résistances ne manquent pas !

refuser-accepter

En interne, elles sont partout, à tous les échelons et les niveaux et ces dernières années on a pu lire très souvent que le « middle management  » était souvent un frein – car les plus exposé – au changement, il faut reconnaître que les retours d’expériences nous montrent qu’il n’en est souvent rien !

La fracture numérique est une source de résistance à l’intérieur de l’entreprise, mais elle n’est pas la seule. On pourrait citer pêle mêle : le conservatisme, la peur du changement, l’incertitude économique, la fatigue, etc, tout autant de raisons « légitimes » pour empêcher certains de se projeter dans un avenir numérique !

Ces résistances sont bloquantes pour les entreprises, d’autant plus qu’elles ne sont pas toujours exprimées avec franchise et que le contexte économique et social est « compliqué ».

La période que nous vivons – révolution numérique – est intéressante et intense.

L’évolution semble se faire à marche rapide, presque forcée et une des clefs de la réussite de la transformation des entreprises existantes est dans les mains de leurs leaders internes (peut-être les dirigeants) qui doivent savoir mettre en oeuvre la confiance au service d’une démarche de préparation du lendemain dont le succès n’est en rien assuré par les performances passées !

Cover_livre_blanc_entreprise20Les entreprises nouvelles n’ont pas ce souci d’adaptation, mais elles sont confrontées à d’autres risques et doivent savoir mettre en oeuvre avec agilité, pertinence et rapidité, la bonne démarche, les meilleurs pratiques et le bon modèle d’affaires pour réussir.

L’entreprise de demain peut être globale ou locale, mais elle ne peut pas ignorer une concurrence toujours plus riche, des consommateurs toujours mieux informés, pas plus que des employés de plus en plus en quête de sens et de relations ouvertes et riches.

il est à craindre pour tous ceux qui pensent pouvoir « donner du temps au temps » et bâtir une stratégie « douce » de conviction pour aller au delà des résistances, qu’ils n’aient en fin de compte pas  d’autre choix que de subir un contexte dans lequel la réactivité, alliée à un certain réalisme, semble être une qualité essentielle.

La révolution numérique ne semble pas vouloir composer avec le temps, elle impose un rythme effréné jusqu’à …….

Selon vous ?

Intranet 2.0 : source de productivité ou machin inutile ?


Si le titre de ce billet est un brin provocateur, il n’en est pas moins le reflet d’une question que devrait se poser responsables de communication interne, RH et équipes IT.

Intranet_priorites_2014Et la question est vraiment d’actualité si on en juge par le dernier article de Collaboratif Info qui annonce – chiffres à l’appui – que le Réseau Social d’Entreprise est la priorité 2014 des responsables intranet.
On ne peut que s’en réjouir !

La première remarque qui me vient à l’esprit est en fait une question quant à la place du réseau social vis à vis de l’intranet existant.

Question d’autant plus pressante que beaucoup d’entreprises optent actuellement pour des « plateformes internes » hybrides alliant avec plus ou moins de succès communication interne (e.g. top down), dialogue et collaboration (e.g. dimension sociale).

A chacun sa stratégie, ses choix techniques et ses contraintes culturelles mais il serait dommage de retomber dans les pièges qui – à la fin des années 90 – ont conduit au lancement d’une offre de contenus peu pertinente et donc décevante.
Pourtant, l’intranet est l’une des rares plateformes qui pourrait être commune à tous les salariés dans les entreprises, mais pour autant elle ne reçoit souvent pas plus qu’un succès d’estime.

Développé par des équipes techniques à des fins de communication « top down », l’intranet souffre d’un cruel manque de leadership et d’une réelle non adéquation avec les besoins des employés.
Du fait de l’absence de « reconnaissance » de l’employé et de l’absence de profilage des informations, l’intranet s’est trop souvent « dupliqué » en un nombre incalculable de plateformes par branche, par site, par département, par pays et que sais-je encore sans compter les « wikis pirates » qui prolifèrent au sein des équipes IT !

La faiblesse de l’audience (sauf pour les pages « utiles » : annuaire, formulaires [frais, congés, formation], etc.) – bien que peu communiquée en interne – couplée avec les coûts de maintenance, oblige à réagir et à valoriser ce « canal presque historique » de communication numérique en interne !

C’est pourquoi , aujourd’hui, beaucoup  d’équipes de communication avec l’appui des ressources humaines et de l’IT travaillent à renouveler cet outil pour qu’il soit plus pertinent, plus riche, plus personnel et ainsi plus utile mais aussi plus simple au niveau publication et mise à jour.

Cette évolution centrée sur l’utilisateur et une approche plus ouverte de la communication est devenue plus facile avec la disponibilité d’outils de gestion de contenus et l’intérêt pour les réseaux sociaux d’entreprise.

Basé autour d’un quadriptyque – profil, social, applications, contenus – et largement guidé par un cadre de gouvernance, l’intranet de demain est une plate-forme utile, fiable, universelle et connectée à l’infrastructure de l’entreprise.

C’est une plateforme riche de services et de contenus largement personnalisés et disponibles.

Aujourd’hui différentes solutions sont disponibles et en publiant avec le Lab des Usages la note de synthèse (cf. plus bas), nous souhaitons partager les premiers retours d’expérience de mise en œuvre dans le cadre de projets d’intranet sociaux d’une solution largement utilisée pour la gestion de documents, mais également la collaboration autour de projets.
Cette première note de 2014 concerne donc SharePoint dont nous savons que ce n’est ni la seule, ni la meilleure, solution pour la publication de contenu ou le déploiement d’un réseau social.
Nous espérons avoir bientôt l’opportunité de publier une note à propos d’une autre solution qui remporte – à juste titre – un franc succès en Europe : Jalios !
Les autres solutions du marché suivront au gré des projets et de la pertinence des retours d’expérience.

Pour revenir à SharePoint 2013, nous estimons que les atouts, outre un périmètre iso fonctionnel avec les autres solutions, sont à chercher du côté de son architecture – principalement le positionnement et les capacités du moteur de recherche – mais également en tant que brique d’une infrastructure de gestion des contenus et d’espaces collaboratifs et opportunité de valorisation de l’expertise déjà acquise en interne.

Au stade de la plupart des projets que nous connaissons, il est acquis que tant les fonctionnalités offertes que leur mise en œuvre sont suffisantes pour proposer un intranet 2.0 qui serve une information fiable et profilée tout en laissant les communautés se développer dans un cadre de gouvernance opérationnelle

SharePoint 2013 anticipe bien l’évolution de nos besoins et de nos pratiques face à la masse d’information disponible en mettant en avant des fonctionnalités de recherche riches pour des résultats incluant – selon la demande – les contenus, mais également les personnes et les communautés.

Un intranet social est basé sur une plateforme qui doit autoriser une publication de contenus facile et intuitive pour une diffusion classique ou plus ciblée (profil ou communautés) tout en ouvrant à l’utilisateur (reconnu au travers d’un profil riche) des espaces d’expression (commentaires ou contributions) au gré de ses besoins et envies et de ce point de vue SP 13 apporte des réponses satisfaisantes.

Selon vous ?

Les réseaux sociaux d’entreprise sont efficaces mais ne s’improvisent pas !


letemps_1701_rseTous les managers, et donc les collaborateurs, sont concernés par la question de l’«engagement» personnel au travail. Plus fort il est, meilleures sont la solidité et la performance de l’entreprise. Le sujet n’est pas nouveau, mais il a pris un tour inédit avec la montée en force des réseaux sociaux.

Certes, l’obligation de réserve et une légitime discrétion vont toujours de pair avec la fidélité ou la loyauté vis-à-vis de l’entreprise. Mais les managers sont soucieux d’améliorer la qualité de services et de ménager des gains de temps. Ils souhaitent donc des collaborateurs toujours plus concernés et engagés dans les projets et des dossiers dont ils ont la responsabilité.

Notre écosystème social étant devenu global, les entreprises tentent de «capturer» les avis favorables et de multiplier leur propagation sur les réseaux. Chacun d’entre nous devient potentiellement l’ambassadeur de sa marque. Mais il faut aussi essayer tant bien que mal de circonvenir les déçus et les mécontents: clients ou fournisseurs.
Du point de vue l’entreprise, les collaborateurs sont une source de pertinence, de savoir-faire, d’intelligence. Leur engagement est nécessaire comme support à l’innovation, pour aider à l’accueil des nouveaux collaborateurs ou encore pour faciliter la transmission des savoirs.
Les réseaux sociaux d’entreprises (RSE) peuvent servir de catalyseurs. Ils permettent d’identifier les compétences dont l’entreprise a besoin pour faire avancer un projet, partager des documents de façon collaborative, ou encore, promouvoir des bonnes pratiques pour un métier ou une fonction. Lieu d’échange, le RSE permet idéalement aux employés de discuter librement d’idées et de propositions. L’entreprise peut n’en retenir que les meilleures et ainsi favoriser l’excellence.
La mise à disposition de plateformes techniques permet d’aller dans ce sens, mais elle ne suffit pas. En effet, s’engager est un acte volontaire qui requiert un accompagnement. La créativité et la pertinence ne peuvent éclore que dans un système où règne la confiance.
La valorisation du «social», c’est-à-dire des discussions et des échanges dans et au service de l’entreprise, doit absolument se faire suivant des objectifs clairs et précis. Exemple: cette entreprise suisse de distribution qui a lancé un réseau pour engager un dialogue direct avec le personnel des magasins. Le premier bilan est très positif et montre un bon niveau de participation, des propos modérés et des propositions intéressantes, méritant une étude.
Autre exemple: une entreprise internationale de taille moyenne où le RSE est devenu un espace de dialogue et de gestion, simple et convivial au travers de communautés dédiées. Là, partenaires et revendeurs du monde entier communiquent.
Il apparaît cependant que le soutien des dirigeants aux réseaux sociaux n’est pas suffisant. Un RSE nécessite une véritable gouvernance. Celle-ci permet d’établir la confiance, ingrédient sans laquelle les réseaux auront du mal à trouver une légitimité aux yeux de ceux dont on attend le plus en termes de pertinence et de richesse: les employés contributeurs.
Le RSE ira bien avec un guide de pratiques et des conseils simples et transparents. Les communautés seront alors vivantes et les participants y trouveront de la valeur.

Enfin, le RSE doit se fonder sur une stratégie éditoriale, c’est-à-dire un ton et un cadre pour les communautés et les contenus, quand bien même tout un chacun peut y contribuer à son niveau et selon son envie. Il va aussi sans dire que les questions relatives à la protection et l’utilisation des données doivent faire l’objet de toutes les garanties nécessaires. L’existence de récompenses peut être un moyen d’émulation.
Cela dit, une enquête réalisée en novembre 2013 auprès de 138 entreprises par le Lab des Usages – un observatoire privé français – montre que la plupart des initiatives en matière de réseaux sociaux d’entreprises restent encore dans un périmètre très conservateur: la collaboration autour de projets techniques, le «go to market» pour un nouveau produit ou encore la préparation d’une opération de communication.

Billet original publié dans l’édition du journal Le Temps en date du 17 janvier 2014 (page 23)