Entreprise 2.0 : A bout de souffle ?


Au delà de la provocation et d’un soupçon d’ironie, il faut reconnaître que depuis les premières fois où Andrew Mac Afee a parlé de concept entreprise 2.0, beaucoup de billets ont été écrits, beaucoup de discours ont été prononcés, beaucoup de conférences ont été organisées et que malgré cette agitation, on a l’impression que rien (ou si peu) ne bouge !

La prochaine conférence de Santa Clara sera probablement l’occasion de faire le point, mais ce concept n’est-il pas à bout de souffle ?

Il est intéressant de lire sur le blog de Mac Afee, un billet publié en septembre dans lequel il mentionnait nombre d’autres billets relatifs à l’état d’avancement de l’entreprise 2.0, aux difficultés rencontrées, peut-être en écho à celui de Laurie Buczek  !

L’entreprise a fortement évolué dans ses structures, ses méthodes et ses outils, mais il est une caractéristique qui reste : l’utilisation de mesures pour mieux contrôler et anticiper.
L’entreprise est dans une logique de croissance, ou en tout cas de développement et cette logique se nourrit d’informations quantitatives et qualitatives.
Or depuis les années 60, le quantitatif a pris la main sur le qualitatif et la multiplication des solutions informatiques n’a fait qu’accroître la dimension « chiffrée », ce fut l’ère de l’informatique de gestion !
L’entreprise vit souvent dans une certaine anticipation et elle a besoin de ces solutions, mais elle a également besoin, ne serait-ce que pour « assurer » sa survie, d’innovation, donc de pouvoir apprécier, au-delà des la réalité brute des chiffres, son environnement opérationnel.

Depuis 2005, les entreprises découvrent une « nouvelle dimension » qui affecte potentiellement le développement de leurs affaires : « le social business » ou plus simplement le fait que les outils issus des développements 2.0 ont permis à bon nombre d’entre nous, donc de consommateurs, donc de clients ou d’utilisateurs potentiels,  de « prendre la main » et ainsi d’amender ou de commenter publiquement les affirmations et arguments des services marketing : l’avènement de l’informatique de contribution.

Ceci n’est pas vraiment nouveau me dire-vous et vous avez raison – réputation, bouche à oreille, etc. – par contre ce qui l’est c’est l’amplification probable et la diffusion globale de ces « avis » ou « recommandations » et leur impact !
Ce qui est vrai pour le consommateur est vrai également pour le collaborateur qui devient un utilisateur de services (solutions) que l’entreprise lui met à disposition.
L’informatique de contribution n’est pas une révolution, mais elle est en décalage avec l’informatique de gestion même si le socle sur lequel elle se développe est constitué des applications d’infrastructure du type ERP ou PGI (en français).

L’évolution qui est en marche est une rupture pour deux raisons principales :

  • elle privilégie le rôle aux dépens de la fonction (hors des cadres des matrices organisationnelles classiques)
  • elle est basée sur une valorisation de l’immatériel (échanges, idées, etc.)

Et tout son intérêt est dans la convergence dans l’utilisation des données (quantitatif) et du « social » (qualitatif), mais c’est également dans cette mise en oeuvre que les entreprises rencontrent le plus de difficultés !

Il faut « s’extrapoler » des approches conventionnelles et des méthodes traditionnelles pour trouver les meilleures opportunités de mise en scène, de nouvelles manières de faire : créer des espaces collaboratifs qui font sens et qui sont porteurs d’une valeur ajoutée qui va au-delà des phénomènes de « mode » et des gadgets !

Cette approche doit se faire à partir de mises en perspective différentes, innovantes, dérangeantes :

  • En quoi, les schémas d’organisation et d’architecture des systèmes d’informations sont-ils encore pertinents ?
  • Est-il raisonnable d’imaginer une offre de services (solutions) aux utilisateurs (collaborateurs) dans et au-delà de l’entreprise en « rupture » d’une représentation graphique de l’infrastructure logicielle ?
  • En quoi, la différenciation rôle (owner, leader, manager, steward. etc.) versus fonction (directeur, chef de service, employé, C, etc.) impacte-t-elle le système d’information et ses prestations ?
  • Quels sont les critères (standards, particuliers) de validation de la mise en oeuvre d’une initiative 2.0 ?
  • Comment mesurer la valeur et les apports du savoir, des échanges, .., dans mon entreprise ?
  • Y-a-t-il un intérêt dans l’approche « valorisation » classique, si oui quels sont les outils existants ou restant à imaginer ?
  • Business Feeling ou Business Intelligence : quelle place pour l’approche intuitive ?
  • Jusqu’où un concept comme le Lean IT peut-il servir l’Engagement ?
  • La notion de processus et les applications qui la supportent sont-elles applicables en l’espèce à l’entreprise de demain ?
  • ……….

Alors, à bout de souffle l’entreprise 2.0 ?

A mon avis (et encore plus depuis que le nom du logiciel SharePoint figure en « une » sur le programme de la conférence de Santa Clara), l’appellation « entreprise 2.0 » a vécu, victime d’un buzz très (trop) long et disproportionné par rapport à la réalité rencontrée sur le terrain.

Mais sur le fond, les questions sont nombreuses et c’est tant mieux car cela montre que cette évolution est encore incertaine dans la méthode, approximative dans les résultats, mais bien réelle dans la volonté de beaucoup.

L’entreprise continue à évoluer et il est probable que la valorisation de l’immatériel et donc des échanges « sociaux » constitue une nouvelle source d’opportunité en complément et au service des échanges plus traditionnels de services et /ou de marchandises qui ont fait jusqu’alors son succès.

Au fait, vous avez quel rôle dans votre entreprise ?

#confintranet 2011 : Pragmatisme, réalisme et résultats


J’ai eu l’occasion de participer à la conférence Intranet 2011 organisée mardi 11 octobre à Paris par CCM Benchmark et je souhaiterais , au travers de ces quelques notes et « tweets » partager avec mes impressions de cet évènement.

En dehors des quelques soucis dus à une grève d’une certaine catégorie …… à la SNCF qui n’ont fait que compliquer et rallonger mon temps de parcours Gare de Lyon – Pré Catelan, il faut remercier les organisateurs ainsi que les participants pour la qualité de cette journée (merci également au service traiteur).

Je n’ai pas assisté à toutes les tables rondes et, vous savez comment cela se passe, mais je retiendrai de cette journée comme le sentiment que le contexte du déploiement des réseaux sociaux ou en tout cas celui de la valorisation de l’immatériel (relations sociales et autres « actifs ») est entré dans une nouvelle phase !

En effet,à l’occasion de la première table ronde, nos interlocuteurs se sont attachés (et je les en remercie) à placer leur expérience de réseau social d’entreprise, d’intranet 2.0 ou de solution collaborative (choisissez l’appellation qui vous sied le mieux) au coeur du fonctionnement et de la logique de leur entreprise.

De ce point de vue, il est particulièrement intéressant de noter que la diversité des usages et des manières ne tient pas tant à l’outil (cette information nous a été donnée en fin d’intervention), mais bien à la vision de l’entreprise, à ses objectifs et à la « qualité » de son management.

Viralité, crowdsourcing, modération, engagement, sont tout autant de questions posées et abordées.
Au travers des réponses de chacun, nous avons pu constater la différence (donc la richesse) des approches, des organisations et des déploiements.

Le constat est sans appel, le réseau social d’entreprise s’inscrit non seulement dans la logique de l’entreprise et ses caractéristiques tiennent de l’ADN  de celle-ci !

La deuxième table ronde (à laquelle j’avais l’honneur de participer) portait sur les orientations ou plutôt les approches métiers des réseaux sociaux d’entreprise.

Ce fut également, avec les témoignages de Simply Market, de @flapinta pour l’expérience menée au sein du département RH à la Société Générale ou la présentation de Plazza chez France Telecom Orange, une bonne occasion de constater que la « gestion » de ces projets et des espaces qui sont créés demande une réflexion stratégique et des mesures d’accompagnement à leur utilisation au service des mutations que vivent les entreprises.

La valorisation du « social » dans l’entreprise ne peut que servir les projets et les métiers, mais à la différence des approches traditionnelles, elle ne se fait pas dans une logique de silo ou verticale, mais dans une démarche qui favorise les échanges transversaux.

Pour autant, on reste très pragmatiques, voire très « terre à terre » et les bénéfices attendus ou si vous préférez la valeur escomptée tient quelquefois à « peu de chose » : information plus fluide, information plus claire, information plus disponible, etc., mais toujours très réelle !

Il est réjouissant de constater que les entreprises savent déployer avec opportunisme les solutions les plus novatrices, voire dérangeantes.
Le leadership de certains managers et le besoin d’initiatives nouvelles pour combler les lacunes de celles déjà lancées contribuent largement à sortir la question de la valorisation du savoir et du « capital social » hors du champ des publications des bloggers les plus imaginatifs !

Reste à ce que les fournisseurs de solution (absents à cette conférence) s’en rendent compte et poussent leurs équipes à faire preuve d’un peu plus d’imagination dans l’organisation des solutions proposées même si l’approche « sociale » est déterminante et que les outils ne sont là que pour la servir !

Ensuite ce fut autour de Dassaut Systèmes de présenter sa solution de « nouvel intranet » (démo live)

Gestion des communautés, pardon Community management, avec @vinceberthelot, ont suivi en début d’après-midi .

mais également l’infobésité avec @fcharles (sans moi, pour cause de grèves !!)

Dommage, car je sais que la présentation d’@aponcier était très intéresssante et riche  (voir ci-après), de même que celle de Xavier Aucompte.

Et le mot de la fin :  Bravo à Vincent Berthelot pour le Pipotron 2.0 😉

>>> La TL #confintranet et merci à tous les Twittos ;-))

La pres. d’Anthony Poncier :

Pouvoir des médias sociaux et nouvelles organisations


Une illustration pertinente de l’importance des médias sociaux, du pouvoir qu’ils confèrent par Ross Dawson en complément de notre billet PME 2.0.

Intrapreneurship : mythe ou opportunité ? (#intranet)


Il y a quelques jours Elsua annoncait sur son blog qu’en ce qui le concerne, il abandonnait l’usage de la terminologie « social business » pour préférer celle de « Social Enterprise » et de nous souhaiter la bienvenue dans une nouvelle époque, celle de l’Intrapreneurship !

Le concept d’intrapreneurship n’est pas vraiment nouveau (il est apparu à la fin des années 70), mais il trouve aujourd’hui un terrain probablement plus favorable à son épanouissement.

Pour les tenants de l’orthodoxie quant à l’utilisation de ce terme, je leur propose de parcourir l’étude publiée par Alf Steinar Sætre, en 2001, sous le titre « Intrapreneurship: An Exploratory Study of Select Norvegian Industries« , ils y trouveront des cas pratiques, des analyses  ainsi que des illustrations pertinentes et documentées.

Aujourd’hui, l’explosion de l’utilisation des plateformes de sociaux peut être considérée comme favorable au développement de l’intrapreneurship, mais reste encore en à définir le contexte précis (outils, objectifs, etc..) dans lequel il peut espérer atteindre une certaine maturité.

Quand Scrupski écrit à propos de la « révolution sociale dans l’entreprise »:

“[…] The zeitgeist of Social is about introducing the promises of Web 2.0 (Openness, egalitarianism) to reinvent the way things have been done in prior eras, evolved from industrial age principles, e.g. Taylorism.

Social is not about anarchy ; it’s about freedom and democracy and innovation. It’s not about rigid structures and hierarchies; it’s about transparency and honesty and re-distributing power to create agile change motivated by passionate, engaged actors. It’s about leadership that rewards and recognises talent and instinctively has a collective understanding of the community it serves, because it’s tuned into what they think, as well as what they do. It’s about authenticity and trust.”

On ne peut qu’être d’accord (d’autant plus pour l’avoir maintes fois écrit, défendu ou proclamé sur ce blog et d’autres) !

Et dans la « vraie » vie ?

Au delà des discours qui souvent tiennent plus de la méthode Coué ou qui, parfois, sont proches de pratiques incantatoires, il y a une réalité avec laquelle  nous devons tous composer.

Dans les années 2000, les entreprises ont mis en oeuvre un outil en réponse à des besoins de diffusion de l’information en interne : l’intranet.
Généralement conçu comme un site web (premières générations,  i.e. pas ou peu participatif), cet espace, sous la responsabilité d’un webmaster isolé et n’ayant pas les moyens de déployer un CMS, est resté une « publication » ouverte en mode « pull » (consultation) pour des informations générales (en fait, il a souvent été considéré comme un « tableau d’affichage » disponible sur le poste de travail).

En se fiant aux statistiques disponibles (voir l’infographie ci-après) on constate que les collaborateurs utilisent l’intranet (43% au moins une fois par semaine) en premier lieu pour y trouver des infos sur leurs collègues ou le personnel (trombinoscope), lire les news concernant la compagnie, consulter les procédures ou encore y trouver certains formulaires « corporate » !

Pas étonnant, mais vous me direz que les réseaux sociaux d’entreprise sont là et qu’ils viennent à point nommer pour « bousculer » cette vision « archaïque » de la communication interne et l’absence d’opportunités d »engagement » pour les collaborateurs de l’entreprise.

Oui, peut-être et le débat est ouvert !

Et l’esprit d’entreprise dans tout cela ?

Si les outils sont là et que les autres moyens et les conditions sont réunis, à savoir suffisamment de transparence, d’ouverture,de bienveillance et d’humilité de la part de tous les acteurs, il faut encore qu’ils en aient ENVIE, mais également l’ESPRIT !

 « Nous sommes tous des entrepreneurs! » Beau slogan, s’il en est , surtout pour vendre un bouquin, des formations, …
Pour les moins jeunes, on avait déjà entendu « sous les pavés, la plage » ! Cool mais depuis longtemps on arrêté de creuser ;-))
Loin d’être désabusé, j’essaie de rester objectif et réaliste.
Je pense comme beaucoup qu’il y a un gisement de richesses non ou mal exploitées en chacun et que l’un des intérêts des réseaux sociaux tient à faire « émerger » une partie de ces richesses.

Pour autant, je dois constater que beaucoup d’entre nous se contente d’un « rôle » de spectateur et qu’il est parfois difficile de faire vivre des espaces collaboratifs.
Il est certain que les réflexions amorcées dans beaucoup d’entreprises autour de l’intranet et de ce que cette plateforme peut représenter en tant qu’outil de productivité, de cohésion et d’engagement pour les collaborateurs vont dans un sens favorable à l’intrapreneurship.

Mais, il est également acquis qu’ENTREPRENDRE c’est aussi (surtout dirons certains) un état d’esprit, nullement partagé par tous et qu’il est également noble et productif de savoir SERVIR !

C’est pourquoi, j’insiste sur le fait que la transformation du capital social en « business » ne se fera pas à prétendant que « tout le monde est un entrepreneur » mais plutôt en permettant à chacun de trouver sa place, son « utilité » et la reconnaissance par le déploiement de ces nouveaux outils.

A votre avis?

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En complément :

Conférence Intranet 2011 – Paris – 11 octobre

Conférence : Comment convaincre les dirigeants de l’importance des réseaux sociaux d’entreprise  Institut Boostzone et Collaboratif-Info – Paris – 18 octobre

 

Mobilité : une révolution pour et dans l’entreprise (#SoLoMo)


Dans SoLoMo, il y a MOBILE et, à lui seul, ce mot concentre les challenges, les risques, les opportunités et les contraintes des entreprises de demain.

Nouvelles perspectives, nouvelles offres, nouveaux comportements et nouveaux outils, à vous de vous y préparer !

Dans la présentation ci-après Paul Van Doorn vous donne une partie des clefs !