Tweets et actifs informationnels ?


Twitter, nouvelle version, suivez-nous sur Twitter, bref qui n’a pas encore entendu parler de Twitter ?

Donc tout le monde sait à quoi Twitter peut bien servir !

Non ?!

Alors, résumons rapidement Twitter sert à envoyer des messages courts (140 caractères) à un public d’abonnés à votre « fil d’infos » et par delà aux abonnés de leur propre fil s’il relayent votre message (tweet)

Quels contenus ?

En premier lieu, il faut reconnaître que cette application rencontre un succès très important outre atlantique (souvenez-vous des pagers!  Pagerc’est le même type de service et aux USA, c’était un must to have, y compris dans les séries TV) et ce n’est pas très étonnant (cliquez ici pour découvrir les statistiques en un clin d’oeil)  !

L’intérêt, en dehors des évolutions technologiques et de disponibilité, est de pouvoir adresser une information précise et concise à un ou un groupe de récipiendaires identifiés.

Bien, mais quelles sont les informations qui circulent au moyen de Twitter ?
Je pense qu’on peut les regrouper en deux catégories :

  • l‘annonce qu’il s’agisse d’individus agissant pour eux ou pour une organisation (généralement accompagnée d’un lien vers une page web)
  • la citation, la phrase clef, le message d’humeur, quelquefois drôle, pertinente ou encore insolite (avec quelquefois une image)

Ces contenus n’ont d’autre but que de parler ou de faire parler de soi et d’attirer l’attention !

Twitter n’est pas un réseau social, c’est une log (pardon une timeline [TL], un fil d’info) de messages dont le déroulement est incessant et inéluctable (sauf plantage technique).
Twitter est un outil de push de l’information, on n’en attend rien de plus !
Les bénéfices que vous pouvez espèrer dépendent plus de la pertinence de vos messages que de la technologie qui les véhicule, et c’est en cela qu’il connaît un succès grandissant !

Quelle valeur ont ces contenus pour l’entreprise ?

Soyons clair, la plupart des messages distribués par Twitter n’ont AUCUNE valeur !

Tout d’abord parce que ces instantanés disparaissent de votre interface aussi vite qu’ils arrivent, ensuite par ce que vous ne passez pas votre journée à scruter l’arrivée des nouveaux « tweets » et surtout parce que le contenu des messages est souvent répétitif (nombreux relais sur une même information) et peu concernant !

 

Tweets, retweets and replies

Pourtant, les entreprises ont intérêt à surveiller de près leur communication (notamment marketing) sur Twitter ainsi que les informations poussées par les collaborateurs.
La messagerie instantanée présente des risques pour les entreprises.
Si la valeur de l’information, comprise en tant qu’actif pertinent servant les métiers, est quasiment inexistante, il n’en demeure pas moins que les risques sont bel et bien réels et qu’ils justifient à eux seuls la nécessité de conserver ces contenus et de les intégrer dans le programme de gouvernance de l’information.

Sans parler des informations récoltées au travers des millions de « tweets » balancés quotidiennement et qui, après analyse, peuvent servir l’entreprise dans l’élaboration de nouveaux produits et/ou stratégies.

Cordialement,

http://www.twitter.com/ClaudeSuper

La gouvernance de l’information : une affaire trop sérieuse pour être laissée dans les mains des… ?


Qui pour prendre en charge, la stratégie et les programmes de gestion des actifs informationnels ?

La gouvernance de l’information est une affaire sérieuse, très sérieuse et probablement TROP sérieuse pour être laissée dans les SEULES mains des …….

1) informaticiens
Vous souvenez-vous du fameux tube des années 2000, ingénieur informaticien ?
– non, cliquez ici (ça a très mal vieilli !, vous êtes prévenu)
– oui (tant mieux, on peut continuer !)

Ce tube (sur la toile francophone) a révélé, par une dérision (de mauvais goût), la fin de la suprématie et de l’exclusivité des informaticiens sur les questions de traitement de l’information.

Les équipes informatiques sont en charge du bon fonctionnement des systèmes et des solutions décidées dans l’entreprise.
Leur rôle est essentiel et va au delà des préoccupations purement ou strictement techniques pour garantir le meilleur niveau de services.
Il s’agit pour les responsables informatiques, urbanistes, architectes et développeurs d’apporter en permanence la technologie la plus adaptée et la plus sure, l’organisation la plus agile, le ROI le plus avantageux, le TCO le plus acceptable, etc.
Et vous voudriez qu’en plus ils s’occupent de gouvernance de l’information !

Non, les équipes informatiques sont là pour soutenir l’entreprise dans sa mutation.
Elles testent, paramètrent, développent, intégrent, mettent en production, assurent le suivi, etc., les outils et les solutions qui servent de socle technique.

Les directions informatiques se soucient peu de la valeur de l’information, mais beaucoup plus de son coût (production, stockage,conservation, restitution, circulation, exploitation, sécurisation, etc.)

2) archivistes et records managers
Alors, vous me direz que la gouvernance de l’information, c’est une affaire à laisser entre les mains des archivistes et autres records managers.
Entre valeur patrimoniale, valeur « légale« , valeur « marchande« , qu’en est-il pour définir les actifs informationnels de l’organisation ?

Le « records management » ou l’archivage considère essentiellement la valeur patrimoniale et « légale » pour définir l’actif informationnel et supporter une politique de gouvernance de l’information, mais ce n’est pas à mon avis suffisant :

  • Le records management est statique alors que la gouvernance de l’information est dynamique,
  • le records management est réactif alors que la gouvernance de l’information se veut pro active,
  • le records management est principalement centré sur la rétention alors que la gouvernance de l’information est au service de l’exploitation des informations en support à la croissance des affaires.

A l’instar des services informatiques qui sont plus soucieuses du coût que de la valeur de l’information, les archivistes s’intéressent plus à la valeur patrimoniale et/ou « légale » de l’information qu’à sa valorisation par les métiers.

3) directeurs juridiques, risk managers et avocats
S’il n’est pas pertinent de laisser la gouvernance de l’information dans les seules mains, ni des équipes informatiques, ni des archivistes,  doit-elle revenir aux affaires juridiques ?

En effet, dans la gestion des actifs informationnels. il y a une dimension légale, respect des règles, recherche de conformité, dont seuls les départements juridiques sont aptes à superviser la mise en oeuvre.

Pourtant, ni les responsables juridiques, ni les risks managers ne peuvent prendre en charge à eux-seuls cette responsabilité.
Les responsables juridiques ne se soucient pas de la valeur de l’information, ils cherchent à protéger l’organisation contre les risques liées à l’existence de l’information !

Pour les responsables informatiques, le coût est souvent plus important que la valeur, pour les archivistes, la conservation est prépondérante alors que pour les juristes, c’est la réalité du risque inhérent à l’information et c’est pourquoi, ils ont tendance à tout conserver, « juste au cas où » !

4) exécutifs
Bien évidemment, ce rôle incombe à l’exécutif et aux dirigeants.
Pas si sur !
S’il est évident que les niveaux exécutifs des entreprises doivent s’intéresser à ces questions comme ils se passionnent quand il s’agit d’actifs financiers ou autres, il n’est pas certain qu’ils aient plus de pertinence que les autres pour instruire une réelle politique de gouvernance de l’information, par contre, eux seuls peuvent en décider.

Au niveau exécutif, l’information peut être analysée et comprise, selon les influences déterminantes, comme un coût, une obligation, un levier, etc. et il leur devient plus difficile de gérer, seuls, cette question.

L’émergence d’un nouveau rôle
Les réflexions autour de la valorisation et la gestion des actifs informationnels des organisations
vont contribuer à l’émergence de nouveaux rôles à propos desquels certains analystes n’hésitent pas à parler de formation dans les toutes prochaines années (voir le programme d’IBM).

C’est un manager qui sait gérer une équipe pluridisciplinaire réunissant des juristes, des spécialistes métiers, des responsables marketing, des architectes/urbanistes et des utilisateurs informatiques.
Cette équipe a mission d’instruire le programme de gouvernance de l’information à des fins de décision par l’exécutif au niveau global ainsi que des différents métiers.

Son rôle consiste à :

  • mener à bien la synthèse de tous les besoins,
  • valider l’évaluation des actifs informationnels (au regard des différents besoins),
  • instruire les processus décisionnaires
  • contrôler la mise en application des outils et des nouveaux services qui en sont issus.

La gouvernance de l’information est une affaire trop sérieuse pour ne pas être laissée dans les mains d’un collège d’experts doués de bon sens et soucieux d’efficacité et de pragmatisme.

La gouvernance de l’information (slides en anglais)


Pour ceux qui ne vont pas sur Slideshare ! ,-)

Merci et bonne lecture !

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ECM: Past, Present and Future


Dans cette vidéo, John Mancini (AIIM) présente rapidement l’ECM et tente une approche prédictive.
A voir et écouter pour mieux comprendre, votre avis ?