Données, documents, où est la valeur ?


On a déjà évoqué la question contenu – contexte dans le cadre de notre réflexion quant à l’évaluation des actifs informationnels.

Si l’on se réfère à l’infographie ci-dessous, il est clair qu’il devient urgent de statuer sur la valeur de chaque information et de savoir où réside cette valeur.

Explosion de l'information

Illustration extraite du livre 24-hour consumer

Sans revenir dans le détail sur le débat de l’évaluation de la valeur des informations, il n’est probablement pas inutile de rappeler notre « taxinomie » du concept de valeur de l’information.

  • Il y a d’abord la valeur métier qui représente la pertinence d’une information et sa valeur ajoutée dans un processus métier (marketing, ventes, finances, RH, etc..)
  • Il a également la valeur légale d’une information qui considère cette information comme un élément constitutif de protection de celui qui l’a produite et /ou émise.
  • Il y a enfin la valeur patrimoniale de l’information qui juge de l’intérêt de la conservation de cette information pour son apport à une organisation, un sujet, etc.

Données et documents, quelles différences ?

Dans le monde numérique, les données appartiennent au monde structuré tandis que les documents sont des données non structurées même s’ils apparaissent sous forme de rapports ou de listes formatées.

Bien évidemment, cette différence est essentielle du point de vue de la gestion technique mais également dans l’évaluation et l’utilisation d’une base d’information constituée à plus de 80% par des contenus non structurés !

Pour un certain nombre d’information, il existe une autre différence qui tient à la valeur apportée à la représentation et au contexte de la création et de l’utilisation de l’information.

En effet, au regard de la protection des consommateurs que nous sommes, il est indiscutable, pour nous, que le document « facture » tel que nous le recevons en ligne ou par la Poste est porteur de valeur alors que pour le fournisseur, il ne s’agit que d’une représentation graphique et couchée sur le papier des données gérées dans ses systèmes. Dans ce cas, quid de l’importance de la forme ?

Une réalité de plus en plus complexe

Il est probable que l’importance de la mise en forme et de la représentation des informations, principalement pour des raisons légales, est une réalité avec laquelle les utilisateurs des solutions d’ECM devront composer encore longtemps.

Mais, s’il est facile de stocker et de conserver un document produit par des chaines éditiques ou numérisés dans des contextes de dématérialisation, ceci n’est pas vrai pour tous les contenus dont les organisations veulent exploiter le capital.

En effet, si les formats standards (PDF/A) sont faciles à mettre en oeuvre pour les documents formattés, leur utilisation devient bien plus complexe pour les documents du type courrier électronique sans parler des contenus audio et vidéos, ni des contenus générés par les applications mobiles (cf. ci-après enquête CMSWire) !

IM

What do you think is the next big thing for Information Management?

Et si une partie de la réponse se trouvait dans les métadonnées ?

Comment faire entrer le non structuré dans le monde des données structurées pour le bénéfice de l’organisation ?

La disponibilité de toujours plus d’applications sur les mobiles, les nouveaux services d’agrégation d’information, le développement rapide des outils et des services de business intelligence, la mise en oeuvre de référentiels transversaux, sont autant de réalités qui avec l’explosion des volumes vont pousser à l’industrialisation et à la standardisation de processus de traitement de l’information principalement organisés sur l’exploitation des données structurées.

Au delà des réponses techniques, il s’agit surtout de mettre en oeuvre des processus d’évaluation de l’information (au regard de  la valeur métier, légale et/ou patrimoniale) au travers de jeux de métadonnées, mais également d’utilisation et d’échange de ces informations par le biais de canaux et de services adaptés.

La représentation graphique de l’information reste secondaire, dépendante du support (smartphone, Ipad, intanet, GUI applicatif, etc.) ou au mieux (ou pire) figée pour des raisons légales (protection contre certains risques).

Mais, l’ultime enjeu de la dématérialisation n’est-il pas de considérer la valeur de l’information indépendamment de sa représentation graphique (héritage Gutenberg!?) ?

FaceBook et actifs informationnels ?


Hier, je postais une note rapide à propos de la valeur des contenus poussés sur la plateforme Twitter dans laquelle je précisais que malgré l’absence de valeur, ou la très faible valeur « métier », patrimoniale ou encore plus légale de ces contenus, il n’en restait pas moins que certains de ces contenus pouvaient représenter un risque pour les organisations.

D’ailleurs, à ce titre, il est toujours prudent de mettre en place des procédures de conservation et d’intégrer ces contenus dans la politique de gouvernance de l’information et des référentiels utilisés dans l’entreprise.

FaceBook : la réalité du réseau

La différence fondamentale entre Twitter et FaceBook tient à ce que ce dernier est une application de réseau et non pas un outil de « push » d’information.

Sur Facebook, vous ne « recrutez » pas des abonnés et vous ne souscrivez pas à des sources d’information, vous rassemblez autour de vous les personnes (au travers de leurs avatars) avec lesquelles vous souhaitez partager des informations, des émotions et qui l’acceptent (le principe de réciprocité et d’accord mutuel n’existe pas sur Twitter).

Cette dimension de réseau offre de nouvelles perpectives quant aux contenus partagés et à leur valorisation éventuelle.

Selon les différents informations statistiques disponibles notamment sur le site de la plateforme, le contenu généré et sous contrôle de FaceBook est gigantesque.

Ce contenu représente en terme de typologies et de valeur tout ce qu’on peut imaginer (à l’exception peut-être des documents produits en traitement batch) : ce sont autant de vidéos, photos, images, fichiers audios, fils d’infos, messageries instatanées, données personnelles, données de géolocalisation, présentations, documents, bref, un vrai catalogue à la Prévert !

Contenus et réseaux sociaux

Contenus et réseaux sociaux

Beaucoup, trop ?, de contenus

Depuis quelques années, les spécialistes du marketing ont mis en place des outils de collecte de données, souvent liées à nos habitudes de consommation, qui servent aujourd’hui à toutes (ou presque) les entreprises.

Depuis peu, il existe des tentatives de classification des données et informations partagées sur les réseaux sociaux.

Cette taxonomie (reprise par Hubert Guillaud sur son blog Internet Actu) des données sociales permet de distinguer

  • les données de services” : les données que vous confiez à un site social afin de l’utiliser. Ces données peuvent inclure votre nom légal, votre âge voir le numéro de votre carte de crédit.
  • Les données divulguées, c’est-à-dire celles que vous publiez sur votre profil et vos pages : billets de blogs, photographies, messages, commentaires.
  • Les données confiées”, c’est-à-dire celles que vous publiez sur les pages (et wall) de membres de votre réseau. (A la différence des données divulguées, quelqu’un d’autre en a le contrôle)
  • Les données fortuites sont celles que d’autres personnes publient à votre propos.
  • Les données comportementales sont celles que le site recueille sur vous en surveillant ce que vous faites et avec qui vous le faites. Il peut s’agir de jeux auxquels vous jouez, des sujets sur lesquels vous écrivez, des articles auxquels vous accédez (et qui permettent de prévoir votre appartenance politique).
  • Les “données dérivées” sont des données concernant l’utilisateur issu de toutes les autres données. (par exemple, un soutien affirmé au WWF vous identifierait plutôt comme une personne avec une orientation écologique)

La caverne d’Ali Baba ?

Si ce n’est pas le cas, il s’agit sans aucun doute d’un beau filon susceptible de contenir quelques pépites de choix.

La valeur de ce contenu est incroyable tant le volume est grand et son exploitation par les équipes marketing est une priorité pour toutes les organisations.
Il s’agit d’imaginer et de mettre en oeuvre des stratégies de « récupération » de ces informations, stratégies complexes, audacieuses et aux résultats incertains.

Mais, il s’agit également pour les organisations de considérer les informations émises et reçues comme des actifs porteurs de valeur ajoutée mais également de risques qu’il faut analyser.

Il ya beaucoup de questions ouvertes à ce sujet et il est clair, comme le rappelait récemment Bertrand Duperrin dans une note sur son blog, que la sécurité quant à la teneur des contenus échangés n’est pas qu’une affaire de technique, de procédures et d’informatique, mais également et surtout de comportement et de sensibilisation et de formation.

Au delà de ces considérations, les contenus mis à disposition sur ces réseaux publics ou internes ont, pour certains, une valeur importante et il s’agit également de les intégrer au niveau de la politique de gouvernance de l’information et des référentiels, non pas en tant que source de risques mais bien éléments de valeur ajoutée pour l’organisation.

Tweets et actifs informationnels ?


Twitter, nouvelle version, suivez-nous sur Twitter, bref qui n’a pas encore entendu parler de Twitter ?

Donc tout le monde sait à quoi Twitter peut bien servir !

Non ?!

Alors, résumons rapidement Twitter sert à envoyer des messages courts (140 caractères) à un public d’abonnés à votre « fil d’infos » et par delà aux abonnés de leur propre fil s’il relayent votre message (tweet)

Quels contenus ?

En premier lieu, il faut reconnaître que cette application rencontre un succès très important outre atlantique (souvenez-vous des pagers!  Pagerc’est le même type de service et aux USA, c’était un must to have, y compris dans les séries TV) et ce n’est pas très étonnant (cliquez ici pour découvrir les statistiques en un clin d’oeil)  !

L’intérêt, en dehors des évolutions technologiques et de disponibilité, est de pouvoir adresser une information précise et concise à un ou un groupe de récipiendaires identifiés.

Bien, mais quelles sont les informations qui circulent au moyen de Twitter ?
Je pense qu’on peut les regrouper en deux catégories :

  • l‘annonce qu’il s’agisse d’individus agissant pour eux ou pour une organisation (généralement accompagnée d’un lien vers une page web)
  • la citation, la phrase clef, le message d’humeur, quelquefois drôle, pertinente ou encore insolite (avec quelquefois une image)

Ces contenus n’ont d’autre but que de parler ou de faire parler de soi et d’attirer l’attention !

Twitter n’est pas un réseau social, c’est une log (pardon une timeline [TL], un fil d’info) de messages dont le déroulement est incessant et inéluctable (sauf plantage technique).
Twitter est un outil de push de l’information, on n’en attend rien de plus !
Les bénéfices que vous pouvez espèrer dépendent plus de la pertinence de vos messages que de la technologie qui les véhicule, et c’est en cela qu’il connaît un succès grandissant !

Quelle valeur ont ces contenus pour l’entreprise ?

Soyons clair, la plupart des messages distribués par Twitter n’ont AUCUNE valeur !

Tout d’abord parce que ces instantanés disparaissent de votre interface aussi vite qu’ils arrivent, ensuite par ce que vous ne passez pas votre journée à scruter l’arrivée des nouveaux « tweets » et surtout parce que le contenu des messages est souvent répétitif (nombreux relais sur une même information) et peu concernant !

 

Tweets, retweets and replies

Pourtant, les entreprises ont intérêt à surveiller de près leur communication (notamment marketing) sur Twitter ainsi que les informations poussées par les collaborateurs.
La messagerie instantanée présente des risques pour les entreprises.
Si la valeur de l’information, comprise en tant qu’actif pertinent servant les métiers, est quasiment inexistante, il n’en demeure pas moins que les risques sont bel et bien réels et qu’ils justifient à eux seuls la nécessité de conserver ces contenus et de les intégrer dans le programme de gouvernance de l’information.

Sans parler des informations récoltées au travers des millions de « tweets » balancés quotidiennement et qui, après analyse, peuvent servir l’entreprise dans l’élaboration de nouveaux produits et/ou stratégies.

Cordialement,

http://www.twitter.com/ClaudeSuper

La gouvernance de l’information (slides en anglais)


Pour ceux qui ne vont pas sur Slideshare ! ,-)

Merci et bonne lecture !

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Les Maîtres de l’information – côté éditeurs –


La lutte sur le marché des solutions de gestion de l’information n’est pas nouvelle, mais il semble que du côté éditeur les grandes manoeuvres aient débuté depuis quelques mois et gagnent rapidement en intensité.

Il y a eu les nombreuses déclarations autour la gouvernance de l’information, les premières déclarations d’intention mais également les premières communications de statégies, pour mémoire EMC qui rachète Kazeon (RM), Iron Moutain qui absorbe Misoma Systems (email and eDiscovery), Autonomy et CA à propos de l’Entreprise Information Management, etc.
On a également assisté aux premières communications ainsi qu’à l’émergence de l’Entreprise Information Management dans le discours des analystes et à de nombreuses mises en perspectives de la gestion de l’information, données structurées et non structurées, publiées ici et ailleurs.

La compétition devient plus claire car les règles du jeu sont connues et les acteurs déclarés, mais qui va gagner ?

Les 5 règles du jeu

  1. avoir une taille critique (a priori le jeu est réservé aux majors)
  2. avoir une offre cohérenteincluant :
    1. Master data management
    2. Business Intelligence
    3. Records Management
    4. eDiscovery
    5. Fédération de contenus (ECM) et support des applications traditionnelles mais également SharePoint, emails ainsi que tous les fichiers produits par les collaborateurs
    6. Web Content Management
    7. Architecture 2.0
  3. supporter les médias et réseaux sociaux
  4. disposer d’un écosystème performant
  5. supporter le cloud (privé et/ou public)

Les compétiteurs

Il y a d’abord IBM bien évidemment et on peut dire que du côté de Armonk , cette compétition est prise très aux sérieux !
Il y avait eu le show de Las Végas et le projet conjoint IBM-SNCF déjà évoqué dans une note (cf. Les impacts technologiques de la gouvernance de l’information) sur ce blog.
Il y avait eu, notamment, l’achat de Cognos et de Filenet, à savoir de la Business Intelligence et de la gestion électronique de document.
Ces dernières semaines, IBM a annoncé l’achat d’Open Pages puis de Netezza et concrétise encore un peu plus sa stratégie d’appropriation des solutions les plus pertinentes d’analyse de contenus et de données.

Les autres compétiteurs : Autonomy, Open Text, EMC ou encore Oracle sans oublier Microsoft qui avance également dans ce sens, côté ECM avec SharePoint 2010.

Les Maîtres ?

L’art de la divination est difficile et je n’ai pas les compétences 😉

Pourtant, les leaders de demain dans les technologies qui serviront l’Enterprise Information Management sont à chercher, à mon avis,  dans cette liste restreinte.
Si vous pensez à d’autres acteurs, merci de partager avec nous vos idées !

Pour lancer le débat et au vu des informations disponibles à ce jour, j’ai bâti une analyse basée sur les critères suivants :

  1. qualité de l’offre technologique (voir le détail de l’offre ci-dessus)
  2. capacité à exécuter (écosystème, taille et présence)
  3. reconnaissance et légitimité sur ce marché

Outre les capacités d’innovation et la réelle compréhension des besoins des entreprises (besoins métiers essentiellement), il est facilement compréhensible que les maîtres seront les sociétés qui auront prouvé leur capacité à innover, à produire des solutions performantes à moindre coût qu’elles auront d’ailleurs mis en oeuvre avec succès pour elles.

Cette valeur de l’exemple ou de la base de démo grandeur nature sera probablement clef car elle est le meilleur argument de la faisabilité et de la pertinence des solutions mises en avant sur le marché.

De plus et dans la mesure où ces innovations technologiques complexes doivent servir les métiers et contribuer à la croissance des organisations, il n’est pas clairvoyant de penser que ces projets puissent être confiés à des fournisseurs qui ne disposent pas d’une assise suffisante tant en terme financier que de références.

Côté technologique, il ne s’agit pas d’une marché de niche et la plupart des éditeurs de solutions que l’on peut qualifier de niche (dans la mesure où leur offre n’intègre la totalité des composants fonctionnels cités plus haut) sont condamnés à valoriser techniquement leur solution en espérant un rachat par l’un des Maîtres ou à persévérer en assurant leur pérennité sur son marché de niche.

Ceci étant dit, pour moi le tiercé gagnant est IBM (bien évidemment dirons les uns !), Oracle et Autonomy, viennent ensuite Open Text, Microsoft et EMC dont la stratégie n’est pas aussi facile à comprendre au vu des informations dont je dispose.

Et pour vous ?