L’entreprise de demain [#e20] – en confiance, jusqu’où ?


Une des caractéristiques de l’entreprise de demain est la CONFIANCE.

Confiance entre les différents acteurs de son écosystème, confiance entre les collaborateurs, confiance dans la vision et confiance dans l’entreprise !

J’ai déjà, à l’occasion de précédents billets, insisté sur l’indispensable confiance entre les hommes, mais aujourd’hui, je souhaite m’arrêter sur un autre domaine : la confiance dans l’information.

La question est vaste et elle ne peut pas être considérée sans son corollaire qui tient à la valeur de l’information.

L’entreprise de demain a besoin de gouvernance pour établir la confiance.

La stratégie de gouvernance de l’information dont va se doter l’organisation est une des composantes nourricières du terreau dans lequel l’entreprise de demain va commencer à se développer avant de se déployer.

Concrètement et au-delà de la simple question – données versus contenu – il est temps que les organisations considèrent l’ information comme un capital dont la principale valeur réside non le fait d’en avoir la propriété mais bien plus dans l’usage qu’on en fait !

A partir de là, rien ou presque ne s’oppose à la mutualisation des informations, la transmission du savoir, ni à la collaboration autour des contenus.

La maturité est clef dans cette démarche et les points d’interrogation restent nombreux.

Quelles réponses pouvez-vous apporter rapidement aux questions clefs :

  • Quelles sont les conséquences financières directes d’une non conformité de mes données avec mes objectifs métiers ?
  • Quelles informations servent le plus la vision de l’entreprise ?
  • Quels sont nos indicateurs clefs en terme de valeur ?
  • Qui a la responsabilité des informations, des données ?
  • Comment les métiers valorisent-ils au quotidien la pertinence des données qu’ils utilisent ?

Savoir apporter des réponses à ces questions (et à d’autres) est essentiel pour mettre en oeuvre un cadre au service de la qualité et de la gouvernance des informations.

La mise en oeuvre du modèle de gouvernance des données est en rupture avec les usages très répandus (data quality) qui considèrent qu’il faut «régler» le problème en amont !

L’idée de considérer qu’une donnée ou une information est «bonne» une fois pour toute est aberrante, car elle «oublie» le contexte de l’utilisation et les règles établies par les utilisateurs.
Inutile et inefficace au regard de la réalité des métiers, cette pratique est un «alibi» facile et coûteux.

Le seul moyen pertinent d’établir la confiance est de donner aux utilisateurs les moyens de «juger» de la pertinence et de la conformité des informations au regard de leurs propres exigences.

Quand Gartner anticipe la «main mise» des services marketing sur la gestion de l’information aux dépens des services informatiques, il ne s’agit ni plus ni moins que d’une évolution inéluctable dans laquelle les directions informatiques vont devoir prendre leur part de responsabilité notamment en terme de services (SLA) et de sécurité.

Mais au-delà de cette perspective, le cadre de la gouvernance des données est un projet qui s’inscrit, lui aussi, dans une démarche de collaboration.

En effet, il y a un ou plusieurs réseaux de compétences et de besoins qui se sont construits autour des ces informations.

Les participants de ces réseaux se différencient par leurs rôles : utilisateurs, responsables, stewards, etc. , ils travaillent en complémentarité et créent la confiance par une approche pertinente de valorisation des actifs informationnels au moyen d’indicateurs chiffrés.

Beaucoup ont cru voir dans la stratégie de gouvernance de l’information qu’un moyen de se protéger (le C-level) en cas de problèmes liés à un non respect des lois, des codes et que sais-je encore.

Cette approche est «stérile» car elle oublie la dimension «business» et le fait que les données, les informations, ne sont rien hors de cette dimension !

Pouvoir évaluer le manque à gagner dû à une non conformité de certaines données (délai, client, etc.) de facturation par rapport à ses règles et ses exigences est bien plus pertinent !

Et c’est par une approche pragmatique et porteuse de valeur ajoutée pour toute l’entreprise que la gouvernance des données et des informations va contribuer à renforcer la collaboration et surtout à établir la confiance.

A votre avis, quel est le niveau de maturité de votre organisation ?

Intuitions 2012 : Mobilité, Gamification, Digital workplace,….[#e20]


Après un premier exercice dont je me suis assez bien tiré en décembre 2010, voici quelques unes de mes intuitions pour 2012 :

1.Mobilité

La disponibilité sur mobiles d’une multitude d’applications et de services va continue à croître en 2012.

Le téléphone portable (et la tablette) font maintenant partie intégrante de «l’homme augmenté» !
Le phénomène va prendre de l’ampleur dans les entreprises qui aujourd’hui commencent à considérer ces «terminaux» comme des outils surs et pertinents.

La seule question ouverte aujourd’hui est : y-a-t-il de la place pour un modèle différent de l’AppStore et de l’Android Market et surtout y-a-t-il de la place pour un autre «fournisseur» ?

2. Gamification

L’un des buzzword de 2011 qui devrait trouver une réelle consécration en 2012.

La gamification (quelle appellation barbare !), c’est le dernier stratagème à la mode pour vous, nous, faire participer et contribuer dans les réseaux sociaux et les espaces collaboratifs.

Il est probable que les entreprises vont développer les «pratiques» de ludification (liées au mécanisme du jeu) pour donner plus de vigueur, d’intérêt et de notoriété notamment aux intranets en cours de migration vers des versions 2.0

3. Intranet collaboratif

Intranet 2.0 ou digital workplace, c’est selon et ce n’est pas pareil.

2012 sera l’année du renouveau des intranets et la migration des portails internes vers une offre d’espaces ouverts, dynamiques et personnalisables.

Certaines entreprises voient plus loin dans l’approche des service et des moyens qu’elles fourniront à leurs employés.

Elles amorcent des réflexions autour du futur «poste de travail», dématérialisé, personnel, agnostique en terme de support hardware.

Cette réflexion va «booster» le renouveau des intranets et des espaces collaboratifs, possible anticipation de la «digital workplace» de demain.

4. Cloud computing

Les 3 tendances présentées ci-avant sont étroitement liées au cloud computing.
En 2011 et quoiqu’en disent «les grincheux» de nombreux projets de cloud computing privé, publics ou mixtes ont été lancé par les entreprises et les organisations publiques ou parapubliques.
C’est une tendance lourde qui autorise un certain contrôle des coûts et qui ne perturbe pas l’utilisateur final tant il est habitué à «travailler» avec des solutions de ce type ne serait-ce qu’à tire personnel.
Le cloud computing représente également une opportunité à moindre coût pour les petites et moyennes entreprises qui ont déjà pour beaucoup d’entre-elles compris les bénéfices immédiats qu’elles peuvent en retirer.
Le cloud sert la «virtualisation» de l’entreprise et cela va s’accentuer en 2012.

interaction5. Médias sociaux

Je continue à penser que les «médias sociaux» ne représentent qu’une étape et que certains d’entre-eux n’ont en fin de compte que peu de valeur ajoutée même s’ils offrent une pléthore de fonctionnalités.

Sans aller jusqu’à décortiquer la courbe d’adoption des réseaux sociaux en occident et ailleurs dans le monde, je pressens que seuls les réseaux offrant de réels services dans un domaine particulier pourront continuer à se développer.

Les autres, généralistes et sans singularité, devront trouver un nouveau modèle pour «conserver» une certaine attractivité auprès des particuliers donc des annonceurs !

En ce qui concerne, les réseaux sociaux d’entreprise, leur avenir tient à moyen terme dans une intégration facile et harmonieuse dans la digital workplace (voir supra)

6. TV connectée ?

Il est clair que tout le monde y croit et je dois avouer que du point de vue de l’utilisateur (pardon téléspectateur),il s’agit d’une perspective alléchante!

Le poste de télévision a considérablement évolué en technologie et en look [ne serait-ce qu’en épaisseur ;-)] mais pas en ce qui concerne l’interactivité, ni le contenu.
Pourquoi, ce support hardware ne servirait-il pas à autre chose qu’à de la diffusion (push)?

Il y a trop d’intérêts en jeu et la maturité du public est maintenant suffisante en ce qui concerne la souscription de services en ligne pour qu’on ne considère pas la TV connectée comme une tendance pour 2012.

Gérer le débit

Gérer le débit

7. Analyse, valorisation et gouvernance de l’information

La gouvernance de l’information restera une tendance mais c’est surtout du fait de l’explosion des besoins en analyse de l’information et des données.
En 2012, les outils d’analyse des informations contenues dans les différents référentiels des entreprises ainsi que celles circulant sur les réseaux sociaux viendra s’ajouter à l’exploitation des données stockées par l’entreprise.

Les gains de productivité et de marge trouvent dans la finesse des analyses un nouvel élan tandis que les éditeurs améliorent très sensiblement leurs offres.

La gouvernance de l’information et des données viendra en appui pour autant qu’elle s’attache à des problématiques «business» (quels KPI ?) et non pas uniquement «légales» [c’est du records management dans ce cas] !

8. Management 2.0 

Il ne s’agit pas d’une révolution mais plutôt d’une lame de fond !

On est probablement encore loin d’être submergé mais 2012 porte les chances de voir un certain nombre d’entreprises mettre en oeuvre des pratiques managériales différents ne serait-ce que pour faire face à la crise, crise qui d’ailleurs sera une bonne excuse pour les autres de pratiquer un immobilisme dangereux.

Le «nouveau» management est basé sur une approche plus collaborative et il valorise le leadership et le rôle aux dépens de la fonction.
En 2012, ce sont les projets ou les démarches d’innovation, de renouveau des relations humaines dans l’entreprise qui seront à la source de l’évolution vers un « management nouvelle version » !

Et vous, quelles sont vos intuitions pour 2012 ?

L’entreprise de demain [#e20] – virtuelle, jusqu’où ?


J’ai eu l’occasion, il y a quelques mois, de relancer un débat sur le sujet de l’entreprise étendue et la pertinence des réseaux sociaux d’entreprise en support à l’animation de l’écosystème des organisations.

Les réflexions à propos de l’entreprise de demain sont quotidiennement alimentées par de nouvelles idées ou expériences partagées dans les conférences, dans les billets de nombreux bloggeurs, mais également dans les salles de réunion et bureaux.

La mutation de l’entreprise n’est pas tant une question de déploiement de « nouveaux » outils qu’une réelle volonté et une vision d’une organisation différente, plus « humaine », pour de meilleurs résultats commerciaux, financiers, mais également sociaux.
Cette évolution qui est conduite par le C-level s’incrit dans une réflexion bien plus large, riche et complète que la seule question de la place et de l’usage des plateformes collaboratives.

Cette réflexion passe par une « remise de pendules à l’heure » et notamment en ce qui concerne « le statut » du collaborateur.
Autrefois, et il n’y a pas si longtemps on lisait et entendait partout que pour l’entreprise ce qui comptait c’est  le client, le client et encore le client !
Avec et depuis le déploiement des médias sociaux, on s’est aperçu qu’une bonne, je veux dire « efficace », démarche commerciale passait probablement par une approche plus fine et que la satisfaction client, telle que définie jusqu’alors, ne suffisait pas !

La maillon fort de la relation client et c’est l’employé qui, tout d’un coup, se voit désigné comme « ambassadeur de la marque » et que sais-je encore.

Une « nouvelle relation » employé-employeur ?

Il est temps de stabiliser cette relation et de travailler sur des bases saines et loyales.
L’entreprise de demain est celle qui aura su mettre en oeuvre une nouvelle logique relationnelle avec ses employés : une logique de service.

Dans un tel cadre, l’employé est « considéré », au travers des différents rôles  qu’il peut avoir indépendamment de ses fonctions et titres, comme un « prestataire de services  » pour et par l’entreprise.
Dans une relation de ce type, basée sur des « contrats d’objectifs », l’entreprise doit donner, et par là même se donner les moyens de ses ambitions, en fournissant à l’employé une offre de services plus ou moins personnalisés, en tous les cas pertinente.
Cette approche est aujourd’hui servie par la réflexion et les premiers chantiers de refonte des « intranets » et de la définition de ce que pourrait être un nouvel espace de travail et de collaboration par ce qu’il est presque devenu commun d’appeler la « digital workplace » : un espace virtuel, riche, pertinent et disponible.

Cette relation d’un nouveau type est servie par de « nouveaux outils » et elle encourage ou accompagne, selon les cas, des nouveaux comportements : travail à distance, contrats d’objectifs, temps partagé et/ou aménagé, pratiques managériales plus transparentes, etc.

Elle ouvre également la voie à « virtualisation » de l’employé.

Virtualisation, jusqu’où ?

La question peut surprendre, mais les réponses qui lui seront apportées sont clefs pour les entreprises.
Dans une logique de services, comme dans toute relation, il est possible (prévu) de mettre fin aux relations existantes et de ce point de vue, rien ou presque (sauf le cadre contractuel et dans certains pays ce n’est pas rien) ne change.

Par contre, ce qui peut changer, c’est l’approche que l’entreprise peut avoir d’elle-même dans la gestion des « ressources humaines ».

Je m’explique : il y a quelques années, il n’était pas imaginable de penser à externaliser certaines « tâches » considérées comme clefs par l’entreprise et tenant à l’ informatique, aux relations humaines ou encore à la comptabilité par exemple.
Aujourd’hui, beaucoup de sociétés traitent ces besoins au travers de contrats de services avec des prestataires externes.
Pourquoi ne pas imaginer que l’externalisation puisse concerner d’autres secteurs, services, départements de l’entreprise : ventes, marketing par exemple ?

Jusqu’où l’entreprise de demain est-elle prête à aller en terme de « outsourcing » et de « virtualisation » des ressources qu’elle utilise ?

En quoi, la logique de services et les outils (digital workplace, cloud computing) ouvrent-ils la voie à une approche sociale différente du travail en y substituant une notion de prestation de services ?

Si certaines tâches font régulièrement l’objet de « re-insourcing » et que l’intrapreneurship ne fait pas l’objet d’une considération certaine, comment l’employé peut-il souscrire à une telle démarche et être certain de son caractère loyal ?

Quelques questions ouvertes à propos desquelles vous avez certainement un avis.

Merci de votre contribution.

English version available here > http://www.aiim.org/community/blogs/community/The-Enterprise-of-the-Future-e20-virtual-how-far

Changement : les leaders doivent résolument s’engager !


Dans le témoignage ci-après, Wendy Kopp, PDG et fondateur de Teach For America, estime que le changement est effectif dans les organisations quand les dirigeants engagent ces « évolutions » ou adaptations avec énergie et rigueur.

Comme dans tous les secteurs d’activité, les leaders en charge de la transformation dans l’éducation  sont « obsédés » par la constitution de systèmes et d’équipes solides, mais également par l’instauration d’une culture d’engagement à la recherche permanente d’amélioration de ces systèmes.

L’entreprise de demain a mal à son email !


On est presque dans le psychodrame, toutes les conditions sont réunies pour la première de « E-mail, je t’aime, moi non plus ! »

En début d’année, j’avais déjà publié un billet au sujet de l’email dans les environnements collaboratifs, sujet repris, développé par d’autres mais, en ce mois de novembre, le « bruit » est d’une toute autre ampleur : jugez-en vous même, Le Wall Street Journal publie en date du 28 novembre un billet sur Thierry Breton « The IT Boss Who Shuns Email« , tandis que Marc Zukerberg annonçait la mort de l’email, rien de moins !

Où est le problème ?

Au-delà des différentes interfaces utilisateurs, il faut bien reconnaître que l’email est devenu un outil incontournable dans la communication publique, privée, commerciale, amicale etc., et que cette utilisation massive ,voire systématique, est une des sources du nouveau mal « techno » : l’infobésité, sans compter les questions tenant à la gouvernance de l’information !
Au niveau de l »entreprise et de la mise en oeuvre de démarches plus collaboratives, il est probable que l’email, après avoir considérablement favorisé les échanges, est considéré par certains comme insatisfaisant, voire contre productif.
Il y a bien sur des inconvénients liés à l’usage que de l’email :  nombre de messages, pièces jointes illisibles ou trop lourdes, information non sollicitée, etc.., mais le principal défaut de cet outil tient à la non contextualisation des informations qu’il véhicule !

Le message électronique, quelques fois, c’est un peu comme une bouteille à la mer où l’exercice d’écriture éphémère fait par ce chinois à Pékin ! L’émetteur envoie (dégage?) et se rassure tandis que le récipiendaire fait un effort important pour comprendre le pourquoi, le comment et l’exploitation qu’il doit faire du contenu reçu et, dans ces cas, on est bien loin d’une quelconque pratique collaborative !

Le problème est bien que l’email est un média peu ou pas du tout collaboratif !

Mais, l’email a beaucoup d’atouts !

Et le premier, n’est pas le moindre, l’email est devenu  un média « universel », disponible et accessible rapidement sur tous les supports que nous utilisons.
Mais l’email représente également un moyen très souple pour communiquer : pas ou peu de contraintes dans le format, dans la structure, dans le contenu……, ce qui a largement contribué à son succès.
Contrairement aux solutions de discussions (chat), le courrier électronique permet de traiter l’information quand on le souhaite.
Si on le compare au « mur » des réseaux sociaux, le courrier électronique est incomparablement plus facile et surtout il est autonome et en rien dépendant d’outils tiers.

Que lui manque-t-il ?

Le courrier électronique doit évoluer pour être plus pertinent dans les pratiques collaboratives sans pour autant perdre ses qualités : facilité et souplesse d’utilisation.
Cette évolution (rien de nouveau du côté de l’email depuis au moins une dizaine d’année)  peut se faire par l’apport de la contextualisation des contenus portés dans ces messages.
On aime l’email, notamment dans ses fonctions de « push » d’information, on adorerait le courrier électronique dans un rôle de facilitateur de collaboration, c’est à dire TOUJOURS pertinent et facile !
On entend peu les éditeurs et autres fournisseurs de solutions sur le sujet, panne d’idées ou difficultés à changer de paradigme ?