Medias sociaux : quel besoin de gouvernance pour l’entreprise 2.0 ?


Nul n’est besoin d’en écrire des pages et des pages sur l’importance (en terme de contenus) des médias sociaux.

Actuellement, l’Entreprise 2.0 Summit se tient à Paris et vous pouvez suivre en « direct » les débats sur Twitter (#e20s).
Je vous conseille également le blog de @haikUsages sur lequel vous trouverez un compte-rendu de ces journées.

La question de la gouvernance est abordée, mais presque « par erreur« , comme si cette question dérangeait, que peu d’entre-nous sont confortables avec ce concept de gouvernance de l’information.

Bien sur, personne ne veut écarter la question, mais on préfère parler d’engagement, de confiance, de loyauté.

La gouvernance de l’information peut impliquer des contraintes dont certains pensent qu’elles nuisent à la qualité de l’expression, donc à l’apport des médias sociaux.

Tout est question d’équilibre et je reste convaincu qu’une stratégie de gouvernance de l’information ne peut que servir les objectifs et la mise en oeuvre  de l’entreprise de demain !

A votre avis ?

Pour alimenter votre réflexion, retrouvez ici le point de vue de Jesse Wilkins – Aiim.

Interopérabilité : clef de voûte de l’entreprise de demain ?


Il semble que la question mérite qu’on s’y arrête un peu.

Il y a les dernières annonces des « marchands », IBM à Lotusphere 2012 [voir les billets publiés par Bertrand Duperrin], mais également Alfresco et la mutation de son CMS en plateforme  » collaborative sociale » [HTML5, intégration bureautique MS Office, GoogleDocs, SaaS] et il y a surtout les questions liées au système d’information qui soutien l’entreprise de demain.

La semaine dernière, Lecko partageait sa vision de l’urbanisation du SI social et dessinait les 4 types d’approche (ou chemins de transformation) pour une « entreprise sociale » : stratégique, par l’outillage, métier ou individuelle.

Il y a quelques semaines, sur ce blog, on parlait déjà maturité et interopérabilité en ce qui les solutions de gestion de contenus et je pense qu’il devrait en être de même pour les solutions dites « sociales ».

Une cohérence nécessaire

Tout le bruit qui est fait autour de l’entreprise de demain (blogs, conférences, livres, interviews, etc.) contribue à mettre en exergue le besoin de cohérence : managériale, éditoriale, architecturale et système.

En effet, comment convaincre de l’intérêt, de la valeur ajoutée en pratique de la collaboration, si les solutions mises à disposition ne sont, elles, pas capables d’échanger en toute facilité et transparence les informations et les données nécessaires à la pertinence ou plus simplement à l’activité d’un espace social ?

Bien sur, il n’est pas facile d’identifier la solution idéale mais à regarder de près ce qu’on possède et utilise, il y a déjà quelques pistes qui peuvent se dessiner.
En dehors des questions fonctionnelles et des besoins des utilisateurs/contributeurs des espaces sociaux, il est une autre question préalable : ont-ils besoin d’informations référencées dans les systèmes en production.
La réponse est bien évidemment dépendante des projets et des organisations, mais il y a fort à parier qu’un jour ou l’autre, ce sera fatalement OUI !

Alors, il faut s’y préparer et identifier le niveau de maturité des applications existantes au regard de la question de l’interopérabilité et plus largement des standards (CMIS, JSR, Dublin Core, etc. ).

Si l’exigence « sociale » est portée par les utilisateurs (clients, partenaires, employés), elle doit pour réussir rapidement « faire corps » avec le reste de l’organisation et notamment les outils en place (ERP, CRM, applications métiers).
L’informatique de contribution ne remplace pas l’informatique de gestion, elle est là pour la « sublimer » en quelque sorte et permettre à l’entreprise d’exploiter des gisements de valeur ajoutée encore vierge !

C’est pourquoi, la cohérence, mais également le bon sens veut que les équipes informatiques, au même titre que les autres membres de l’écosystème, soient appelées à la fois à titre de contributeur mais également à titre de « constructeur » d’un système d’information au service de la valorisation de la « dimension sociale ».

Faire exploser les silos

Il est une autre dimension qui ne peut exister sans interopérabilité : la dimension transverse !

Passe encore d’expliquer aux collaborateurs que pour des raisons de sécurité, de système, d’accessibilité, d’organisation (non surtout pas d’organisation), certaines applications ne communiquent pas avec les outils, espaces ou médias sociaux, mais de là à prétendre qu’elles ne doivent pas le faire !

L’entreprise de demain, telle qu’imaginée et vantée par les nombreux « évangélistes » anglo-saxons ou francophones est une « émancipation » par rapport au modèle matriciel et néo tayloriste : elle s’épanouit dans des relations transverses et dans la valorisation du rôle, bien au-delà des fonctions et des métiers.

Au niveau SI, l’interopérabilité est le seul « pack fonctionnel« qui permet, :

  1. d’éviter la schizophrénie et le burn-out
  2. d’assurer la continuité dans la production (indispensable à l’entreprise)
  3. de favoriser l’utilisation des espaces sociaux
  4. de créer de la richesse
  5. d’harmoniser les ressources
  6. de mettre en oeuvre une stratégie de gouvernance
  7. d’économiser sur les coûts d’infrastructure (moindre duplication des données) et de faire face à Big data
  8. de déployer le modèle 2.0

Il s’agit donc bien de faire exploser les silos, pas les référentiels, ni les applications métiers : l’entreprise de demain passe par une meilleure utilisation/exploitation des informations dans TOUS les espaces et applications disponibles pour les membres de l’écosystème !

Etude annuelle Lecko [rse] : Vive l’intelligence collective !


J’ai suivi à distance la présentation du Tome 4 de l’étude annuelle consacrée aux réseaux sociaux d’entreprise réalisée par le cabinet Lecko et je souhaiterais revenir sur un point qui m’a étonné.

je n’a pas reçu l’étude et il se peut qu’une partie des réponses à mes questions s’y trouve, mais, je souhaiterais revenir ici sur la matrice des potentiels sociaux des différentes solutions étudiées par Lecko.

Je suis, je dois l’avouer, un peu mal à l’aise avec une matrice qui présente un potentiel (maturité au niveau du soutien à  l’intelligence collective) comme un critère différenciateur et le constat que toutes (ou presque) les solutions étudiées présentent un très bon ou excellent niveau de maturité sur ce point.

Je connais Lecko et la qualité de leur travail, leur rigueur, tout ce qui contribue à leur professionnalisme et je profite de ce billet pour en témoigner une fois de plus, mais, mais, mais ….

De deux choses l’une, soit le critère n’est pas pertinent et il faut en trouver un autre,

soit il y a manque d’explication, confusion ou incompréhension à propos de l’intelligence collective.

Selon Pierre Lévy :

L’intelligence collective est le projet d’une intelligence variée, partout distribuée, toujours valorisée et mise en synergie en temps réel….(Le Monde diplomatique – Octobre 1995)

Peux-t-on raisonnablement considérer que toutes (ou presque) ces solutions ont atteint un réel niveau de maturité fonctionnelle dans la distribution, la mise en synergie, le « real time » ?

Si oui, nous devons accepter de devoir considérer un autre critère (ou plusieurs) plus pertinents.

Si la réponse est « peut-être » ou « pas si simple« , il y a probablement matière à préciser où se trouve le curseur qui permet de juger de ce niveau de maturité et quelles sont les attentes légitimes en termes fonctionnels.

Il y a des pistes et celle de l‘interopérabilité est une dimension très intéressante surtout dans le contexte de cette étude focalisée sur l’urbanisation du SI social.

Je vous propose un exercice de « réflexion collective » : quels sont pour vous les critères pertinents au regard de l’intelligence collective ?

Richard Collin & Bertrand Duperrin parlent de l’Entreprise 2.0


Il n’y a pas qu’à Lausanne que l’Entreprise 2.0 fait débat 😉

Dialogue, gouvernance et business (Social) 2.0 : Qui a dit Digital Board ?


Pas vous !

Bon, pour tous ceux qui pensent techno, désolé mais vous trouverez plus d’infos sur le blog de Fred Cavazza  – ce qui ne vous empêche pas de lire ce qui suit,-)

Pour tous ceux qui découvrent, essayons de savoir à quoi peut ressembler ce «machin» !

Il y a @netjmc qui sur son blog pose cette définition :

 –  A Digital Board: strategic decision-making body for all digital channels: internal and external.

Il s’agit ici d’un point de vue opérationnel «classique» qui consiste à mettre en exergue les critères (ou les moyens) indispensables à la mise en oeuvre des espaces «sociaux» dans les organisations.

© Jane McConnell NetStrategy/JMC

Quelle peut-être l’étendue de la mission de ce «conseil» ?
Aujourd’hui, les limites ne sont pas précises et la mise en oeuvre de ce type de «conseil» n’est pas encore monnaie courante : seulement dans 17% des organisations participantes à l’enquête citée ci-dessus.
Pourtant, il est important d’associer le «business» et toute l’entreprise (C-Level, Middle management) dans un espace d’instruction et de diffusion au service d’une stratégie d’‘intégration des médias sociaux.
Mais, faut-il restreindre la participation au digital board à certains niveaux de responsabilité dans l’organisation ou bien faut-il privilégier la notion d’engagement ?
Si le digital board a pour principale mission de contribuer à la stratégie de gouvernance des espaces collaboratifs (structurés ou pas) et des contenus qui y sont partagés, n’est-ce-pas également une opportunité d’ouvrir – avec transparence – ces espaces aux contributions des employés de l’entreprise ?
Est-ce trop «idéaliste» d’imaginer le «digital board» comme une instance collaborative, transverse, ouverte et ainsi participante de la relation (qui a dit dialogue ?) sociale dans l’organisation ?

Il y a également le groupe LG qui sur son site web présente le Digital Board  :

 As an organization that represents both general and administrative workers, the Digital Board Council delivers employee opinions about working conditions and the work environment to management. (head office: quarterly/companywide: every six months)

Et enfin,  il y a Julien Cotteau qui la semaine dernière publiait un billet très intéressant à propos du Dialogue social 2.0 que je vous recommande et qui vient mettre en perspective l’entreprise de demain (une réflexion en profondeur plus qu’en complexité).

Gouvernance, dialogue social et médias sociaux au coeur de la valeur ajoutée d’un espace collaboratif ouvert, au service de l’écosystème, capable (en action et en légitimité) de décisions structurantes pour l’organisation, est-ce la définition du Digital Board ?

Peu importe, dirons certains d’entre-vous, et ils ont raison si les promesses que portent ce « machin » en terme de management sont réalistes et réalisées !

En opposition au COMEX (comité exécutif) qui reste un « organe » très conventionnel et peu (ou pas du tout) ouvert aux non-dirigeants, le « digital board » apparaît comme un « lieu » plus simple, plus humain dans lequel il est (sera?) possible de discuter et de décider (de proposer) des questions essentielles tenant au  quotidien et au futur de l’entreprise.

L’entreprise de demain implique une bonne dose d’imagination dans les moyens, mais également dans les instances, qui la gérent et l’animent tant au niveau « business » que des relations sociales.
Le digital board représente-t-il une « instance » à déployer ?, Avec quels contours opérationnels, A votre avis ?