Entreprise 2.0 cherche leader désespérément …


Il n’est plus une semaine sans nouvel article concernant l’entreprise 2.0, la collaboration, les réseaux sociaux d’entreprise, et je vous laisse découvrir ou redécouvrir ceux que j’ai lu récemment :
Ca n’est pas parce qu’on collabore mieux que l’entreprise y gagne… par Bertrand Duperrin, – Comment créer les conditions pour favoriser le travail collaboratif ? ou encore Curator, social business :le temps des experts n’est pas celui des entreprises sur le blog d’Anthony Poncier et l’excellent L’entreprise 2.0 : pour les organisations d’aujourd’hui ou de demain ? à lire sur le blog d’USEO.

Vous en trouverez beaucoup d’autres sur le web et les différentes mises en perspectives, selon les sites (RH, IT ou encore marketing), sont le plus souvent intéressantes, mais j’ai pourtant l’impression qu’on tourne autour du pot !

Sortir du post-taylorisme et de l’organisation scientifique du travail

L’entreprise est-elle à la croisée des chemins ?
Peu nous importe et les exégètes des théories de management sont là pour nous le dire, mais le modèle 2.0 ne peut se résumer à un modèle dans lequel la technologie 2.0 vient porter secours au post-taylorisme !
Il est encore trop tôt pour annoncer une sortie de ces types d’organisation tant décriés publiquement mais si souvent mis en pratique partout et pas uniquement dans les entreprises.

La collaboration, la responsabilisation, l’expression sont-elles inconciliables avec des objectifs de productivité et de croissance ?

Ras le bol des gestionnaires, besoin de leaders !

Non pas que je pense que les gestionnaires sont inutiles, mais l’entreprise 2.0 a besoin de leaders, de visionnaires pragmatiques et aventuriers.
Les réseaux sociaux permettent à tout à chacun d’exprimer son avis, de partager, donc d’exercer son leadership dans un domaine, sur un sujet ou un projet.

Nous sommes peu nombreux (+- 1%) à profiter de cette opportunité, mais on ne peut nier son accessibilité quasi universelle !

Pour l’entreprise, le défi est du même type : réussir à faire émerger le ou les leaders qui construiront son avenir.

Qui peut réussir la mutation 2.0 ?

On connaît tous des patrons géniaux qui vous donnent ENVIE !
On a tous également connu ou côtoyé des dirigeants aimables (quelquefois), distants, imbus, mais surtout incapables d’articuler une vision, bref des OMBRES !
Dans ce cas, ce sont souvent les gestionnaires (sous contrôle du conseil d’administration) qui supervisent le fonctionnement de l’entreprise à partir du fameux cockpit (traduisez monstruosité de tableaux dynamiques généralement crées avec MS Excel).

Ces profils sont utiles à l’entreprise, mais ils ne peuvent combler l’absence de leader.
A l’instar de ce qui se passe dans les entreprises plus petites ou artisanales où les relations sont plus faciles (proximité) et souvent plus directes, le leadership est primordial.

La mutation des entreprises ne peut se faire sans conduite de changement bien sur, mais elle doit être portée par un ou plusieurs leaders afin de trouver les relais internes nécessaires à son succès.

Ne soyons pas naïfs, dans l’entreprise il en est comme dans la vie quotidienne : peu de collaborateurs souhaitent s’engager a priori.
Il seront d’autant plus nombreux à le faire si un véritable élan est donné par les PATRONS dans un esprit de collaboration et de reconnaissance au service d’une STRATEGIE d’entreprise.

Sans renforcement du sentiment d’appartenance, il n’ y a pas de loyauté et la mutation sera très difficile, donc les succès très incertains.

Réseaux sociaux d’entreprise, gestion de contenu, gouvernance et records management


Le déploiement des réseaux sociaux d’entreprise n’est pas un phénomène neutre du point de vue de la gestion de contenu (ECM), ni de l’archivage et/ou du « records management ».

S’il est de la responsabilité du management de décider des opportunités d’utilisation des RSE, il est patent que leur mise en production ne peut se faire sans l’appui et l’implication des équipes techniques mais également des responsables de la gestion de contenus et des archivistes.

Le contenu généré, partagé et utilisé dans les réseaux sociaux d’entreprise est éligible au programme de gouvernance de l’information.

Depuis quand sur les réseaux sociaux ? - Etude Equaero

Ainsi selon une étude réalisée fin 2010 par Isabelle Oudot-Klein, directrice du développement d’Equaero, étude dont les résultats sont disponibles en ligne, les entreprises viennent de se lancer sur les réseaux sociaux avec pour « premier objectif » la qualité de leur image.
En ce qui concerne l’image et la préoccupation, l’investissement dans les médias sociaux procède souvent d’un constat comme le souligne Isabelle Oudot-Klein : « Les entreprises ont remarqué que leurs clients sont déjà actifs sur Internet et parlent d’elles sans hésiter en bien ou en mal. Elles se sentent par conséquent obligées d’entrer à leur tour dans la conversation pour ne pas perdre la maîtrise de leur réputation ».

La maîtrise de la réputation est évidemment très importante et elle passe également par l’évaluation et le contrôle des informations et des contenus échangés et publiés.

Le réseau social d’entreprise participe à la croissance des volumes de contenus et il doit s’inscrire dans la politique au service de la gouvernance de l’information.

Nous avons déjà eu l’occasion sur ce blog de débattre de l’intérêt des RSE en matière de gouvernance de l’information, mais également de présenter le point de vue de professionnels quant à l’avenir des archivistes (records managers) au service des projets de gestion de contenus.

L’ECM ou Enterprise Content Management, a souvent été le type de projet géré par les équipes informatiques où il est question de mettre en production des  technologies et des outils utilisés pour capturer, gérer, stocker, préserver et restituer les contenus qu’ils soient structurés ou non structurés.
L’ECM met l’accent sur trois défis:

  • Automatiser les processus de conformité tout en améliorant l’efficacité du personnel, grâce à la collaboration, la communication et le partage de l’information.
  • Transformer les processus d’affaires grâce à l’intégration des contenus et à l’automatisation des processus.
  • Optimiser l’infrastructure de gestion des contenus et la conformité grâce à la capture, l’archivage, la conservation, la recherche et la restitution des documents et des informations.

De toute évidence, vu les aspects techniques et architecturaux de la mise en production des référentiels, les équipes informatiques devraient être leaders de ces projets, or il semble que souvent il n’en n’est rien, car ils ne peuvent à eux seuls justifier de l’intérêt (ROI) des ces programmes !
C’est ici que le record manager ou archiviste peut intervenir et devenir un soutien déterminant aux projets ECM.


Le records manager peut « vous sauver la mise »

 

Les records manager sous pression

L’élément clé de toute mise en oeuvre d’un projet ECM est de savoir comment il se rapporte aux questions de conformité, à la gestion des risques, et aux besoins d’e-discovery.
Le fait que l’informatique peut réduire les redondances de données et rationaliser le stockage des documents et de sauvegarde est secondaire.

La réussite de tout programme de gestion de contenu s’articule autour de la mise en œuvre de règles de conservation des documents et des capacités de contrôle des différents types de contenu (messages électroniques [email ou IM], documents, contenus réseaux sociaux et espaces collaboratifs internes,contenu web,  bases de données, ou les lecteurs externes, pour n’en nommer que quelques-uns).

Le records manager peut devenir un allié dans le déploiement des réseaux sociaux d’entreprise car lui seul permet, aujourd’hui, de les inscrire définitivement dans le périmètre des applications (d’infrastructure?) qui participe activement aux programmes de gouvernance de l’information et servent ainsi les besoins de conformité de l’entreprise.


tibrr, LA solution pour l’entreprise 2.0 ?


Récemment, TIBCO a procédé à San Francisco au lancement de tibbr (Londres, Paris vont suivre en février) et ainsi confirmé son arrivée dans le monde des réseaux sociaux d’entreprise.

D’après les premiers retours (notamment de Dennis Howlett sur son blog), il semble que tibrr pourrait représenter la manière dont beaucoup ont envisagé l’Entreprise 2.0.

Dennis y trouvé dans tibrr un outil ouvrant la possibilité de faire ce que nous demandons à l’Entreprise 2.0.
En effet, tibrr semble se distinguer par une capacité à « fédérer » intelligemment les personnes, les processus et le contexte (données et contenus) en fournissant l’information de la façon dont les gens souhaitent la consommer.

TIBCO est un fournisseur de solutions d’intégration des données et de modélisation des processus depuis 25 ans.
La base installée de TIBCO comprend beaucoup de grandes entreprises, des organisations où il y a une nécessité d’intégrer en temps réel, et entre applications et systèmes disparates, les données.
Au bénéfice de cette expérience, TIBCO sait comment organiser et mettre à disposition, à l’échelle de l’organisation, les données en temps réel.

Quoi de neuf avec tibrr ?

Dennis met en exergue plusieurs points :

  • Tout d’abord, l’interface qui paraîtra déjà familière aux utilisateurs de Facebook avec la présence de nombreux onglets pour les événements et les personnes, mais bien plus important encore, elle se « nourrit »et procède à des échanges de flux de données en provenance d’applications métiers comme Salesforce.com, Oracle ou encore SAP.
  • Les processus métiers peuvent déclencher des événements qui apparaissent sous forme d’actions dans tibbr. Ainsi, par exemple, il pourrait s’agir d’évaluation des risques financiers dans un workflow où différentes personnes doivent être impliquées à différents points du processus.
  • Les utilisateurs peuvent choisir de s’abonner à des événements et de suivre des personnes qui représentent un intérêt pour eux et ils peuvent interagir au sein de l’environnement tibbr.

tibrr pourrait également représenter une alternative à l’email selon Ram Menon, directeur marketing chez TIBCO .

tibbr est capable d’ingérer des flux de données en provenance de n’importe quelle application, y compris Facebook, Twitter, LinkedIn et les flux RSS tout en permettant d’opter pour certaines communications qui restent privées alors que d’autres seront publiques.
tibbr supporte le protocole LDAP et peut être livré sous forme d’appliance ou en SaaS.
tibbr dispose d’outils d’audit et de fonctionnalités d’archivage et il peut être intégré avec les outils de gestion disponibles dans les solutions TIBCO en production.

TIBCO affirme vouloir vendre cette solution à de très grandes entreprises.
« Quatre semaines après le lancement d’un calme, nous avons 41.000 utilisateurs actifs », expliquait Ram Menon.

tibrr dispose d’atouts en terme de fonctionnalité et il pourrait séduire les directions informatiques car il est indépendant des applications et des systèmes en production.
Il semble facile à déployer et est annoncé comme s’intégrant facilement dans les organisations IT des plus grandes entreprises.

A suivre ………..

Entreprise 2.0 – étendue, jusqu’où ?


La semaine dernière, le SAWI présentait son projet de réseau social d’entreprise basé sur la mise en production de blueKiwi.
Au delà de l’intérêt des présentations et des échanges entre les nombreux participants, les équipes du SAWI et Damien Douani, il est apparu que, pour beaucoup d’entre-nous, les frontières du réseau social n’étaient pas explicites dans le monde de l’entreprise, et si l’entreprise 2.0 continue sur la voie de l’entreprise étendue, jusqu’où peut-elle ou doit-elle aller ?

Récemment Anthony Poncier publiait sur son blog une note dans laquelle il « remettait les pendules à l’heure » en rappelant que Curator, social business : le temps des experts n’est pas celui des entreprises.

Entreprise étendueAu delà de la pertinence de l’analyse, il convient de reconnaître que la réalité est souvent différente et que les projets avancent moins vite que les publications sur le sujet.

J’ai déjà eu l’occasion d’évoquer sur ce blog quelques difficultés intrinséques au modèle 2.0 : questions de ownership, de leadership, de technologies, d’organisation en silo, de stratégie, etc.

Les limites « naturelles » du réseau social d’entreprise

Pour être efficace, tout réseau doit servir une stratégie claire dans un périmètre précis.
réseau social d'entrepriseLe réseau social d’entreprise n’est pas qu’une une solution, c’est également un outil qu’il convient de mettre en oeuvre avec professionnalisme.
Au coeur de l’écosystème (collaborateurs et partenaires) de l’entreprise, le réseau social d’entreprise peut faciliter et fluidifier une communication pertinente et efficace.
Alliés, voir unis, derrière la bannière de l’entreprise, les collaborateurs (du moins ceux qui sont prêts à s’engager [voir le dernier bulletin de Bertrand Duperrin sur ce sujet], les distributeurs, voire dans certains cas les fournisseurs, partagerons ainsi en confiance et plus rapidement les informations dont ils ont besoin pour faire avancer les projets sur lesquels ils travaillent en commun.

Et les clients ?

La frontière interne/externe est de plus en plus mouvante …… dans le discours.
Dans la réalité, il me semble que cette frontière n’a pas beaucoup bougé et que si les (certains types) clients participent de l’écosystème de l’entreprise, leur rôle et les motivations de cette appartenance sont fondamentalement différents que pour les autres acteurs déjà mentionnés.

clients engagésL’engagement du client est motivé par son envie de « faire pression » sur l’entreprise pour qu’elle délivre les produits et les services dont il a besoin/envie.
Il s’agit souvent, en dehors des groupes de pression ou lobbys, d’une démarche individuelle et insconstante.
Le client ne s’inscrit que rarement dans une démarche constructive du point de vue de l’entreprise mais pour autant cette dernière ne peut nier son avis, son implication, ses messages.

C’est pourquoi, il me semble que le réseau social d’entreprise ne doit pas s’ouvrir aux clients.
Il y a de nombreux espaces ouverts pour le grand public et l’entreprise doit aller à leur rencontre dans ces espaces : YouTube, Facebook, etc.

Le réseau social d’entreprise est un outil « fragile » qui a besoin d’une gestion souple, d’un déploiement mesuré et accompagné et d’une animation permanente.

Il doit être réservé dans un premier temps à la création de nouveaux espaces « internes » profitables à l’entreprise.

Rappelons nous que « qui trop embrasse mal étreint » et qu’il pourrait en être de même pour des solutions de réseaux sociaux d’entreprises dont la mise en oeuvre en « réponse universelle » ne peut que créer confusion et finalement conduire à l’échec !

Entreprise 2.0, réseaux sociaux et information stewardship


La fin du modèle vertical et l’apparition de nombreuses passerelles dans la collecte, la diffusion, donc la gestion de l’information, suscitent de nombreuses questions dont celles de l’ownership.

L’organisation en « silos » permettaient d’établir facilement la cartographie de la responsabilité de la gestion l’information.
Généralement centralisée au niveau des équipes informatiques, la mise en oeuvre et la maintenance des référentiels, opérations essentiellement techniques, garantissaient la disponibilité des contenus nécessaires.

Mais avec des schémas opérationnels tels que celui qui figure ci-dessous, il est clair que les responsables IT ne représentent plus qu’une portion de l’autorité quant à la gestion des actifs informationnels.

Social networking

Social Networking Concepts Networking · Contributions · Participation Diagram Credit Denovaco

La question est donc bien se savoir qui aujourd’hui est porteur de l’autorité quant à cette manne de données et de contenus.

Les contributeurs sont légions et de nouveaux profils apparaissent : community manager ou encore le « curator » dont Bertrand Duperrin parle en ces termes : en quelques semaines un nouveau concept a fait irruption sur la toile : le curator, qui peut être défini comme un filtre et un diffuseur d’information de qualité et ciblées.

Ces nouveaux rôles sont des réponses opérationnelles au besoin d’organisation, de contrôle, d’évaluation, de diffusion et de rétention des actifs informationnels, mais ils portent pas pour autant l’entière responsabilité des contenus !

Pour autant, l’entreprise 2.0 doit trouver une réponse à cette question faute de quoi elle serait incapable de mettre en oeuvre les espaces de confiance nécessaire à son épanouissement tant en interne (équipes techniques, métiers et dirigeants) que dans son propre écosystème : clients, partenaires, fournisseurs etc.

Il s’agit probablement d’un nouveau rôle qui tient à la fois du record manager et du responsable de contenu tout en ayant une forte « connivence » avec les métiers mais également l’IT sans lesquels le modèle 2.0 ne peut exister !

3 facettes de l'information stewardship

3 facettes de l'information stewardship : Utilité - Sécurité - Confiance

Ce rôle, dont la mission pour certain tient de la mise en oeuvre d’une véritable programme d’information stewardship est essentiel.

Aujourd’hui, il peut difficilement être rempli par une seule et même personne mais il représente une forte opportunité d’évolution pour des collaborateurs actifs dans le « record management » et/ou « l’entreprise content management » aux côtés des métiers.

Le programme est de la responsabilité d’une équipe et le leader de ce comité sera de fait le responsable de la bonne exécution de ces programmes.

L’entreprise évolue et doit faire face à de nouveaux défis, notamment dans la gestion des informations et des contenus du fait de son ouverture et de son exposition sur les réseaux sociaux mais également à cause de la volumétrie sans cesse croissante qu’elle doit gérer et des contraintes légales qui sont de plus en plus importantes.

L’information stewarship est un des programmes fédérateurs de l’entreprise 2.0, transversal, au travers duquel l’IT, les métiers, le juridique et les dirigeants vont décider de la valorisation des actifs informationnels.