Quelle idéologie derrière le social business ?


La question peut vous sembler bizarre, déplacée, voire grotesque !
Mais, elle vaut, à mon avis, d’être débattue.

En effet, depuis quelques années nous sommes plusieurs ici et là (principalement dans les économies dites développées ou en bonne voie de l’être) à discuter, tenter de comprendre, voir promouvoir le « social business » !

Mais sommes-tous sur la « même longueur d’onde »? Parlons-nous de la même chose?

Pas si sur !

Et c’est bien pour cela que je pose la question de l’idéologie !
Si on en croit Wikipédia :

Une idéologie est un système prédéfini d’idées, appelées aussi catégories, à partir desquelles la réalité est analysée, par opposition à une connaissance intuitive de la réalité sensible perçue. Une idéologie est souvent la dimension culturelle d’une institution sociale ou d’un système de pouvoir. Une idéologie est typiquement imposée d’autorité, par un endoctrinement (enseignement) ou de façon imperceptible dans la vie courante (famille, media). Une idéologie dominante est diffuse et omniprésente, mais généralement invisible pour celui qui la partage du fait même qu’elle fonde la façon de voir le monde.

Et si le forcing fait par les éditeurs n’était, au-delà d’une tentative de rafraîchir le marketing des solutions collaboratives, qu’une illustration de l’idéologie dominante qui promeut le partage  et l’intelligence collective ?

fuite-d-ideologie-3En fait, une des caractéristiques intrinsèques de l’idéologie c’est qu’il n’est nul besoin de mesure dans les faits !
Et de ce point de vue, il y a des idéologues du social business partout, chez les éditeurs, les consultants, les chefs de projets et même les utilisateurs.

Si le « social business » ne bénéficie pas des supports escomptés ou mérités, c’est peut-être parce que ces initiatives sont lancées comme des « évidences » (idéologie) et qu’il est difficile d’en percevoir les bénéfices probables.

L’idéologie « social business » n’a pas besoin de stratégie d’influence et c’est probablement pourquoi elle semble échouer dans la plupart des cas.
A l’image de ce qui se passe au quotidien dans les (nos) réseaux, l’efficacité passe par une approche pragmatique (pas dogmatique) et simple (pas guidée par le technique).

Notre vision de l’entreprise de demain et de sa légitimité pour les différents acteurs (clients, partenaires, employés) passe par une évolution vers des processus plus ou moins décentralisés quand ils sont efficients ou encore plus diffus selon les objectifs à atteindre.

La difficulté intrinsèque à la mise en oeuvre de ce type de stratégies tient au fait qu’elle est en complète rupture avec l’idéologie de l’entreprise !

Qu’il y ait ou pas une idéologie « social business » est une question à ne pas sous estimer d’autant plus que si elle existe, elle se trouve en opposition avec les idéologies dominantes pour ce qui est des entreprises en général et du management en particulier.

Reste à tous ceux dont l’esprit est guidé par l’efficacité, la pertinence et non les querelles de chapelle à privilégier l’agnosticisme, mais pour le faire faut-il encore être objectif et avisé !

Selon vous ?

Transformation digitale de l’entreprise, si on parlait stratégie d’influence ?


Au coeur de la réussite des étapes constitutives de la transformation numérique il y a la communication autour des objectifs et de la mise en oeuvre des moyens qui la supportent.

Dans le « monde analogique » des entreprises, le quotidien était animé de nouvelles applications dont la mise en production consacrait la réussite.
Focalisée sur les outils, plus que sur la manière dont ils produisaient (ou pas) des résultats réellement pertinents, l’entreprise imposait son cadre de travail, ses applications et ses procédures !
A chaque changement de management, on pouvait constater les mêmes remises en cause de procédures et de logiciels, les mêmes querelles de chapelles, pour asseoir son autorité sans pour autant le plus souvent influer ni sur la stratégie, ni sur les résultats.

L’entreprise d’hier était en réalité un « champ de bataille » dans lequel certains arrivaient à se dégager de ces sempiternelles luttes intestines pour s’engager dans un autre combat, au service de la survie économique de l’organisation.

L’entreprise de demain se construit autour des réseaux, en continuité temporelle et pour cela elle a besoin de consensus quant aux objectifs et à la stratégie  !
value-proposition-signQuand j’écris consensus, je ne me réfère pas à un accord à minima, mais bien à une réelle convergence autour d’une proposition de valeur !

S’il n’y a pas de divergences importantes quant à la nécessité de ce consensus, ce n’est pas pour autant que la transformation de l’entreprise se fasse au meilleur rythme.

En effet, derrière les bonnes intentions et les premières étapes de projets structurants de l’entreprise de demain que sont notamment les « digital workplace » – mais aussi les espaces collaboratifs ou encore le support à l’innovation ou la réflexion sur le modèle d’affaires et notamment la relation client – se cachent trop souvent des hésitations et des incohérences décisionnelles qui créent les conditions de leurs échecs.

On sait que la plupart des managers n’ont pas ou peu de maturité numérique et que la plupart des projets sont toujours à l’initiative d’équipes de communication (interne) avec le support des équipes informatiques.
En 2013, selon une étude réalisée et publiée par Cap Gemini Consulting et MIT Sloan Management Review :

  • Mobiliser l’ensemble des collaborateurs est un facteur clé de réussite. La concurrence avec les autres priorités au sein de l’entreprise et le manque de compétences dans le domaine du digital sont cités comme les deux principaux obstacles à l’exécution d’un programme de transformation digitale.
  • L’implication des dirigeants dans les projets de transformation digitale est une nécessité. Le premier obstacle à la transformation de l’entreprise que citent les sondés est l’absence de « situations d’urgence ». En outre, seulement 36 % des dirigeants ont présenté une stratégie de transformation digitale à leurs employés ; mais lorsqu’ils l’ont fait, 93 % des collaborateurs se sont mobilisés à leurs côtés.
  • Il est nécessaire de prouver la nécessité de la transformation digitale, or seulement la moitié des entreprises effectuent des analyses de rentabilité des investissements numériques.
  • La mise en place d’une gouvernance appropriée est indispensable pour piloter les initiatives. Cependant, 40 % des entreprises sondées ne disposent pas de processus de gouvernance adéquats en matière de transformation digitale et 26 % seulement s’appuient sur des indicateurs de performance pour suivre l’avancement de cette transformation.

notdigital En 2015, la situation a peu évolué et les obstacles sont très probablement les mêmes.

Hormis le ridicule et stupide « pas le temps » (comment ne peux t-on pas avoir le temps de travailler à la pérennité de l’entreprise qu’on dirige ?), le manque de familiarité avec ce qui se cache derrière la réalité du monde virtuel est une réelle source de blocage et d’échec des initiatives !

Les points de blocage peuvent être nombreux et les porteurs de projets ont tout intérêt à considérer avec soin le travail de marketing et de communication qu’ils auront à mettre en oeuvre pour espérer arriver à leurs fins.

La principale raison de la lenteur de la transformation tient, selon une étude relayée ici, à l’incapacité à prendre une décision lorsqu’il faut vraiment se lancer [80% des échecs].
Et le plus souvent, c’est l’absence de budget qui renvoie les projets aux « oubliettes » des idées vertueuses !

Pour assurer les budgets et les ressources dont vous avez besoin, vous devez convaincre de la valeur de vos projets !
C level, métiers et autre sponsors sont derrière vous à condition que vous puissiez mettre en exergue les atouts et l’indéniable valeur (je ne parle pas de ROI) que votre initiative (intranet 2.0, digital workplace, espaces collaboratifs par exemple) peut apporter au niveau des pratiques donc in fine d’une meilleure agilité et performance de l’entreprise.

Comment faire ? Quelle stratégie mettre en oeuvre ? Quels moyens sont-ils nécessaires ?

amplify-content-3Le recrutement de « sponsors » côté métiers est la première étape indispensable d’une stratégie d’influence pour ce type de projet, car c’est souvent de ce côté que l’expression de la valeur est la plus explicite et parfois la plus facilement mesurable.
N’oubliez pas les fonctions « transverses » qui peuvent représenter des appuis utiles et pour qui la valeur de ces initiatives est réelle même si parfois le manque de maturité numérique de certaines équipes les cantonnent dans une approche « trop classique » de leur mission au service de l’entreprise.

C’est avec ce noyau restaient que vous allez discuter, partager, collaborer et agir en tant que REVELATEUR pour pouvoir formuler les propositions de valeur que vous scénariserez ensuite pour mieux les communiquer.

En effet, il vous faudra communiquer en interne auprès de vos sponsors (en premier lieu) et au delà pour profiter au mieux de la viralité au sein de différentes sphères d’influence et pouvoir espérer asseoir les premières étapes de déploiement de votre projet.

Quel leadership êtes-vous en mesure de favoriser pour vous aider dans cette démarche ?

Quel « communicant » êtes-vous pour prétendre recevoir les budgets dont vous avez besoin ?  Quelle est la dimension « marketing » de votre équipe ? Avez-vous besoin d’aide ?

Tranformation digitale, social business, un consternant manque d’ambition !


« Le numérique déshumanise de plus en plus le client tandis qu’il transforme le vendeur en robot » tel est le triste constat que nous sommes de plus en plus nombreux à faire au quotidien de notre expérience client !

Pourtant, la technologie permet de réinventer cette expérience en la rendant encore plus riche, plus intense voire pleine de  sens.

Faire naître une relation à partir d’une rencontre est plus que jamais au coeur du business model des entreprises qui seront demain au rendez-vous du succès qu’elles méritent.

Et de ce côté, il y a encore beaucoup de chemin à parcourir avant d’assister à une quelconque transcendance du mur numérique !

Globalement, les entreprises du monde francophone (pas seulement) font montre d’un consternant manque d’ambition dans leur stratégie digitale et l’étude publiée ces derniers jours (reprise plus bas dans ce billet) par Kiebaum France à propos de la C-suite et des challenges du numérique est très intéressante à cet égard !

Les 110 dirigeants (dont 20% de femmes) d’une moyenne d’âge de 42 ans ont accepté de préciser leur vision des enjeux du numérique.
Pour eux les principaux enjeux sont l’innovation, la relation client et la transformation numérique de l’organisation !

Pas de doute, on est bien au coeur du sujet !

subjets at a stakeEt il nous précisent que cette transformation digitale est principalement concentrée autour de quatre axes qui regroupent des thèmes allant de la « modélisation de leur environnement » à l’usage massive de supports connectés en passant par le « big data » et le « social business« .
Rien de très original à ce stade, tout juste de quoi avoir la moyenne à un oral d’examen d’une école de commerce !

digital urgency according to c suite

Mais au delà de ces premiers enseignements, il est intéressant de s’arrêter, enter autres points que vous pouvez découvrir en parcourant le document ci-après, la vision que ces dirigeants ont du profil, d la personnalité et des qualités qu’il faut aux membres de la C suite pour conduire à bien cette évolution.

Et là pas de doute, un GUIDE est nécessaire

c LEVELS SKILLS Et dans le détail, on est presque dans « le monde des bisounours » comme dirait Anthony Poncier !

20 kills 4 a CEO

Rien ou si peu à voir avec la réalité !

C’est un peu comme dans les tests des magazines masculins ou féminins sauf qu’ici personne ne prétend avoir ses qualités, mais tous (ou presque) sont d’accord sur au moins quatre dont le charisme, l’humilité, l’audace, le courage et la qualité de visionnaire !

Je vous passe les 10 profils les plus « attendus » pour challenger l’évolution digitale de l’entreprise pour partager avec vous des citations extraites de discussions à propos du digital et de l’entreprise avec certains participants, citations reprises dans le document en respectant la volonté d’anonymat des pénalités :

citations 2

encore un peu :

cittaions 1

Et celle-ci que j’aime beaucoup :

Le type d’organisation et de leadership nécessaires dépendent du moment 

La bonne excuse pour ne rien faire ?

Malheureusement, cette étude n’est guère rassurante et ne propose, à défaut d’une mise en perspective intéressante, que des poncifs de la gestion du changement émis par des membres d’une C suite qui ne comprend pas bien le contexte dans lequel ils doivent conduire une entreprise et les conséquences qu’ils doivent être en charge  d’anticiper, à moins qu’ils ne s’en moquent ou qu’ils en aient peur !

Et fort heureusement, il y a des exceptions et la dernière interview de Jean-Dominique Sénard (Président Michelin) est très intéressante de ce point de vue notamment quant à la question  – Quand avez-vous pris conscience de l’enjeu majeur que représentait le numérique ? – il répond entre autre :

…… Ils nous ont tous expliqué qu’ils vivaient et conduisaient leur entreprise avec l’idée que celle-ci pouvait changer de métier dans les dix-huit mois. J’ai alors compris ce que nous devions faire pour être dans la vague qui porte le monde.

Ce n’est pas la seule mais on se réjouit de voir des grandes, des moyennes et des plus petites entreprises se remettre en cause pour continuer à faire la course en tête et combattre, avec les atouts qui sont les leurs, les armées barbares des startups prêtes à découdre avec l’organisation traditionnelle de production, de mise à disposition et de promotion de leur proposition de valeur vis à vis des clients !

Selon vous ?

[Formation] Qu’est ce qui dérange tant dans le numérique ?


Depuis plusieurs années, je reçois des demandes plus ou moins précises à propos de la « réalité »du monde numérique, de sa consistence, des enjeux et des risques d’une présence active ainsi que des considérations au service d’une stratégie pertinente.

Jusqu’alors, je profitais d’une séance pour en parler librement ou je renvoyais vers des blogs (le mien et d’autres cités régulièrement ici) ou vers des offres de formation aux outils issus du web 2.0 !

Les retours que certains d’entre-vous ont partagé avec nous montrent bien à quel point la plupart de ces formations est le plus souvent source de frustration car, outre elle fait qu’elles ne sont souvent que des opportunités de revenus pour des « experts » auto proclamés, elles n’expliquent et ne contextualisent jamais ni les outils, ni les usages, ni les pratiques dans l’univers numérique.

Comment mettre en place des stratégies qui font sens dans un monde que vous ne connaissez pas ou si peu ?

Avec Constance Rivier, nous vous proposons de mieux découvrir le monde numérique à l’occasion d’un Atelier – Master Class le 22 avril à Morges.

Nous souhaitons qu’à l’issue de cette journée, vous soyez plus à l’aise pour évoluer dans ce monde que nous créons tous et qui est source de tant d’opportunités mais également porteurs de nombreux risques.

Forts d’une meilleure compréhension du monde numérique, vous saurez trouvé, par vous-mêmes ou à l’occasion de formations spécifiques, la dextérité nécessaire pour utiliser au mieux de voter stratégie les nombreux outils disponibles.

La journée, dont le programme et les objectifs sont détaillés ci-dessous est organisée pour travailler en groupe de six personnes autour des questions qui sont les vôtres et, qui sait, des projets que vous souhaiteriez partager.

Il ne sera pas délivré de recettes, mais une information claire, adaptée et illustrée, pour un meilleur savoir être et savoir faire dans l’univers « digital » qui dérange tant, souvent faute de bien le connaître.

Open mind, Open data, Open innovation, mais pas Open space !


Depuis quelques années déjà, la tendance « open » n’est plus une option tant elle semble largement liée à l’évolution numérique et aux besoins d’analyse et de transparence qu’elle impose dans tous les domaines de notre quotidien professionnel et personnel.

rub_13511Pourtant, il est un domaine dans lequel la remise en cause de « l’open » est récurrente notamment aux US, c’est celui de l’espace de travail partagé à plusieurs, des centaines voir parfois des milliers de collaborateurs.

En Europe, la remise en cause est moins virulente probablement parce que cette organisation du lieu de travail est moins répandue (dans ses excès) qu’aux USA.

A priori, l’idée de « l’open space » largement inspirée des espaces de production industrielle est sympathique car elle paraît répondre à un besoin de valorisation des échanges et favoriser ainsi la productivité.

Capture d’écran 2015-03-03 à 10.17.39Apparemment et pour la plupart d’entre-nous, il n’en est rien et j’ai été surpris de constater à quel point la question de l’organisation de espaces de travail continuait à nourrir les débats !

Le billet publié dans le Washington Post est révélateur de la vivacité des critiques de ce modèle d’organisation.
A l’heure où « gourous », consultants et autres « coachs » n’ont pas d’autres mots dans la bouche que partage, collaboration et valorisation des relations sociales, il semble que le bureau IRL tel qu’imaginé par les entreprises – pour des raisons de coûts et de contrôle des employés – provoque l’inverse et nuise largement à la productivité.

Début 2013, j’avais publié un rapide billet reprenant le document produit par PSFK sur le futur du travail, document qui inclue des scénarios quant à l’évolution de la place de travail.

En fait, la productivité n’est plus à aller chercher dans les « espaces ouverts » ou sont rassemblés les collaborateurs, mais dans les flux et les interactions que ces collaborateurs créent et exploitent au quotidien.

Les entreprises qui l’ont compris commencent à mettre en oeuvre – avec pragmatisme –  une valorisation de la pratique du télé travail, mais également du « nomadisme » et du partage de lieu au regard des projets, des flux et des besoins plutôt que des seuls impératifs de présence sur le lieu de travail.

La collaboration et le partage sont bien mieux valorisés par les nombreux outils et solutions à disposition de tout à chacun et l’entreprise peut gagner en productivité – également en économie de loyer – en proposant à ses employés (ceux qui le souhaitent ou qui sont capables d’y trouver un cadre épanouissant) des solutions souples de travail à distance.

En fait, à l’heure où il est profitable tant d’un point de vue économique, politique et social de jouer la carte de la transparence et de l’ouverture, il est presque paradoxal de constater que l’espace de travail doit, probablement, être plus « privatisé » – géré différemment, avec finesse – pour accompagner cette évolution et contribuer à produire les résultats escomptés.