[Entreprise & Numérique]Mobilité : une approche encore très statique !


Trop ou pas assez mobile ?

En fait, la plupart des entreprises s’en moquent car elles n’ont pas encore intégré la mobilité comme un facteur de « mieux travailler ».

Aujourd’hui, pour beaucoup la mobilité se résume ou s’entend par accepter un poste à quelques dizaines ou centaines de kilomètres de son lieu de travail selon la demande de l’entreprise (cf. clause de mobilité).

Ce n’est pas l’objet de ce billet par lequel je souhaiterais, à l’instar des réflexions précédentes à propos de l’accompagnement au changement ou encore des pratiques de collaboration), mieux comprendre pourquoi ce qui bloque ou interdit des pratiques qui tiennent le plus souvent du bon sens.

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Bien que tous les collaborateurs ne sont pas égaux face aux opportunités qu’offre la mobilité du fait de leur rôle et des outils qui lui sont associés, il est surprenant que la pratique reste – pour les postes éligibles – presque confidentielle !

La plupart des outils proposés aujourd’hui par les éditeurs ou les services informatiques répondent aux critères de mobilité du point de vue du design et de l’expérience utilisateur.

L’offre « Cloud » accompagne avantageusement les efforts mis en oeuvre pour une réelle opportunité de travail en mobilité.
Mais, la réalité des comportements est bien différente des voeux pieux de certains.

Quand on parle mobilité au travail, on entend le plus souvent « télétravail » du côté des salariés tandis que côté de certains managers on comprendrais plutôt nomadisme au travail (le fait de ne pas avoir un bureau attitré).

En fait, quand les uns y voient un avantage en matière de :

  • gestion du temps,
  • optimisation des frais de transports,
  • gain en productivité
  • et plus globalement autonomie et réduction du stress.

D’autres y verraient plus un outil de pression supplémentaire du fait de :

  • la suppression du « bureau personnel »
  • l’exigence d’un plus grande disponibilité
  • les sollicitations « incontrôlées »

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La mobilité pour les collaborateurs sédentaires est avant tout une histoire de confiance.

Entre les managers adeptes du « présentéisme » au détriment parfois de la productivité et les collaborateurs adeptes du « se la couler douce », il y a de la place pour une mise en oeuvre accompagnée et responsable de la mobilité au bénéfice de l’entreprise et des collaborateurs.

Seuls, certains managers, adeptes du contrôle absolu et du non respect de la sphère privée et du droit à la déconnexion de leurs équipes n’ont pas encore compris qu’il y avait dans cette pratique, facilitée par les outils, une opportunité de dessiner l’entreprise de demain.

Le bon sens voudrait que l’alternative bureau – télétravail soit la règle et que les moments de travail en groupe (je ne parle pas de réunions inutiles) restent des moments privilégiés de rencontre et de pertinence au service de la qualité des projets et de la réalisation des tâches.

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Permettez-moi de vous proposer en complément, ce dossier ( réalisé par Deloitte et dont est extrait l’infographie ci-dessus.

Pour en reparler 🙂

Une merveilleuse année 2018


Permettez-moi de vous souhaiter de bonnes fêtes et une merveilleuse année 2018 🙂

Bien à vous

5 ans, 550 articles publiés, une tranche de « blogging » digital !


Merci à vous pour votre bienveillance, vos commentaires, nos échanges et vos idées et initiatives pour faire évoluer les entreprises et leurs collaborateurs dans un monde numérique.

Et parce que je suis un éternel optimiste, permettez-moi de vous proposer un moment de poésie, de nostalgie, de rêve et de rock’n roll !

 

 

Et parce que je suis un éternel « militant » des bonnes pratiques, des bienfaits du « collectif » et de la pertinence de l’accompagnement par la mise en scène de la valeur de l’usage plutôt que de la fonctionnalité et de la technique, permettez-moi de vous proposer cette interview réalisée pour publication sur le blog butter-cake.com

 

Bien à vous

Merci encore

Claude

Sans vision numérique, l’économie suisse peut-elle toujours gagner ?


Dans les médias et colloques, on loue – à juste titre – l’excellence de l’économie suisse : qualité de la main d’oeuvre, innovation, rigueur budgétaire, stabilité politique, culture du travail, faible taux de chômage, etc.

Pour autant, au pays de Heidi comme ailleurs, rien n’est acquis et les fondations de la prospérité de demain restent à construire ou au moins à être consolidées.
Hors, contrairement à ce qu’on pourrait attendre, c’est presque toute l’économie suisse qui aujourd’hui semble figée autour de débats monétaires et de contrôle des heures de travail !

Il est étonnant de constater, dans un pays où la pratique libérale ne se discute pas, que l’absence de protection contre des variations monétaires – fussent-elles importantes – génère tant de débats alors que les réponses – en terme de compétitivité des entreprises – sont à chercher ailleurs et que le numérique peut représenter pour beaucoup des pistes intéressantes.

Il n’y a pas de secteur économique qui échappe à ce constat et quand bien même les entreprises exportatrices seraient plus « poussées » vers l’innovation et la conquête du monde numérique, on ne peut que constater qu’elles évoluent discrètement et probablement lentement.

Xavier Comtesse sur son blog ne cesse de mettre en perspective le manque de vision du secteur de l’horlogerie qui n’arrive visiblement pas à tirer toutes les leçons de la crise des années 1970 !

Mais il y a également le secteur des banques qui doit faire face à l’arrivée des fintech sans parler des autres acteurs de la réussite économique de la Suisse.

En fait, on trouve, de ce côté du Léman, les mêmes réflexes qu’ailleurs : 5 dénis (un par étape) face à la transformation d’une filière économique :

  • phase 1 « irruption numérique » > déni 1 : « nous ne sommes pas concernés« 
  • phase 2 « éveil de la multitude » > déni 2 : « nous le faisons déjà »
  • phase 3 « rapport de force » > déni 3 : « allons voir les autorités »
  • phase 4 « arrivée des géants » > déni 4 : « achetons notre principal concurrent »
  • phase 5 « remontée de la chaîne » > déni 5 : « on aura toujours besoin de nous »

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Derrière ces constats qui sont devenus presque des cas d’écoles tellement ils sont représentatifs de la réalité en Suisse et ailleurs, que voit-on dans les entreprises ?

Sans participer aux séances des comités exécutifs des entreprises, pas plus qu’à celles des comités directeurs des associations faîtières des branches ou encore des organisations consulaires du type Chambre de commerce, il n’est pas difficile de remarquer une impréparation globale et quasi générale à l’économie numérique !

Les signes sont partout et ce n’est pas l’existence d’une page Facebook ou Linkedin, ni la généralisation des tablettes pour la C suite qui peuvent les masquer !

En ce qui me concerne, je mettrai en exergue l’incohérence des systèmes d’information construit au jour le jour et selon les envies (besoins?) et connaissances de dirigeants peu ou pas formés à la gestion de l’information.
Il en résulte des systèmes sans réelle gouvernance (peu ou jamais formalisée), donc souvent sans unité, avec peu d ‘interopérabilité entre les applications, une juxtaposition de silos techniques censés traiter des informations, une absence de vision :

  • Pas ou peu de vue système,
  • Multiples langages et « framework »
  • Validation de la fonctionnalité au lieu de la valeur de l’usage
  • Etanchéité des silos applicatifs
  • Informatique de gestion pas de contribution,
  • etc,

Il y a aussi, et ce n’est pas étonnant, le retard important pris par la majorité des entreprises, les administrations et bien sur les organes que je citais plus haut, dans la dématérialisation qui est une des étapes nécessaires de l’évolution vers un modèle adapté à l’économie numérique.

L’employé suisse dont on vante l’engagement (discipline?), la précision et la capacité de travail n’est pas le plus productif si on en juge par les données statistiques publiées par l’OCDE :

Productivité horaire

il y a certainement plusieurs raisons, mais il ne faudrait pas sous estimer le temps passé à « bidouiller » avec des logiciels mal ou plus adaptés du tout aux besoins des utilisateurs qui sont contraints à mettre en oeuvre des stratégies et des pratiques complexes pour arriver à produire les résultats escomptés.

Le système d’information est un support d’une meilleure productivité et nul doute que de nombreux employés en Suisse gagneraient en temps, en efficacité et en stress, à disposer d’outils fiables interconnectés et organisés autour d’une vision commune de ce qui est vraiment utile au quotidien !

Ce sont des facteurs essentiels pour déterminer la stratégie qui conduira l’entreprise dans son évolution avec les employés dont les départements des ressources humaines ont la responsabilité de la gestion.
De ce côté, en Suisse les entreprises et les organisations ne font pas dans l’excellence si on en juge par les témoignages objets d’un  sujet diffusé récemment sur la RTS.

Il semble que le consensus se fasse autour d’un immobilisme guidé par un conservatisme bien ancré et probablement une crainte liée à une méconnaissance de ce que peut représenter le futur numérique et une difficulté à s’y projeter.

Les entreprises et organisations donnent l’impression de s’accrocher à une logique interne de reporting, à un management de « sous officier », à une vision de l’innovation exclusivement technique et aux vertus du secret et de l’excellence, alors que l’environnement économique valorise aujourd’hui :

  • l’open source,
  • la collaboration (crowd),
  • le droit à l’erreur,
  • le flux (vs le stock),
  • etc.

Horlogerie, banques et finances, trading, machines-outils, agro business, presse, tourisme, administration ont tous besoin de se remettre en cause (et ce n’est pas nouveau) dans un monde plus global pour apporter des réponses locales et pertinentes à leur volonté de pérennité en termes de performance économique et sociale.

Il n’y a pas que des classements dans lesquels l’économie suisse caracole aux premières places, ainsi dans le classement des entreprises les plus innovantes selon Forbes il faut aller à la place 61 pour trouver Geberit tandis qu’aucune marque ou entreprise helvétique ne figure dans le tableau des « 50 smarters companies » dressé par le MIT !

50 smarters companies (MIT)

Il faut également un environnement réglementaire favorable et de ce point de vue, il semble aussi que la Suisse n’avance pas sur la meilleure voie, selon les informations publiées par Economie Suisse.

Enfin, la Suisse et ses entrepreneur et/ou représentants d’organisations civiles ou politiques disposent de nombreux atouts est avantages qu’il serait dommage de galvauder par peur d’affronter son avenir !

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Innovation, collaboration : pourquoi si peu de Fablabs en Suisse ?


L’innovation en Suisse, c’est presque « une religion » à croire les nombreux classements et les non moins fréquentes déclarations des milieux économiques et académiques.

La collaboration est probablement un peu moins présente dans les gènes qu’ailleurs car ici on a encore le culte du secret et la protection des recettes « maison » qui font le succès économique d’une partie des entreprises suisses est un atavisme réel chez les artisans et les industriels.

Mais, la Suisse, c’est avant tout un pays de « makers », de bricoleurs de génie, d’inventeurs de talents motivés par la quête de l’excellence et un pragmatisme bien ancré.

Aujourd’hui, nous sommes ici, comme ailleurs, challengé au quotidien dans nos modèles d’affaires et dans nos produits ou nos services.
Nous sommes également à la recherche de relais de croissance pour des économies locales très dépendantes du tourisme qui sont aujourd’hui très « chahutées » par les conséquences des politiques monétaires.

Dans ce contexte, non seulement la transition numérique se fait en Suisse à une vitesse très lente, que ce soit dans l’administration ou dans l’évolution des entreprises privées, mais en plus le pays semble hermétique à des pratiques qui ailleurs font sens et donnent des résultats.

Je ne sais pas si l’initiative #SwissDigitalAgenda lancée par des membres des sphères politiques et académiques peut bousculer un peu les choses et accélérer le rythme.

Au delà de ces grande manoeuvres, il reste toujours des initiatives locales qui pourraient être mises rapidement en oeuvre, autour de structures telles que les Fablabs, pour réveiller et « booster » l’innovation dans les cantons  tels le Jura, le Valais pour n’en citer que deux.

Fablab, c'est quoi?

En Suisse, l’apprentissage fait partie du cursus de beaucoup d’employés et la confiance dans le savoir-faire des petites et moyennes entreprises est importante.

Pourquoi ne pas en profiter pour créer

  • des pôles d’excellence dans la formation,
  • des espaces d’innovation
  • des lieux de production « relocalisée »

au service de l’économie des villages, des petites et moyennes villes de Suisse ?

  • Dans un pays ou l’initiative individuelle est largement valorisée (et à juste titre), suffirait-il de mettre un peu de collaboration pour que ces espaces deviennent de réelles opportunités de développement économiques locales ?
  • Dans une économie ou le partage (crowd, marketplace) et les « nouveaux outils » (impression 3D), n’y-a-t’il pas une réelle opportunité à saisir pour recréer du lien social local et rentable d’un point de vue économique ?
  • Enfin, dans un monde économique ou l’innovation est clef, des pratiques simples et compréhensibles ne sont-elles pas aussi à la source des bonnes idées qui feront le succès de demain au niveau local mais aussi global ?

Pour en reparler 🙂

En attendant la liste officielle des Fablabs en Suisse, selon la Swiss Fab Fondation (un site non remis à jour depuis plusieurs mois !) :
Fab Lab Bern, http://fablab-bern.ch
Fab Lab Chêne 20 / Renens, http://www.fablab-chene20.ch
Fab Lab Fribourg, http://fablab-fribourg.ch/
Fab Lab La Côte, http://www.fablab-lacote.ch
Fab Lab Lugano, http://fablab.supsi.ch/
Fab Lab Luzern, http://luzern.fablab.ch
Fab Lab Neuchatel, http://neuch.fablab.ch
Fab Lab Winti, http://www.fablabwinti.ch/
Fab Lab Zürich, http://zurich.fablab.ch