Medias sociaux : quel besoin de gouvernance pour l’entreprise 2.0 ?


Nul n’est besoin d’en écrire des pages et des pages sur l’importance (en terme de contenus) des médias sociaux.

Actuellement, l’Entreprise 2.0 Summit se tient à Paris et vous pouvez suivre en « direct » les débats sur Twitter (#e20s).
Je vous conseille également le blog de @haikUsages sur lequel vous trouverez un compte-rendu de ces journées.

La question de la gouvernance est abordée, mais presque « par erreur« , comme si cette question dérangeait, que peu d’entre-nous sont confortables avec ce concept de gouvernance de l’information.

Bien sur, personne ne veut écarter la question, mais on préfère parler d’engagement, de confiance, de loyauté.

La gouvernance de l’information peut impliquer des contraintes dont certains pensent qu’elles nuisent à la qualité de l’expression, donc à l’apport des médias sociaux.

Tout est question d’équilibre et je reste convaincu qu’une stratégie de gouvernance de l’information ne peut que servir les objectifs et la mise en oeuvre  de l’entreprise de demain !

A votre avis ?

Pour alimenter votre réflexion, retrouvez ici le point de vue de Jesse Wilkins – Aiim.

Etude annuelle Lecko [rse] : Vive l’intelligence collective !


J’ai suivi à distance la présentation du Tome 4 de l’étude annuelle consacrée aux réseaux sociaux d’entreprise réalisée par le cabinet Lecko et je souhaiterais revenir sur un point qui m’a étonné.

je n’a pas reçu l’étude et il se peut qu’une partie des réponses à mes questions s’y trouve, mais, je souhaiterais revenir ici sur la matrice des potentiels sociaux des différentes solutions étudiées par Lecko.

Je suis, je dois l’avouer, un peu mal à l’aise avec une matrice qui présente un potentiel (maturité au niveau du soutien à  l’intelligence collective) comme un critère différenciateur et le constat que toutes (ou presque) les solutions étudiées présentent un très bon ou excellent niveau de maturité sur ce point.

Je connais Lecko et la qualité de leur travail, leur rigueur, tout ce qui contribue à leur professionnalisme et je profite de ce billet pour en témoigner une fois de plus, mais, mais, mais ….

De deux choses l’une, soit le critère n’est pas pertinent et il faut en trouver un autre,

soit il y a manque d’explication, confusion ou incompréhension à propos de l’intelligence collective.

Selon Pierre Lévy :

L’intelligence collective est le projet d’une intelligence variée, partout distribuée, toujours valorisée et mise en synergie en temps réel….(Le Monde diplomatique – Octobre 1995)

Peux-t-on raisonnablement considérer que toutes (ou presque) ces solutions ont atteint un réel niveau de maturité fonctionnelle dans la distribution, la mise en synergie, le « real time » ?

Si oui, nous devons accepter de devoir considérer un autre critère (ou plusieurs) plus pertinents.

Si la réponse est « peut-être » ou « pas si simple« , il y a probablement matière à préciser où se trouve le curseur qui permet de juger de ce niveau de maturité et quelles sont les attentes légitimes en termes fonctionnels.

Il y a des pistes et celle de l‘interopérabilité est une dimension très intéressante surtout dans le contexte de cette étude focalisée sur l’urbanisation du SI social.

Je vous propose un exercice de « réflexion collective » : quels sont pour vous les critères pertinents au regard de l’intelligence collective ?

Suisse 2.0 (retour sur la matinée de l’entreprise 2.0 | 20.01.12 | Lausanne)


Vendredi 20 janvier – 9:00 – Lausanne (VD)- Suisse : la première matinée de l’Entreprise 2.0 !

Tout d’abord, merci aux participants et aux contributeurs !

Le thème de cette session « inaugurale » était la pratique collaborative en entreprise !
Les participants ont joué le jeu, transformant, à certains moments, cette matinée en forum d’échanges et en séance de mise en oeuvre de la collaboration et je les en remercie.

Xavier Comtesse a lancé les débats autour de la question de Management 2.0 et des transformations auxquelles les entreprises, mais également toutes les organisations, doivent faire face et avec lesquelles elles doivent « composer ».

Clients, partenaires, employés et plus généralement tous les participants d’un écosystème, participent aux décisions d’une manière directe ou indirecte en s’exprimant et en donnant leur avis.
Claude Super, à propos de l’entreprise de demain:

De l’affaire Hildebrand à l’illustration de nouveaux modèles d’affaires (Ikéa, Nespresso, etc..), Xavier Comtesse s’est attaché à mettre en perspective cette évolution 2.0 par des illustrations de notre quotidien.

Avec un brin de provocation et d’humour, Xavier Comtesse n’hésite pas à affirmer que ceux qui n’évoluerons pas vers le modèle « 2.0 » et qui ne tiendrons pas compte de ce nouveau paradigme, sont condamnés à disparaître !

Pour Xavier Comtesse, l’essentiel est dans la légitimité :

  • légitimité ressentie dans l’écosystème tout entier et notamment par les clients, les employés, les fournisseurs mais aussi l’opinion publique pour les politiques,
  • légitimité dans la démarche, dans la création de valeur,
  • légitimité dans la communication,
  • légitimité sociale (responsabilité)

Pour Xavier Comtesse, la Suisse doit montrer la voie et du côté des entreprises, comme de celui du monde politique, il est temps de s’engager dans ce sens.

D’un point de vue politique, nous avons la chance d’un modèle très participatif en Suisse et le « star système » n’existe pas ou si peu.

Cette proximité avec nos représentants politiques (personne ici ne se laisserait aller à parler d’élite !) et économiques (entreprises locales) est une opportunité pour le déploiement du modèle 2.0, elle est source de légitimité !

Xavier Comtesse et le 2.0 :

Merci à Xavier pour cette superbe introduction !

Claude Super,les entreprises ont-elles le choix ? :

Le débat lancé, c’est Solvaxis (éditeur suisse) qui a pris le relais en illustrant la réalité collaborative autour des outils structurants tels que l’ERP, CRM ou solution de GED.

Nous avons pu ainsi constater que les entreprises de Suisse romande avait bien compris les atouts de la pratique collaborative même si les expériences restent encore très liées aux métiers, donc aux applications en production.

Ceci m’a permis de lancer, en seconde partie de la matinée, une réflexion sur la pluralité des pratiques collaboratives, les bénéfices que l’entreprise y trouve, mais également les conditions de mise en oeuvre (notamment les enjeux en terme de pratique managériale et de conduite de changement).

Les contenus présentés lors de cette première des Matinées de l’Entreprise 2.0 seront bientôt mis en ligne pour que chacun (ceux que cela intéresse) puisse également participer et enrichir les débats.

Cette première a connu un réel succès et nous nous réjouissons d’organiser une deuxième session dans les prochaines semaines !

Si vous souhaitez nous proposer un thème, un intervenant, une contribution, merci de le faire ici en commentaire ou directement sur le site de iNzeCLOUD !

Et merci à Etienne pour ses compliments !

L’entreprise de demain [#e20] – en confiance, jusqu’où ?


Une des caractéristiques de l’entreprise de demain est la CONFIANCE.

Confiance entre les différents acteurs de son écosystème, confiance entre les collaborateurs, confiance dans la vision et confiance dans l’entreprise !

J’ai déjà, à l’occasion de précédents billets, insisté sur l’indispensable confiance entre les hommes, mais aujourd’hui, je souhaite m’arrêter sur un autre domaine : la confiance dans l’information.

La question est vaste et elle ne peut pas être considérée sans son corollaire qui tient à la valeur de l’information.

L’entreprise de demain a besoin de gouvernance pour établir la confiance.

La stratégie de gouvernance de l’information dont va se doter l’organisation est une des composantes nourricières du terreau dans lequel l’entreprise de demain va commencer à se développer avant de se déployer.

Concrètement et au-delà de la simple question – données versus contenu – il est temps que les organisations considèrent l’ information comme un capital dont la principale valeur réside non le fait d’en avoir la propriété mais bien plus dans l’usage qu’on en fait !

A partir de là, rien ou presque ne s’oppose à la mutualisation des informations, la transmission du savoir, ni à la collaboration autour des contenus.

La maturité est clef dans cette démarche et les points d’interrogation restent nombreux.

Quelles réponses pouvez-vous apporter rapidement aux questions clefs :

  • Quelles sont les conséquences financières directes d’une non conformité de mes données avec mes objectifs métiers ?
  • Quelles informations servent le plus la vision de l’entreprise ?
  • Quels sont nos indicateurs clefs en terme de valeur ?
  • Qui a la responsabilité des informations, des données ?
  • Comment les métiers valorisent-ils au quotidien la pertinence des données qu’ils utilisent ?

Savoir apporter des réponses à ces questions (et à d’autres) est essentiel pour mettre en oeuvre un cadre au service de la qualité et de la gouvernance des informations.

La mise en oeuvre du modèle de gouvernance des données est en rupture avec les usages très répandus (data quality) qui considèrent qu’il faut «régler» le problème en amont !

L’idée de considérer qu’une donnée ou une information est «bonne» une fois pour toute est aberrante, car elle «oublie» le contexte de l’utilisation et les règles établies par les utilisateurs.
Inutile et inefficace au regard de la réalité des métiers, cette pratique est un «alibi» facile et coûteux.

Le seul moyen pertinent d’établir la confiance est de donner aux utilisateurs les moyens de «juger» de la pertinence et de la conformité des informations au regard de leurs propres exigences.

Quand Gartner anticipe la «main mise» des services marketing sur la gestion de l’information aux dépens des services informatiques, il ne s’agit ni plus ni moins que d’une évolution inéluctable dans laquelle les directions informatiques vont devoir prendre leur part de responsabilité notamment en terme de services (SLA) et de sécurité.

Mais au-delà de cette perspective, le cadre de la gouvernance des données est un projet qui s’inscrit, lui aussi, dans une démarche de collaboration.

En effet, il y a un ou plusieurs réseaux de compétences et de besoins qui se sont construits autour des ces informations.

Les participants de ces réseaux se différencient par leurs rôles : utilisateurs, responsables, stewards, etc. , ils travaillent en complémentarité et créent la confiance par une approche pertinente de valorisation des actifs informationnels au moyen d’indicateurs chiffrés.

Beaucoup ont cru voir dans la stratégie de gouvernance de l’information qu’un moyen de se protéger (le C-level) en cas de problèmes liés à un non respect des lois, des codes et que sais-je encore.

Cette approche est «stérile» car elle oublie la dimension «business» et le fait que les données, les informations, ne sont rien hors de cette dimension !

Pouvoir évaluer le manque à gagner dû à une non conformité de certaines données (délai, client, etc.) de facturation par rapport à ses règles et ses exigences est bien plus pertinent !

Et c’est par une approche pragmatique et porteuse de valeur ajoutée pour toute l’entreprise que la gouvernance des données et des informations va contribuer à renforcer la collaboration et surtout à établir la confiance.

A votre avis, quel est le niveau de maturité de votre organisation ?

Intuitions 2012 : Mobilité, Gamification, Digital workplace,….[#e20]


Après un premier exercice dont je me suis assez bien tiré en décembre 2010, voici quelques unes de mes intuitions pour 2012 :

1.Mobilité

La disponibilité sur mobiles d’une multitude d’applications et de services va continue à croître en 2012.

Le téléphone portable (et la tablette) font maintenant partie intégrante de «l’homme augmenté» !
Le phénomène va prendre de l’ampleur dans les entreprises qui aujourd’hui commencent à considérer ces «terminaux» comme des outils surs et pertinents.

La seule question ouverte aujourd’hui est : y-a-t-il de la place pour un modèle différent de l’AppStore et de l’Android Market et surtout y-a-t-il de la place pour un autre «fournisseur» ?

2. Gamification

L’un des buzzword de 2011 qui devrait trouver une réelle consécration en 2012.

La gamification (quelle appellation barbare !), c’est le dernier stratagème à la mode pour vous, nous, faire participer et contribuer dans les réseaux sociaux et les espaces collaboratifs.

Il est probable que les entreprises vont développer les «pratiques» de ludification (liées au mécanisme du jeu) pour donner plus de vigueur, d’intérêt et de notoriété notamment aux intranets en cours de migration vers des versions 2.0

3. Intranet collaboratif

Intranet 2.0 ou digital workplace, c’est selon et ce n’est pas pareil.

2012 sera l’année du renouveau des intranets et la migration des portails internes vers une offre d’espaces ouverts, dynamiques et personnalisables.

Certaines entreprises voient plus loin dans l’approche des service et des moyens qu’elles fourniront à leurs employés.

Elles amorcent des réflexions autour du futur «poste de travail», dématérialisé, personnel, agnostique en terme de support hardware.

Cette réflexion va «booster» le renouveau des intranets et des espaces collaboratifs, possible anticipation de la «digital workplace» de demain.

4. Cloud computing

Les 3 tendances présentées ci-avant sont étroitement liées au cloud computing.
En 2011 et quoiqu’en disent «les grincheux» de nombreux projets de cloud computing privé, publics ou mixtes ont été lancé par les entreprises et les organisations publiques ou parapubliques.
C’est une tendance lourde qui autorise un certain contrôle des coûts et qui ne perturbe pas l’utilisateur final tant il est habitué à «travailler» avec des solutions de ce type ne serait-ce qu’à tire personnel.
Le cloud computing représente également une opportunité à moindre coût pour les petites et moyennes entreprises qui ont déjà pour beaucoup d’entre-elles compris les bénéfices immédiats qu’elles peuvent en retirer.
Le cloud sert la «virtualisation» de l’entreprise et cela va s’accentuer en 2012.

interaction5. Médias sociaux

Je continue à penser que les «médias sociaux» ne représentent qu’une étape et que certains d’entre-eux n’ont en fin de compte que peu de valeur ajoutée même s’ils offrent une pléthore de fonctionnalités.

Sans aller jusqu’à décortiquer la courbe d’adoption des réseaux sociaux en occident et ailleurs dans le monde, je pressens que seuls les réseaux offrant de réels services dans un domaine particulier pourront continuer à se développer.

Les autres, généralistes et sans singularité, devront trouver un nouveau modèle pour «conserver» une certaine attractivité auprès des particuliers donc des annonceurs !

En ce qui concerne, les réseaux sociaux d’entreprise, leur avenir tient à moyen terme dans une intégration facile et harmonieuse dans la digital workplace (voir supra)

6. TV connectée ?

Il est clair que tout le monde y croit et je dois avouer que du point de vue de l’utilisateur (pardon téléspectateur),il s’agit d’une perspective alléchante!

Le poste de télévision a considérablement évolué en technologie et en look [ne serait-ce qu’en épaisseur ;-)] mais pas en ce qui concerne l’interactivité, ni le contenu.
Pourquoi, ce support hardware ne servirait-il pas à autre chose qu’à de la diffusion (push)?

Il y a trop d’intérêts en jeu et la maturité du public est maintenant suffisante en ce qui concerne la souscription de services en ligne pour qu’on ne considère pas la TV connectée comme une tendance pour 2012.

Gérer le débit

Gérer le débit

7. Analyse, valorisation et gouvernance de l’information

La gouvernance de l’information restera une tendance mais c’est surtout du fait de l’explosion des besoins en analyse de l’information et des données.
En 2012, les outils d’analyse des informations contenues dans les différents référentiels des entreprises ainsi que celles circulant sur les réseaux sociaux viendra s’ajouter à l’exploitation des données stockées par l’entreprise.

Les gains de productivité et de marge trouvent dans la finesse des analyses un nouvel élan tandis que les éditeurs améliorent très sensiblement leurs offres.

La gouvernance de l’information et des données viendra en appui pour autant qu’elle s’attache à des problématiques «business» (quels KPI ?) et non pas uniquement «légales» [c’est du records management dans ce cas] !

8. Management 2.0 

Il ne s’agit pas d’une révolution mais plutôt d’une lame de fond !

On est probablement encore loin d’être submergé mais 2012 porte les chances de voir un certain nombre d’entreprises mettre en oeuvre des pratiques managériales différents ne serait-ce que pour faire face à la crise, crise qui d’ailleurs sera une bonne excuse pour les autres de pratiquer un immobilisme dangereux.

Le «nouveau» management est basé sur une approche plus collaborative et il valorise le leadership et le rôle aux dépens de la fonction.
En 2012, ce sont les projets ou les démarches d’innovation, de renouveau des relations humaines dans l’entreprise qui seront à la source de l’évolution vers un « management nouvelle version » !

Et vous, quelles sont vos intuitions pour 2012 ?