Les CEO et la C-suite au pied du mur pour construire l’entreprise de demain !


IBM a publié fin 2013 les résultats d’une enquête riche d’enseignements : « The Global C-suite Study »

Conduite dans 70 pays auprès de 4’183 personnes membres de la C-suite
[Chief Executive Officers (CEOs), Chief Financial Officers (CFOs), Chief Human Resource Officers (CHROs), Chief Information Officers (CIOs), Chief Marketing Officers (CMOs) and Chief Supply Chain Officers (CSCOs)]
et représentant plus de 20 secteurs économiques, cette étude met en exergue 3 tendances lourdes :

  • Embrace disruption : »Entrez dans un monde de perturbation »
  • Build shared value : « Créez une valeur partagée »
  • Dare to be open : « Osez l’ouverture »

La fin du confort qui a prévalu dans beaucoup d’esprits – donc de stratégies – ces dernières décennies oblige les responsables d’entreprises à reconsidérer leur modèle d’affaire et notamment à promouvoir l’innovation non seulement en tant que pratique mis surtout état d’esprit tant la concurrence est rapide, mouvante et globale.

Ainsi près de la moitié des répondants pensent que leur concurrence peut venir d’acteurs extérieurs à leur secteur d’activité !

embrace disruption - C-suite survey

Le comportement des consommateurs évoluent et bien évidemment les entreprises doivent l’anticiper, notamment en terme de proposition de valeur.

Mais, près de 30% des sondés estiment que la C-suite à laquelle ils appartiennent ne comprend pas ce qui se passe côté client ou dans les marchés qu’ils visent !

build shared value - C suite

Comment créer une proposition de valeur partagée ?

En associant les consommateurs et potentiellement tout l’écosystème à certains processus de l’entreprise ! Et ces pratiques sont déjà, semble-t-il, en place !

build shared value engaging customers

 

Et enfin, osez une collaboration active au sein d’un écosystème dynamique !

Dare to be open - C suite

Et puisqu’on en parle, je vous propose de suivre l’interview de Laurent Guez, Directeur délégué des Echos, à l’occasion d’un débat qui s’est tenu à Paris en Mai 2014.

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Social business : tout le monde (ou presque) s’en fout !


Bien qu’il n y a pas plus de raisons aujourd’hui que demain ou hier pour dresser le bilan du « social business » en Europe, les billets commencent à se multiplier ci et là : second souffle, rôle des RH, etc.

En fin de compte, le « social business » est d’abord une opportunité et les entreprises américaines en sont les premiers portes drapeaux.

Comme souvent, en Europe (hors UK), le conservatisme a « plombé » beaucoup d’initiatives et du côté des « early adopter » on s’interroge beaucoup à propos des difficultés à ce que « cela » prenne !

En fin de compte et si on se place d’un point de vue pragmatique, loin des dogmes (processus) et des tentatives intellectuelles de « refaire le monde », il n’y a qu’une seule raison de s’intéresser au « social business » : son potentiel de création de valeur s’il est avéré !

Et chacun de répondre – bien sur – différemment à la question à l’origine de toute initiative : quelle est la valeur pour moi ? (What’s in it for me?)

Chez les éditeurs, il y a plusieurs tentatives de réponses par des actions et des propositions.

Globalement, du côté des acteurs « historiques », il y a Microsoft qui a raflé une bonne partie de la mise, IBM qui bien que distancé sur le volet purement « collaboratif et social » revient avec Watson, l’intelligence et la capacité d’analyse (big data), SAP qui n’arrive toujours pas à proposer une offre claire (au delà et en complément des processus), Oracle qui tente de valoriser ces applications en leur donnant une légère « touche » sociale.

Ces acteurs traditionnels du marché du logiciel tentent – avec opportunisme – de valoriser leur « base installée » en ajoutant des modules particuliers à leurs outils et/ou en rachetant des « pure players » et garder ainsi la « main mise » sur la récurrence que sont les revenus de maintenance et les services associés à ces solutions d’infrastructure.

Chez les « pure players », il y a Jive qui cherche une « sortie » depuis plusieurs mois et dont le récent accoquinage avec Cisco pourrait représenter une issue satisfaisante pour ses actionnaires.
Il y a eu Bluekiwi (à mon avis, une des solutions les plus innovantes et ouvertes à son époque) qui s’est dilué dans l’offre d’Atos et noyé dans le message marketing focalisé sur le zéro mail.
Il y a également beaucoup de solutions plus ou moins intéressantes, dont naturellement Knowledge Plaza qui continue à grandir en cohérence et interopérabilité avec l’infrastructure de l’entreprise, mais aussi des initiatives comme Qibud (plateforme collaborative au service des projets et des idées) ed47, un outil « métier » pour le marketing et la vente dont l’objectif est de valoriser la réalisation de la vente dans un plateforme « hybride » qui allie création et gestion rigoureuse des supports, partage d’expérience et collaboration autour de la proposition de valeur (une idée à suivre ….)

A part de rares exceptions valorisées par une approche métier (ne pas oublier SalesForces), les éditeurs sont aujourd’hui dans une position « attentiste » : leurs alliés (CIO) ont moins de pouvoir et les « nouveaux élus » (Marketing, Com, RH) ne les reconnaissent pas !

Les consultants

Dans un contexte souvent difficile du fait de la réduction des dépenses du côté des entreprises et de la diminution du nombre de grands projets structurants du type SAP ou dématérialisation, les consultants – ou du moins certains – ont vu dans le « social business » une opportunité de relais de croissance bienvenue.

Forts d’une expertise technique et d’une bonne connaissance des milieux informatiques dans les entreprises, beaucoup ont tenté d’accompagner l’entreprise par une approche classique (pour ne pas dire conservatrice) basée sur les expériences réussies des processus.

Aujourd’hui, tout le monde reconnaît que cette approche est insuffisante, non pas par manque de qualité mais parce qu’elle n’est simplement pas alignée sur les objectifs et une réalité bien différente.

Il leur faut renouveler la pratique ainsi que certaines méthodes et apprendre à travailler avec d’autres métiers que ceux avec lesquels ils entretiennent des « relations confortables ».
Ainsi, la concurrence est plus vive, l’expertise devient « mouvante », la pratique dynamique et l’ensemble, certes plus intéressant mais aussi plus aléatoire en termes de « bénéfices ».

Les clients

A priori, le client se moque de l’appellation ou de la tendance!

2many_appsSeul l’intéresse les avantages directs et rapides qu’il peut trouver dans un nouveau comportement et de nouvelles pratiques.
Après de multiples tentatives plus ou moins efficaces sur les réseaux sociaux grands publics, il semble aujourd’hui que le traitement statistique (big data) soit le moyen le « plus simple » de dégager des tendances et des enseignements intéressants côté business.

Côté personnel, il est certain que les comportements vont beaucoup évoluer dans les prochaines années et que « social business » ou pas, la mobilité et la disponibilité de services (cloud notamment) sont les ingrédients nécessaires pour prétendre interagir avec les consommateurs.

Les employés

On parle beaucoup d’engagement et au vu de ce qui s’est passé en Europe ce week-end, il n’est pas complètement « stupide » de penser que les employés ne sont pas – a priori et à de rares exceptions – très motivés pour s’engager plus.

homonumericusSans faire de parallèle trop rapide, si près des 2/3 des électeurs ne votent plus à l’occasion des scrutins dans les pays occidentaux, scrutins qui engagent leur quotidien et à l’occasion desquels ils ont des choix à faire et des propositions très différentes à étudier, …
pourquoi voulez-vous qu’ils le fassent en tant qu’employé ? (l’argent, la reconnaissance, oui probable).

Si les outils collaboratifs et sociaux ne portent pas explicitement une proposition de valeur pour l’employé, il s’en détachera d’autant plus qu’à la différence des processus, ceux-ci n’affectent pas visiblement le fonctionnement de l’entreprise à court terme !

Les managers

A l’instar des employés (qu’ils ont également), l’engagement des managers est difficile car ils sont – le plus souvent – préoccupés par la gestion de leur carrière, carrière sont les étapes sont souvent de plus en plus brèves (3 à 4 ans).

A moins d’une proposition de valeur forte au service (direct ou indirect) de sa stratégie, le manager – prudent – supportera ce type d’initiative tout en se gardant d’y consacrer trop d’énergie et de temps.

Du côté du manager, le « risque » du « social business » réside dans son incertitude à produire les résultats escomptés et dans la difficulté à garder le contrôle sans le dénaturer.

Il s’agit – vu aujourd’hui – d’une stratégie aléatoire et parfois dangereuse à titre personnel, donc à éviter sauf à en maîtriser l’objet et l’organisation.

Les actionnaires

A priori et en dehors des effets de mode et de tendances, ils s’en moquent.

De plus, il faut bien reconnaître que la plupart ne savent pas de quoi il s’agit et ne s’y intéressent pas.

Les entreprises

A la recherche de relais de croissance notamment par l’innovation, l’entreprise est – a priori – très intéressée par le « social business ».

Mais les entreprises ont encore beaucoup de difficultés à mixer adroitement hiérarchie et wirearchie, contrôle et ouverture, confidentialité et échanges, notamment.

L’entreprise doit – avec le social business – valoriser sa dimension transverse et s’intéresser à des questions comme les risques interculturels, sa proposition de valeur, son leadership dans son écosystème et bien évidemment, cela n’est pas forcément simple, ni rapide.

Alors, certaines entreprises n’ont vu – dans le social business – qu’une source facile d’information sur les clients, les marchés, les tendances, etc., tout en se gardant de s’ouvrir et d’accepter de vrais échanges.

La proposition de valeur du « social business » pour les entreprises est riche et singulière, mais à défaut de décliner une réelle vision, de co-construire et de proclamer ses valeurs, il est difficile de participer aux bénéfices.

Les médias

letemps_1701_rseCôté média, le social business est devenu le sujet à propos duquel il faut recruter les blogueurs et autres gourous afin d’attirer un public, une audience pour valoriser les espaces publicitaires.

Non pas que les billets ne soient pas pertinents ou bon, mais ils parlent trop souvent, tous, de la même chose et n’offrent pas un niveau d’expertise ou des partages d’expériences documentés et pertinents.
A force de manque de recul, parfois de compétences et d’intérêt, les médias nous livrent au mieux de la « profession de foi », au pire du publi-reportage déguisé et c’est dommage.

La forte concurrence pourrait les pousser à proposer du contenu plus riche et intéressant, à moins que le lectorat ne soit pas au rendez-vous ou qu’à minima les articles suffisent à générer des clics sur les liens publicitaires en nombre.

 

Et pour vous, le social business ?

Intranet et stratégie numérique : état des lieux 2014


Comme chaque année, l’Observatoire de l’Intranet et de la stratégie numérique – une initiative du cabinet Arctus – publie la synthèse d’une enquête réalisée en ligne de janvier à mars 2014 et pour laquelle 474 participants ont été retenus.

Tout d’abord, rien de très surprenant dans les résultats présentés qui viennent conforter ceux présentés en décembre dernier par le Lab des Usages (initiative du cabinet Voirin).

Je vous propose quelques extraits intéressants et je vous invite à télécharger le document ainsi qu’à suivre sur le blog de Claude Malaison une analyse précise et pertinente – en plusieurs billets – de ces résultats.

A propos des informations disponibles dans les intranets :

contenu des intranets

Les fonctionnalités collaboratives disponibles

 

fonctionnalités  collaboratives

Les espaces collaboratifs ont le vent en poupe :

espaces collaboratifs

 

Une pratique sociale « à la traine » sauf quand la valeur ajoutée est explicite !

Pratiques sociales en entreprise

et globalement uns stratégie numérique « très conservatrice » (manque de maturité ?)

Projets numériques

Et enfin, une évolution douce marquée par l’importance grandissante du socio-type des « bâtisseurs » rami les entreprises qui ont participé à cette enquête.

socio types des entreprises

Relations Humaines de demain : évitez la dévaluation !


C’est le sujet qui – une ou deux fois par an – stresse la plupart des employés.

Et pourtant, ce ne sont pas les guides, ni les conseils qui manquent, notamment à propos de la préparation et des objectifs mesurables.

En ce qui me concerne, je dois avouer que la pratique de cet exercice – ou du moins ce que j’en entends depuis quelques mois – évolue peu, pour ne pas dire qu’elle s’est inscrite dans les rituels de l’entreprise.

Le rituel peut être une bonne chose, il « sacralise » un évènement, lui donne de la publicité et le rend obligatoire, mais il n’est pas – loin s’en faut – synonyme d’efficacité.

A l’instar des équipes de communication, du marketing, les collaborateurs en charge de la gestion des ressources et de la relation humaine se trouvent confrontés à plusieurs défis, parmi lesquels l’EAI (évaluation individuelle annuelle) figure en bonne place.

En octobre dernier, à la sortie d’une séance de travail d’un « think tank » auquel je participe, j’écrivais :

Née dans le sillage du taylorisme, l’évaluation est devenue un exercice difficile même s’il est bien encadré et souvent source de frustration ou de compromission.
evelQue l’entreprise évalue la capacité de chacun à mettre en oeuvre les moyens de réaliser les objectifs qui lui ont été assignés, est une pratique courante.
Pour qu’elle soit légitime, il est important que chacun – l’entreprise et l’employé – y trouve de la valeur ajoutée et c’est souvent dans cet esprit que la fameuse évaluation annuelle individuelle est mise en oeuvre.
Au delà de l’esprit, il y a la réalité de la pratique qui parfois agace ou surprend et qui ne manque pas de frustrer bon nombre de salariés.

Ce dossier – difficile s’il en est – est à reconsidérer en fonction des objectifs et de la vision de l’entreprise, mais également des différences de comportement et d’attente des employés.
Les nouveaux outils et les pratiques valorisées dans les métiers doivent trouver un écho dans la pratique de l’évaluation dont on rappelle l’exigence de transparence, de dialogue et de respect.

Et aujourd’hui, je constate avec plaisir que certains n’ont pas attendu pour travailler dans ce sens.

Il n’est pas surprenant que les entreprises dans lesquelles l’évaluation a fait l’objet d’un travail de « re qualification » sont également celles qui – très souvent – ont mis en oeuvre des pratiques managériales innovantes et principalement basées sur la valorisation de la collaboration !

La collaboration implique non seulement de nouveaux comportements, mais également et surtout de « nouvelles valeurs » ou du moins une affirmation « publique » de ces valeurs : empathie, transparence, humilité que d’un point de vue « travail au quotidien », on peut traduire en écoute, respect et bienveillance par exemple.

Il est également intéressant que ces valeurs peuvent (doivent) pour certains être au coeur de l’évaluation de l’employé au même rang et titre que ses « compétences techniques » et la réalisation des objectifs qui lui ont été assignés après discussion.
Mais, ceci ne peut se faire que s’il y a consensus à propos de ces valeurs et pour qu’il y ait consensus, il faut qu’elles fassent l’objet de propositions, de discussions, d’arbitrage et d’adhésion.
Et tout ceci ne peut se faire en dehors d’espaces ouverts de partage et de collaboration !

Eviter la « dévaluation » de certaines pratiques RH est à ce prix et nous en parlerons le 5 juin à Lausanne autour du retour d’expérience de Jérémy Annen (Directeur Général !Fage)

 

La gestion des ressources humaines au milieu du gué !


Récemment, Jane McConnell lançait une discussion à propos du rôle des RH dans l’évolution de l’entreprise.

Il est vrai qu’au regard des résultats de l’étude qu’elle a mené auprès de 314 organisations : les départements en charge de la gestion des hommes semblent en retrait en ce qui concerne la préparation de l’environnement du travail de l’entreprise de demain.

Ainsi, que ce soit dans le panel des « early adopters » d’une stratégie pour la « digital workplace » ou chez les autres, ce sont les départements communication et IT qui « font la course » en tête, et qui sont donc les plus engagés dans cette réflexion.

 

Future-Hr-srManagement-e1399817068407Les services Ressources Humaines sont jusqu’alors très souvent cantonnés dans des rôles et des tâches administratifs (gestion de la paie, formation, congés, gestion de carrières, par exemple) et rompus aux techniques d’évaluation individuelle.

Hors l’entreprise de demain aura sans nul doute une autre dimension du fait des réseaux, de la transversalité, de la collaboration et d’une nouvelle gouvernance.

Ces défis sont importants et ainsi que je le précisais dans un billet publié en octobre 2013 :

… l’évolution de l’organisation du travail…………
également à devoir être traités avec une priorité certaine.

On peut lire – ici et là – des contributions, des réflexions sur l’organisation (matérielle et traditionnelle) du travail.

Et franchement, si ce n’est pas un dossier « brûlant » pour les responsables des ressources humaines, qu’en est-il ?

Cette réflexion est également pour eux, l’occasion de mettre en avant une pratique et une réflexion, souvent méconnue, au service du C level (auquel peu de directeurs RH appartiennent) pour dessiner les contours opérationnels de l’entreprise de demain dans sa diversité culturelle, dans sa dispersion géographique, dans la dématérialisation de ses processus et dans la différence des modes et des habitudes de travail (temps partiel, télétravail, etc.).

Il est vain d’imaginer une évolution de l’entreprise sans l’appui et le concours de spécialistes de la gestion de la relation humaine.
Si certains responsables RH ont du mal à se profiler dans ce rôle, ils risquent de ne pas pouvoir tenir très longtemps cette position au milieu du gué.

Faute de comprendre, de savoir anticiper et de choisir certains d’entre-eux seront poussés vers les services administratifs (et comptables dont beaucoup, dans les PME, sont issus) pour laisser place à des « leaders » capables d’imaginer – avec l’entreprise – le futur et de conduire le changement !