A propos des technos 2.0, de la gouvernance de l'information, des réseaux sociaux et de la valorisation des contenus au service de l'entreprise de demain
En préparation de la conférence qui se tiendra à Paris en mars prochain et parce que la discussion et les échanges sont intenses et que les contributions permettent d’avancer dans la compréhension et la réalisation de ce grand chantier qu’est l’entreprise de demain.
A l’initiative de Bjoern Negelman, un second rendez-vous a été pris sur le thème « concretizing the digital workplace« .
j’ai eu le plaisir de partager notamment avec Ana Silva, Oscar Berg à ce sujet et il était particulièrement intéressant de pouvoir « confronter » une vision avec les retours de terrain et notamment l’expérience d’Amadeus relayée par Hans-Juergen Sturm.
Hier, Dave Gray (@davegray), Frédéric Williquet (@fredericw) et Josu Inchaurraga (@josuinchaurraga) débattaient du rôle des RH et notamment autour de la question de la transformation culturelle des organisations autour et par les « médias sociaux ».
Il s’agit d’un point clef et nous sommes nombreux à échanger sur ce thème 😉
Merci aux participants de cette session de leur pertinence pour un débat riche que vous pouvez découvrir ou revoir ci-après !
Et pour ceux qui réfléchissent et s’interrogent quant aux outils et « manières de travailler » de demain, prenez le temps de visionner cette discussion avec Jon Proda, l’un des fondateurs de Podio.
Depuis plusieurs mois, je suis régulièrement sollicité par des étudiants qui travaillent, dans le cadre de leur formation, à la rédaction d’un mémoire ou d’un rapport sur les sujets de l’entreprise 2.0 et du « social business ».
Tout d’abord, je profite de ce billet pour les remercier de leur confiance en mon expertise et de leur intérêt pour mes billets et mes publications ici ou ailleurs.
En quoi, le « social business » est-il utile ? et à qui?
Je ne sais pas si les étudiants que j’ai rencontré sont les seuls à poser et à se poser la question, mais il est patent qu’elle est pertinente, à défaut d’être audacieuse.
J’ai compris (à tort ?) que leur intérêt pour ce sujet était le plus souvent dicté par un besoin, à titre personnel et professionnel, d’en savoir plus, d’aller au-delà des publications de nos très prolixes « évangélistes » américains et surtout de combler un manque dans l’enseignement délivré au niveau académique (écoles et universités) à l’occasion de ces programmes de formation (continue).
Souvent leur connaissance du fonctionnement de l’entreprise est encore « balbutiante » ou incomplète et en dehors des services ou des métiers qui sont les leurs, il leur est difficile de mettre en perspective le « modèle 2.0 » dans et au service de l’organisation toute entière.
Tout d’abord et d’une manière un peu brutale, poser la question de l’utilité revient à s’interroger sur la nature profonde de l’homme, de sa capacité et de ses besoins de communication et d’échange.
Mettre en oeuvre des espaces d’échanges et de partage relève de l’évidence d’un point de vue « sociologique » et de l’utilité d’un point de vue plus pragmatique ou opportuniste.
Même si l’exercice n’est pas forcément facile et qu’il faut mettre de son côté tous les atouts pour réussir un projet social business dans l’entreprise, il n’en reste pas moins qu’il est urgent de s’y mettre pour ceux qui en sont encore à se poser la question (quelle question au fait ?) !
Utile pour (en désordre) :
reconnaître vos collègues,
découvrir l’organisation,
réseauter,
partager des idées sur des projets,
contribuer à la réussite de votre équipe,
faire valoir votre pertinence et/ou vos compétences,
apporter des idées novatrices,
exprimer une opinion,
interpeller le management,
exprimer votre (in)satisfaction,
mobiliser autour d’une idée, d’un projet,
optimiser l’organisation du travail,
travailler à distance,
utiliser les documents adhoc,
avoir confiance,
se sentir utile,
être membre à part entière d’une organisation,
etc.
A vous de continuer cette liste et d’y ajouter ce qui vous paraît le plus utile dans l’apport des outils supportant les initiatives de « social business ».
Utile, oui et pour toute l’entreprise !
Mais , une stratégie « social business » peut-elle être rentable ?
Si l’on accepte de reprendre la liste dressée ci-dessus, peux-t-on dire qu’elle recèle des potentialités de rentabilité ?
A vous d’en juger !
Qu’en est-il dans votre organisation ?
Quels sont vos indicateurs clefs en matière de stratégie « social business » ?
Quelles initiatives avez-vous lancé et comment accompagnez-vous ce changement tant au niveau métier, que RH ou management ?
Fin de semaine dernière, nous étions quelques-uns à avoir répondu à l’invitation de Bjoern Negelman (European E 2.0 Summit) pour un meet-up organisé chez Next Modernity (voir le rapide compte rendu de Thomas Pichon sur Blog Spirit).
Tout d’abord, merci à tous pour ce moment de débat et pour les échanges que nous avons eu autour d’un verre [sympa le « lounge » de Next modernity;-)].
Les débats tournaient autour du rôle et du poids des RH et dans la transformation de l’entreprise en Social Business.
Sans refaire le débat, il y a au delà des différentes perceptions, deux points qui ont marqué en filigrane les échanges.
Question de temps
Richard Collin illustrait la question du temps avec une petite dose de dramaturgie poétique en disant :
Les entreprises pensent qu’elles ont le temps, mais elles ne l’ont pas. C’est comme si elles regardaient la lumière d’une étoile qui s’est en fait éteinte depuis quelques années déjà.
Et si la pression du temps est bien réelle, ce n’est pas tant du fait d’un facteur « tendance » mais bien plus d’une lame de fond à laquelle nous participons tous et que certains sociologues ont déjà « documenté » dans leurs travaux.
Comment faire vite ou à défaut « ne pas rater » le train de l’entreprise en mutation ?
En mobilisant les énergies et les « ressources » (Richesses Humaines) dans la mise en oeuvre fonctionnelle et technique de projets riches de sens et aux contours clairement définis.
L’évolution d’un corps social se fait à « son rythme » mais s’il est une constante, c’est bien celle de la « viralité » et le meilleur exemple dans l’entreprise reste celui dont les acteurs et les bénéficiaires portent l’étendard avec fierté !
Quels sont les risques d’être trop en retard ?
Il y en a beaucoup, mais ils ont tous étroitement liés à la disparition de l’organisation !
L’évolution de l’entreprise tient principalement à sa survie par la mise en oeuvre de nouvelles méthodes, de nouveaux réflexes, de nouveaux espaces, etc., dans une perspective inchangée de performance économique (et parfois sociale).
L’organisation qui n’aura pas su évoluer dans cette perspective au bon moment risque de perdre sa légimité et rapidement sa raison d’être d’un point de vue économique par « l’implosion » de son écosystème (employés – clients – partenaires).
Des acteurs engagés
Oui, mais qui ?
Le débat de jeudi a permis de constater à quel point les « acteurs traditionnels » de l’entreprise n’étaient pas préparés pour cet engagement.
Harold Jarche reprend la discussion dans un de ces derniers billets, et je me réjouis de vous proposer l’illustration proposée par Joachim Stroh qu’il partage avec nous :
Effectivement, l’évolution de la conception d’une organisation basée sur les titres et les fonctions vers la valorisation des rôles et des compétences demande un accompagnement et du leadership.
Doit-on attendre une « nouvelle génération » de leaders pour accomplir cette « métamorphose » ?
Si oui, qu’en est-il du facteur temps ?
La vitesse des changements sociaux nous oblige à penser que la « fenêtre de tir » est assez courte et qu’à défaut de pouvoir prétendre à une expertise visionnaire de l’entreprise de demain, il va bien falloir accepter de prendre des risques et de donner de l’impulsion à cette « mutation » dans l’entreprise.
En acceptant de sortir du double carcan :
de l’enseignement délivré par les « business schools » dont les programmes sont trop souvent restés figés aux modèles et aux processus des années 70 et,
des outils de gestion et autres logiciels pensés » dans les années 80,
les managers (RH,com, marketing, sales, etc.) trouveront le(s) terrain(s) idéal d’expression de leur « intrapreneurship » et de l’accomplissement (avec la part de risque inhérente à tout projet) de leurs ambitions.
Les futures générations seront là pour parfaire et continuer le travail entrepris par et dans des organisations conscientes des enjeux d’un environnement « mouvant » à la construction duquel nous contribuons tous.
Le « social business » est un ensemble d’outils, de méthodes et de stratégie, assez hétérogène au service d’un seul objectif : accroître la performance économique en se rapprochant de l’homme dans la pluralié de ses rôles sociaux : consommateur, employé, prescripteur, conseil, etc.
J’ai abordé, sous différents angles (la mobilié avec solomo notamment), le social business sur ce blog, mais il est un point sur lequel des contributions de premier ordre ont été publiées récemment et il m’apparît opoortun de les partager avec vous.
Depuis, mon précédent billet sur le thème de l’e-réputation, le paysage a évolué et le travail présenté ci-après représente une mise à jour « pédgagogique », pertinente et utile !
Qu’est ce qui fera l’élite de demain : la formation, la culture, le réseau ?
On parle beaucoup de l’évolution des entreprises vers des modèles plus collaboratifs, plus ouverts, plus transparents, pour plus de performance sociale et économique, mais qui sont ceux qui vont initier, acccompagner et réussir ces transformations ?
On parle également beaucoup à travers le monde de l’échec de nos élites actuelles !
Ainsi, Chris Hayse (The Nation) explique :
We have a social model that is breaking down before our eyes, a method of elite selection that is growing increasingly sclerotic, rigged, and corrupt
Un extrait d’une interview :
L’un des arguments phare est le déclin de la méritocratie (ou son absence) et l’existence d’une élite « auto proclamée », peu transparente, parfois corrompue et fonctionnant en « vase clos » !
En France, On se souvient encore du lancement du mot « Énarchie » par Jean-Pierre Chevènement, Alain Gomez et Didier Motchane dans L’Énarchie ou les Mandarins de la société bourgeoise, publié en 1967, pour dénoncer l’oligarchie à la tête (notamment) de l’administration et au faîte du pouvoir.
Au niveau de l’entreprise, les « élites » actuelles ont privilègié la recherche d’une forte rentabilité immédiate (ou à court terme) et pérenne souvent au détriment d’une vraie réflexion quant à la performance et aux choix stratégiques qui sauront le mieux la servir !
Et demain ?
A rapidement regarder les sites web des « business schools », le modèle 2.0 ne semble pas encore très largement diffusé dans les cursus ; bien évidemment on parle beaucoup de Andrew MacAfee et de Harvard Business School, mais pour le reste, on en trouve plus sur YouTube (voir les vidéos de Gary Hamel)
Il est vrai que les « compétences » ne courent pas les rues et qu’il est encore plus facile de s’en tenir aux programmes définis et balisés depuis la fin des années 70.
Il est également vrai que tant la sélection sociale des élèves, la logique du classement, la quasi certitude d’avoir un job (et le choix) à la sortie ajoutés parfois à une certaine faiblesse de la formation ne sont guère favorables à la préparation d’une « élite » performante parce que d’abord concernée et visionnaire.
Au niveau du politique, comme de l’entreprise, on voit émerger l’importance de la légitimité mais peux-t-on affirmer qu’une formation dans quelque encore prestigieuse école que ce soit suffit à asseoir cette légitimité ?
Nous sommes entrés dans les années 1990 dans un époque où
la « pudibonderie verbale » (le fameux politiquement correct) fait figure de politesse,
où être conventionnel vous rendrait presque automatiquement performant,
où le principe de précaution annihile tout velléité de prise de risque,
et où la créativité et la différence ne sont « admises » que quand elles sont sources de succès (la mesure étant souvent monétaire!).
Maintenant, les attentes sont différentes, les discours plus variés, les relations plus faciles (au moins d’un certain point de vue) et les informations toujours plus disponibles.
Est-il-imaginale que cette évolution reste en dehors des entreprises, bien sur que non !
Et le management actuel (C-level) entend bien en profiter ou du moins s’y adapter en donnant une forte impulsion à la mise en oeuvre de supports et de pratiques allant dans ce sens.
Qu’en est-il de nos élites ?
Tout d’abord, il faut avouer qu’on ne les a pas encore beaucoup entendu sur le sujet, mais n’est-il pas vrai qu’en général on ne les entend que très peu et qu’elles réservent leurs réflexions à leurs conclaves privés 😉
Je crains, pour ma part, qu’elles regardent cette évolution avec les yeux et les mêmes réflexes que toujours, c’est à dire dans une perpective uniquement « productiviste » !
Sont-elles capables de changer de prisme, de s’exposer un peu plus, de faire preuve d’une réelle transparence ?
On l’espère vivement, mais pour certains, il est à craindre que c’est peine perdue !
Et demain ?
Comment sont formés les dirigeants et autres managers de demain pour accompagner l’entreprise sur ces nouveaux chemins ?
Les « business schools » ont-elles entamé leur propre mouvement vers le modèle 2.0 ?
On sait que c’est en bonne voie pour l’enseignement (MOOC >>Chaine YouTube comme celle de l’ESSEC), mais pour le reste : leur management, leurs pratiques, la collaboration, la transparence, le lien direct, etc. ?
Peux-t-on considérer qu’il n’y a pas besoin de préparation particulière et que tout se fera « naturellement » ?
Tout autant de questions qui aujourd’hui restent sans réponses claires !
Pourtant, la montée en performance des modèles collaboratifs et sociaux demandent de l’attention, du leadership, au service d’une vision pour toute l’entreprise (cols bleus et blancs) et il est impensable pour elles en premier, mais également pour la réussite de ces intiatives, de la faire sans l’apport et l’appui des élites intellectuelles, économiques, culturelles, sportives, voire politiques dans une approche elle aussi transverse et collaborative !