Vous avez dit social : Business, Brand, Marketing ou Entreprise ?


Quand nous parlons « social » sur les réseaux, de quoi parlons-nous principalement ?

PIVOT Conference (initiative de Brian Solis) s’est posé la question et a entrepris de scruter les échanges sur les médias sociaux afin d’en savoir un peu plus.

Dans près de 50% des échanges le terme social est associé à Marketing, au mot Business dans 35% des cas, 14% pour Brand et seulement 2% pour Entreprise [on comprend que SalesForce ait finalement décidé de ne pas déposer la marque éponyme ,-)].

Et selon vous, qu’en est-il de la pertinence des données mises en forme dans l’infographie ci-après ?

Entreprise collaborative, social business : comment « faire du neuf avec du vieux » ?


Fin de semaine dernière, nous étions quelques-uns à avoir répondu à l’invitation de Bjoern Negelman (European E 2.0 Summit) pour un meet-up organisé chez Next Modernity (voir le rapide compte rendu de Thomas Pichon sur Blog Spirit).
Tout d’abord, merci à tous pour ce moment de débat et pour les échanges que nous avons eu autour d’un verre [sympa le « lounge » de Next modernity;-)].

Les débats tournaient autour du rôle et du poids des RH et dans la transformation de l’entreprise en Social Business.
Sans refaire le débat, il y a au delà des différentes perceptions, deux points qui ont marqué en filigrane les échanges.

Question de temps

Richard Collin illustrait la question du temps avec une petite dose de dramaturgie poétique en disant :

Les entreprises pensent qu’elles ont le temps, mais elles ne l’ont pas. C’est comme si elles regardaient la lumière d’une étoile qui s’est en fait éteinte depuis quelques années déjà.

Et si la pression du temps est bien réelle, ce n’est pas tant du fait d’un facteur « tendance » mais bien plus d’une lame de fond à laquelle nous participons tous et que certains sociologues ont déjà « documenté » dans leurs travaux.

Comment faire vite ou à défaut « ne pas rater » le train de l’entreprise en mutation ?

En mobilisant les énergies et les « ressources » (Richesses Humaines) dans la mise en oeuvre fonctionnelle et technique de projets riches de sens et aux contours clairement définis.
L’évolution d’un corps social se fait à « son rythme » mais s’il est une constante, c’est bien celle de la « viralité » et le meilleur exemple dans l’entreprise reste celui dont les acteurs et les bénéficiaires portent l’étendard avec fierté !

Quels sont les risques d’être trop en retard ?

Il y en a beaucoup, mais ils ont tous étroitement liés à la disparition de l’organisation !
L’évolution de l’entreprise tient principalement à sa survie par la mise en oeuvre de nouvelles méthodes, de nouveaux réflexes, de nouveaux espaces, etc., dans une perspective inchangée de performance économique (et parfois sociale).
L’organisation qui n’aura pas su évoluer dans cette perspective au bon moment risque de perdre sa légimité et rapidement sa raison d’être d’un point de vue économique par « l’implosion » de son écosystème (employés – clients – partenaires).

Des acteurs engagés

Oui, mais qui ?
Le débat de jeudi a permis de constater à quel point les « acteurs traditionnels » de l’entreprise n’étaient pas préparés pour cet engagement.
Harold Jarche reprend la discussion dans un de ces derniers billets, et je me réjouis de vous proposer l’illustration proposée par Joachim Stroh qu’il partage avec nous :

Effectivement, l’évolution de la conception d’une organisation basée sur les titres et les fonctions vers la valorisation des rôles et des compétences demande un accompagnement et du leadership.
Doit-on attendre une « nouvelle génération » de leaders pour accomplir cette « métamorphose » ?
Si oui, qu’en est-il du facteur temps ?
La vitesse des changements sociaux nous oblige à penser que la « fenêtre de tir » est assez courte et qu’à défaut de pouvoir prétendre à une expertise visionnaire de l’entreprise de demain, il va bien falloir accepter de prendre des risques et de donner de l’impulsion à cette « mutation » dans l’entreprise.

En acceptant de sortir du double carcan :

  • de l’enseignement délivré par les  « business schools » dont  les programmes sont trop souvent restés figés aux modèles et aux processus des années 70 et,
  • des outils de gestion et autres logiciels pensés » dans les années 80,

les managers (RH,com, marketing, sales, etc.) trouveront le(s) terrain(s) idéal d’expression de leur « intrapreneurship » et de l’accomplissement (avec la part de risque inhérente à tout projet) de leurs ambitions.

Les futures générations seront là pour parfaire et continuer le travail entrepris par et dans des organisations conscientes des enjeux d’un environnement « mouvant » à la construction duquel nous contribuons tous.

Entreprise collaborative, social business : quelles « élites » demain ?


Qu’est ce qui fera l’élite de demain : la formation, la culture, le réseau ?

On parle beaucoup de l’évolution des entreprises vers des modèles plus collaboratifs, plus ouverts, plus transparents, pour plus de performance sociale et économique, mais qui sont ceux qui vont initier, acccompagner et  réussir ces transformations ?

On parle également beaucoup à travers le monde de l’échec de nos élites actuelles !
Ainsi, Chris Hayse (The Nation) explique :

We have a social model that is breaking down before our eyes, a method of elite selection that is growing increasingly sclerotic, rigged, and corrupt

Un extrait d’une interview :

L’un des arguments phare est le déclin de la méritocratie (ou son absence) et l’existence d’une élite « auto proclamée », peu transparente, parfois corrompue et fonctionnant en « vase clos » !

En France, On se souvient encore du lancement du mot « Énarchie » par Jean-Pierre Chevènement, Alain Gomez et Didier Motchane dans L’Énarchie ou les Mandarins de la société bourgeoise, publié en 1967, pour dénoncer l’oligarchie à la tête (notamment) de l’administration et au faîte du pouvoir.

Le monde économique n’est pas en dehors de ce « phénoméne », et la « caste dirigeante globalisée » se partage les jetons et les sièges des conseils d’administration des Fortune 100 (voir « L’oligarchie des incapables » de Sophie Coignard et Romain Gubert paru le 6 janvier 2012), mais également des institutions clefs notamment de l’UE (Mario Draghi) et  tue pour certains la volonté d’entreprendre.

Au niveau de l’entreprise, les « élites » actuelles ont privilègié la recherche d’une forte rentabilité immédiate (ou à court terme) et pérenne souvent au détriment d’une vraie réflexion quant à la performance et aux choix stratégiques qui sauront le mieux la servir !

Et demain ?

A rapidement regarder les sites web des « business schools », le modèle 2.0 ne semble pas encore très largement diffusé dans les cursus ; bien évidemment on parle beaucoup de Andrew MacAfee et de Harvard Business School, mais pour le reste, on en trouve plus sur YouTube (voir les vidéos de Gary Hamel)

Il est vrai que les « compétences » ne courent pas les rues et qu’il est encore plus facile de s’en tenir aux programmes définis et balisés depuis la fin des années 70.

Il est également vrai que tant la sélection sociale des élèves, la logique du classement, la quasi certitude d’avoir un job (et le choix) à la sortie ajoutés parfois à une certaine faiblesse de la formation ne sont guère favorables à la préparation d’une « élite » performante parce que d’abord concernée et visionnaire.

Au niveau du politique, comme de l’entreprise, on voit émerger l’importance de la légitimité mais peux-t-on affirmer qu’une formation dans quelque encore prestigieuse école que ce soit suffit à asseoir cette légitimité ?

Nous sommes entrés dans les années 1990 dans un époque où

  • la « pudibonderie verbale » (le fameux politiquement correct) fait figure de politesse,
  • être conventionnel vous rendrait presque automatiquement performant, 
  • où le principe de précaution annihile tout velléité de prise de risque, 
  • et où la créativité et la différence ne sont « admises » que quand elles sont sources de succès (la mesure étant souvent monétaire!).

Maintenant, les attentes sont différentes, les discours plus variés, les relations plus faciles (au moins d’un certain point de vue) et les informations toujours plus disponibles.

Est-il-imaginale que cette évolution reste en dehors des entreprises, bien sur que non !
Et le management actuel (C-level) entend bien en profiter ou du moins s’y adapter en donnant une forte impulsion à la mise en oeuvre de supports et de pratiques allant dans ce sens.

Qu’en est-il de nos élites ?

Tout d’abord, il faut avouer qu’on ne les a pas encore beaucoup entendu sur le sujet, mais n’est-il pas vrai qu’en général on ne les entend que très peu et qu’elles réservent leurs réflexions à leurs conclaves privés 😉

Je crains, pour ma part, qu’elles regardent cette évolution avec les yeux et les mêmes réflexes que toujours, c’est à dire dans une perpective uniquement « productiviste » !

Sont-elles capables de changer de prisme, de s’exposer un peu plus, de faire preuve d’une réelle transparence ?
On l’espère vivement, mais pour certains, il est à craindre que c’est peine perdue !

Et demain ?

Comment sont formés les dirigeants et autres managers de demain pour accompagner l’entreprise sur ces nouveaux chemins ?

Les « business schools » ont-elles entamé leur propre mouvement vers le modèle 2.0 ?
On sait que c’est en bonne voie pour l’enseignement (MOOC >>Chaine YouTube comme celle de l’ESSEC), mais pour le reste : leur management, leurs pratiques, la collaboration, la transparence, le lien direct, etc. ?

Peux-t-on considérer qu’il n’y a pas besoin de préparation particulière et que tout se fera « naturellement » ?

Tout autant de questions qui aujourd’hui restent sans réponses claires !

Pourtant, la montée en performance des modèles collaboratifs et sociaux demandent de l’attention, du leadership, au service d’une vision pour toute l’entreprise (cols bleus et blancs) et il est impensable pour elles en premier, mais également pour la réussite de ces intiatives, de la faire sans l’apport et l’appui des élites intellectuelles, économiques, culturelles, sportives, voire politiques dans une approche elle aussi transverse et collaborative !

Votre avis ?

Entreprise collaborative, social business : y-a-t-il une place pour les cols bleus !


Si on en juge par les définitions de l’entreprise 2.0 qui fleurissaient il n’y pas encore si longtemps sur le web, rien n’est moins sur !
En 2009, à l’occasion de la conférence E 2.0 de Boston, à la question What’s Enterprise 2.0, la réponse était:

Enterprise 2.0 is the term for the technologies and business practices that liberate the workforce from the constraints of legacy communication and productivity tools like email. It provides business managers with access to the right information at the right time through a web of inter-connected applications, services and devices. Enterprise 2.0 makes accessible the collective intelligence of many, translating to a huge competitive advantage in the form of increased innovation, productivity and agility.

Et aujourd’hui ?

Le pragmastisme l’emporte et loin du discours (facile) de quelques éditeurs et consultants, l’entreprise re-découvre sa diversité et entend en faire un atout !

Ne pas intégrer les « cols bleus » dans un projet de mise à disposition d’outils sociaux dans l’entreprise revient tout simplement (mais avec quelle violence!) à les exclure du « processus » d’évolution de l’entreprise.

A quel titre ?

Il n’y aucune justification à l’exclusion des cols bleus des espaces collaboratifs et autres plateformes de communication ou de gestion des communautés mises en oeuvre dans les organisations.
En effet, « col bleu » ne signifie pas inadapté à l’utilisation de ces nouveaux outils !
Quand on parle de fracture numérique, il est trop facile d’opposer « bleus » et « blancs » tant il est vrai que tout à chacun a aujourd’hui, et s’il le souhaite, les facilités et les moyens d’acquérir par la pratique et ses outils personnels (tablettes, PC et smartphone) une « expertise » ou à tout moins de l’aisance dans l’utilisation de ces applications !

Et en pratique ?

C’est bien là que souvent cela « coince » !
En matière de communication interne, les « cols bleus » sont depuis très longtemps habitués du tableau d’affichage et sur ce point la dématérialisation de la diffusion des contenus n’a eu souvent aucun effet pour eux.

Ne disposant pas d’un poste de travail informatique, ils n’ont pas d’adresse email, pas d’accès au courrier électronique dans l’organisation, et ne sont pas recensés (très rarement) dans les annuaires du type LDAP dont la mise en oeuvre a initialement répondu à des besoins de gestion des droits d’accès aux applications informatiques.

Une réponse facile : la tablette !

Pourquoi pas en effet, mais je préfère parler en général de mobilité et donc de mise à disposition des ces applications tot autant au travers de smartphones que de tablettes.

Pour autant, si l’accès facilité était suffisant pour l’adoption de ces outils, il en irait également plus facilement dans la population des « cols blancs » !

Imagination et un peu de créativité
Les cols bleus ont su garder une certaine solidarité malgré (ou du fait) les impératifs de l’organisation taylorienne du travail.

Le « rejet » ressenti dans certaines entreprises a renforcé chez certains un « esprit de corps », un sentiment d’appartenance à une « classe » dévalorisée au yeux des cadres urbains, sortis des petites et grandes écoles, technophiles et souvent méprisants (ou pour le moins distants vis à vis du travailleur « manuel »).

Aujourd’hui, il est important de pouvoir compter sur et avec toutes les forces, les compétences et les intelligences des employés de l’entreprise et en ce domaine, les cols bleus ont beaucoup à donner, à transmettre, à partager et à recevoir au travers des espaces de communication et des portails collaboratifs !

Quelques pistes

Quand bien même certains pensent que le secteur secondaire est appelé à disparaître ou du moins à se réduire considérablement encore dans les économies occidentales, il serait dangereux de se satisfaire de données statistiques pour illustrer l’importance du travail des « manufactures » dans de nombreuses activités économiques !

Le savoir-faire de beaucoup de cols bleus est souvent un capital inestimable pour l’entreprise qui les emploie, aussi pourquoi ne pas essayer « d’organiser » des espaces de partage de ces expériences entre jeunes et moins jeunes (apprentissage) au travers à la fois d’espaces virtuels et de moments de convivialités réels ?

Il est également indéniable que ces collaborateurs peuvent avoir une contribution importante dans les initiatives en support à l’innovation (nouveaux produits ou amélioration de produits existants) et qu’à ce titre, il est dommage de se priver d’un tel capital qui souvent ne demande qu’à s’exprimer !

A l’instar de Semco (un des rares cas assez bien décrit), et d’un point de vue concret du dialogue, du partage et de la collaboration ouvrent des perspectives, parfois enthousiasmantes et souvent profitables, d’une amélioration certaines des conditions, de l’organisation et de la qualité du travail.

Il y a bien sur beaucoup d’autres opportunités pour favoriser l’adoption des « pratiques collaboratives et sociales » par les cols bleus et c’est à chaque entreprise concernée de trouver son chemin.

A défaut, elles risquent de perdre une partie de l’âme  (et de l’efficacité économique) qu’elles ont encore pour certaines !

Comment transformer les conversations en « business » ?


A chacun sa recette, mais comme l’affirme Esteban Kolsky (thinkJar), il est probable que pour « faire des affaires », améliorer la performance économique, les organisations doivent savoir exploiter les informations qui circulent en grand nombre sur les médias sociaux.
Et pour savoir le faire, il est nécessaire de mettre en oeuvre les outils les plus pertinents !

Ce qu’en dit IBM autour de Connections et des outils d’analyse pésentés cette fin de semaine :

publication : été 2012