Gamification : une vraie fausse bonne idée ?


Il y a quelques semaines Bertrand Duperrin publiait un billet très intéressant intitué : Gamification, Souvenez-vous que le badge est la récompense !

Au cas où certains d’entre-vous auraient encore des doutes quant à ce qui peut se cacher derrière cet anglicisme, je les renvoie aux définitions en ligne :

Selon advergame :

Pour résumer, la gamification est la généralisation de mécanismes issus du jeu-vidéo dans des domaines qui n’étaient pas censés a priori les utiliser.

C’est une nouvelle étape de la numérisation des services, après avoir porté sur le net ou le mobile des comportements de la vie réelle, la prochaine étape est d’y intégrer des mécaniques de jeux. Les avantages et objectifs sont nombreux : simplicité de la prise en main, immersion et engagement de l’utilisateur, fidélisation, conversion, amélioration des temps d’exposition, etc. Ce phénomène semble fonctionner dans le monde numérique (à travers des ambassadeurs à succès célèbres comme Foursquare) mais s’il a la capacité de se généraliser à la vie réelle, là ça devient fascinant.

La mise en oeuvre de ces mécanismes au sein de la relation client comme de la relation employé est probablement la dernière tendance lourde au service de l’engagement !

SalesForce avec l’outil Rypple ou encore les différentes solutions d’aide à la prise en mains d’outils tiers comme Bunchball ou Kudosbadges pour IBM Connections montrent bien l’intérêt de la « ludification ».

Y, une génération infantile ?

Il paraît que Frédérick Taylor disait :

« Le travail est principalement constitué de tâches simples et pas particulièrement intéressantes. La seule façon d’obtenir des gens qu’ils les exécutent est de les inciter correctement et de les surveiller attentivement ».

La gamification est une « nouvelle » façon d’obtenir que les gens exécutent leurs tâches et c’est tout ?

Peut-être et si c’est le cas, c’est prendre la génération Y et les suivantes pour une bande de gogos infantiles !

Ces générations ont fait le succès du jeu vidéo, succès qui a considérablement enrichi les interfaces des solutions informatiques que nous utilisons, mais elles ne sont pas dupes de leur engouement.
Elles ont toujours choisi quand elles voulaient jouer, avec quel jeu et plus nombreux sont les échecs que les « blockbusters », si je peux me permettre cette analogie avec le cinéma.
Ces générations ont également un rapport plus « décontracté » au sein des écosystèmes dans lesquels elles existent.
Mais, surtout, ces générations ont globalement des niveaux d’éducation et d’information plus important ; cette richesse et cette diversité de savoirs modifient considérablement la donne.

Génération Y : fatriarcat et altruisme ?

Pas si simple, d’abord parce que si le « fatriarcat » est probablement une des caractéristiques de cette génération, elle est surtout vraie pour ceux qui sont « du bon côté » de la fracture numérique.
Même si dans nos économies occidentales, beaucoup d’entre eux « finiront » cols blancs, il y en aura également un grand nombre à rejoindre les cols bleus.
En matière d’altruisme (et non plus de solidarité), certains comportements (engagement humanitaire, sensibilité écologique, par exemple) pourraient nous laisser penser que cette génération a plus le souci des autres, peut-être, mais cela reste à voir (à mon avis).
Ce qui a surtout de nouveau (et d’intéressant) chez une partie importante de cette génération, c’est une capacité à imaginer sa vie en décalage par rapport aux « modèles » en cours, mais également à la mettre en scène, à la réaliser, en utilisant les outils, les moyens, à sa disposition !

Et à ce niveau, c’est un véritable gouffre qui s’ouvre devant les éditeurs de solutions (SCRM, ERP, social software) !

A force de contraintes et de vraies mauvaises habitudes, certains éditeurs espèrent qu’en mettant une dose de « gamification » leurs solutions seront à même de contribuer à apporter les réponses ou les éléments de réponses qui seront attendus demain.

Malgré notre optimisme, on ne voit pas comment !

Gamification Ethics (by Kes Sampanthar)

En effet, pas de nuance, que du systématisme qui tue le plaisir, n’est-ce pas ?

Ce n’est pas tout : la gamification est un système de récompense pour celui qui y participe, mais qu’en est-il pour celui qui la met en oeuvre ?

La question est ouverte et bien souvent les réponses sont absentes et les explications confuses : on comprend bien l’utilisation à des fins marketing, profilage clients, de ces informations, mais quand on « touche » à des applications utilisées dans le cadre professionnel, on peut s’interroger sur les attentes réelles de l’entreprise et sur les conditions d’utilisation des informations recueillies tout autant que des conditions dans lesquelles elles le sont (incitation « lourde », coercition, « mensonges » ?).

Sans gouvernance (loyauté et transparence) et sans nuance dans sa mise en oeuvre, la gamification sera probablement une idée qui ne produira pas les résultats escomptés !

Il est assez consternant de voir l’apparition de « nouveaux comportements » favorisés par des outils et des technologies et de vite constater qu’on tente, à marche forcée, de faire « rentrer l’innovation comportementale » dans les schémas hérités du siècle dernier !

« On n’attire pas les mouches avec du vinaigre » selon un dicton populaire, et il est vrai « qu’il ne faut pas prendre des vessies pour des lanternes« , aussi Messieurs les éditeurs mettez une bonne dose de sociologie, de psychologie, de jeu dans votre approche (arrêtez le systématisme) pour nous apporter des solutions innovantes, créatrices, anticipatrices de besoins de demain et des générations qui commencent à entrer dans les entreprises.

A défaut, la gamification aurait pu être une vraie bonne idée !

Deux ans de blogging et même pas fatigué ;-)


Pourtant, à l’occasion de cet anniversaire et après 273 billets publiés en deux ans et plus de 900 commentaires lus et répondus, j’ai proposé à d’autres de « travailler pour moi »  !

Le social, c’est bien d’en parler et c’est encore mieux d’en explorer à titre personnel et/ou professionnel les différents chemins, aussi je vous propose aujourd’hui, un billet « bigarré », crée et rédigé par des personnes que j’apprécie pour leur pertinence, leur à propos et leur engagement !
Une illustration du « lien social » par une publication inattendue, bienveillante, pleine de malice, de pertinence et différente !

Merci beaucoup à ceux dont le « message » est publié ci-après d’avoir accepté mon invitation, et pour les autres qui n’ont pas voulu, pas pu, pas eu le temps, …., on vous aime quand même 😉

Et vous pouvez toujours y aller d’un commentaire, vous êtes les bienvenus !
Happy birthday to You Blog de Claude
par Vincent Rostaing

Quand Claude carbure au super,
on a l’essence même du 2.0
Et quoiqu’il puisse dire ou faire
On est comme des poissons dans l’eau
Sur son blog , On lit, on commente et on tweete
On aime, on critique, on peaufine, on chipote
Mais pour nous le plus grand des super héros
C’est toi Claude Super Man 2.0

Emilie Ogez

Je ne ferai pas de retour en arrière, mais plutôt un court point sur les trois sujets que je vois poindre depuis quelques temps.
Il y a le BYOD (Bring Your Own Device). C’est, selon moi, une vraie tendance de fond qui pose de nombreuses questions, tant au niveau de la sécurité des données que de la politique de gestion des parcs informatiques.
Il y a aussi un vrai débat qui se met en place sur le chevauchement vie privée et vie professionnelle, induit par l’arrivée de nouveaux supports mobiles tel que le smartphone, la tablette ou encore l’ordinateur portable… (checker ses mails dans le RER sur le chemin du retour à la maison, est-ce bien normal/raisonnable ?, que penser d’un commentaire laissé par un collaborateur sur un sujet sur l’intranet un dimanche matin à 9h ?…).
Et plus largement, lié à ces deux sujets, on peut souligner l’importance croissante de la mobilité dans le monde professionnel et le bouleversement des pratiques de management.

Emmanuelle Olivié-Paul

Le digital ne doit pas faire oublier les fondamentaux de tout business qui sont et resterons étroitement liés aux relations humaines. Même s’il change nos modes de « faire » et sous-entend le plus souvent la supplantation du réel au virtuel, le digital ne peut être sans l’intermédiation d’hommes et de femmes.

Xavier Bartholome

Je dirais que tous ces concepts/outils que tu mentionnes dans ton message (entreprise 2.0, le social business, le changement, la digital workplace) tournent autour d’une même idée : aider à revenir un peu les pieds sur terre, à redevenir des êtres sociaux (grégaires?), à réaliser que les membres d’une organisation sont tous sur le même bateau et qu’il leur faut ramer dans le même sens …

Franck Lapinta

Il est toujours difficile de faire un bilan, cela nécessite des choix forcément subjectifs, rarement nuancés, donc des renoncements. Encore plus difficile est de faire un bilan sur le 2.0, tant les évolutions sont fortes depuis 2 ans. 
D’une vision optimiste, je dirais que ces 2 ans ont connu une incroyable révolution encore à peine initiée, et que cette transformation de la société sur tous ses aspects (économie, social, politique, divertissement, information…) est sans précédent dans l’histoire quant à son rythme. Le sujet des medias sociaux est central. 
D’une vision plus pessimiste, je dirais que ces mutations dans les usages, toutes profondes qu’elles soient pour le consommateur/citoyen, se heurtent à trois sphères essentielles qui ne les acceptent que contraints et forcés : les entreprises, les politiques, la loi. Parce qu’elles y voient des risques de remise en cause statutaire plus que des opportunités d’une nouvelle légitimité retrouvée.

Anthony Poncier

Du discours aux actes, entre magie et incantation

De plus en plus d’entreprises répètent qu’elles ont compris que quand on parlait entreprise 2.0/social business ont parlait de transformation des organisations et pas d’installation d’un nouvel outil.
Discours, qui peut parfois laisser un goût amer dans la bouche quand on passe à la réalité de terrain.
Les budgets d’accompagnement sont souvent bien inférieurs à celui prévu pour l’outil.
Faut-il le rappeler, normalement on devrait être sur du 20/80, à savoir 20 pour l’outil.
Penser que l’on va transformer une organisation pour pas grand chose est illusoire.
Faire venir des consultants « experts » ou du moins ayant une certaine habitude de ce type de projet pour ne pas les écouter et dire, « c’est pas grave vous avez l’habitude, vous allez y arriver », renvoi soit à de la méthode coué, soit à la croyance qu’un consultant est un talisman, et que l’arborer fièrement dans son organisation va suffire pour réussir.
Comment ne pas s’étonner que le Gartner considère qu’à minima 70% des projets sociaux vont échouer. Pendant longtemps en cas d’échec on a accusé l’outil, qui sera le prochain bouc émissaire ?

Vincent Berthelot

Il nous aura fallu environ 4 ans pour abandonner une vision trop philosophique de l’entreprise 2.0 pour aborder sous un angle plus lié aux besoins des entreprises et des utilisateurs les transformations digitales à mener.
Le plus grand risque serait désormais de tourner le dos à la vision de cette entreprise plus sociale, plus humaine pour revenir en force sur une vision limitée à l’efficacité des process. 

C’est bien à l’équilibre des deux que nous devons désormais travailler ! 

 —

Alain Garnier

Nous vivons une époque formidable!
En deux ans, le changement autour de l’entreprise 2.0 a été fulgurant. Et plutôt que de se conjuguer au futur comme toutes les nouvelles technologies, c’est au présent qu’on voit le monde de l’entreprise « embrasser » le social à grands bras.  Il suffit de regarder dans le rétroviseur : en 2010, quelle place avait le RSE pour les décideurs? Quasiment aucune. Aujourd’hui : Microsoft rachète Yammer pour plus d’un milliard de dollars… Le marché du réseau social est à l’aune de sa promesse : fulgurant et massif. Et après avoir envahit le Web.
Le voilà bien présent dans l’entreprise.
Ce qui rend cette histoire passionnante, c’est aussi l’humain, au centre de ce processus : que ce soit pour les éditeurs, pour les projets ou les organisations. Ce n’est pas de technique dont on parle.
Mais d’intelligence et l’émotion. Ca fait du bien.

Jean-Pascal Perrein

 En 2 ans, le marché a vu émerger et se développer de superbes sujets, des plus conséquents : le Big data, l’open Data, le social marketing, et les disciplines qui se déclinent de l’entreprise 2.0, RSE en tête. La plus subtil (et la plus complexe) que j’ai vu se développer est la gouvernance de l’information : Sujet de niche, peu attractif pour les populations à comportements Y, mais tellement vitale pour nos organisations.

Passionné pas ce sujet, il y a 2 ans aussi, je suis parti de pas grand-chose, quasiment en même temps d’ailleurs que le lancement des initiatives de Claude sur ce même sujet (et bien d’autres). En constat, nous sommes aujourd’hui face à des réactions d’écoute et de sensibilité forte sur le comment mieux piloter l’information. Avec recul, 2 ans, c’est un palier de changement humain pour mieux appréhender, accepter et se lancer sur un sujet complexe comme la gouvernance de l’information. Curieusement, c’est d’ailleurs ce qui ressortait du premier observatoire de la gouvernance de l’information : 1 an pour mûrir sur le sujet, 1 an pour le construire. Intéressant !

Axyome

 Le monde du 2.0 a commencé pour moi en 2008 mais existait déjà depuis quelques années. A cette époque j’ai du affronter l’engouement général, pour cette forme de mutation de management, d’organisation, de structure qui se posait en rupture complète avec ce que je connaissais et qui malgré tout avait fait ses preuves. A force de communiquer sur les risques qu’entraînaient cette mutation vers le 2.0 j’ai e-cotoyé un certain nombre de personnes influentes, promoteurs et engagés de ce changement et je suis vite devenu le vilain petit canard de la famille 2.0.
Ma seule crédibilité était que je vivais cette mutation contrairement à beaucoup d’autres qui vendaient cette expérience. 

Puis vient le jour où j’ai découvert que je n’étais pas seul (ouf) à comprendre les risques, les problèmes, les blocages culturels de cette évolution “entreprenariale”. 
Claude Super faisait partie de ces personnes qui se comptent sur les doigts d’une main qui avait le recul et l’intelligence pour voir que tout n’était pas aussi rose qu’on voulait bien nous le répéter et le courage pour le dire… Il a su voir les dérives, les aspects vicieux d’une telle organisation si elle n’était pas faite avec bon sens et humilité. 
On s’est vite suivi et entendu sur bon nombre de thèmes et j’avoue aujourd’hui qu’il m’a souvent enlevé les mots de la bouche. Sa vision et sa pertinence en on fait une véritable source d’inspiration. Son succès aux travers des réseaux sociaux et de ses initiatives (Matinées 2.0 …) est bien mérité. J’espère continuer nos échanges ici ou peut-être pourquoi pas un jour autour d’un verre sur le bord du Léman.
Bref je ne vais pas faire la liste des idées et des compétences de Claude, les lecteurs n’auront qu’à parcourir son blog qui est une caverne d’Alibaba du 2.0 et de la gestion de l’information inter entreprise.

Longue vie à ton blog Claude et à bientôt ici ou ailleurs ;D et merci pour ces deux ans forts intéressants en ta compagnie…

Bon blogiversaire o/

Gilles

Le 20e siècle a été celui des processus et de l’automation. Le 21e sera celui de la créativité, de la passion et de l’auto-organisation.

Quelques stats et autres classements :

Top 15 des billets (01-07-11 > 30-06-12)
Un réseau social d’entreprise, pour que faire ?
Réseaux sociaux d’entreprise : 10 conseils pour réussir les projets
Réseaux sociaux d’entreprise : la concurrence Google +
Débat 2.0 : Comment convaincre les dirigeants de l’importance des réseaux sociaux d’entreprise?
Intranet 2.0, réseau social d’entreprise : Y’a qu’a, faut que,… pas si simple !
Le réseau social d’entreprise au coeur des espaces d’innovation
Réseaux sociaux d’entreprise : pourquoi ça marche ?
Réseaux sociaux d’entreprise, par où commencer ?
Collaboration et relations sociales en entreprise : les clefs du succès !
Réseaux sociaux : L’email est-il en sursis ?
C’est décidé, à la rentrée je serai un collaborateur 2.0 !
Les quatre vertus cardinales de l’entreprise 2.0
Le web 3.0 est déjà là ! (retour sur TechnoArk 11)
Débat 2.0 : Comment convaincre vos collègues, vos employés, de la valeur de leurs contributions ?
Gouvernance de l’information, entreprise 2.0 : où en sommes-nous ?

Et n’oubliez jamais : « Disrupt Yourself ! »

Réflexion sur la mise en oeuvre d’une stratégie « social business »


Stratégie, stratégie et encore stratégie !!!

Avant de travailler à la votre, un petit détour par cette présentation qui vaut le temps qu’on s’y arrête !

Et vous pourrez espérer le Graal !

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[Conférence] #e20ch – Geneva / ce qu’il faut en retenir : time 4 action!


Après Boston et sans aucune prétention en ce qui concerne l’impact ou la taille de l’évènement, la Matinée de l’entreprise de demain consacrée au « social business » a été l’occasion de  dessiner, avec elles, les perspectives des entreprises romandes.

Les contenus ainsi que les enregistrements vidéos des différentes communication sont ou seront disponibles rapidement sur e-20.ch !

Rapidement et « en écho » à ce qui a  pu se dire tant à Milan, qu’à Boston, les entreprises de Suisse romande qui ont, jusqu’alors, pris le temps d’observer avant de plonger, semblent avoir pris la mesure et l’intérêt du « social business » et plus globalement de l’évolution de l’entreprise par l’adaptation à son environnement et certaines évolutions de fond (modèle 2.0 ?)

Après un introduction (mise en bouche), la matinée a pris de la consistance grâce à des présentations de qualité et  des moments de partage : discussions, commentaires, contributions des participants.

Du pragmatisme pour des résultats

Tel pourrait être le résumé de l’état d’esprit de la matinée.

Sans refaire ou dérouler les contenus (pour lesquels je renouvèle mes remerciements à tous les intervenants), j’aimerais revenir dans ce billet sur quelques déclarations intéressantes.

Quant @alainpezzoni nous parle de la stratégie et des milestones d’AIRFRANCE KLM Suisse sur les médias sociaux, je retiendrai, entre autres, la reconnaissance de l’importance du client qui est au coeur des intentions (et des projets ?) à l’instar de ce qui se passe dans le secteur du transport aérien.

Malgré et peut-être à cause de l’aspect un peu solennel de cette déclaration, Alain nous présente une réalité d’action « cool », dans laquelle il est hors de question de se prendre trop au sérieux, mais toujours de savoir rester conscient de la nécessité d’apporter un service de haute qualité !

Alain a su, par ailleurs, illustrer dans sa présentation les aléas d’un (plutôt de deux) parcours, de deux compagnies : AIR FRANCE et KLM, chacune avec sa culture, son histoire, ses objectifs !
Quels que soient, les outils de mesure ou de suivi, Alain a  également rappelé que la question du ROI est aujourd’hui probablement inadéquate et que les bénéfices les plus tangibles (à première vue) sont ailleurs (voir la gestion des crises, etc.), mais qu’ils peuvent avoir un impact très importat sur la notoriété et les ventes (donc les revenus) des compagnies.

La relation client est à l’instar de la relation employé, en premier lieu une relation humaine !

Que vous soyez employé ou employeur, vous êtes toujours (ou presque) en situation de « promotion » : marque employeur ou personal branding !

@jobgoch (Guillaume Anthoine) a remis en perspective les outils (jobboards et répertoires comme LinkedIn) au regard de cette réalité sociale qui a également envahit le monde de la « relation humaine dans le travail« .
Les outils avec lesquels vous pouvez agir aujourd’hui offre plus de souplesse, plus de pertinence, plus d’interactions, mais également plus  d’efficacité au regard de vos objectifs et de leur évolution dans le temps et dans l’espace !

Et le 2.0 dans tout celà ?

En s’appuyant sur les retours d’expériences d’entreprises européennes, expériences de l’utilisation de « social software » mais également de « nouveaux modes de management », Björn Negelmann (@bjoern_n) a parfaitement illustré le(s) chemin(s) parcourus ces dernières années, non sans oublier de relever « l’impatience » de certains quant aux résultats tangibles versus escomptés.

Le temps n’est plus aux évangélistes, le temps est aux réalisateurs pour asseoir définitivement pour les organisations l’intérêt du social business dont une, et pas la moindre, particularités est la singularité des chemins (ou des voies d’accès) pour y parvenir !

Le temps de l’action !

C’est Frédéric Creplet (@frederic_g_creplet) – Directeur de Voirin Consultant Atelya – qui a conclu cette seconde matinée par une discussion illustrée par de nombreux retours d’expériences !

Le temps de l’action est venu et  à chaque organisation, selon son rythme, sa statégie, sa culture et ses objectifs, de mettre en oeuvre, su service de son dévloppement, les outils et les « méthodes » qui lui permettront de tirer le meilleur parti du « social business » tant à des fins B2B, B2C qu’en qualité d’employeur et qui sait « d’entreprise citoyenne » ?

Je retiendrai des propos de Frédéric, entre autres :

En s’appuyant sur sa culture, ses pratiques managériales & sur son patrimoine informationnel et de système d’information, l’entreprise développe de nouvelles formes d’intelligences collectives. A chaque fois, le capital humain et le capital social en sont au cœur.

Enfin et en guise de conclusion, merci à tous les participants et n’oubliez pas  le débat et les échanges continuent sur e-20.ch (c’est gratuit !!)

Et à bientôt pour une prochaine édition 😉

Social business, entreprise 2.0 : clients, employés, vous n’avez oublié «personne» ?


Il y a eu cette superbe chanson de Souchon illustrée par ce clip dans lequel l’inénarrable Karl Zéro y va de sa contribution.

Et puis, il y a eu la déferlante «réseaux sociaux» dans laquelle certains ont failli se noyer tandis que les autres prenaient des poses d’observateurs avertis. Quelles que soient les postures ou les réflexes, rien ou presque ne change !

Le trompe l’oeil des fondamentaux 

Les comportements et les outils évoluent plus vite que les manières de faire et d’être des organisations.
Il est vrai que la mesure du temps n’est pas la même et qu’à force d’être focalisé sur le «quarter» beaucoup en oublient de regarder plus loin, ou plus haut, devant eux !

Il est également vrai que depuis les «trente glorieuses», les organisations se construisent et vivent à partir de certains fondamentaux dont certains ne servent qu’à masquer une réalité complexe, difficile à appréhender et incroyablement mouvante.

Figée, rigide, lente, l’entreprise s’est trop souvent installée dans un confort facile, forte d’une quasi certitude : elle plie, selon la conjoncture, mais ne rompt jamais !

Il s’est crée ces dernières décennies une «pensée économique unique» basée sur le fait qu’à de rares exceptions près, les entreprises «savaient» ce dont les clients avaient besoin, quelles étaient leurs attentes, mais également que le salut est dans l’innovation à marche forcée !
D’accord, je caricature un peu, mais pas tant que cela, notamment pour les entreprises actives dans le commerce de détail, mais également pour d’autres secteurs comme l’informatique et particulièrement l’industrie du logiciel.

Parmi ces fondamentaux, il existe une «règle» qui consiste à concevoir que seule (ou presque) l’industrie du luxe doit s’attacher à mieux connaître pour mieux servir ses (plus rares) clients, le reste faisant l’objet d’un traitement de masse, anonymisé, « inconsidéré », et mécanisé, dans les «data centers» et exploité par les stratèges du marketing

Il faut reconnaître qu’à défaut d’autre choix, cela a plutôt bien fonctionné jusqu’alors !

Mais, n’a-t-on pas oublié la personne, l’individu dans sa singularité ?

Plus que de la connaissance, un besoin de reconnaissance, de considération !

Du côté de la cible (le client ou l’employé), les outils issus du web 2.0 ont suscité une envie et pour certains une «redistribution des cartes» dans la relation commerciale ou de travail !
Loin des premiers «coup de pub» de certains consommateurs qui ont mis la pression sur des fournisseurs «peu réactifs», il est acquis que les attentes du client ne correspondent pas forcément à ce qui se disait dans les bureaux des responsables marketing.
Le client ou l’employé, ce sont avant tout des personnes (La notion de personne, celle de «moi», cf. Marcel Mauss) qui dans le rôle de client ou d’employé aspirent à être reconnu et pour le moins à une certaine considération !

Les outils traditionnels de gestion de la relation client sont focalisés sur l’acquisition et le traitement d’informations dans le but de connaître le client et ce à des fins de segmentation, de «profiling», qui sont autant de fausses réponses au besoin de reconnaissance.
Il en est de même pour l’employé dans une certaine mesure !
Tout celà manque de finesse, de granularité et est l’ocasion de beaucoup de quiproquo ou de «ratés» !
Pour autant, il est illusoire de demander un «traitement personnalisé» pour des produits, des services ou des tâches dont la «marge», donc la rentabilité, est dans le nombre, la masse.
Est-ce à dire qu’en réclamant à l’aide des médias sociaux un peu de reconnaissance, les clients, les employés, perdent leur temps et ne peuvent espérer recevoir au mieux un brin de condescendance ?

Je ne le crois pas !

La légitimité au coeur du business

Ces dernières années, nous avons collectivement, et sans trop nous en rendre compte, plongé avec gourmandise dans une ère de communication intense, ouverte, parfois inutile mais si plaisante !

Et il est un paradoxe : on communique et échange beaucoup, mais on se ne «livre», se découvre, donc s’engage que dans de rares circonstances légitimes !
La reconnaissance est à l’origine de cet engagement  et il est important d’y consacrer de l’énergie et des moyens.
Aujourd’hui, quand on parle de social business, on fait notamment référence à la différence indéniable que fait pour un produit, un service, un employeur, le fait d’être référencé et «soutenu» par des clients ou des employés.
Si la performance économique ne permet pas dans tous les cas d’apporter  ni une écoute, ni un traitement personnalisé, il est essentiel de travailler à susciter l’expression des membres de son écosystème afin de déceler ce que les données chiffrées ne traduiront jamais ou trop tard : la déception d’un côté et l’illégimité de l’autre.
Prenons un exemple simple :
En cas de dysfonctionnement d’un objet, d’un produit, nous nous adressons généralement au fournisseur, à celui qui nous l’a vendu.
Il n’est pas rare dans ce cas et en préalable de se voir demander une série d’information (inutiles au regard du cas) et rappeler les conditions de garanties, de maintenance, etc.
Cette attitude est compréhensible du point de vue du fournisseur, mais plus difficilement du côté du client.
Le client ne demande qu’une chose : que le produit, l’objet ou le service qu’il a acheté ou souscrit fonctionne comme annoncé par le fournisseur (ou des bons de réduction ou des conditions d’achat « privilégiées »).
Le client souhaite être reconnu et rassuré : il veut une réponse claire, pas un argumentaire d’avocat !
Le client, qui n’est ni un «gogo», ni «une vache à lait», est conscient des contraintes et généralement il les accepte, pour autant qu’on sache lui dire vite et au travers des «outils» qu’il utilise (téléphone, courrier, email, médias sociaux) le temps et les conditions nécessaires pour régler son problème.

La légitimité ne s’acquiert pas dans les discours et les déclarations d’intention publiés sur les pages web, mais dans un comportement empathique, dans le respect des règle et des autres et dans une proximité (voire une connivence) !